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Full text of "Mémoires [de] Philippe de Novare, 1218-1243. Édités par Charles Kohler"

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LES  CLASSIQUES  FRANÇAIS  DU  MOYEN  AGE 

publiés  sous  la  direction  de  ^iario  roques 


PHILIPPE    DE    NOVARE   ) 


Ut      -''^    ^//v   r^ 


MÉMOIRES 

I218-I243 

ÉDITÉS    PAR 

CHARLES   KOHLER 


I  3  '^^/(^ 

PARIS  ^^/^' 

LIBRAIRIE  ANCIENNE   HONORÉ   CHAMPION,  ÉDITEUR 


5,  QUAI   MALAQUAIS  (VI°) 
I9I3 


121 

IQIS 


INTRODUCTION 


Le  récit  que  nous  publions  dans  ce  livre  comprend  toute  l'œuvre 
historique  de  Philippe  de  Novare,  ou,  plus  exactement,  tout  ce  qui 
nous  est  parvenu  de  cette  œuvre.  Cet  ensemble  est  formé  de 
deux  morceaux  distincts  :  1°  un  court  fragment  d'autobiographie  ; 
—  20  une  relation  de  la  guerre  de  Frédéric  II  contre  les  Ibelins  en 
Terre-Sainte  et  en  Chypre,  de  12 18  à  1243.  On  lui  a  appliqué  le 
titre  de  Mémoires^  qui  convient  au  premier  morceau  mais  qui  est 
trop  compréhensif  pour  le  second.  Toutefois,  il  n'y  avait  pas  grand 
inconvénient  à  le  conserver,  et  c'est  ce  que  nous  avons  fait. 

La  tradition  manuscrite  ne  nous  a  pas  livré  ces  Mémoires  sans  leur 
avoir  fait  subir  de  nombreuses  altérations,  dues  à  la  négligence  ou  à 
la  niaiserie  des  copistes  et  surtout  aux  opérations  de  remanieurs  qui 
les  ont  travaillés,  tronqués  et  interpolés.  Mais  il  était  possible,  au 
moins  pour  une  grande  partie,  de  les  restituer  sous  leur  forme  pre- 
mière. On  l'a  tenté  dans  la  présente  édition  qui,  par  là,  diffère  nota- 
blement des  précédentes. 


I.  —  L'auteur  et  ses  œuvres.  —  Philippe,  dont  l'origine  resta 
longtemps  incertaine,  était  de  Novare  en  Lombardie  %  et  le  nom  de 
cette  ville  lui  servit  de  patronyme,  sans  que  d'ailleurs  on  en  doive  con- 
clure que  ses  ascendants  aient  été  seigneurs  du  lieu.  Il  naquit  appa- 
remment vers  1195  ;  sa  famille  était  de  bonne  noblesse.  Jeune 
encore,  il  quitta  Tltalie  et  se  rendit  en  Chypre,  où  il  entra  comme 


I.  Gaston  Paris,  Philippe  de  Novare,  dans  Romania,  t.  XIX  (1890),  pp.  99- 
102. 


IV  PHILIPPE    DE    NOVARE 

écuyer  au  service  d'un  baron  chypriote,  Pierre  Chappe.  En  1218, 
nous  le  trouvons  avec  ce  personnage  au  siège  de  Damiette.  Depuis 
lors,  son  existence  paraît  s'être  écoulée  toute  entière  en  Orient,  et 
c'est  en  Orient  sans  doute  qu'il  mourut,  âgé  de  plus  de  70  ans.  Il  y 
vécut  dans  l'intimité  des  Ibelins,  seigneurs  de  Baruth,  d'abord  auprès 
de  Jean  1er,  dit  le  vieux  sire  de  Baruth  qu'il  avait  probablement 
connu  devant  Damiette  et  auquel  l'attachèrent  les  liens  d'une  admi- 
ration sans  bornes  et  d'une  affection  respectueuse  ;  puis,  celui-ci 
étant  mort  (1236),  auprès  de  Balian  III,  son  fils  aîné  et  son  suc- 
cesseur, dont  il  fut  l'ami  et  le  compagnon  d'armes,  et  qui  lui  servit 
de  compère.  Il  fut  de  leur  clientèle,  de  leur  «  maisnie  s  et  les  suivit, 
à  partir  de  1229  surtout,  dans  leurs  expéditions  guerrières.  Cepen- 
dant les  travaux  et  les  récréations  de  l'esprit  semblent  avoir  eu 
pour  lui  plus  d'attraits  que  le  métier  des  armes.  Avant  tout,  il  fut  un 
juriste,  versé  dans  la  pratique  des  cours  féodales,  praticien  habile, 
retors  même,  il  l'avoue,  et  «  le  meilleur  pledeourdeçà  mer  »,  au  dire 
de  Hugues  de  Brienne,  son  contemporain  i.  A  ce  titre,  ses  patrons 
les  Ibelins  remployèrent  fréquemment  dans  leurs  négociations,  qu'il 
terminait  toujours  à  leur  avantage  —  c'est  lui  du  moins  qui  le  rap- 
porte. 

Philippe  a  composé  des  ouvrages  de  genres  divers  :  il  en  a  lui- 
même  donné  la  liste  dans  l'épilogue  de  son  livre  Des  quatre  tenid'aage 
(Tonte  2.  Ce  sont,  outre  ce  traité  de  morale,  qu'il  publia  à  70  ans  pas- 
sés, un  traité  de  droit  féodal,  le  Livre  déforme  déplaît  3,  document 
précieux  au  premier  chef  parmi  ceux  qui  font  connaître  les  institu- 
tions des  royaumes  latins  de  Jérusalem  et  de  Chypre  ;  enfin,  une 
série  d'écrits  en  rimes  et  en  prose,  œuvres  historiques  et  œuvres 
d'imagination,  composées  par  lui  à  différentes  époques,  sur  des  sujets 
variés . 


1.  Doc.  relatifs  à  la  succcssîlnUté  au  trône  et  à  la  régence  {Recueil  des  hist.  des 
croisades.  Lois,  t.  II   p.  404,  cf.  p.  406). 

2.  Publié   en   1888  par  M.  Marcel  de   Fréville  pour   la  Société   des  aiic. 
textes  français.  Voy.  plus  loin,  p.  xxm  :  Bibliographie. 

3.  Publié  en  1841  par  le  comte  Beugnot.  Voy.  plus  loin,  p.  xxiii  :  Biblio- 
graphie. 


IXTKODUCTIOX  V 

II.  —  Lk  Ri-cuiiiL  DH  Philippe  de  Novare.  —  Nous  n'avons  à  nous 
occuper  ici  ni  du  traité  Des  quatre  ien^  (Vaage  d'onie,  ni  du  Livie  de 
forme  de  plait.  Mais  il  sera  à  propos  de  fournir  quelques  précisions  sur 
les  autres  œuvres  de  Philippe.  Celles-ci  ont  chacune  leur  caractère 
propre,  comme  on  va  le  voir.  Cependant,  si  on  les  rapproche  dans 
Tordre  chronologique  de  leur  composition,  elles  constituent  un 
ensemble,  une  sorte  de  journal  intime,  où  nous  voyons  l'auteur 
apparaître  successivement  avec  les  passions  de  la  jeunesse,  l'activité 
et  les  ambitions  de  l'âge  mûr,  enfin  avec  les  préoccupations  plus 
graves  qu'inspire  l'approche  de  la  mort.  Aussi,  Philippe,  devenu 
vieux,  voulut-il  les  réunir  en  un  recueil  qu'il  laisserait  à' ses  des- 
cendants, en  mémoire  de  lui-même  et  de  ses  amis.  Nous  sommes 
renseignés  par  son  propre  témoignage  sur  ce  qu'il  avait  mis  dans  ce 
Recueil.  En  tête,  figurait  une  autobiographie  partielle  dans  laquelle 
il  rappelait  ses  origines,  les  raisons  et  les  circonstances  de  son  éta- 
blissement outre  mer.  Après,  venaient  des  rimes  et  chansons  «  des 
granz  folies  dou  siècle  que  Tan  apele  amors  »  ;  des  chansons  de  cir- 
constance composées  par  lui  à  l'occasion  «  d'une  grant  guerre  qu'il 
vit  a  son  tens  antre  l'empereor  Fredri  et  le  seigneur  de  Baruth  »,  et 
sans  doute  au  moment  même  où  s'accomplirent  les  événements  qui 
en  forment  le  sujet  ;  une  Estoire  ou  Conte  en  prose  de  cette  même 
guerre,  à  laquelle  Philippe  avait  pris  part  aux  côtés  des  sires  de  Baruth, 
Jean  I^r  et  Balian  III  d'Ibelin  ;  enfin  des  «  chansons  et  rimes  de 
Nostre  Seigneur  et  de  Nostre  Dame  et  des  sains  et  des  saintes.  »  ' 


I.  La  partie  de  l'épilogue  du  livre  Des  quatre  ten^id'aage  d^ome  d'où  nous 
tirons  les  renseignements  qui  précèdent,  est  ainsi  conçue  :  «  Phelipes  de 
Navarre  (sic),  qui  fîst  cest  livre,  en  fist  autres  .11.  Le  premier  fist  de  lui 
meesmes  une  partie,  car  la  est  dit  dont  il  fu,  et  comment  et  por  quoi 
il  vint  deçà  la  mer,  et  commant  il  se  contint  et  maintint  longuement  par  lu 
grâce  Nostre  Seignor.  Apres  i  a  rimes  et  chançons  plusors,  que  il  meïsmes 
fist,  les  unes  des  granz  folies  dou  siècle  que  l'an  apele  amors  ;  et  assez  en  i  a 
qu'il  fist  d'une  grant  guerre  qu'il  vit  a  son  tons  antre  l'ampereor  Fredri  et 
le  seignor  de  Barut,  mon  seignor  Jehan  de  Belin  le  viel.  Et  .j.  moût  biau 
compe  i  a  il  de  celé  guerre  meïsmes  dès  le  commancement  jusques  a  la  fin, 
ou  que  il  sont  devisé  li  dit  et  H  fait  et  li  grant  consoil  des  batailles  et  des 
sièges  atiriez  ordeneement  ;  car  Phelipes  fu  a  touz.  Après  i  a  chançons  et 
rimes  qu'il  fist  plusors  en  sa  viellesce  de  Nostre  Seignor  et  de  Nostre  Dame 
et  des  sains  et  des  saintes.  Celui  livre  fist  il  por  ce  que  ces  troveiires,  et  li 
fait  qui   furent  ou   pais  a  son  tens,  et  les  granz  valors  des  bons  seignors 


VI  PHILIPPE    DE    NOVARK 

11  est  à  présumer  que,  dans  le  Recueil,  les  chansons  de  la  guerre 
contre  les  Ibelins  ne  formaient  pas  un  morceau  à  part,  mais  qu'elles 
y  figuraient  dans  le  cadre  même  qui  nous  les  a  conservées,  c'est-à- 
dire  enchâssées  dans  VEstoire  en  prose,  et  chacune  à  la  place  com- 
mandée par  le  récit. 

Le  caractère  très  personnel,  très  subjectif,  des  productions  ainsi 
rassemblées  par  Philippe  s'affirme  encore  expressément,  pour  VEs- 
toire,  dans  l'intitulé  de  cette  oeuvre  : 

«  Ici  comence  l'estoire  et  le  droit  conte  de  la  guerre  qui  fu 
entre  l'empereor  Federic  et  messire  Johan  de  Ybelin,  seignor  de 
Baruth.  Et  par  quey  l'on  peusse  meaus  entendre  cornent  mut  et 
comensa  et  fu  celé  guerre,  et  cornent  avint  que  partie  desChiprois  se 
tint  vers  l'empereor  et  la  plusgrant  partie  vers  le  seignor  de  Baruth, 
Phelipe  de  Nevaire,  quy  fu  a  tous  les  fais  et  les  conseils,  et  qui 
mainte  fois  a  esté  amés  des  bons  pour  le  voir  dire  et  haïs  des  mal- 
vais, vous  en  dira  la  vérité,  aucy  corne  en  touchant  les  homes  et  les 
grans  fais.  » 

III.  —  Les  Mémoires  de  Philippe  de  Novareet  les  Gestes  des 
Chiprois.  --  Le  Recueil  de  Phihppe  ne  nous  est  point  parvenu  ; 
nous  ne  possédons  même  plus  séparément  aucun  des  morceaux  dont 
il    était  formé.  Les   chansons    d'amour    et    les    chansons    pieuses 
paraissent  irrévocablement  perdues.   Mais    un   court  fragment  de 
l'autobiographie  semble  avoir  passé  dans  la  première  partie  de  la 
vaste  compilation  historique  connue  sous  le  nom  de  Gestes  des  Chiprois, 
dont  il  forme  les  §§  82  à  91,  et  la  seconde  partie  de  cette  même  com- 
pilation nous  a  conservé  dans  son  entier  (§§  97  ci  229)  VEstoîre  de  la 
guerre  de  Frédéric  II  contre  les  Ibelins,  avec  une  partie  au  moins  des 
chansons  de  circonstance  que  Philippe  y  avait  intercalées.  L'Autobio- 
graphie et  VEstoîre  sont  réunies  dans  la  présente  publication  sous  le 
titre  de  Mémoires, 


fussent  et  demorassent  plus  longuement  en  remembrance  a  cels  qui  sont 
descendu  de  lui  et  des  autres  amis,  et  a  touz  ces  qui  les  vorront  oïr  ».  — 
Vient  ensuite  la  description  du  second  des  livres  de  Philippe  de  Novare, 
son  Livre  de^  forme  de  pîait.  Je  rappelle  que  l'épilogue  du  traité  Des  quatre 
teni  d'aage  d'orne  ne  figure  que  dans  un  seul  des  cinq  manuscrits  de  cette 
œuvre,  le  ms.  de  la  Biblioth.  nat.,  fr.  12581,  fol.  407. 


INTRODUCTION  VII 

Les  Gestes  des  Chiprois  ont  été  composés,  vers  1320  très  probable- 
ment, par  un  nommé  Gérard  de  Montréal,  que  Ton  a  cru  pou- 
voir identifier  avec  le  jurisconsulte  de  ce  nom  ^ .  Un  seul  manu- 
scrit, incomplet  du  début  et  de  la  fin,  nous  en  est  parvenu;  il  fut 
copié  en  1345  à  Cérines  dans  l'île  de  Chypre  par  Jean  le  Miège, 
personnage  inconnu  d'ailleurs,  alors  prisonnier  d'Aimeri  de  Milmars, 
lieutenant  du  châtelain  de  Cérines  2. 

Cette  compilation  se  divise  en  trois  parties.  La  première  partie  est 
une  Chronique  de  la  Terre-Sainte,  qui,  dans  l'état  actuel  du 
manuscrit,  dtbute  avec  l'année  11 32,  et  qui  devait  être  précédée  d'une 
brève  Chronique  universelle  allant  de  la  création  du  monde  à  la 
fin  du  xie  siècle  ;  elle  se  termine  par  une  série  de  renseignements 
sur  les  Ibelins  et  sur  le  mariage  d'Isabeau  de  Brienne,  fille  de  Jean 
de  Brienne,  avec  l'empereur  Frédéric  II,  en  1224- 122  5.  La  seconde 
partie  presque  entière  est  consacrée  à  l'histoire  delà  guerre  des  Ibelins 
contre  les  partisans  de  l'empereur  en  Chypre  et  en  Palestine,  de  1218 
à  1243.  Enfin  la  troisième,  dont  nous  n'aurons  pas  à  nous  occuper, 
est  une  chronique  des  royaumes  latins  d'outremer,  depuis  1243 
jusqu'au  début  du  xive  siècle. 

Vers  la  fin  du  xve  siècle,  après  1489  probablement,  date  de  l'occu- 
pation de  Chypre  par  les  Vénitiens,  les  Gestes  furent  traduits  en 
italien  ;  puis,  au  xvi^  siècle,  ils  furent  insérés  sous  cette  nouvelle 
forme  dans  une  compilation  d'histoire  chypriote  que  l'on  désigne 
communément  sous  le  titre  de  Chronique  d'Amadi,  du  nom  du  pos- 
sesseur (peut-être  aussi  le  copiste)  de  l'unique  manuscrit  qui  s'en  est 


1.  Chronique  de  Vile  de  Chypre^  par  Florio  Bustron,  publ.  par  R.  de  Mas 
Latrie  (Co//.  de  doc,  inéd.),  p.  8.  Cf.  Riant,  Septième  rapport  du  secrétaire  de 
la  Société  de  l'Orient  latin  (28  mai  1883),  p.  15.  —  Gestes  des  Chiprois^  éd. 
Raynaud,  Préface,  pp.  xxvj-xxvij.  —  Hist,  orientaux  des  croisades.  Doc. 
arméniens,  t.  II,  pp.  ccxlvi-ccxlvii.  —  Gaston  Paris,  dans  Rev,  Or,  latin, 
t.  IX,  p.  164,  n.   I. 

2.  En  deux  endroits  du  manuscrit  (fol.  9^  v°  et  198  v**),  Jean  le  Miège  a 
inscrit  son  nom,  en  l'accompagnant  de  quelques  renseignements  sur  lui-même. 
La  plus  complète  de  ces  notices  est  celle  du  fol.  93  v°  :  «  Cestuy  lyvre  fu  con- 
ply  le  mercredy  a  .ix.  jours  d'avril  Tan  de  M. CGC.  et  XLIII  de  Crist  ;  et  il 
l'a  escrit  Johan  le  Miege  prizounier  a  mon  seignor  Heymery  de  Milmars, 
tenant  leuc  dou  chastelain  a  Cherines.  »  On  peut  supposer  qu'une  troi- 
sième notice  analogue  figurait  à  la  fin  du  manuscrit. 


VIII  PHILIPPE    DE    NOVARK 

conservé  (auj.  Biblioth.  de  Saint-Marc,  cl.  VI,  n»  clvii).  Cette 
chronique  s'arrête  au  3  février  1442,  date  du  mariage  du  roi  Jean  II 
de  Lusignan  avec  Hélène  Paléologue.  Elle  a  été  publiée  en  1891  par 
René  de  Mas  Latrie  (ColL  de  doc.  if  ledits).  Le  Vénitien  Francesco 
Aniadi,  de  la  bibliothèque  duquel  provient  le  manuscrit,  mourut  en 
1556. 

A  la  fin  du  xvie  siècle,  l'auteur  d'une  autre  chronique  italienne 
de  Tîle  de  Chypre  poursuivie  jusqu'en  1489,  Florio  Bustrone,  un 
Chypriote  d'origine  itaUenne,  paraphrasa  en  l'abrégeant  la  traduction 
d'Amadi.  Bustrone  connaissait  aussi,  selon  toute  apparence,  le  texte 
original  des  Gestes  des  Chiprois,  peut-être  même  a-t-il  eu  sous  les 
yeux,  séparément,  les  œuvres  historiques  de  Philippe  de  Novare. 
Mais,  contrairement  à  l'opinion  énoncée  par  G.  Paris  (7?^t'.  de  VOr, 
latin,  t.  IX,  pp.  203-204),  rien  n'autorise  à  croire  qu'il  ait  utilisé 
directement  ni  les  Gestes  ni  Philippe.  Sa  chronique,  au  moins  pour 
l'époque  dont  nous  avons  à  nous  occuper,  ne  contient  pas  grand'chose 
que  ne  donne  aussi  la  Chronique  d'Amadi  ;  elle  permet  seulement 
de  contrôler  en  quelques  passages  l'exactitude  de  l'unique  manu- 
scrit de  celle-ci.  Une  édition  en  a  été  donnée  en  1884,  par  René  de 
Mas  Latrie  également,  dans  la  même  collection. 

a)  U autobiographie  de  Philippe.  —  Ainsi  qu'il  vient  d'être  dit, 
nous  mettons  à  l'actif  de  Philippe  la  composition  des  §§  82  à  91  des 
Gestes  des  Chiprois,  et  nous  considérons  ce  morceau  comme  un  extrait 
de  son  autobiographie.  Cette  double  revendication  est  purement  con- 
jecturale :  aucun  témoignage,  si  vague  soit-il,  ne  l'autorise.  Mais  elle 
repose  sur  des  raisons  assez  fortes  pour  qu'il  n'y  ait  pas  de  témérité 
à  la  formuler  et  à  la  tenir  pour  fondée  jusqu'à  preuve  du  contraire. 
En  effet,  le  morceau  dont  il  s'agit  a  certainement  été  écrit  par  un 
homme  qui  tenait  de  près  aux  Ibelins.  Il  donne  sur  certains  membres 
de  cette  famille  des  détails  trop  menus,  trop  intimes,  pour  qu'on 
leur  puisse  attribuer  une  autre  origine.  Or,  le  rédacteur  des  Gestes, 
qui,  pour  cette  partie  de  sa  compilation,  paraît  n'avoir  eu  d'autres 
sources  que  les  écrits  de  Philippe  de  Novare,  des  Annales  de  Terre- 
Sainte  et  une  continuation  française  de  Guillaume  de  Tyr,  n*a  tiré 
ni  de  ces  deux  derniers  documents  ni  du  conte  de  Philippe  ce  qu'il 


INTRODUCTION  IX 

rapporte  en  cet  endroit.  Au  regard  du  continuateur  et  des  Annales, 
on  peut,  je  crois,  affirme»-  cette  indépendance.  Au  regard  de  VEs- 
foirCj  elle  est  pour  le  moins  très  probable,  puisqu'on  ne  s'explique- 
rait pas  pourquoi  Gérard  de  Montréal  en  aurait  détaché  ce  morceau, 
et  que  d'ailleurs  VEstoire,  reproduite  par  lui  dans  la  2eme  partie  de 
sa  compilation,  s'y  poursuit  sans  lacune  apparente.  On  admettra 
donc  qu'il  a  tiré  de  l'Autobiographie  le  fragment  en  question.  Reste 
à  savoir  s'il  l'en  a  extrait  mot  pour  mot.  Apparemment  non  ;  car, 
lorsqu'il  dit  que  Marie  de  Montferrat  était  fille  d'Amauri  1er,  roi  de 
Jésusalem,  dont  elle  était  la  petite-fille,  et  qu'Isabelle  de  Brienne, 
fille  de  Marie  de  Montferrat  était  la  sœur  d'Aalis  de  Champagne, 
reine  de  Chypre,  dont  elle  était  la  nièce,  il  commet  une  double  erreur, 
que  l'on  ne  peut  guère  faire  remonter  à  Philippe,  trop  bien  informé 
des  généalogies  des  familles  d'outremer.  De  plus,  les  renseigne- 
ments qui  se  lisent  aux  §§  84  et  85  sur  les  Ibelins,  à  supposer 
qu'ils  soient  empruntés  à  l'Autobiographie,  ne  devaient  pas  y  être 
donnés  sous  la  même  forme.  Mais,  somme  toute,  le  morceau  est 
bien  dans  la  manière  de  Philippe.  Les  modifications  qu'ont  pu  lui 
faire  subir  le  compilateur  ou  des  remanieurs  de  son  œuvre  n'en 
ont  pas  altéré  profondément  la  physionomie.  Nous  le  publions  tel 
que  nous  le  trouvons  dans  les  Gestes,  parce  qu'il  n'est  guère  pos- 
sible de  faire  la  part  entre  ce  qui  est  original  et  ce  qui  a  été  changé 
postérieurement  à  Philippe.  A  peine  eût-il  été  permis  d'y  rectifier,  en 
se  reportant  à  la  traduction  d'Amadi  (p.  115-116,  117),  l'erreur  rela- 
tive au  degré  de  parenté  d'Isabelle  de  Brienne  et  d'Aalis  de  Cham- 
pagne, car  Amadi,  exact,  lui,  sur  ce  point,  embrouille  d'autre  part 
leur  parenté  en  faisant  d'Aalis  de  Champagne  et  de  Marie  de  Mont- 
ferrat, mère  d'Isabelle,  des  filles  d'Amauri  1er  de  Jérusalem. 

b)  L'estoire  de  la  guerre  des  Ibelins  et  de  Frédéric  II.  —  La  2^  partie 
des  Gestes  qui  nous  a  conservé  VEsioire  delà  guerre  des  Ibelins  contre 
les  partisans  de  Frédéric  II,  débute  par  un  titre  que  nous  avons  trans- 
crit plus  haut  (p.  vi),  et  dont  la  teneur  semblerait  indiquer  que  tout 
ce  qui  va  suivre,  jusqu'à  la  fin  de  cette  2^  partie,  est  la  reproduction 
pure  et  simple  de  VEstoire. 

Or,  ce  n'est  point  exactement  ce  que  nous  trouvons.  Le  manu- 


X  PHILIPPE    DE    NOVARE 

scrit  de  Cérines  donne  bien  toute  VEstoire,  mais  il  la  donne  découpée 
par  tranches,  entre  lesquelles  viennent  se  placer  brusquement  et  mala- 
droitement de  courtes  notices  de  caractère  annalistique,  tantôt  iso- 
lées, tantôt  réunies  par  petits  paquets,  et  qui  généralement  n'ont  rien 
à  voir  avec  la  guerre  des  Ibelins  contre  Frédéric.  Il  contient  de  plus, 
^à  et  là,  des  morceaux  historiques  relatifs  aux  affaires  de  Terre- 
Sainte,  et  aussi  aux  affaires  d'Occident,  plus  étendus  que  les  notices 
chronologiques,  et  qui  eux  non  plus  ne  se  rattachent  à  VEstoire  ni 
pour  le  fond,  ni  par  aucun  lien  de  forme. 

Que  ces  notices  annalistiques  et  ces  morceaux  d'histoire  aient  été 
intt-rpolés  dans  l'œuvre  propre  de  Philippe,  c'est  ce  que  l'on  pourrait 
presque  affirmer  a^riorf,  puisqu'ils  dénaturent  complètement  le  carac- 
tère de  cette  œuvre  telle  que  Philippe  dit  l'avoir  conçue.  Mais,  il  y  a 
plus.  En  ce  qui  concerne  les  notices  annalistiques,  nous  sommes 
renseignés  par  l'auteur  même  des  Gestes,  qui  déclare  avoir  intercalé 
dans  les  «  contes  »,  c'est-à-dire  dans  les  narrations,  dont  il  a  formé 
sa  compilation,  la  mention  «  des  chozes  qui  sont  avenues  tous 
les  ans  »  (cf.  Gestes,  §  8i).  Gérard  de  Montréal  a  dû  les  emprunter  à 
des  Annales  de  Terre-Sainte,  dont  nous  ne  possédons  pas  le  texte 
original  mais  dont  deux  remaniements  nous  sont  parvenus  ^  Une  de 
ces  notices  au  surplus  (§  119),  où  il  est  parlé  de  saint  Louis,  doit  être 
postérieure  à  1270,  alors  que  la  rédaction  de  VEstoire  se  place  bien 
antérieurement,  vers  1258  au  plus  tard. 

Pour  ce  qui  est  des  morceaux  historiques  étrangers  à  l'objet  de 
VEstoire,  une  autre  annonce  de  Gérard  de  Montréal  permet  de  dou- 
ter qu'ils  aient  appartenu  au  texte  original  des  Gestes.  En  tête  de  la 
3e  partie  des  Gestes,  qui  fait  suite  à  VEstoire,  Gérard  dit  ceci  : 
«  Depuis  que  vous  avés  oy  retraire  tous  les  erremens  quy  sont 
avenus  desa  la  mer  en  Surie  et  en  Chypre,  quy  apartient  seulement  de 
Vempereor  a  siaus  de  Chipre,  si  vos  viaus  retraire  plussors  autres 
chozes...  »  D'ailleurs,  on  va  le  voir,  un  indice  matériel  de  l'inter- 
polation se  dégage  de  l'examen  comparatif  des  Gestes  et  de  la  Chro- 
nique d'Amadi. 


I.  Publiés  par  R.  Rôhricht  (avec  la  collaboration  de  G.  Raynaud)  dans 
Archives  de  V Orient  latin,  II,  11,  pp.  429-461. 


INTRODUCTION  XI 

L'auteur,  quel  qu'il  soit,  de  cette  chronique  a  inséré  dans  son 
œuvre,  comme  nous  l'avons  rappelé  déjà,  une  traduction  italienne 
des  Gestes.  Il  suit  d'assez  près  le  texte  français  de  VEstoire  auquel, 
cependant,  il  ajoute  çà  et  là  des  amplifications  de  rhétorique,  et  dont 
il  a  supprimé  les  chansons  de  circonstance,  sans  doute  à  cause  de 
la  difficulté  qu'il  aurait  eue  à  les  mettre  en  italien  et  du  peu  d'intérêt 
qu'elles  devaient  présenter  pour  les  gens  de  Chypre,  au  xve  siècle. 
Nous  retrouvons  bien  dans  sa  chronique  la  plupart  des  notices  anna- 
listiques  du  manuscrit  de  Cérines,  qui,  nous  l'avons  vu,  appartiennent 
à  l'œuvre  originale  de  Gérard  de  Montréal,  mais  nous  n'y  trouvons 
pas  les  morceaux  historiques  qu'en  raison  de  leur  sujet  et  de  la  façon 
dont  ils  sont  introduits  dans  le  récit  nous  sommes  portés  à  croire 
interpolés.  Comme  il  serait  surprenant  qu'Amadi  les  eût  laissés  de 
côté,  alors  qu'il  conservait  scrupuleusement  de  courts  extraits  d'an- 
nales  sans  rapport  avec  l'histoire  de  Chypre,  on  admettra  qu'ils 
n'existaient  pas  dans  l'exemplaire  des  Gestes  traduit  par  lui.  Et  si, 
maintenant,  il  se  trouve  que  cet  exemplaire  représente  une  rédaction 
antérieure  à  celle  du  manuscrit  de  Cérines,  il  sera  permis  de  con- 
clure que  les  morceaux  dont  il  s'agit  n'ont  pas  fait  partie  de  l'œuvre 
de  Gérard  de  Montréal,  qu'ils  y  ont  été  ajoutés  par  un  remanieur  et 
que,  par  conséquent,  on  ne  saurait  les  attribuer  à  Philippe.  Or,  cette 
supériorité  de  la  rédaction  utilisée  par  Amadi  apparaît  par  endroits 
de  la  façon  la  plus  évidente.  En  effet,  la  traduction  qu'il  en  donne 
nous  a  transmis,  en  italien,  le  refrain  d'une  chanson  de  circonstance 
que  Philippe  avait  enchâssée  dans  son  conte  et  dont  la  copie  de  Jean 
le  Miège  ne  porte  pas  trace  (cf.  §  lxxxix,  note  h).  Elle  contient 
nombre  de  traits,  absents  également  de  cette  copie,  et  que  l'on  peut 
sans  hésitation  faire  remonter  à  Philippe,  comme  par  exemple  l'his- 
toire de  ce  chevalier  de  l'armée  des  Ibelins  qui,  à  la  bataille  d'Agridi, 
fut  pris  par  les  siens  pour  un  ennemi,  parce  qu'il  avait  prononcé 
«  baillance  »  le  cri  de  ralliement  des  Chypriotes  qui  était  «  vail- 
lance »  ;  comme  encore  la  mention  de  la  mort  du  connétable  de 
Chypre  Gautier  III,  sire  de  Césarée,  tué  par  Gauvain  de  Chenichi  à 
la  bataille  de  Nicosie,  le  14  juillet  1229;  comme  enfin  certains 
détails  du  duel  d'Anceau  de  Bries  et  d'Aimeri  Barlais. 

Ainsi,  pour  dégager  l'œuvre  propre  de  Philippe  du  texte  des  Gestes, 


^"  PHILIPPE    DE    NOVARE 

il 


il  faut  tout  d'abord  débarrasser  ce  texte  des  notices  annalistiques 
qu'il  contient  et  des  récits  historiques  étrangers  au  sujet  de  VEstoirc. 
Mais  ces  deux  sortes  d'interpolations,  gauchement  introduites 
entre  les  paragraphes  ou  divisions  de  VEstoire,  ne  sont  pas  les  seules 
que  celle-ci  ait  subies  dans  la  copie  de  Cérines.  Il  en  est  d'une  troi- 
sième sorte,  qui,  elles,  intéressent  le  texte  même,  la  substance,  de 
l'œuvre  de  Phihppe. 
C'est  ce  que  nous  allons  montrer  : 

Si  l'on  compare  le  récit  de  la  guerre  des  Ibelins  et  de  Frédéric  II 
par  Philippe,  tel  qu'il  figure  dans  le  manuscrit  de  Cérines,  et  le  récit 
de  cette  même  guerre  dans  la  Continuation  française  anonyme  de 
Guillaume  de  Tyr,  que  nous  désignerons  sous  le  titre  à^  Livre  de  la 
Terre-Sainte  \  et  que  l'on  appelle  aussi  Livre  du  conqitest  ou  Histoire 
d'Eracles,  on  constate  que   plusieurs  passages  sont  exactement  ou 
presque  exactement  les  mêmes  dans  l'un  et  l'autre  récit.  Or  le  con- 
tinuateur de  l'archevêque  de  Tyr  n'a  pas  connu  l'œuvre  de  Philippe, 
c'est  chose  certaine,  et  Philippe  qui  écrivait  vers  la  même  époque  n'I 
pas  connu  davantage  le  récit  du  continuateur.  Il  faut  donc  admettre 
que  les  passages  dont  il  s'agit  ont  été  introduits  dans  l'un  ou  dans 
l'autre  texte  par  un  tiers.  Mais  l'original  est-il  Philippe,  ou  bien  est-ce 
le  continuateur  ?  La  solution   de  ce  problème  nous  est  fournie,  ici 
encore,  par  la  comparaison  de  la   chronique  d'Amadi  et  des  Gestes. 
En  effet,  la  chronique  italienne  ne  contient  aucun  des  passages  corn- 
muns  au  texte  de  Cérines  et  au  continuateur  de  Guillaume  de  Tyr  ; 
donc  ces  passages  ne  figuraient  pas  dans  lœuvre  de  Gérard  de  Mont- 
réal, et  conséquemment  ils  ne  sont  pas  de  Philippe.  Ils  ont  été  pris 
au  Livre  de  la  Terre-Sainte  et  incorporés  dans  le  texte  des  Gestes  par 
un  remanieur  qui  tantôt  les  a  substitués  purement  et  simplement  au 
passage  original  correspondant,  et  tantôt  les  a  combinés  avec  lui.  A 
leur  place,  la  chronique  d'Amadi  nous  a  conservé,  en  italien,  l'écri- 
ture  de  Gérard  de  Montréal,  reproduction  probablement  textuelle 
de  celle  de  Philippe.  Dans  la  restitution  de  VEstoire  que  nous  avons 
entreprise,  ils  devaient  être  remplacés  par  la  leçon  d'Amadi. 


I.  Rec.  des  hist.  des  croisades.  Hist.  occidentaux,  t.  II,  pp.  1-381. 


INTRODUCTION  XIII 

Une  remarque  pour  finir  : 

Le  remanieur  qui,  à  l'aide  du  Livre  de  la  Terre- Sainte,  a  modifié 
dans  l'œuvre  de  Gérard  de  Montréal  des  passages  appartenant  à  Phi- 
lippe, est  peut-être  le  même  qui  a  introduit  dans  cette  oeuvre  les 
morceaux  historiques  dont  il  a  été  question  plus  haut.  En  effet  plu- 
sieurs de  ces  morceaux  sont  tirés  à  peu  près  mot  pour  mot  du  même 
Livre.  On  a  voulu  Tidentifier  avec  Jean  le  Miège,  le  copiste  du 
manuscrit  de  Cérines,  qui  a  exécuté  sa  copie  vingt-cinq  ans  à  peine 
après  la  date  de  la  composition  des  Gestes.  Mais  cet  homme,  à  en 
juger  par  son  travail,  plein  des  bévues  les  plus  grossières,  était  trop 
ignorant  pour  exécuter  même  la  besogne  littéraire  relativement 
facile  à  laquelle  s'est  livré  le  remanieur.  Il  y  a  là  un  nouvel  indice 
de  l'existence,  dès  avant  1343,  d'une  rédaction  des  G^5/^5  antérieure 
à  celle  que  nous  fait  connaître  le  manuscrit  de  Jean  le  Miège. 


Il  conviendra  maintenant  de  résumer  ce  qui  vient  d'être  dit,  d'une 
part  sur  les  rapports  des  Gestes  des  Chiprois  et  du  Livre  de  la  Terre- 
Sainte  avec  le  texte  de  Philippe  de  Novare,  et,  d'autre  part,  sur  les 
rapports  des  Gestes  avec  la  chronique  d'Amadi.  Nous  pensons  avoir 
établi  les  points  suivants  : 

1°  Gérard  de  Montréal  a  inséré  dans  les  Gestes  deux  œuvres  de 
Philippe  de  Novare,  savoir  un  court  fragment  de  son  autobiographie, 
et,  en  entier,  son  Estoire  de  la  guerre  de  Frédéric  II  et  des  Ibelins. 
Rien  ne  permet  de  supposer  qu'en  reproduisant  ces  deux  œuvres,  il 
y  ait  apporté  de  notables  modifications.  lia  seulement  intercalé  dans 
la  seconde  quelques  notices  annalistiques,  courtes  indications  chro- 
nologiques sur  des  événements  importants  de  Terre-Sainte  et  de 
Chypre.  La  rédaction  fournie  par  le  manusciit  de  Cérines  n'est  pas 
tout  à  fait  conforme  à  la  sienne.  C'est  un  texte  interpolé  en  majeure 
partie  à  l'aide  du  Livre  de  la  Terre-Sainte  par  un  ou  plusieurs  rema- 
nieurs. Les  remaniements  ont  consisté  d'une  part  à  y  introduire  des 
récits  historiques  n'ayant  aucun  rapport  ou  n'ayant  que  des  rapports 
lointains  avec  le  sujet  principal,  et  d  autre  part  à  façonner  par  endroits 
et  à  compléter,  au  moyen  de  détails  appropriés,  le  texte  même  de 
V  Estoire . 


XIV  PHILIPPE    DE    NOVARE 

20  La  traduction  italienne  de  la  compilation  de  Gérard  de  Mont- 
réal, incorporée  dans  la  chronique  d'Amadi,  a  été  faite  d'après  un 
exemplaire  plus  voisin,  sur  nombre  de  points,  de  l'original  que  ne 
Test  le  manuscrit  de  Cérines,  et  plus  voisin  aussi  par  conséquent  de 
l'œuvre  de  Philippe.  Dans  la  reconstitution  de  cette  œuvre  qui  fait 
l'objet  de  la  présente  publication,  certaines  leçons  de  la  chronique 
italienne  doivent  être  substituées  à  celles  du  susdit  manuscrit. 

* 

*  * 

IV.  —  Éditions  et  travaux  antérieurs.  —  Les  deux  premiers 
éditeurs  des  Gestes  des  Chiprois,  MM.  Gaston  Raynaud  ^  et  Louis  de  Mas 
Latrie  2  semblent  en  avoir  considéré  la  seconde  partie,  telle  qu'elle 
figure  dans  le  manuscrit  de  Cérines,  sauf  cependant  au  regard  des§§ 
230  et  suivants,  comme  représentant  presque  sans  changements 
l'œuvre  de  Philippe;  du  moins  ils  ne  se  sont  pas  prononcés  catégorique- 
ment sur  ce  point  K  Les  premières  études  critiques  de  la  compilation 
de  Gérard  de  Montréal  sont  d'un  érudit  allemand,  M.  Paul  Richter  4. 
La  comparaison  que  ce  savant  a  faite  des  divers  documents  qui  inté- 
ressent l'histoire  de  cette  compilation  l'a  conduit  vers  quelques-unes 
des  conclusions  que  nous  formulons  ici,  mais  ne  Ta  pas  amené  jus- 
qu'aux plus  essentielles.  Nous  n'avons  pas  à  reprendre  parle  détail  les 
arguments  sur  lesquels  celles-ci  reposent .  Le  lecteur  qui  voudra  les 
connaître  devra  recourir  au  travail  publié  par  G.  Paris  dans  la  Revue 
de  V Orient  latin  (t.  IX,  pp.  164-205)  sur  les  Mémoires  de  Philippe 
de  Novare,  et  à  l'étude  d'ensemble  sur  les  Gestes  des  Chiprois  que  j'ai 


1.  Édition  parue  en  1887  (voy.  plus  loin,  p.  xxii  :  Bibliographie.  Édi- 
tions des  Gestes  des  Chiprois). 

2.  Édition  parue  en  1906  (voy.  ihid.). 

3.  Lorsque  Gaston  Paris  fut  adjoint  comme  collaborateur  à  Mas  Latrie, 
rédition  était  déjà  en  épreuves,  et  il  n'a  pu  guère  y  faire  que  des  corrections 
de  forme.  Du  reste,  dans  l'intention  de  l'Académie,  il  s'agissait  de  publier 
intéjîralement  les  Gestes  sans  en  rechercher  ou  en  distinguer  typographique- 
ment  les  sources. 

4.  Voy.  plus  loin,  p.  xxiv  :  Bibliographie.  Travaux  sur  la  vie  et  les 
œuvres  de  Philippe  de  Novare.  —  Les  mémoires  de  M.  Richter  ont  été 
aucilysés  et  commentés  en  détail  par  G.  Paris  dans  la  Revue  de  l'Orient 
Jatitiyt.  IX,  pp.  164-205. 


INTRODUCTION  XV 

mise  dans  la  Préface  du  tome  II  des  Historiens  arméniens  des  croisades. 
Il  suffisait  d'en  rappeler  ce  qu'il  est  nécessaire  de  connaître  pour 
justifier  la  présente  publication.  L'œuvre  propre  de  Philippe  de 
Novare,  la  seule  qui,  dans  la  compilation  où  elle  est  engagée,  ait  une 
réelle  valeur  littéraire,  reparaît  ici  sous  sa  véritable  physionomie,  non 
point  sans  doute  )usqu'en  ses  moindres  traits  telle  qu'elle  est  sortie 
de  la  plume  du  conteur,  mais  du  moins  hors  du  canevas  hétéroclite 
où  elle  se  dispersait,  et  débarrassée  des  retouches  que  de  misérables 
barbouilleurs  lui  avaient  fait  subir.  On  constatera  qu'ainsi  dépouil- 
lée de  sesaflfublements,  r£5/o/r^  forme  un  récit  parfaitement  agencé, 
où  tout  s'enchaîne,  sans  superfluités.  Il  y  a  là,  à  la  fois,  une  preuve 
que  la  compilation  de  Gérard  de  Montréal  l'a  reproduite  intégrale- 
ment et  que  les  orocédés  de  critique  employés  pour  en  reconnaître 
et  en  assembler  les  fragments  épars  ne  nous  ont  point  fourvoyé. 

V.  —  Établissement  de  l'édition.  —  Il  va  de  soi  que,  pour  éta- 
blir l'édition  nouvelle,  on  devait  suivre  d'aussi  près  que  possible  les 
Gestes  des  Chiprois  qui,  seuls,  nous  rendent  dans  la  langue  originale 
l'œuvre  de  Philippe,  et  qui,  pour  le  fond  même,  en  ont  conservé 
l'image  plus  fidèlement  que  ne  l'ont  fait  les  autres  écrits  où  elle  est 
insérée.  Le  meilleur  de  ceux-ci,  la  traduction  d'Amadi,  précieux  entre 
tous  pour  les  raisons  exposées  plus  haut,  ne  pouvait,  au  regard 
de  la  structure  littéraire  et  linguistique  de  l'édition,  être  considéré 
que  comme  un  document  auxiliaire. 

Les  matériaux  à  mettre  en  œuvre  pour  con^tituer  notre  texte 
devaient  être  les  suivants  :  le  manuscrit  de  Cérines,  une  copie 
moderne  de  ce  manuscrit,  sur  laquelle  on  trouvera  plus  loin  les 
renseignements  utiles,  les  éditions  de  G.  Raynaud  et  de  l'Académie, 
enfin  la  chronique  d'Amadi. 

a)  Le  manuscrit  de  Cérines.  —  Des  Gestes,  ainsi  qu'on  l'a  dit, 
un  unique  manuscrit  nous  est  parvenu,  celui  de  Jean  le  Miége  (cf. 
ci-dessus,  p  vu).  Jusqu'à  nos  jours  on  en  avait  totalement  ignoré 
l'existence.  Il  a  été  retrouvé  en  1882  à  Verzuolo,  en  Piémont,  dans 
le  château  des  comtes  Mola  di  Larisse,  héritiers  par  leur  mère  des 
comtes  Galleani  di  Canelli.On  n'a  pu  savoir  par  quelle  voie  il  y  était 
parvenu.  Il  est  aujourd'hui  la  propriété  de  M.  Charles  Perrin,  ancien 
Philippe  de  Novare.  il 


XVI  PHILIPPE    DE    NOVARE 

ingénieur  des  mines,  domicilié  à  Verzuolo,  à  qui  le  comte  Massimo 
Mola  di  Lcirisse  l'a  donné.  Ce  manuscrit  est  malheureusement  d'une 
incorrection  lamentable.  Toutes  les  altérations  que  des  copistes  illet- 
trés ou  stupides  peuvent  faire  subira  la  pureté  grammaticale  et  litté- 
raire d'un  texte  y  apparaissent  à  profusion  :  mots  et  phra>es  ou  parties 
de  phrases  sautés,  mots  liés,  mots  coupés  en  deux  ou  plusieurs  tron- 
çons, mots  invertis  ou  mutilés,  bourdons,  orthographes  fantaisistes, 
rien  n'y  manque.  Il  eût  été  néanmoins  désirable  d'y  pouvoir  recou- 
rir pour  la  présente  publication.  Force  a  été  d'y  renoncer.  M.  Per- 
rin  s'est  refusé  catégoriquement  à  l'envoyer  en  France;  il  n'a  pas 
davantage  consenti  à  le  déposer  dans  une  bibliothèque  d'Italie  ou  à 
le  laisser  consulter  chez  lui. 

U)  Edition  Raynand  et  copie  Perrin.  —  Nous  n'avons  disposé 
que  de  l'édition  de  G.  Raynaud  (/?)  et  d'une  copie  figurée  du  manu- 
scrit de  Cérines,  exécutée,  avec  beaucoup  de  soin  d'ailleurs,  en  1883, 
par  M  Perrin  lui-même  (P),  copie  dont  celui-ci  avait  fait  présent  au 
comte  Riant  et  qui  appartient  aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  natio- 
nale (nouv.  acq.  fr.  n»  6680).  On  verra  plus  loin  pourquoi  le  texte 
de  l'Académie  des  Inscriptions  ne  pouvait  être  utilisé  à  l'égal  dei?  et 
de  P. 

L'édition  de  G.  Raynaud  a  été  préparée  non  d'après  le  manuscrit 
de  1343  mais  sur  la  copie  fournie  par  M.  Perrin.  Toutefois 
l'éditeur,  ainsi  qu'il  résulte  d'une  correspondance  échano;ée  avec  lui, 
eut  à  sa  disi^osition,  pendant  quelque  temps,  le  manuscrit  original,  sur 
lequel  il  collationna  entièrement  la  copie.  De  plus,  au  cours  de  l'im- 
pression, les  épreuves  des  feuilles  5  à  16,  correspondant  aux  pp.  8, 
1.  26,  à  94,  1.  17,  de  notre  édition,  donc  à  la  majeure  partie  de  VEs- 
toirey  turent  confrontées  à  nouveau  avec  le  manuscrit  de  Cérines  par 
le  propriétaire  de  ce  manuscrit.  Pour  la  feuille  4,  qui  comprend  le 
fragment  d'autobiographie,  et  pour  la  f.  17,  où  se  trouve  la  fin  de 
VEsioire,  cette  seconde  revision  ne  fut  pas  faite.  Ainsi,  des  deux  textes 
dont  nous  nous  sommes  servis,  la  copie  Perrin  pouvait  être  consi- 
dérée comme  le  plus  exact  pour  la  partie  publiée  dans  les  feuilles 
4  et  17  de  l'édition  Raynaud,  et  cette  édition  même  semblait  offrir 
une  sécurité  plus  grande  pour  la  partie  intermédiaire.  D'une  manière 
générale,  c'est  bien  aussi  ce  que  l'on  peut  conclure  de  la  comparai- 


IXTKODUCTIOX  XVIl 

son  littérale  de  la  copie  P  et  de  l'édition  R.  Cependant,  en  quelques 
cas,  R  donne  la  leçon  correcte  (confirmée  par  le  texte  d'Amadi) 
dans  les  feuilles  4  et  17,  tandis  que  Pest  fautif,  et  P  à  son  tour  doit 
être  préféré  à  R  en  plusieurs  passages  appartenant  aux  feuilles  5 
à  16  de  l'édition.  Nous  ne  rechercherons  pas  l'origine  de  cette  in- 
conséquence ;  il  en  a  été  tenu  compte  dans  rétablissement  de  notre 
texte. 

Il  importe  de  spécifier  ici  que  R  est  non  pas  le  texte  littéral 
de  l'édition  Raynaud  avec  les  corrections  qui  y  ont  été  introduites, 
mais  le  manuscrit  de  Cérines  reconstitué  dans  la  mesure  du  pos- 
sible d'après  les  indications  fournies  par  l'éditeur  (signes  gra- 
phiques dans  le  texte  ;  leçons  du  manuscrit  notées  au  bas  des  pages 
et  dans  les  Additions  et  corrections,  pp.  389-391  du  volume). 

r)  Edition  de  V Académie.  —  L'édition  des  Gestes,  préparée  par 
L.  de  Mas  Latrie  avec  la  collaboration  de  G.  Paris,  et  publiée  dans 
le  t.  II  des  Historiens  arméniens  des  croisades,  ne  pouvait,  au  même 
titre  que  P  et  R,  tenir  lieu  du  manuscrit  de  Cérines.  En  effet,  les  édi- 
teurs n'ont  pas  eu  ce  manuscrit  à  leur  disposition,  et  ils  ont  été  con- 
traints, comme  nous-même,  d'opérer  exclusivement  sur  la  copie  de 
1883  et  sur  l'édition  Raynaud  ^  Mais  leur  publication  nous  a  été  très 
utile  à  un  autre  point  de  vue.  G.  Paris  a  pris  à  tâche  de  n'y  laisser 
passer  aucune  des  impuretés  du  manuscrit  de  Cérines,  que  l'édition 
précédente  avait  respectées.  En  s'aidant  d'Amadi  et  de  Bustrone, 
quand  cela  se  pouvait,  et  sinon  par  conjecture,  il  a  méthodiquement 
amendé  le  texte  de  Jean  le  Miège.  Nous  avons  en  général  adopté  ses 
corrections.  Un  certain  nombre  nous  ont  paru  inutiles  ou  trop  auda- 
cieuses. Dans  ce  cas,  nous  avons  ou  bien  conservé  la  leçon  du  manu- 
scrit ou  bien  proposé  des  rectifications  qui  ne  s'en  écartaient  pas 
autant.  Chose  curieuse,  qui  s'accorde  mal  avec  ce  que  nous  savons 
des  moyens  d'information  dont  ont  disposé  les  auteurs  de  l'édition 
académique,  ceux-ci  donnent  expressément  comme  provenant  du 
manuscrit  de  Cérines  des  leçons  qui  ne  figurent  ni  dansP  ni  dans  R, 
S'il  n'y  a  pas  eu  là,  de  leur  part,  de  simples  erreurs  matérielles,  on 


I.  Cf.  Rec.  des  hist.  des  croisades.  Documents  arméniens,  t.  II,  p.  652. 


XVni  PHIf.IPPE    DE    NOVA  RE 

supposera  qu'ils  ont  pu  consulter  des  notes  prises  par  G.  Raynaud 
d'après  ce  manuscrit,  mais  non  utilisées  par  lui  dans  son  édition.  En 
raison  de  l'incertitude  où  nous  sommes  sur  l'origine  et  la  valeur  de 
ces  leçons,  nous  n'avons  pas  cru  devoir  les  incorporer  dans  notre 
édition.  Nous  les  indiquerons  ici  : 

I,  VII,  1.2-3       ^'^'  ^'"'ï''-     g'^iles  e  aler  ;  R,  P  galles  a  alcr 

II,  XXI,  1.4  --         pofrlveû  ;  —     porveû 

—  LV,  24  —         mais  je  suis;  —     mais  je  fui 

-  LV,  34  —  covenir  [aj  Anceau  ;  —  covenir  a  Ancer.u 

—  Lxxiii,  ^.j  —  et  Grimbert  ;  —  et  Timbert 

—  xcTii,  1.  II  -  asquel[s];  —  as  quels 

—  cxxxix,  1.  7  —  par[t];  —  part 

—  cxLii,  1.4  —  de  daubaleste;  —  de  daubalestrc 

—  cxLvii,  1.  10  —  campagne;  —  campanei?;  can- 

panc  P. 

—  CLXii,  1.  3  —  morty;  —     moty 

—  CLXVii,  1.  5  —         consenti[s]t ;  —     consentist 

—  ci.xxxix,  12  —         esrachèe  (ci.  Romania,        —     arachée. 

XIX,  p.  100,  n.  5)  ; 


d)  Traduction  d'Amadi.  —  L'apport  de  la  traduction  d'Amadi 
dans  la  mise  au  point  du  texte  des  Mémoires  s'est  réduit  aux  trois 
opérations  suivantes  : 

i)  Restitution  de  passages  totalement  corrompus  et  de  mots  omis 
ou  mutilés  dans  le  manuscrit  de  Cérines . 

2)  Substitution  des  passages  originaux  conservés  par  la  traduction 
aux  passages  extraits  du  Livre  de  la  Terre-Sainte  par  les  remanieurs 
de  l'œuvre  de  Gérard  de  Montréal. 

3)  Insertion,  à  titre  tout  à  fait  exceptionnel,  de  passages  dont  les 
Gestes  des  Chiprois  ne  portent  pas  trace,  mais  que  l'on  peut  considé- 
rer comme  ayant  disparu  de  cette  œuvre. 

Pour  ces  divers  emprunts  faits  ci  la  traduction  d'Amadi,  il  a  paru 
convenable  d'en  remettre  le  texte  en  français,  plutôt  que  de  repro- 
duire l'italien.  On  l'a  fait  en  se  rapprochant  le  plus  possible  du  voca- 
bulaire de  Philippe,  dressé  d'après  son  Estoire  et  ses  autres  œuvres. 
Les  passages  de  la  traduction  substitués  ou  insérés  ont  été  imprimés 
entre  crochets  et  leur  introduction  dans  notre  texte  a  été  justifiée 
en  note.  Le  lecteur  remarquera  entre  les  §§  cxxxii  et  cxxxiii  une 


IXTKODUCTIOX  MX 

hicuuc  provenant  de  la  suppression  d'un  passage  emprunté  au  Livre 
ik  hi  Terre-Sainte  par  un  renianieur  des  Gestes.  Il  eût  été  possible  de 
combler  cette  lacune  au  moyen  de  la  chronique  d'Amadi,  qui  nous  a 
conservé  le  texte  correspondant  de  Philippe.  Si  on  ne  l'a  pas  tait, 
c'est  en  raison  de  la  longueur  du  morceau.  Le  texte  itaUen  a  d'ail- 
leurs été  reproduit  en  note. 

VI.  —  Graphie  de  l'édition.  —  Le  manuscrit  de  Cérines 
ne  porte  point  de  divisions  par  chapitres  ou  paragraphes.  Le  pre- 
mier éditeur,  M.  Raynaud,  en  a  simplement  numéroté  les  alinéas, 
chaque  alinéa  formant  un  paragraphe,  et  cette  numérotation,  qui  se 
poursuit  sans  reprises  d'un  bout  à  l'autre  des  Gestes,  a  été  conservée 
dans  l'édition  de  l'Académie.  Il  nous  a  paru  nécessaire  d'adopter, 
pour  chacune  des  deux  parties  des  Mémoires  séparément,  un  autre 
mode  de  coupures,  divisant  plus  rationnellement  le  texte  et  égaU- 
sant  autant  que  possible  l'étendue  des  paragraphes.  Ceux-ci  ont  été 
numérotés  en  chiffres  romains  et  l'article  correspondant  de  l'édition 
Raynaud  a  été  placé  entre  parenthèses  à  côté  de  ces  chiffres.  La  sup- 
pression totale,  pour  cause  d'interpolation,  de  paragraphes  de  cette 
édition  a  été  signalée  en  tête  du  paragraphe  suivant  par  un  appel  de 
note  renvoyant  aux  Variantes  et  notes  critiques  {^^ .  102-133). 

L'orthographe,  très  diverse  et  souvent  étrange,  du  manuscrit  a  été 
respectée  toutes  les  fois  qu'elle  ne  constituait  pas  une  erreur  mani- 
feste de  copie.  Exception  a  été  faite  cependant  pour  les  noms  de 
nombres.  Ceux-ci,  dans  le  manuscrit,  sont  presque  toujours  marqués 
en  chiffres  romains  et  non  en  toutes  lettres.  On  a  conservé  le  chiffre 
pour  les  dates  seulement;  dans  les  autres  cas  le  chiffre  a  été  remplacé 
par  le  mot. 

Le  manuscrit  emploie  indifféremment  la  majuscule  ou  la  minus- 
cule en  tête  des  noms  propres  et  des  phrases  ;  l'édition  suit,  sur  ce 
point,  le  mode  actuel  d'écriture. 

Les  abréviations,  rares  d'ailleurs,  ont  été  résolues  paléographi- 
quement.  La  plupart,  au  surplus,  pouvaient  l'être  au  moyen  d'autres 
exemples  du  mot  écrit  en  entier. 

Il  est  à  peine  besoin  de  dire  que  la  ponctuation,  l'accentuation  et 
autres  signes  graphiques  sont  du  fait  de  l'éditeur.  Nous  nous  sommes 


\X  PHILIPPE    DE    NOVARE 

conformé   sur  ce   point    au   système   adopté    pour  les  précédents 
volumes  de  la  collection. 

VII.  —  Variantes  et  notes  critiques.  —  Le  commentaire  du 
texte  comporte,  ainsi  qu'il  vient  d'être  indiqué,  des  Variantes  et  noies 
critiques.  Réunies  à  la  suite  de  l'édition,  elles  y  forment  un  chapitre 
à  part.  On  les  a  groupées  paragraphe  par  paragraphe  en  deux  subdi- 
visions superposées  : 

jo  Leçons  présumées  fautives  du  manuscrit,  amendées  dans  l'édi- 
tion ;  variantes  provenant,  suivant  le  cas,  de  P  ou  de  R.  —  Aucun 
appel  de  note,  aucun  signe,  placé  dans  le  texte  de  l'œuvre,  ne  révèle 
l'existence  de  ces  leçons  et  variantes.  Que  celui  donc  qui  utilisera 
la  présente  édition  se  tienne  pour  averti  de  l'inconvénient  qu'il  y 
aurait  à  la  citer,  sans  avoir  vérifié,  à  l'aide  de  cette  partie  du  com- 
mentaire, la  leçon  réelle  du  manuscrit.  On  a  dû  sacrifier  la  com- 
modité du  lecteur  à  des  convenances  typographiques. 

20  Notes  consistant  surtout  dans  la  transcription  de  passages 
d'Amadi  introduits  ou  non  dans  notre  texte  comme  •  ayant  dû  ou 
simplement  pu  figurer  dans  l'original  de  Philippe.  Des  appels,  figu- 
rés par  les  lettres  de  l'alphabet,  renvoient  du  texte  à  cette  catégorie 
de  notes.  —  Le  commentaire  biographique  et  géographique,  très  suc- 
cinct, a  été  joint  de  préférence  à  la  Table  des  noms  propres. 

VIII.  —  Appendices.  —  A  la  suite  des  Variantes  et  notes  critiques,  on 
trouvera  successiveinent  :  une  Table  chronologique,  une  Table  des  noms 
propres,  un  Glossaire  et  deux  Cartes,  l'une  de  l'île  de  Chypre,  l'autre 
de  la  Syrie  et  de  la  Palestine. 

La  Table  chronologique,  comprenant  les  années  1217a  1243,  s'ap- 
plique exclusivement  à  des  faits  relatés  par  les  Mémoires,  qu'ils  y 
soient  racontés  en  détail  ou  signalés  par  une  simple  allusion.  Phi- 
lippe, dans  son  récit,  a  donné  peu  de  dates,  surtout  de  dates  pré- 
cises. Aussi  est-ce  souvent  par  induction,  ou  au  moyen  d'autres 
documents,  qu'on  a  pu  situer  chronologiquement  les  événements 
qu'il  rapporte.  On  ne  s'est  point  astreint  à  déterminer  la  date  de  tous 
les  menus  faits  que  contient  son  récit  :  les  faits  datés  entre  lesquels 
ils  se  placent  feront  connaître  l'année,  sinon  le  jour,  où  ils  se  sont 
accomplis. 


INTRODUCTION  X\l 

La  Tabli'  des  iio/ns  propres  a  dû  recevoir  un  assez  grand  dévelop- 
pement, parce  qu'on  y  a  introduit  quelques  renseignements  généalo- 
giques ou  géographiques  sur  les  personnages  et  les  lieux  cités,  puis 
surtout  parce  qu'on  a  accompagné  la  référence  au  texte  de  la  men- 
tion et  souvent  de  la  date  de  l'événement  à  propos  duquel  appa- 
raissent l'homme  ou  le  lieu.  Pour  les  principaux  héros  du  récit,  dont 
les  noms  reviennent  presque  à  chaque  paragraphe,  et  pour  les  pays 
où  se  passe  l'action,  le  lecteur  aura  de  cette  fiiçon,  au  lieu  de  fasti- 
dieuses énumérations  de  chiffres,  un  résumé  du  rôle  que  les  uns  et 
les  autres  jouèrent  dans  le  drame.  Ce  système  avait  de  plus  l'avan- 
tage de  désencombrer  l'annotation, du  texte. 

Le  Glossaire  ne  contient  guère  que  des  mots  et  formes  de  mots  peu 
usuels,  ou  des  mots  détournés  de  leur  sens  ordinaire.  On  regrettera 
peut-être  de  ne  pas  trouver  ici  un  glossaire  plus  complet,  d'autant  que 
ceux  qui  accompagnent  les  deux  premières  éditions  des  Gestes  sont 
aussi  très  sommaires.  Philippe  est  un  écrivain  de  race,  dont  la  langue 
et  la  grammaire  valent  d'être  étudiées  de  près.  L'uniformité  requise 
pour  les  volumes  de  la  collection  n'a  pas  permis  de  donner  une 
eAtension  plus  grande  à  cette  partie  de  la  publication. 

Le  tracé  des  Cartes  a  été  fait,  pour  l'ile  de  Chypre,  d'après  la  carte 
qui  accompagne  l'ouvrage  de  L.  de  Mas  Latrie,  Uîîe  de  Chypre,  sa 
situation  présente  et  ses  souvenirs  du  moyen  âge  (Paris,  Firmin  Didot, 
1879,  in-12),  et,  pour  la  Palestine  et  la  Syrie,  d'après  la  planche 
85  de  Spruner-Menke,  Hand-Atlas  f.  die  Geschichte  des  Mittelalters 
(3e  éd.,  1880).  L'une  et  l'autre  a  été  réduite  ensuite  par  le  graveur. 
Destinées  uniquement  à  éclairer  la  lecture  de  Philippe  de  Novare, 
elles  ne  contiennent  que  les  noms  de  lieux  cités  dans  les  Mémoires. 


BIBLIOGRAPHIE 


En  dressant  cette  Bibliographie  on  n'a  point  eu  la  prétention  de  noter 
tout  ce  qui  a  été  écrit  sur  Philippe  de  Novare,  mais  simplement  de 
fournir  les  titres  complets  des  ouvrages  et  articles  cités  dans  le  pré- 
sent volume.  Exceptionnellement,  on  a  inséré  dans  cette  liste  l'indi- 
cation de  quelques  travaux  qui  n'ont  pas  été  mentionnés  au  cours 
de  l'Introduction,  ou  dans  lés  notes  de  l'édition,  mais  qui,  tenant  de 
près  à  notre  sujet,  pourront  être  consultés  utilement  par  le  lecteur. 

Éditions  des  Gestes  des  Chiprois. 

1.  Les  Gestes  des  Chiprois.  Recueil  de  chroniques  françaises  écrites  en 
Orient  aux  XIII^  et  XIV^  siècles  {Philippe  de  Navarre  et  Gérard  de 
Montréal),  publié  pour  la  lere  fois  pour  la  Société  de  l'Orient  latin 
par  Gaston  Raynaud.  —  Genève,  J.-G.  Fick,    1887,  in-S'^,  xxviij- 

393  pp. 

2.  Les  Gestes  des  Chiprois,  [publiés  parL.  de  Mas  Latrie  et  G.  Pa- 
ris], dans  le  Recueil  des  historiens  des  croisades.  Documents  arméniens^ 
t.  II  (Paris,  Imprim.  nationale,  1906,  in-foL,  ccLXiv-1038  pp.), 
no  VI,  pp.  653-872  et  999-1012  du  volume.  Préface  par  Ch.  Kohler, 

pp.  CXXXII-GXXXIX. 

Traductions  des  Gestes  des  Chiprois. 

1.  Chroniques  d'Amadi  et  de  Strambaldi,  publiées  par  M.  René  de 
Mas  Latrie.  Première  partie  :  Chronique  d'Amadi.  —  Paris,  Imprim. 
nationale,  1891,  in-40,  vii-534  pp.  (Coll.  de  documents  inédits  sur 
Vhistoire  de  France.  Première  série  :  histoire  politique). 

2.  Chronique  de  File  de  Chypre,  par  Florio  Bustron,  publiée  par 
M.  René  de  Mas  Latrie.  Paris,  Imprim.  nationale,  1884,  in-40, 
531  pp.  (Coll.  de  documents  inédits  sur  Vhistoire  de  France,  Mélanges 
historiques,  tome  V). 


RIHT.ÎOGKAPHIK  XX 111 

Éditions  d'autres  œuvri:s  de  PiiiLiprE  de  Kgvare. 

1.  Livre  de  Philippe  de  Navarre^  publié  par  le  comte  Beugnot  dans 
le  Recueil  des  historiens  des  croisades.  Lois,  1. 1  (1841),  no  iv,  pp.  469- 
571.  —  Le  titre  de  cette  œuvre  dans  le  meilleur  manuscrit  est  :  Le 
livre  de  forme  de  pi  ail  que  sire  Felippe  de  Novairefist  ùouriinsien  ami 
aprendre  et  enseigner  counient  on  doit  plaidoier  en  la  haute  court . 

2.  Les  quatre  âges  de  Vhomme,  traité  moral  de  Philippe  de  Navarre, 
publié  pour  la  première  fois  d'après  les  manuscrits  de  Paris,  de 
Londres  et  de  Metz,  par  Marcel  de  Fréville.  Paris,  FirminDidot,  1888, 
in-80,  XXVI- 145  pp.  (Publication  de  la  Société  des  anciens  textes 
français). 

RÉCITS  ABRÉGÉS    DE  LA  GUERRE    DE    ChYPRE    D  APRÈS    PHILIPPE 

de  Novare. 

I.  Marinus  Sanutus,  Liber  Secretoruni  fidelium  Cntots,  lib.  IIP 
dars  XI,  cap.  m  ;  dans  Bongars,  Gesta  Dei  per  Fruncos,  t.  II  (Hano- 
viae,  161 1,  in-fol.),  pp.  211-212. 

Hans  Mùller,  Der  Longohardenkrieg  aiif  Cypem,  I22cf~i2p^.  Mit 
hesonderer  Beruch:^ichtigung  der  Gestes  des  Chiprois  des  Pljelippe  de 
Xovaire.  Ina-ug.  Dissert,  zur  Erlangung  der  philosopb.  DoKtorwûrde 
vor  der  kgl.  Preuss.  vereinigten  Friedrichs-Univ  -rsitat  Halle-Wit- 
tenberg.  —  Halle,  1890,  in-80,  64  pp. 

RÉCITS    DE   LA     guerre   DE    ChYPRE   d'APRÈS    AmADI    ET    BUS- 
TRONE. 

I  (d'après  Bustrone)  :  Historié  de  re  Lusignani,  publicate  da  Hen- 
rico  Giblet  cavalier  [pseudonyme  de  Gio.  Francesco  Loredano].  Libri 
undeci.  In  Bologna,  per  Giac.  Monti,  1647,  in-40,  731  pp.,  sans  les 
pièces  liminaires  [14  feuillets  non  paginés]. 

—  2e  éd.,  avec  le  même  titre.  Venetia,  165 1,  appresso  liGuerigli, 
in-i2,  756  pp.,  sans  les  pièces  liminaires  [24  feuillets  non  paginés]. 
—  Reproduite,  peut-être  même  simplement  réimprimée,  avec 
quelques  petites  modifications  partielles  de  caractères  et  de  disposi- 
tions typographiques,   dans  :  Opère  di    Gio.  Francesco  Loredano, 


XXIV  PHILIPPE    DE    KOVARE 

nobile  veneio,  divise  in  sei  volumi  (Venetia,  appresso  li  Guerigli, 
165  3-1656,  in-12),  t.  IV,  paru  en  1653,  756  pp.,  également  sans  les 
pièces  liminaires. 

—  3^^  éd.,  avec  le  même  titre,  dans  les  Opère  di  Gio.  Francesco 

Loredano   nobile  veneto  divise  in  otto  volumi.  AU'  illustriss 

Signora la  Signora  Contessa  Hleonora  Gambara (Vene- 
tia, 1667,  appresso  i  Guerigli,  8  vol.,  in- 16),  t.  V,  )72  pp.,  plus,  en 
icte,  l'Avis  au  lecteur  [2  feuillets  non  paginés],  et,  à  la  fin,  la  Table 
des  matières  [14  feuillets  non   paginés]. 

—  Traduction  française,  sous  le  titre  :  Histoire  des  rois  de  Chypre 
de  la  maison  de  Lusignan  et  les  différentes  guerres  qu'ils  ont  eu  contre 
les  Sarrasins  et  les  Génois,  traduit  de  l'italien  du  chevalier  Henri 
Giblet,Cypriot.  Paris,  André  Cailleau,oî^  Guillaume  Saugrin,  1732, 
2  vol.  in-12  ;  1er  vol.  :  45^  pp.^  plus,  en  tête,  6  pp.  non  numérotées 
contenant  l'Avertissement;  2^  vol.  :  379  pp.,  plus,  à  la  fin,  4  pp. 
non  numérotées  contenant  le  privilège. 

2  (d'après  Amadi  et  Bustrone)  :  L.  de  Mas  Latrie,  Histoire  de  Vile 
de  Chypre  sons  le  règne  des  princes  de  la  maison  de  Lusignan.  Paris, 
Didot,  185 2-1 862,  in-80,  3  vol.  et  i  carte.  Cf.  t.  I,  pp.  228-328. 

Travaux    sur   la    vie    et  les    œuvres   de    Philippe     de 

NOVARE. 

[E.  de]  P[astoret],  Philippe  de*Navarre  jurisconsulte  ;  dsius  Hist. 
littéraire  de  la  France,  t.  XIII  (1814),  pp.  94-96.  —  Beugnot,  Notice 
sur  la  vie  et  les  écrits  de  Philippe  de  Navarre  {Bihlioth.  de  VEcole  des 
Chartes,  i^e  série,  t.  II,  1840-41,  pp.  1-3 1).  —  Id.,  Introduction  aux 
Assises  de  la  Haute-cour  ;  dans  Rec.  des  Instar .  des  croisades.  Lois,  1. 1 
(Paris,  Imprim.  royale,  1841,  in-fol.),  pp.  xxxvii-xlix.  —  Félix 
Lajard,  Philippe  de  Navarre,  Jean  d'Ihelin,  Geoffroi  le  Tort,  Jacques 
d'Ihelin  et  rédacteurs  anonymes  des  Assises  de  Jérusalem  ;  dans  Hist. 
litt.  de  la  Fr.,  t.  XXI  (1847),  PP-  433-4<^7  (^f-  sur  Philippe  de  N., 
pp.  441-447).  —  G.  Raynaud,  Préface  d^^  son  édition  des  Gestes  des 
Chiprois  (cf.  ci-dessus),  pp.  xiii-xx.  —  G.  Paris,  Philippe  de  Novare 
{Romania,  t.  XIX,  1890,  pp.  99-102).  —  Id.,  Les  Mémoires  de 
Philippe  de  Novare  (Rev.  de  V Orient  latin,  t.  IX,  1902^  pp.  164-205)  ; 


BIBLIOGRAPHIK  XXV 

reproduit  dans  :  G.  Paris,  Mélanges  de  littérature  française  du  nioyen- 
dge,  publiés  par  Mario  Roques,  2^  partie  (Paris,  H.  Champion, 
19 12,  in-8«),  pp.  427-470.  —  Beitràge  ^ur  Historiographie  in  den 
Kreu:^fahrerstaaten^  vornehmlich  fur  die  Zeit  Kaiser  Friedrich  H, 
Inaugural  Dissertation  zur  Erlangung  der  Dociorwûrde,  von  der 
Philosoph.  Fakultàt  der  Friedrich-Wilhelms-Universitât  zu  Berlin 
genehmigt,  nebst  den  beigefûgten  Thesen...  verteidigt...  von  Paul 
Richter  :  Philippe  de  Nevaire  ein  Memoirenschreiber  :(ur  Geschichtc 
Kaiser  Friedrich  IL  Berlin,  1890,  in-S»,  39  pp.  ;  travail  publié  à  nou- 
veau avec  d'importants  remaniements  dans  les  Mittheilungen  d. 
Instituts  f.  osterr.  Geschichtsforschung,  t.  XIII  (1892),  pp.  255-310, 
sous  le  titre  :  Beitràge  ^ur  Historiographie  in  den  Kreu:(fahrerstaaten, 
vornehmlich  f.  die  Gesch.  Kaiser  Friedrichs  II  \  l.Das  Geschichtswerk 
des  Philippe  de  Nevaire.  M.  Richter  est  revenu  une  troisième  fois 
sur  le  même  sujet  dans  un  appendice  de  la  2*^  partie  de  ses  Beitràge 
lur  Historiographie...  {Mittheil.  d.  Instituts...^  t.  XV,  an.  1894,  pp, 
593-599),  en  rectifiant  certains  points  sur  lesquels  il  avait  particuliè- 
rement insisté  dans  ses  conclusions  précédentes.  —  Ch.  Kohler,Pr^- 
face  de  Tédition  des  Gestes  des  Chiprois,  publiée  par  l'Académie  des 
Inscriptions  et  Belles- Lettres  (cf.  ci-desbus),  pp.  cxxxii-cxxxix. 
—  Hans  Mûller,  Der  Longobardenkrieg  atif  Cypern  . .  (cf.  ci-des- 
sus), pp.  5-10.  —  P.  Meyer,  De  l^ expansion  de  la  langu  française 
en  Italie  pendant  le  nioyen-dge  {Afti  del  congresso  international  di 
science  storiche,  I.IY.  Roma,  1903,  in-80)  Tir.  à  part:  Roma,  tipogr. 
délia  R.  Accademia  dei  Lincei,  1904,  in-80. 


ADDITIONS  ET  CORRECTIONS 


Pages       3,  §  X,  1.  2,  au  lieu  de  convenait  de  faire,  leçon  de  R,  lire   convenait 
faire,  leçon  de  P  (cf.  §  lxix  39  et  §  lxxiii  33). 

—  14,  §  xxiii,  1.  I,  lire  robes. 

—  23,  §  XL,  1.  8,  au  lieu  de  onoreement,  lire  plutôt  ennoreement. 

—  S  3)  §  LVi,  1.  5,  ou  lieu  de  livraisons  (mis  pour  maisons  du  ms.),  il  faut 

peut-être  lire  mensions, 

—  46,  1.  78,  lire  fait  il. 

—  79,  §  cxxxvi,  1.  6,  et  p.  80,  §  cxxxvii,  1.  2,  //  eût  mieux  valu  inter- 

préter L  /Jrt/' sinquante  et  120/1 />rtr  cinquante  ;   on  trouve  en  effet   sin- 
quante  en  tontes  lettres  au  §  cxxxi,  1     5. 

—  80,  §  cxxxvii,  1.  12,  //refirent. 

—  ^3»  §  cxLiv,  1.  8,  virgule  après  ens. 

—  93'  §  CLXviii,  1.  9,  au  lieu  de  maihnée,  lire  maihnee. 

—  108,  §  LXiii,  1.  7,  lire  counestablie  P. 

—  iio,  §  LXXIII,  1.  ly,  au  lieu  de  v,  lire  v. 

—  115»  §  cvi,  1.  5,  au  lieu  de  sans,  lire  saus. 

—  127,  §  CLXi,  1.  I,  lire  si  sejornerent  i?  ;  si  se  jornerent  P. 

—  130,  §  CLXXvi,  lire  soit  dire  a  gas  —  il  meïsnie  le  claim. 

—  133»  §  CLXXXix,  1 .  2,  //re  esrachée. 

—  137,  1.  22  (cf.  p.  73,  §  cxxii).  Le  traité  entre  Henri  1''%  roi  de  Chypre, 

elles  Génois  est  exactement  du  10  juin  1232  (Liber  jurium  reipubli- 
cae  Genuensis,  t.  I,  col.  899-903). 

—  138,  1.   12-13,  ajouter,  au  sujet  d'Aalis  de  Champagne  :  épouse  divorcée 

(1227)  de  Boémond  V  d'Antioche  (Annales  de  T.-S.,  dans  Archives 
de  rOr.lat.,  II  11,  p.   438). 

—  144,  col.   I,  après  Chantecler,  ajouter  :  Chats  (Cap  des).  Voy.  Gavata. 

—  147,  col.  I,  au  sujet  de  Gautier  de  Eguevive,  ajouter  :  fils   de    Renaud, 

seigneur  d'Acquaviva,  dans  les  Abruzzes  (cf.  Gestes  des  Chrprois^  éd. 
Acad.,  p.    719,  note  c). 

—  155,  col.   I,  ajouter  La  Tour  (Guillaume  de).  Voy.   Guillaume  de 

LA  Tour. 

—  156,  col.  I,  ajouter  la  date   du   mariage  de  Marie   d'Antioche-Tripoli  : 

août  (?)  1240. 

—  156,  col.  2,  entre  la  1.  4  et  la  1.  <^,  ajouter  :  Montferrat.  Voy.  Monferar . 

—  157,  col.  2,  au  sujet  de  Philippe  de  Montfort,  ajouter  qu'il  était  marié  à 

Alice  d^Ibelin,  sœur  de   Jean    7^'  d'Ibelin^  seigneur  de   Barufh,  et  de 
Philippe  dLbelin,  bail  de  Chypre. 


\ 


FRAGMENT  D'UNE  AUTOBIOGRAPHIE 


122J-1224 


I  (82).  Ce  fu  en  l'an  de  ryncarnasion  de  Nostre  Seignor 
Jehsu  Crist  m.  ce.  xxiii,  avoit  au  rëaume  de  Jérusalem  une 
haute  damoisele  quy  avoit  nom  Yzabiau,  la  quele  estoit 
fille  dou  roy  Johan  de  Breine,  et  quy  estoit  dreit  heir  et 
dame  dou  royaume  de  Jérusalem  de  par  sa  mère  la  raïne 
Marie,  quy  fu  fille  dou  roy  Heimery,  roy  de  Jérusalem. 

II  (83).  Geste  haute  damoizelle  que  je  vos  dis,  quy 
estoit  dreit  heir  dou  royaume  de  Jérusalem,  si  avoit  une  seur 
quy  estoit  mariée  au  roy  de  Chipre,quy  avoit  nom  Hugue  de 
Lezegniau,  la  quele  l'on  la  nomoit  la  rayne  Alis. 

III  (84).  En  cel  tens  avoit  desa  mer  en  Surie  un  haut 
home,  quy  avoit  nom  messire  Johan  de  Yblin,  et  estoit  sei- 
gnor de  Baruth,  le  quel  avoit  au  rëaume  de  Chipre  moult 
grans  rentes  de  cazaus  et  d'autres  choses.  Cestu  seignor  de 
Baruth  si  fu  vaillant  et  moult  hardy  et  entreprenant  et  large 
et  cortois  et  de  bel  acuell  a  toute  gent,  et  por  ce  il  estoit 
moult  amé  et  moult  renomé  partout,  et  par  my  tout  se  il 
estoit  sage  et  cônoissant  et  preudome   et  lëau  enver  Dieu. 

IV  (85).  Le  seignor  de  Baruth  si  avoit  un  frère  quy  ce 
nomet  Phelippe  de  Yblin,  quy  avoit  aussi  assés  de  rentes  et 
fiés,   et  quy  fu  meïmes  vaillant   et  entreprenant.   Ses  deus 

Philippe  de  Kovare  1 


2  PHILIPPE    DE    NOVARE 

seignors  estoient  oncles  de  l'avant  dite   damoisele,  rayne  de 
Jérusalem,  et  de  sa  suer  la  raïne  Aalis  de  Chipre. 

V(8é).  Or  avint  en  cel  an  que  Fedric,  que  l'on  dizoit 
l'enfant  de  Poulie,  estoit  fait  enperour  par  pape  Onoire,  le 
quel  enperour  regnoit  a  cel  tens  a  grant  poier  et  a  grant 
renomee.  Et  avint  chose  que  a  cel  tens  estoit  aie  le  roy  Johan 
de  Breine  a  la  court  de  Rome,  au  pape,  qui  avoit  nom  Onoire  ; 
dont  il  porchassa  que  le  dit  pape  otroya  le  mariage  de  la 
dite  damoyselle  Yzabiau,  rayne  de  Jérusalem,  sa  fille,  au  dit 
enperor  Federic,  si  con  je  vous  ay  dit^. 

VI  (87).  Dedens  ce,  le  dit  enperor  avoit  mandé  mesages 
au  roy  Johan  et  as  barons  dou  royaume  de  Jérusalem  pour 
espouzer  la  dite  damoisele,  de  la  quele  il  en  avoit  oy  parler  ; 
mais  les  mesages  de  l'empereor  pacerent  en  Surie,  et  enceaus 
jors  passa  le  roy  Johan  a  court  de  Rome,  que  les  uns  ne 
sorent  novelles  des  autres  ;et  porchassa  le  roy  Johan  la  des- 
pensasion  dou  pape  pour  le  dit  mariage,  con  vous  avés  oy"^. 

VII  (88).  Le  maryage  fu  otroé  et  parfait  d'une  part  et 
d'autre,  si  que  l'empereor  fist  aparailler  et  armer  vint  gallees 
a  aler  en  Surie  por  amener  la  dite  damoisele  rayne  de  Jéru- 
salem ;  et  ordena  l'emperor  un  predome  et  sage,  l'evesque  de 
Pacte,  au  quel  vesque  l'emperor  dona  son  anel,  dou  quel  anel 
le  dit  evesque  devoit  espouzer  la  dite  damoisele  pour  l'em- 
pereor. Et  ensy  fu  la  chose  afermee  par  sainte  iglize  et  ordena 
l'empereor  chevaliers  des  siens  et  valès  pour  aler  sur  les  dites 
guallees,  pour  acompaigner  la  dite  dame  a  son  revenir,  et 
manda  l'emperour  biaus  prezens  de  biaus  juaus  a  la  dite 
dame  et  a  ses  oncles  et  as  autres  siens  parens,  et  se  partirent 
les  guallies  et  ariverent  en  la  cité  d'Acre. 

VIII.  Et  avint  choze  que  en  siaus  jours  le  noble  baron, 
seignor  de  Baruth,  se  trova  a  Acre,  quy  resut  l'evesque  de 
Pacte  et  les  autres  chevaliers  de  l'empereour  moult  henoree- 
ment,  con  sil  quy  estoit    moult  cortois   seignor,  et  l'avoit 


MÉMOIRES,     I,    V-XI  3 

usé  et  savoit  bien  taire  ;  et  les  herberga,  et  fist  servir  bien  et 
largement  ;  et  s'asemblerent  tous  les  barons  quy  a  Acre  se 
troverent,  et  resurent  les  letres  dou  pape  et  de  Tempereor  et 
dou  roy  Johan,  et  les  entendirent  dilyguanment  et  a  grant 
reverense  et  a  grant  joie  dou  dit  mariage. 

IX  (89).  Le  seignor  de  Baruth  et  son  frère  quy  vint  de 
Chipre,  et  tous  les  autres  barons  et  chevaliers  de  la  Surie  et 
de  Chipre,  et  les  comunes  et  borgès  et  autres  s'aparaillerent 
de  tayller  robes  envessees  et  autres  choses  quy  fust  aferable 
a  faire  feste  de  si  haut  mariage  con  sestu  et  de  si  haut  enco- 
ronement  ;  et  menèrent  la  dite  damoisselle  a  Sur,  et  iquy  fu 
elle  mariée  et  encorounee  par  l'arsevesque  de  Sur,  Simon. 
Et  dura  la  feste  quinze  jours  en  behorder  et  en  danses  et  en 
semonces,  et  de  changer  envissures  et  doner  robes  et  d'autres 
festes  de  plussors  manières. 

X  (90).  Quant  les  festes  furent  parfaites  en  la  cité  de 
Sur  a  moût  grant  henour,  si  com  il  couvenoit  de  faire  pour 
si  haut  mariage  com  est  de  si  haute  persone  de  Tempereor 
et  de  si  haute  rayne  com  est  la  rayne  de  Jérusalem,  le  sei- 
gnor de  Baruth,  son  oncle,  et  son  frère  monseignor  Phelippe 
de  Ybelin,  et  les  autres  parens,  sy  ordenerent  aucunes  per- 
sones  a  mander  avec  la  rayne  jusques  a  Tempereor,  et  si  orde- 
nerent le  quel  y  ala  :  l'arsevesque  de  Sur,  Simon,  et  messire 
Balian,  seignor  de  Sayete,  couzin  germain  de  la  dite  rayne, 
et  autres  chevaliers  et  valès  et  dames  et  damoiseles  ;  et  l'acom- 
paignierent  jusques  a  l'empereor  Federic,  mais  le  seignor  de 
Baruth,  son  oncle,  et  aucuns  des  autres  barons  l'acompa- 
gnerent  jusques  en  Chipre. 

XI  (91).  Et  quant  vint  a  uit  jours  de  jugnet,  l'an  de  m.  ce. 
et  xxiiii,  la  dite  rayne  se  recully  sur  les  vint  guallies  devant 
dites,  que  l'empereor  ly  avoit  mandées.  Au  recullir  la  rayne 
Aallis,  sa  seur,  rayne  de  Chipre,  et  les  autres  dames  l'acom- 
paîgnerent  en  la  maryne  a  lermes  plourant,   con  seles  quy 


PHILIPPE    DE    NOVARE 


penseeiit  bien  que  ja  mais  ne  la  cuideent  veïr,  si  com  il  ne 
firent.  Et  au  partir  que  la  dite  dame  fist,  ele  regarda  la  terre, 
et  dist  :  c(  A  Dieu  vos  comans,  douce  Surie,  que  ja  mais  plus 
ne  vous  verray!  »  Et  elle   profetiza,  car  ensy  fu. 


II 


GUERRE  DES  IBELINS   CONTRE  LES  IMPÉRIAUX 
EN  TERRE  SAINTE  ET  EN  CHYPRE 

I  (97).     Ici    comencë  l'estoire   et  le  droit  conte  de 

LA  guerre     qui     FU  ENTRE     l'eMPEREOR     FeDERIG     ET  MESSIRE 
JOHAN  DE  YbELIN,  SEIGNOR  DE  BaRUTH. 

Et  par  quey  Ton  peusse  meaus  entendre  cornent  mut  et 
comensa  et  fu  celé  guerre,  et  cornent  avint  que  partie  des 
Chiprois  se  tint  vers  l'empereor  et  la  plus  grant  partie  vers 
le  seignor  de  Baruth,  Phelipe  de  Nevaire,  quy  fu  a  tous  les 
fais  et  les  conseils,  et  qui  mainte  fois  a  esté  amés  des  bons 
pour  le  voir  dire  et  haïs  des  malvais,  vous  en  dira  la  vérité, 
aucy  come  en  touchant  les  homes  et  les  grans  fais. 

II  (98).  Il  avint,  ensi  come  Nostre  Seignor  le  con- 
senty,  que  le  bon  roy  Hugue  de  Chipre,  quy  fu  moût  vail- 
lant, ala  a  Tortouse  en  pèlerinage,  et  puis  vint  a  Triple,  et 
ileucamalady  et  trépassa  de  cest  siècle,  en  Tan  de  .m.  ii*^.  et 
XVIII,  a  dis  jors  de  jenvier,  et  fu  enterré  a  l'ospital  de  Saint 
Johan.  La  royne  Aalis,  sa  feme,  demoura  moult  jeune,  et 
avoit  trois  enfans  de  luy,  un  fys  et  deus  filles.  Le  fys  n'avoit 
que  nuef "^  mois  et  avoit  nom  Henry,  qui  fu,  après  son  père, 
roy  de  Chipre  et  fu  apelé  le  roy  Henry  Gras.  La  dite  reyne 
Aalis  estoit  nièce  de  monseignor  Johan,  seignor  de  Baruth, 
et  de  messire  Phelippe  d'Ybelin,  son  frère. 


6  PHILIPPE    DE    NOVARE 

III.  Tous  les  homes  liges  dou  roy  firent  homage  corne 
de  baill  a  la  dite  reyne,  et  tous  les  homes  liges  prièrent  et 
requistrent  a  messire  Phelippe  de  Ybelin  que  il  fust  baill  de 
Chipre  por  gouverner  la  terre  et  tenir  la  court  et  coumander 
sus  les  homes.  Le  roy  Hugue  meïsme  Tavoit  avant  prié  et 
comandé  a  la  mort.  Monseignor  Phelippe  ressut  le  baillage, 
si  ot  moult  de  travail  et  noise,  et  la  reyne  otles  rentes,  que 
moût  largement  les  despendy.  Messire  Phelippe  d' Ybelin 
gouverna  moult  bien  la  terre  et  en  pais,  et  moult  i  fist  de 
bien  et  de  hennor  et  de  loyauté  et  de  largesse  ;  et  monsei- 
gnor de  Baruth  estoit  tout  le  plus  en  Surie,  et  a  tous  les 
besoins  metoit  grant   conseil  et  grant  aye  au  fait  de  Chipre. 

IV  (iio)".  Si  tost  come  le  juene  Henry, fis  dou  devant 
dit  roy  Hugue  de  Chipre,  fu  un  poy  grandet,  ses  oncles  et 
ses  autres  homes  le  couronnèrent  a  moult  très  grant  feste. 
L'arcevesque  Estorgue  de  Nicossie  en  fist  ce  qu'a  Tiglyze  en 
afferoit  a  faire  a  son  corounement.  L'emperere  Federic  se 
corroussa  moult  de  ces  deus  choses,  quant  il  le  sot,  s'est  a 
saver  dou  baillage  et  dou  corounement,  por  ce  que  le  roy 
Henry  devoit  estre  son  home.  Il  disoit  que  le  baillage  estoit 
suens  et  que  il  devoit,  par  les  us  d'Alemaigne,  tenir  le  bail- 
lage de  Chipre  tant  que  le  dit  roy  eûst  quinze^  ans  d'aage.  Et 
aucune  fois  manda  l'empereor  a  la  reyne  Alis  de  Chipre 
qu'ele  li  laissast  tenir  le  baillage  de  grâce  %  tant  com  il  liplai- 
roit  ;  mais  dou  corounement  se  parcoroussa  il  trop,  et  disoit 
que  le  roy  Henry  ne  devoit  recevoir  coroune  que  de  luy.  Et 
toutes  voies  mandoit  il  moût  amiables  letres  tous  jors  as  deus 
frères,  monseignor  de  Baruth  et  le  bail  sire  Phelippe;  tout 
adés  les  apeloit  oncles  en  ses  letres,  por  ce  que  i  Festoient  a 
la  reyne  Yzabeau  de  Surie,  quy  estoit  sa  feme. 

V(iii).  En  celuy  tens,  avoit  aucuns  juenes  homes  en 
Chipre.  L'un  ot  nom  messire  Aymery  Barlais,  l'autre  sire 
Amauride  Bethsan;  cil  duyestoient  cousin  d'un  lignage.  Le 


MÉMOIRES,  II,   III-VII  7 

tiers  ot  nom  sire  Gauvain,  le  quart  sire  Guillaume  de  Rivet; 
cil  duy  estoient  d'un  lignage.  Le  quint  ot  nom  sire  Hue  de 
Gibeleth  ;  celuy  fu  d'autre  lignage,  et  apartenoit  as  enfans 
de  monseignor  de  Baruth  par  lor  mère.  Ceaus  cinc  s'acor- 
derent  et  jurèrent  encontre  le  lignage  de  Ybelin.  Et  siavoient 
esté  moût  bien  d'eaus,  et  avoient  ressu  moût  de  biens  et 
d'amors  d'eaus,  especiaument  de  monseignor  de  Baruth,  plus 
que  de  nul  home;  mais  folie  et  orgueil,  quy  souvent  muet 
de  richesce  et  de  repos,  et  que  il  y  a  moult  de  gens  quy  ne 
puent  souffrir  l'aise,  les  mena  a  ce  que  il  firent  et  que  il  dirent, 
et  toutes  voies  y  ot  achaisons.  Et  si  les  oirés  ci  après  main- 
tenant. 

VI  (112).  Ilavint  que  monseignor  de  Baruth  fist  ses  deus 
fils  aihnés  chevaliers  en  Chipre.  L'un  fu  messire  Balian,  quy 
puis  fu  conestable  de  Chipre  et  seignor  de  Baruth  ;  l'autre  fu 
messire  Bauduyn,  quy  fu  ceneschal  de  Chipre.  A  celé  cheva- 
lerie fu  la  plus  grant  feste  et  la  plus  longue  qui  fust  onques 
desa  mer  que  l'on  sache.  Moût  i  ot  douné  et  despendu,  et 
bouhordé,  et  contrefait  les  aventures  de  Bretaigne  et  de  la 
Table  ronde,  et  moult  de  manières  de  jeus. 

VII  (113).  Un  jour,  après  la  chevalerie,  juoient  a  un 
jeu  que  l'on  apellebarbadaye.  Syavint  que  un  chevalier  tous- 
can,  quy  avoit  nom  Toringuel  ^  et  estoit  de  la  maihnee  de 
messire  Phelippe,  le  baill,  fery  messire  Heimery  Barlais,  si 
come  l'on  fiert  a  seluy  jeu.  Le  dit  sire  Heimery  se  coroussa 
et  dist  que  il  Tavoit  felonessement  féru  et  trop  fort  ;  a  tant 
s'en  parti  dou  jeu.  L'endemain  il  gaita  le  chevalier  entre  luy 
et  sa  force,  et  le  laidirent  malement,  si  que  cil  fu  mahaignyé 
et  en  péril  de  mort.  Messire  Phelippe,  le  baill,  s'en  aïramout, 
et  ly  vost  corre  sus.  Tous  ceaus  desa  jure  se  tindrent  a  mes- 
sire Heymery,  mais  riens  ne  montoit  contre  le  pooir  de 
messire  Phelippe,  le  baill.  Monseignor  de  Barut,  son  frère, 
se  mist  entre  deus  et  les  tint  a  force,  et  manda  son  fys,  mes- 


PHILIPPE    lyE   NOVARE 


sire  Balian,  quy  condeusist  messire  Heimery  Barlais  la  ou  il 
vosyst  aler. 

VIII  (114).  Après  ce  ne  demora  gaires  que  messire  Hei- 
mery Barlais  se  party  de  Chipre  et  ala  a  Triple,  et  la  fu  tout 
îver.  Monseignor  de  Barut  passa  de  Chipre  a  Baruth,  et  manda 
querre  sire  Heimery  Barlais,  au  Pascour,  et  le  mena  en  Chipre 
devant  son  frère  si  soudeinement  que  il  ne  sot  mot,  et  dist  a 
son  frère  que  il  voloit  en  toutes  manières  et  en  toutes  guises 
que  il  pardonast  a  sire  Heimery,  et  se  il  nel  faisoit,  ja  mais  a 
luy  ne  parleroit  ni  ne  le  verroit,  et  que  il  feroit  autel  fin 
come  sire  Heimery.  Le  baill  dolent  fist  la  volenté  de  son 
frère,  et  le  chevalier  mahanié  forspassa,  quy  ne  vost  faire 
pais.  Sire  Heimery  s'avoit  moult  d'avenant,  si  fu  ariere  tout 
sire,  et  moût  ot  grant  compaignie  et  grant  amour  a  messire 
Balian.  En  cel  an,  un  poi  après,  avint  que  la  reyne  Alis  de 
Chipre  se  corroussa  a  ses  oncles  et  a  ses  autres  homes,  et 
sans  lor  gré  et  lor  otroy  s'en  ala  a  Triple  et  espousaBemont, 
fys  dou  prince  d'Antioche.  Tous  ceaus  de  Chipre,  et  sire 
Heimery  Barlais  meïsme,  crièrent  aune  vois  que  se  le  prince 
lust  baill  en  Chipre  et  que  il  eùst  pooir,  que  ce  seroit  la  mort 
et  la  destrucion  de  leur  petit  seignor. 

IX  (115).  Après  ne  demora  gaires  que  le  devant  dit 
sire  Phelippe  de  Yblyn  laissa  le  baillage,  maugré  tous  ceaus 
dou  païs  ;  et  la  reyne  Alis,  quy  estoit  a  Triple,  manda  que 
messire  Heimery  Barlais  fust  baill  tant  qu'elle  peûst  venir  en 
Chipre.  Messire  Heimery  l'otroya  maintenant,  sans  ce  que 
il  eûst  otroy  de  nul  home  de  Chipre,  ains  le  tindrent  a  grant 
despit,  et  s'asemblerent  a  la  court,  et  dist  messire  Phelippe 
d'Ybelin  que  il  tenoit  a  grant  orgueil  et  a  grant  superbe  ce 
que  sire  Heymeri  s'estoit  offert  et  avoit  otroié  d'estre  cheve- 
teyne  sur  luy  et  sur  les  autres  bonnes  gens  de  Chipre,  et  que 
il  n'estoit  mie  home  que  il  deûst  ce  faire,  et  que  c'estoit 
bien  encontre  ce  que   il  meïsme    avoit    dit,  quant  la  reyne 


MÉMOIRES,    II,    VIII-XI 


Alis  espouza  le  prince.  Sire  Anceau  de  Bries  se  leva  et  dist 
que  de  tant  corne  messire  Heymery  Barlais  en  avoit  fait 
et  dit,  avoit  il  fait  que  desloyal,  et  se  il  fust  en  my  la  place, 
plus  l'en  direit  et  le  provereit. 

X.  Celuy  messire  Anceau  de  Bries  fu  fis  d'un  cousin 
germain  de  monseignor  de  Baruth  et  de  son  frère  ;  si  estoit 
juenes  hom  et  fort  et  durs,  membrus  et  ossus,  vigourous  et 
pénibles,  et  entreprenans  et  faiseour,  amy  et  enemy  cortois, 
et  large  de  quanque  il  pooit  tenir,  blans  et  blondes  et  vayrs 
et  camus,  a  une  chiere  grefaignie,  semblant  au  leupart.  Les 
deus  frères  l'avoient  moût  cher,  et  il  le  descervoit  bien,  et 
saches  que  de  ceste  guerre  fu  il  le  plus  prisié  a  dreit  après 
les  deus  frères  et  leur  enfans,  et  le  bon  jeune  seignor  de  Ce- 
zaire  qui  estoit  lor  nevou.  Si  corne  sire  Heimery  Barlais  ot 
oï  ce  retraire  que  l'on  avoit  dit  de  luy  en  mal,  il  s'en  party 
de  Chipre  et  ala  a  Triple,  et  enprist  que  la  atendroit  la  venue 
de  l'empereor,  que  moût  estoit  criée  de  jour  en  jour  ;  et  son 
entendement  estoit  que,  par  ra5'e  de  l'empereor,  il  porroit 
sousmetre  le  lignage  de  ceaus  d'Ybelin. 

XI  (117)^.  Il  avint,  grant  tens  aveit,  que  messire  Gau- 
vayn  ot  contens  a  un  chevalier  quy  avoit  nom  messire  Guil- 
laume de  la  Tour.  Le  dit  Guillaume  fut  naffré  de  nuit  entre 
luy  et  un  suen  cousin  ;  et  disoit  l'on  que  ce  avoit  fait  sire 
Gauvain  et  son  lignage.  Le  chevalier  gary  de  ses  plaies  et 
vint  a  la  court  devant  le  baill,  et  apela  sire  Gauvain  de  traïson, 
et  il  se  defendy,  et  furent  lor  gages  donnés  et  receûs,  et  la 
bataille  fu  férue,  et  pais  en  fu  faite  au  champ.  La  pais  fu 
grevouse  et  vilaine  a  sire  Gauvain  [et  ot  a  mal  que  celuy 
chevalier  l'eûst  apelé  ^],  et  li  sembla  que  il  ne  l'osast  avoir 
apelé,  se  il  n'eûst  le  maintenement  de  ceaus  de  Ybelin  ;  et 
sans  tout  ce  n'estoit  il  mie  si  cler  d'eaus  come  il  avoit  esté 
devant,  et  aucune  achaison  i  avoit  ;  tout  avant,  por  la  grant 
lëauté  que  il  savoit  en  eaus,  osa  il  bien  entrer  en  champ  et 
se  y  combatre. 


lO  PHILIPPE   DE   NOVARE 

XII.  Au  partir  dou  champ  dist  que  il  n'avoit  mie  seû 
les  covenances  de  la  pais  tant  corn  il  fu  au  champ,  et  que  il 
ne  tendroit  ja  ce  que  soulignage  avoit  covenancié.  Tantost 
s'en  ala  au  Temple,  et  de  la  a  Acre,  et  d'Acre  outre  mer  a 
Tempereor,  et  servy  l'empereor  un  tens  ;  et  savoit  moult 
d'oizeaus,  et  si  fu  moût  honoré  a  celé  court.  L'empereor 
estoit  sur  son  venir,  car  Tigiyze  le  destreignoit  de  tenir  le 
covenant  de  pascer  en  Surie  que  lor  avoit  fait.  Il  vint  au  port  ; 
les  galees  furent  arivees,  et  le  passage  tout  apresté  ;  l'empe- 
reor respita  sa  venue  jusque  a  l'autre  passage,  si  com  li 
plot,  et  manda  partie  de  ses  gens  desa  mer  et  de  ses  galees  ; 
et  sire  Gauvain  revint  lors  desa  mer  en  Chipre^. 

XIII  (122)  «.  En  celé  chaude  novelle  que  l'on  crioit  que 
l'empereor  venoit  maintenant,  ains  que  l'on  seûst  que  il  avoit 
respité  son  passage,  sire  Heimery  Barlais,  quy  estoit  a  Triple, 
se  porpensa  que  il  venroit  en  Chipre  a  la  court,  et  s'alëaute- 
reit  de  ce  que  sire  Anceau  de  Bries  avoit  dit  de  luy  ;  et  pensa 
que  dedens  les  quarante  jors  que  il  avroit  de  respit  au  fait  de  la 
bataille  après  les  gages  donnés,  seroit  venu  l'empereor,  et 
son  fait  prendroit  bien.  Le  dit  sire  Heimery  s'en  vint  tant 
tost  en  Chipre  et  fu  en  la  court,  et  desmenty  sire  Anceau  de 
ce  qu'il  avoit  dit  de  luy,  et  s'en  offri  a  défendre,  et  tendy  son 
gage.  Leroy  ressut  les  gages  ;  le  jour  de  la  bataille  fu  donné 
et  ordené  par  esgart  de  court  a  eaus  deus.  Et  dedens  celé 
quaraintaine  les  galees  de  l'empereor  vindrent,  si  com  vous 
avés  oï  ^,  et  sot  l'on  que  il  ne  devoit  mie  venir.  Lors  le  patri- 
arche Gerolt  de  Jérusalem  et  moult  d'autres  gens  se  travail- 
lèrent de  faire  pais  de  celé  bataille,  mais  ne  pot  estre  faite, 
car  sire  Anceau  ne  vost  otroyer  en  nulle  guise. 

XIV.  La  bataille  fu  férue.  Sire  Heimery  ot  le  piour, 
car  il  avint,  a  la  première  jouste,  que  sire  Anceau  brisa  sa 
lance,  et  sire  Heymery,  quy  moult  estoit  vesiés,  espareigna 
la  soue,  quy  avoit  un  des  meillors  fers  dou  monde,  et  laprist 


MÉMOIRES,    II,    XII-XVI  II 

par  my  le  niileuc  et  fery  en  dardant  trois  cos  en  la  visière 
dou  heaume  de  sire  Anceau,  et  tous  jors  feroit  la  visière,  et 
le  poygnoit  en  la  chiere.  Au  tiers  cop,  sire  Anceau  lansa  la 
main  a  toute  Tespee  que  il  tenoit,  dont  il  avoit  féru  grans 
cos  dessus  le  heaume  de  sire  Heymeri,  et  prist  la  lance  dever 
le  fer  a  tout  ce  que  il  tenoit  l'espee,  et  il  avoit  moût  forte 
main,  si  aracha  la  lance  par  force  del  poyn  de  sire  Heymeri  ; 
et  sire  Anceau  fu  fort,  et  tira  si  durement  que  sire  Heimery 
perdy  la  lance  que  il  avoit  pris  dou  travers.  Sire  Anceau  tira 
tant  qu'il  l'abaty  ;  et  il  fu  pesantement  armés,  si  fery  grant 
cop  a  terre  et  fu  moût  blecié  ;  toutevoies  se  leva  si  come  il 
pot,  et  foy  vers  la  lice  tout  droit  a  l'encontre  dou  leuou  estoit 
monseignor  de  Baruth  par  dehors  la  lice. 

XV.  Il  avoit  moult  bien  afaitié  son  cheval,  si  qu'il 
corroit  après  luy  par  tout,  et  il  meïsme  coroit,  et  son  cheval 
après  luy  ;  il  traist  l'espee  et  se  mist  entre  là  lyce  et  le  cheval  '^ . 
Sire  Anceau  redressa  moult  hastivement  son  heaume,  et 
prist  sa  lance  en  dardant  si  come  sire  Heimery  lassoit  et 
travailloit  luy  meïsme  ;  et  dou  monter  estoit  neent,  car  il 
estoit  pesantement  armés,  et  petit  chevalier,  et  le  cheval 
estoit  grant  et  haut  et  fier.  Adonc  sembla  a  monseignor  de 
Barut  et  a  tous  ceaus  quy  la  estoient  que  sire  Heymeri  ne 
pooit  durer.  Et  sire  Anceau  le  hastoit  moult,  et  s'on  ne  ly 
eûst  desloé,  il  fust  descendu  a  pié,  car  il  le  cuidoit  legie- 
rement  ocirre.  Monseignor  de  Baruth  entra  au  champ,  entre 
luy  et  le  seignor  de  Cezaire,  quy  estoit  conestable  de  Chipre, 
et  ne  vostrent  plus  soufrir  ;  si  firent  tenir  as  chevaliers  sire 
Anceau  a  force  par  le  frein  et  firent  tenir  le  cheval  de  sire 
Heymery,  qu'yl  avoit  ja  si  lassié  quy  ne  pooit  plus.  Il  par- 
lèrent de  pais. 

XVI.  A  celuy  jour,  messire  Phelippe  de  Ybelin,  qui 
estoit  frère  de  monseignor  de  Baruth,  gisoit  malade  dou  mau 
de   la  mort.  Son  frère,   le  seignor  de  Baruth,  li  fist  savoir 


12  PHILIPPE    DE    NOVARE 

l'estat  des  deus  champions,  et  il,  quy  ja  sentoit  la  mort,  vost 
en  toutes  guises  que  pais  fust  ;  et  tant  manda,  pryant  et  con- 
jurant, a  sire  Anceau,  ovec  la  force  que  monseignor  de  Baruth 
ly  fist,  que  la  pais  fu  faite  ;  et  sachiés  que  la  pais  fu  vileine 
a  sire  Heimery,car  il  y  ot  raenson  motie  et  autres  covenances 
griés  et  fors;  mais  toutes  voies  il  en  sauva  sa  vie.  Sire 
Heymeri  s'en  party  dou  champ  entre  luy  et  sire  Gauvain  et 
les  autres  des  cinc,  s'est  a  saver  sire  Amaury  de  Bethsan,  et 
sire  Guillaume  de  Rivet,  et  sire  Hue  de  Gibelet  ;  si  mandèrent 
moult  plaignant  a  l'empereor  dou  lignage  de  Ybelin,  disant 
moult  de  maus  et  de  mensonges  sur  eaus. 

XVII  (123).  En  celuy  meïsme  an  de  .m.if.  et  xxvii, 
messire  Phelippe  d'Ybelin,  le  bon  preudome,  quy  estoit  frère 
de  monseignor  de  Baruth,  morut  en  Chipre  de  celé  maladie 
qu'il  avoit.  Moût  en  fyst  l'on  grant  duel,  et  moult  fu  grant 
damage  a  tous  ses  amis  et  a  tout  le  païs  ;  moult  fu  pleint,  et 
moût  le  dut  bien  estre. 

•  XVIII  (126)^.  En  l'an  de  .M.ii<^.  et  xxix,  l'emperere  Federic 
passa  la  mer  pour  venir  en  Surie,  par  le  coumandement  dou 
pape  Greguoyre  ;  et  ariva  premièrement  en  l'isle  de  Chipre, 
en  la  cité  de  Lymesson  ^  ;  et  mena  o  luy  setante  entre  gua- 
lees  et  tarydes  et  autre  navie.  Mais  grant  partie  de  son  ost 
et  de  sa  mahnee,  et  son  mareschau,  et  ses  chevaus  estoient 
devant  arivé  a  Acre.  Messire  Heymeri  et  messire  Gauvain  et 
grant  partie  de  lor  amis  et  de  lor  suite  entrèrent  en  vasseaus 
armés,  et  alerent  contre  l'empereor  jusquès  as  parties  de 
maryne  ;  et  si  tost  com  il  le  virent,  il  acuserent  monseignor 
de  Baruth  quy  ne  l'avet  deservy  vers  eaus,  et  porchaserent 
le  pis  qu'il  porent  a  luy  et  a  ses  heirs  et  a  tout  son  lignage, 
et  firent  entendant  a  l'empereor,  selonc  ce  que  l'on  retraist, 
se  il  prenoit  Chipre,  que  de  Chipre  poroit  fornir  Surie  de 
quanque  bezoin  seroit  en  son  hostel,  et  outre  tout  ce  en  poroit 
avoir  et  tenir  mil  chevaliers. 


MÉMOIRES,    II,  XVII-XXI  IJ 

XIX.  L'emperere  lor  fist  grant  feste  et  grant  prou- 
messe,  et  dist  que  il  les  creroit  moût,  et  il  en  furent  moult 
liés,  et  ariverent  o  luy  en  Chipre  ;  toutevoies  l'empereres 
manda  moût  cortoises  letres  a  monseignor  de  Baruth,  qui 
estoit  a  Nicossie,  preant  et  requérant,  come  a  son  cher  oncle, 
que  il  venist  a  luy  parler  et  ly  amenast  le  jeune  roy  et  ses 
trois  anfans  et  tous  ses  amis.  Et  ly  manda  un  autre  mot,  quy 
tu  prophétie  par  la  grâce  de  Nostre  Seignor,  car  il  ly  manda 
que  il  et  ses  amis  et  ses  anfans  seroient  riches  et  honorés  de 
sa  venue,  et  si  furent  il,  la  Deu  mercy,  mais  ce  ne  fu  mie 
par  son  gré.  Le  message  de  l'empereor  fu  moût  honoré  a 
Nicossie,  et  moût  en  fist  l'on  grant  feste  de  sa  venue. 

XX.  Monseignor  de  Baruth  assembla  ses  amis  et  lor 
requist  conseil  por  le  jeune  roy  Henry  et  por  luy  meïsme- 
Tous,  a  une  vois,  crièrent  que  il  ne  ses  enfans  ne  se 
meïssent  au  poier  de  l'empereor,  ne  menassent  le  roy  lor 
seignor  ;  car  les  maies  euvres  de  Tempereor  estoient  trop 
aparans,  et  mainte  fois  avoit  dit  bêles  paroles  et  mandées  que 
les  fais  estoient  oribles  et  pezans  ;  par  coy  il  ly  looyent  que 
il  s'esoingnast  en  aucune  manière,  disant  que  il  et  tous  ses 
amis  et  tout  le  poier  de  Chipre  s'apareilloyent  hastivement 
et  le  siveroient  en  Surie  au  servise  Deu,  et  le  serviroient  en 
Surie  come  seignor  ;  «  et  tout  ensy  l'avoit  empris  dou  faire 
monseignor  Phelipe,  vostre  frère,  quant  il  viveit  ».  Ce  luy 
eûst  esté  bon  conseil,  car  en  Surie  estoit  le  Temple  et  l'Ospi- 
tau,  et  autres  bones  gens  quy  vosicent  et  bien  et  pais,  et 
Tempereor  ne  peûst  mie  si  faire  son  gré  dou  tout. 

XXI.  Monseignor  de  Barut  respondy  a  cest  conseill, 
et  dist  que  loyalment  et  amiablement  conseilloyent,  mais 
il  voloit  meaus  estre  pris  ou  mort  et  soufrir  ce  que  Deu  en 
avoit  porveù,  que  consentir  que  l'on  peûst  dire  que  par  luy 
ne  par  son  lignage,  ne  par  les  gens  desa  mer,  fust  remés  ne 
destornés  le  servize  Deu,  ne  le  conquest   dou   reyaume   de 


14  PHILIPPE    DE    NOVARE 

Jérusalem  et  de  Chipre  ;  car  il  ne  voloit  pas  mesfaire  a 
Nostre  Seignor,  ne  que  Ton  peûst  dire  par  le  siècle  : 
«  L'empereor  de  Rome  ala  outre  mer  a  grant  esfors,  et  eûst 
tout  conquis,  mais  le  sire  de  Baruth  et  les  autres  desloyaus 
d'outre  mer  aiment  plus  les  Sarrasins  que  les  Crestiens,et  por 
ce  se  révélèrent  a  l'empereor,  et  ne  vostrent  que  la  Terre 
Sainte  fust  recovree.  » 

XXII  (127).  Pour  ces  choses  devant  dites  s'en  ala  le 
seignor  de  Baruth  a  l'empereor,  et  ses  enfans  et  tous  ses 
amis,  et  tout  le  pooir  de  Chipre,  des  chevaliers  et  des  sergens, 
et  menèrent  le  petit  seignor  le  roy  Henry  a  l'empereor,  et  se 
mistrent  del  tout  a  sa  manaie  ;  et  il  les  resut  a  moult  grant 
feste  et  a  moût  grant  semblant  de  joie,  et  sembloit  que  lor 
enemy  fussent  desjuglé.  L'empereor  lor  requist  tantost  un 
don,  et  ce  fu  qu'il  ostassent  la  noire  robe  que  il  avoyent 
encore  vestue  pour  la  mort  de  sire  Phelippe  d'Ybelin,  lor 
frère,  et  dist  que  plus  grant  bien  lor  devoit  estre  la  joie  de  sa 
venue  que  le  duel  de  lor  amy,  lor  frère,  qui  estoit  trespassé, 
ja  fust  ce  que  il  estoit  moult  preudome  et  vaillant.  Il  otroye- 
rent  moût  volentiers  son  comandement,  et  le  mercierent 
moult  volentiers  et  offrirent  entérinement  lor  cors  et  lor 
cuers  et  lor  avoirs  a  son  comandement,  et  l'empereor  les 
en  mercya  moult  liement,  et  dist  que  il  les  guerredoneroit 
largement  et  richement. 

XXIII.  Maintenant  manda  rooes  d'escarlate  a  ceaus  qui 
vestoient  noir,  et  autres  juaus,  et  lor  pria  de  bouche  que  il 
manjassent  tous  l'endemain  o  luy.  Il  fistrent  lor  robes  has- 
tivement,  et  l'endemain  matin  vindrent  tous  vestus  d'escar- 
late devant  l'empereor.  Et  en  celé  meïsme  nuit  devant,  il  fist 
ovrir  celeement  une  porte  au  mur  d'une  chambre  qui  feroit 
en  un  jardin  ;  ce  fu  en  un  beau  maner  ou  il  estoit  herbergié, 
que  monseignor  Phelippe  avoit  fait  a  Lymesson.  Par  cele 
fauce  posternne  fist  entrer  l'empereour  de  nuit  priveement 


MÉMOIRES,  II,    XXII-XXV  I5 

trois  mil  homes  armés  ou  plus,  entre  sergens  et  arbalestriers 
et  gent  de  marine,  tant  que  près  toute  la  garnison  de  sa 
navie  y  fu  laens,  et  furent  mis  par  les  estables  et  par  les 
chambres,  les  portes  closes  sur  eaus,  tant  que  il  fu  hore  de 
manger  ;  les  tables  furent  mises,  et  Taiguc  donnée. 

XXIV.  L'empereor  fist  aseïr  delés  luy  le  seignor  de  Ba- 
ruth  et  le  vieill  seignor  de  Cezaire,  qui  estoit  conestable 
de  Chipre  ;  a  une  autre  longue  table  fist  asseïr  le  roy  de 
Chipre  au  premier  chef  et  le  roy  de  Salonique,  et  puis  le 
marquis  Lance  et  autres  barons  d'Alemaigne  et  dou  règne  ; 
et  comanda  que  tous  les  chevaliers  chiprois  fucent  en  tele 
manière  asis  que  monseignor  de  Baruth  et  les  autres  que 
il  peûssent  luy  veïr  et  oïr,  quant  il  parlereit  ;  et  dévissa  que 
les  deus  fis  dou  seignor  de  Baruth  servicent  devant  luy,  l'un 
de  la  coupe  et  l'autre  de  l'escuële,  et  le  juene  seignor  de 
Cezaire  et  messire  Anceau  de  Brie  tranchereent  devant  luy, 
et  que  il  fucient  tous  quatre  en  cors  et  seins  par  dessus  lor 
secors,  car  il  disoit  que  tels  estoit  l'usage  et  le  dreit  de 
l'empire .  Et  il  le  servirent  moût  volentiers  et  noblement,  et 
moût  y  ot  de  mes  et  diverces  viandes. 

XXV.  Au  derein  mes  issirent  les  gens  armés  de  la  ou 
il  estoient  repost,  et  porpristrent  le  palais  et  les  chambres 
et  toute  la  grant  court,  et  la  mestre  porte  et  toutes  les  autres. 

Il  estoient  bien ''armés  au  palais  ou  l'empereor  estoit, 

et  en  ot  assés  devant  luy  qui  tuit  tenoient  les  mains  as  armes,, 
les  uns  as  poumeaus  des  espees,  les  autres  as  couteaus.  Les 
Chiprois  s'en  aparceurent  bien,  mais  il  ne  sonnèrent  mot,  ains 
s'esforcerent  de  faire  biau  semblant.  L'empereor  torna  sa 
chère  devers  le  seignor  de  Baruth  et  li  dist  en  haut  :  «  Messire 
Johan,  je  vous  requier  deus  choses;  faites  les  amiablement 
et  pour  bien,  si  ferés  que  sage.  »  Et  il  respondy:  «  Sire, 
dites  vostre  plaisir,  et  je  en  feray  volentiers  ce  que  je  enten- 
deray  que  soit  raison,  ou  que  preudes  homes  en  esgarderont.  » 


I6  PHILIPPE    DE    NOVARE 

XXVI.  «  L'une  des  deus  choses,  dist  l'emperere,  si  est  que 
vous  me  rendes  la  cité  de  Baruth,  car  vous  ne  l'avés  ni  tenés 
raisonablement.  L'autre  chose  si  est  que  vous  me  rendes 
tout  ce  que  le  baillage  de  Chipre  a  rendu  et  que  la  regale  a 
valu  et  rendu  puis  la  mort  au  roy  Hugue,  ce  est  la  rente  de 
dis  ans,  car  ce  est  mon  dreit,  selon  l'usage  d'Alemaigne.  » 
Le  seignor  de  Baruth  respondy  :  «  Sire,  je  cuit  que  vous 
jués  et  gabés  o  mey;  et  bien  pout  estre  aucunes  maies  gens 
ont  ce  loé  a  requere,  quy  me  hayent,  et  por  ce  vous  en  est 
souvenu  ;  mais,  se  Deu  plaist,  vous  estes  tels  et  si  bon  sei- 
gnor et  sage  que  vous  conoissés  que  nous  vous  poons  tant 
servir,  etvolentiers  le  ferons,  que  vous  ne  les  en  croirés  ja.  » 
L'empereor  mist  la  main  sur  sa  teste  et  dist  :  ce  Par  cest  chef 
que  mainte  fois  a  coroune  portée,  jeferay  mon  gré  des  deus 
choses  que  j'ay  demandé,  ou  vous  estes  pris.   » 

XXVIL  Adonc  se  leva  le  seignor  de  Baruth  et  dist 
moût  hautement,  a  moût  beau  semblant  :  «  Je  ay  et  tien 
Baruth  come  mon  droit  fié  ;  et  madame  la  reyne  Yzabeau, 
qui  fu  ma  suer  de  par  ma  mère  et  fille  dou  roy  Amaury  et 
droit  heyr  dou  reyaume  de  Jérusalem,  et  son  seignor  le  roy 
Amaury  ensemblement  o  ly  me  donnèrent  Baruth  en  change 
de  la  conestablie,  quant  la  crestienté  l'ot  recovree,  toute 
abatue,  ettele  que  le  Temple  et  l'Ospital  et  tous  les  barons 
de  Surie  la  refusèrent,  et  l'ay  fermée  et  maintenue  des 
amones  de  la  crestianlé  et  de  mon  travail!,  et  tous  jors  y 
ay  mis  et  consumé  quanque  j'ais  de  rente  en  Chipre  et 
aillors  ;  et  se  vous  entendes  que  je  la  tiens  a  tort,  je  vous 
en  forniray  raison  et  droit  en  la  court  dou  reyaume  de  Jéru- 
salem. Et  de  ce  que  vous  me  requerés  les  rentes  dou  baillage 
de  Chipre  et  dou  régal,  je  n'en  eu  onques  nule,  et  mon 
frère  n'en  fu  baill  que  de  la  noise  et  dou  travaill  et  de  gou- 
verner le  royaume  ;  mais  la  reyne  Aalis,  ma  nièce,  ot  les 
rentes  et  en  fist  son  gré,  come  celé  quy  avoit   droit  au  bail- 


MÉMOIRES,  II,  XXVI-XXIX  I7 

lage  selonc  nostre  usage  ;  et  se  vous  de  ce  me  requerés  droit, 
je  vous  en  forniray  raison  par  les  us  et  par  la  court  dou 
royaume  de  Chipre  ;  et  soies  certains  que  pour  doute  de 
mort  ou  de  prizon  je  ne  feray  plus,  se  jugement  de  boune 
court  et  de  loyale  ne  le  me  faisoit  faire.  » 

XXVIII.  L'emperere  se  corroussa  moût  et  jura  et 
menassa,  et  en  la  fin  dist  :  «  Je  ay  bien  oï  et  entendu  delà 
la  mer,  grant  tens  a,  que  vos  paroles  sont  moût  belles  et 
polies,  et  que  vous  estes  moult  sages  et  moût  soutils  de 
paroles,  mais  je  vous  mostrerai  bien  que  vostre  sens  et  vostre 
soutilece  et  vos  paroles  ne  vaudront  riens  contre  ma  force.  » 
Le  seignor  de  Baruth  respondy  en  telle  manière  que  tous 
ceaus  quy  la  estoient  se  merveillerent,  et  tous  ses  amis  en 
doutèrent  trop. 

XXIX.  Le  respons  fu  tel  :  «  Sire,  vous  avés  piessa  oï 
parler  de  mes  paroles  polies,  et  je  ray  bien  oy  parler  souvent 
et  lonc  tens  de  vos  euvres  ;  et  quant  je  mui  a  venir  sa,  tout 
mon  conseil  me  dist,  a  une  vois,  ce  meïsnie  que  vous  me 
faites  orres  et  pis,  et  je  ne  vos  croire  nuluy  ;  et  ce  ne  fu  mie 
por  ce  que  je  bien  ne  doutace,  mais  j'oissy  a  droit  essient, 
et  auprès  vous  vueill  encores  plus  volentiers  recevoir  prison 
ou  mort  que  consentir  que  Ton  peûst  dire  ne  noter  de  mal, 
ne  soufrir  que  la  besoigne  de  Nostre  Seignor  et  le  conquest 
de  la  Terre  Sainte  et  le  vostre  servise  fust  mis  arierepar  mey 
ne  par  mon  lignage,  ne  par  ceaus  de  la  terre  ou  je  fuis,  ne 
que  novelles  alassent  par  la  crestienté  et  deïst  Ton  :  «  Ne 
«  savés  ?  L'emperere  de  Rome  ala  outre  mer,  et  eûst  tout 
«  conquis,  se  ne  fussent  ceaus  d'Ybelin,  les  deslëaus  d'outre 
«  mer,  qui  plus  aiment  les  Sarazins  que  les  Crestiens  ;  et  se 
«  révélèrent  et  ne  vostrent  sivre  l'empereor,  et  por  ce  est  tout 
«  perdu.  »  Tout  ce  meïsme,  si  com  je  vous  ai  retrait,  dis  je  a 
mon  conseil,  quant  je  party  au  venir  a  vous  de  Nicossie,  et 
vins  tous  apencés  de  soufrir  quanque  peùst  avenir,  propre- 

Pbilippe  de  Novare.  2 


l8  PHILIPPE    DE    NOVARE 

ment  por  amor  de  Nostre  Seignor  Jhesu  Crist,  quy  souffry 
pascion  et  mort  pour  nous,  qui  nous  en  délivrera  se  a  luv 
plaist  ;  et  se  il  veaut  et  deigne  soufrir  que  nous  recevons 
mort  ou  prison,  je  l'en  mercie  ;  et  a  luy  me  tien  dou  tout.  » 
A  tant  se  taist,  et  s'asist.  1 

XXX  (128).  L'emperere  fu  moût  corouscié,  et  chanja 
souvent  coulour,  et  les  gens  regardèrent  moult  le  seignor  j 
de  Baruth,  et  moût  y  ot  de  paroles  et  de  menaces  ;  et  gens  | 
de  religion  et  autres  bones  p^ens  s'entremistrent  de  concorder 
les,  mais  onques  ne  postrent  remuer  le  seignor  de  Baruth 
de  ce  qu'il  avoit  dit  que  il  feroit.  L'emperere  faisoit  de  moût 
estranges  requestes  et  perillouses.  En  la  fin,  fu  concordé  a 
ce  que  le  seignor  de  Baruth  avoit  devant  offert,  et  neent 
plus  i  ot  de  force  que  tant  que  il  ly  dounast,  a  l'empereor, 
vint  vavassors  des  plus  aparans  de  Chipre,  qui  le  plegereent 
sur  leur  cors  et  lor  avoyrs  et  estages  que  le  seignor  de  Baruth 
le  siveroit  et  iroit  en  la  court  dou  reyaume  de  Jérusalem, 
et  la  ly  forniroit  droit  ;  et  ensi  tost  con  il  vendroit  en  la 
court,  les  ostages  dévoient  estre  quites  et  délivres. 

XXXI.  L'emperere  li  demanda  deus  fis  suens,  messire 
Balian  et  l'autre,  messire  Bauduyn,  et  quanque  il  disoit  ; 
ne  valut  riens  ;  par  force  covint  qu'il  les  eùst.  Et  lors  dist 
l'emperere  au  seignor  de  Baruth  :  «  Je  say  bien  que  Balian 
est  tout  vostre  cuer,  et  tant  con  j'avray  luy,  j'avray  vous.  » 
L'emperere  le  manda  querre,  et  il  vint  droit  a  luy,  et  le 
père  les  livra,  chascun  d'eaus  par  le  poin  destre,  a  l'empereor 
et  dist  :  «  Je  les  vous  baill  et  livre  en  Deu  foy  et  en  la  vostre, 
par  tel  covenant  que,  ensi  tost  con  je  venderay  en  la  court 
dou  reyaume  de  Jérusalem  apareillié  de  fournir  dreit,  il  seront 
quites  et  délivres,  et  ensy  que  vous  les  tenrés  et  garderés 
ennoreement,  ne  que  vous  ne  lor  ferés  ni  soufrirés  a  faire 
mau  ne  vylenie  ne  outrage.  »  —  «  Et  je  ensi  les  receis  en  Deu 
foy  et  en  la  moie,  dist  l'empereor,  et  par  moy  seront  il  riches 


MÉMOIRES,    II,    XXX-XXXIII  I9 

et  honorés,  se  Dcu  plaisl.  »  A  tant  s'en  party  Temperere,  et 
les  fist  mètre  en  traversains  grans  et  desmesurés  ;  et  avoient 
une  cruis  de  fer  a  quoy  il  estoient  atachié,  si  que  il  ne 
pooyent  ploier  ni  bras  ni  jambes,  et  de  nuit  metoit  les  autres 
o^ens  en  fers  ovec  eaus. 

XXXII  (129).  Si  tost  com  le  seignor  de  Baruth  fu 
party  de  laens,  ses  enemis  vindrent  a  Tempereor,  et  li  dis- 
trent  :  «  Sire,  que  avés  vous  fait  ?  Le  seignor  de  Baruth 
s'en  ira  ja  et  garnyra  les  chasteaus  encontre  vous  et  révélera 
toute  la  terre,  ja  pour  ses  enfans  ne  laira  ;  et  le  plus  de  gens 
l'aiment  tant  que  chascun  le  sivra.  Mais  faites  bien  :  mandés 
le  querre  tantost,  et  mandés  li  amiables  lettres,  que  il  porra 
bien  tant  faire  que  vous  li  rendes  ses  enfans.  Si  tost  con  il 
vendra,  prenés  le  :  Oti^y  a  le  vilain,  si  a  la  proie.  Ensi  pores 
estre  seignor  de  Chipre,  et  non  autrement.  »  L'emperere, 
qui  moult  faisoit  maus  volentiers  par  sei  sans  enortement, 
le  manda  querre.  Le  seignor  de  Baruth  fu  moût  bien  garry 
par  tel  quy  bien  en  fust  a  croire  et  quy  avoit  esté  au  conseil; 
et  il  estoient  herbergié  hors  de  la  ville  a  tentes,  luy  et  ses 
amys,  et  tous  avoient  lor  chevaus  et  lor  armes  ;  et  l'empe- 
rere n'avoit  nul  cheval  en  la  ville,  mais  dedens  la  ville  estoit 
la  force  soue,  pour  la  grant  pietallie  que  il  avoit. 

XXXIII.  Le  seignor  de  Baruth  ot  conseil,  et  dist  que 
il  s'en  voloit  aler  garnir  les  chasteaus  et  garder  la  terre  as 
drois  heirs  dou  roy  Hugue,  que  qu'il  avenist  dou  roy,  que 
l'emperere  avoit  tenu  del  tout  et  pris.  Adonques  le  jeune 
seignor  de  Cezaire,  qui  estoit  nevou  dou  seignor  de  Baruth, 
et  messire  Anceau  de  Brie,  ces  deus  qui  moût  estoient  preus 
et  vigourous,  li  distrent  :  «  Sire,  ne  faites,  mais  aies  a  l'em^ 
pereour,  et  menés  nous  ovec  vous,  et  chascun  de  nous  avéra 
un  couteau  en  sa  chauce  priveement  ;  si  tost  come  nous 
serons  devant  luy,  nous  l'ocirons,  et  nos  gens  seront  sur 
lor  chevaus  devant  la  porte,  tous  armés.  Ja  puis  que  l'empe- 


20  PHILIPPE   DE    NOVARE 

ireor  sera  mort,  nul  ne  se  movera,  et  si  rescourons  nos  cou- 
sins. »  Le  seignor  de  Baruth  se  corroussa  trop  et  les  menassa 
a  ferir  et  a  tuer,  se  il  en  parloient  ja  mais,  et  dist  que  ensi 
seroient  bonis  a  tous  jors  mais,  et  toute  crestianté  crieroit  : 
«  Li  traïtour  d'outre  mer  ont  ocis  lor  seignor  l'empereor.  » 
«  Et  puis  qu'il  seroit  mors,  et  nous  vis  et  sains,  nostre  droit 
seroit  tort,  et  la  vérité  n'en  poroit  estre  crehue.  Il  est  mon 
seignor;  que  que  il  face,  nous  garderons  nos  fois  et  nos 
henors.  » 

XXXIV  (130).  A  tant  s'en  party  le  seignor  de  Baruth, 
si  tost  come  il  fu  anuitié.  Le  cry  fu  grant  a  la  herberge  au 
despartir.  L'empereor  oï  le  cry,  si  ot  moût  de  paour,  et  s'en 
party  dou  manoir  ou  il  estoit,  et  se  mist  en  la  tour  de  l'Os- 
pitau,  quy  estoit  forte  et  plus  près  de  sa  navie  ;  et  laens  mist 
ses  bostages  en  prison.  Le  seignor  de  Barut  s'en  ala  droit  de 
Limesson  a  Nicossie,  et  la  tint  entre  luy  et  ceaus  qui  le 
vostrent  sivre.  Il  fist  moult  richement  garnyr  un  cbasteau 
quy  a  nom  Deudamor,  et  la  envoya  les  femes  et  les  enfans 
d'eaus  et  de  lor  amis.  Il  et  toutes  ses  gens  d'armes  demorerent 
en  la  ville  de  Nicossie.  L'empereor  manda  en  Surie  et  fist 
venir  en  Cbipre  son  ost  et  ses  cbevaus,  et  moult  de  sodoiers. 
Et  le  vieill  prince  d'Antiocbe  et  le  seignor  de  Gibletb  et  le 
seignor  de  Saete  et  moult  d'autres  gens  vindrent  a  l'empe- 
reor a  Lymesson,  et  tant  con  il  i  fu,  messire  Aymeri  Barlais 
et  sa  rote  estoient  berbergiés  par  dessus  la  maison  ou  estoient 
les  ostages  en  prison.  L'endisoit  que  il  faisoyent  moût  grant 
vileinies  sur  eaus,  teles  qu'eles  venoient  jusques  a  eaus. 

XXXV  (131).  Quant  l'emperere  Federic  fu  bien  esforcé, 
il  cbevaucba  droit  a  Nicossie,  et  le  seignor  de  Barutb  trova 
bien  lor  en  son  conseil  que  il  se  porroit  bien  combatre  a 
luy,  mais  le  preudome  dist  que  ce  ne  feroit  ja,  se  Deu  plaist,  \ 
ni  a  son  seignor  ne  se  combateroit,  ni  a  lui  ne  voloit  com- 
batre tant  con  il  le  peust  eschiver  ;  et  sa  coustume  fu  tous 


MÉMOIRES,    II,    XXXIV-XXXVII  21 

jors  tele  que  il  metoit  le  droit  envers  luy  volentiers,  et  enpre- 
noit  la  besoigne  a  envis,  et  puis  que  il  comensoit,  il  parfai- 
soit.  Et  Nostre  Seignor  ly  douna  plus  de  grâce,  de  sens  et 
de  valour  et  d'ennor,  et  plus  li  niostra  s'amour  qu'a  nul  home 
de  son  tens  ne  de  sa  richesse.  Il  guerpi  Nicossie  a  Tempereor, 
et  s'en  alaau  Deudamor,  que  il  avoit  garni,  et  l'empereor 
n'osa  aler  après  luy  ;  si  demora  lonc  tens  a  Nicossie  o  moût 
grant  gent. 

XXXVI  (132).  L'iver  aprocha,  et  l'emperere  avoit  oï 
novelles  de  son  païs  que  le  pape  Grégoire  et  le  roy  de 
Jérusalem  Johan  le  guerreoyent  en  Puille  ;  si  en  douta  moût, 
et  se  hastoit  moût  d'aler  en  Surie  por  faire  aucunes  trives  as 
Sarrazins  et  retorner  en  son  païs.  Por  ce  avint  que  il  fîst 
tenir  paroles  de  pais  au  seignor  de  Baruth  hastivement,  et 
tant  fu  la  parole  tenue  par  gens  de  religion  et  par  autres 
que  ii  s'acorderent.  La  fin  fu  tele  que  l'emperere  et  tous  'ses 
barons  jurèrent  au  seignor  de  Baruth  que  il  li  rendroit  main- 
tenant ses  deus  enfans,  sains  et  saus  de  vie  et  de  menbre,  et 
que  il  li  tenroit  pais,  et  de  rien  ne  li  amermeroit  luy  ne  les 
suens,  se  par  esgart  des  deus  cors  ne  le  feïssent,  ne  mau 
guerredon  ne  lor  rendroit  pour  chose  qui  eûst  esté,  et  que  il 
feroit  recevoir  les  chasteaus  et  le  royaume  au  roy  Henry 
meïsme  ;  et,  si  enfant  con  le  roy  estoit,  que  il  y  metroit  de 
ses  homes  liges  qui  garderoient  les  fortereces  et  le  royaume 
jusques  a  l'aage  le  roy. 

XXXVII.  Le  seignor  de  Baruth  et  les  suens  jurèrent 
que  il  rendroient  le  chasteau  de  Deudamor  au  comandement 
dou  devant  dit  roy  de  Chipre,  et  que  il  venroyent  o  l'empe- 
reor et  le  serviroient  tant  corn  il  seroit  en  Surie,  a  lor  coust 
meïsme,  et  que  il  ne  rendroient  mau  guerredon  a  luy  ni  a 
la  soue  partie  de  chose  qui  eûst  esté.  Et  l'empereor  lor  requist 
moût  que  il  li  coneùssent  que  le  baillage  estoit  suen  ;  et  ii 
li   respondirent  que   il  ne   le  feroyent,    por  tant   poroient 


22  PHILIPPE    DE    NOVARE 

perdre  les  testes,  car  dou  baillage  estoient  il  homes 
de  la  reyne  Aalis  ;  mais,  sans  faille, il  jureroient  fëauté 
a  l'empereor,  por  ce  que  il  estoit  chef  seignor  de 
lor  seignor  le  roy  Henry  ;  et  ce  meïsme  jureroyent  il 
par  tel  covenance,  se  il  se  contenist  au  prevelige  des  cove- 
nans  qui  furent  entre  le  père  de  l'empereor  et  le  roy  Henry, 
que  les  homes  le  roy  deûssent  faire  la  fëauté  et  que  il  soyent 
tenus  dou  sairement  ;  et  se  n'est  au  previlyge,  que  il  en 
soyent  quites.  De  celé  pais  tenir  fu  plege  le  Temple  et 
rOspitau,  et  tous  les  barons  et  les  riches  homes  de  l'une 
part  et  de  l'autre.  Le  chasteau  de  Deudamors  et  toutes  les 
autres  fortereces  de  Chipre  rendy  Ton  au  roy,  et  il  par  le 
comandement  et  par  la  doute  de  l'empereor  les  livra  a  ceaus 
de  ses  homes  qui  estoient  de  la  partie  de  l'empereor. 

XXXVIII  (133).  L'emperere  Federic  et  sa  gent  alerent 
tantost  a  Famagouste  pour  passer.  La  vint  sanavie  de  Lymes- 
son,  et  la  rendy  il  au  seignor  de  Baruth  ses  deus  enfans,  qui 
moût  avoient  enduré  prison  en  terre  et  sur  mer  as  galees,  et 
estoyent  tel  atorné  qu'il  estoit  grant  pitié  dou  veïr.  Toutes 
voies  ressut  il  messire  Balian  de  sa  maisnie,  et  ly  offry  et  li 
donna  assés  ;  et  celuy,  qui  estoit  plus  vaillant  bachelier  et 
vigourous  et  larges  et  avenant  et  plaisant  a  toutes  gens  sur 
tous  ceaus  desa  mer,  le  servy  volentiers  et  amiablement,  tant 
que  l'emperere  s'en  loet  moult  ;  et  l'autre  fis  de  monseignor 
de  Baruth,  qui  estoit  valet  et  avoit  nom  Johan,  retint  il  puis 
que  il  furent  en  Surie,  et  dist  que  il  ly  donreit  Foges,  qui  est 
en  Puille;  et  por  ce  fu  il  apelés  Johan  de  Foges. 

XXXIX  (134).  L'emperere  o  toute  sa  navie  mut  de 
Famagouste  un  soir  a  l'anuitier.  Celé  nuit  meïsme  le  guerpi 
le  viel  prince  d'Antioche,  et  s'en  fuy  en  une  galee,  et  ariva 
a  un  suen  chastel  quy  a  nom  Nefin.  La  rendy  grâces  a  Deu 
que  il  estoit  eschapé  de  l'empereor,  car  il  estoit  venus  en 
Chipre  après   que  le  seignor  de  Baruth  ot  faite   sa  pais,  et 


MÉMOIRES,    II,    XXXVIII-XLI  23 

Tempereor  avoit  requis  au  prince  que  il  comandast  a  tous 
ses  homes  liges  d'Antioche  et  de  Triple  que  il  feïssent  fëauté 
auci  corne  avoient  fait  ceaus  de  Chipre.  Le  prince  se  tint  a 
mort  et  dezerité  ;  si  contrefist  le  malade  et  le  muet,  et  crioit 
trop  durement  :  «  A  !  a  !  a  !  »  ;  et  tant  se  tint  ensi  que  il  s'en 
party,  ensi  con  vous  avés  oï  ;  mais  si  tost  corne  il  fu  a  Nefin, 
il  fu  gary. 

XL  (135).  En  Tan  de  m. lis  et  xxix'^,  Temperere  vint  en 
Surie  o  toute  sa  navie,  et  le  roy  et  tous  ses  Chiprois  o  luy. 
Le  seignor  de  Baruth  ala  a  Baruth,  et  il  y  fu  moût  volentiers 
veû,  car  nul  seignor  ne  fu  onques  plus  tendrement  amé  de 
ses  homes.  Il  ne  demora  que  un  jor,  et  maintenant  suit 
Tempereor,  et  Tatainst  a  Sur.  L'emperere  fu  moût  beau  receû 
en  Surie,  et  tous  li  firent  homage.  [Il  se  parti  de  Sur  et  ala 
en  la  cité  d'Acre  et  fu  receû  onoreement.  Sa  navie  quy  estoit 
de  setante  galees  et  naves  se  mist  au  port  d'Acre,  et  il  se  * 
herbergia  au  chasteau.  Lors  fist  assembler  les  homes  liges 
et  requist  a  eaus  que  il  li  feïssent  homage^']  come  a  bail,  por 
ce  que  il  avoit  un  fis  petit,  que  l'on  apela  le  roy  Conrad, 
qui  estoit  droit  heir  dou  reyaume  de  Jérusalem  de  par  sa 
mère,  qui  estoit  morte.  L'emperere  et  ses  gens  et  toutes  les 
gens  de  Surie  murent  d'Acre  por  aler  a  Japhe  ;  et  maintenant 
tint  paroles  de  trives  au  Quemel,  qui  estoit  adonc  soldan  de 
Babiloyne  et  de  Domas,  et  tenoit  Jérusalem  et  toute  la  terre  ; 
et  lors  fu  rendue  Jérusalem  et  Nazereau  et  Lydde  a  l'empe- 
reor. 

XLI  (136).  En  celui  meïsme  an^,  entre  ces  faites, 
l'empereor  manda  le  conte  Estiene  de  Botron  en  Chipre, 
et  autres  Longuebars  assés,  et  fist  saisir  toutes  les  fortereces 
et  toute  la  regale  a  son  eus,  et  dist  que  il  estoit  bail,  et  que 
c'estoit  son  droit.  Les  Chiprois  se  doutèrent  moult,  et  lor 
femes  et  lor  enfans  ;  si  se  mistrent  en  les  religions  a  receit,  la 
ou  il  porent.  Partie  s'en  fuirent  hors  de  Chipre  ;  nomeement 


24  PHILIPPE    DE   NOVARE 

messire  Johan  d'Ybelin,  quy  puis  fu  conte  de  Japhe,  et  qui 
au  jour  estoit  enfant,  et  sa  suer,  et  autres  gentils  gens,  s'en 
fuirent  au  cuer  d'yver,  et  orent  si  mau  tens  qu'a  poi  qu'il  ne 
noyèrent,  et  si  con  Deu  plot,  il  ariverent  a  Tortouse.  L'empe- 
rere  tint  Chipre  ;  les  Chiprois  quy  estoient  la  en  Tost  furent 
moût  a  mal  aise,  et,  se  le  seignor  de  Baruth  le  vosist  con- 
sentir, il  eussent  emblé  et  fortrait  le  juene  roy  Henry  et 
s'en  fussent  party  de  l'empereour. 

XLII  (137).  L'empereor  fu  maintenant  mau  de  toute 
la  gent  d'Acre  ;  espesciaument  dou  Temple  fu  trop  mau  ;  et 
au  jor  avoit  moût  vaillans  frères  au  Temple,  frère  Piere  de 
Montagu,  quy  moût  estoit  vaillant  et  noble,  [et moût  vaillant 
et  sage^J  estoit  aucy  le  maistre  des  Alemans;  et  ceaus  de  vau 
la  terre  n'estoient  mie  bien  de  l'empereour.  L'empereor  fist 
moût  de  lais  semblans,  et  avoit  tous  jors  galees  armées,  rimes 
a  fernel,  en  l'iver  meïsmes.  Et  moût  de  gens  disoyent  que 
il  voloit  prendre  le  seignor  de  Baruth  et  ses  enfans,  et  sire 
Anceau  de  Bries,  et  autres  de  ses  amis,  et  le  maistre  dou 
Temple  et  autres  gens,  et  les  voloit  mander  en  Puille;  et 
autre  fois  disoit  l'on  que  il  les  voloit  faire  ocirre  a  un  conseil 
ou  il  les  avoit  mandés  et  semons  ;  et  il  s'en  aparsurent,  et 
il  y  alerent  si  esforceement  que  il  ne  l'osa  faire.  Toutes 
voyes  fist  il  sa  trive  as  Sarasins  tel  con  il  vostrent,  et  ala  en 
Jérusalem,  puis  vint  a  Acre.  Le  seignor  de  Baruth  ne  le 
guerpi  onques,  et  si  ly  avoit  l'on  loé  moult  souvent  que  il 
s'en  partist,  mais  il  n'en  vost  [riens  faire  ^]. 

XLIII  (138).  A  Accre  assembla  l'empereor  sa  gent,  et  y 
fist  venir  tout  le  peuple  de  la  ville,  et  il  y  avoit  moût  [de  Pi- 
sans,  qui  estoient  mout^]  bien  de  luy.  11  lor  sarmona  et  dist 
ce  que  il  vost  ;  et  en  son  sarmon  se  compleinst  moût  dou 
Temple.  [Et  il  mist  le  siège  a  la  maison  dou  Temple;  et  la 
maison  dou  Temple^]  se  trova  moût  desgarnie,  car  le  cou- 
vent estoit  tout  dehors  ;  mais  tantost  joindrent,  que  par  mer 


MÉMOIRES,    II,    XLII-XLV  2J 

que  par  terre,  tant  de  gens.  Ne  sai  quans  jors  dura  le  siège, 
mais  vileinement  s'en  party  ^  L'empereor  apareilla  son  pas- 
sage priveement,  et  le  premier  jor  de  may,  en  son  l'aube, 
sans  faire  assavoir  a  nuluy,  il  se  recuilli  en  une  galee  devant 
la  boucherie.  Dont  il  avint  que  les  bouchers  et  les  vieilles  de 
celé  rue,  quy  moût  sont  enuiouses,  le  convoyèrent,  et  Taro- 
cherent  de  tripes  et  de  froissures  moût  vileinement. 

XLIV.  Le  seignor  de  Baruth  et  messire  Eude  de  Mon- 
beliart  Foirent  dire  ;  si  corurent  la,  si  chascerent  et  laidirent 
ceaus  et  celés  quy  Tavoyent  aroché,  et  a  luy  crièrent  de  terre 
la  ou  il  estoit  en  la  galee,  que  il  le  comandoyent  a  Deu.  Et 
Tempereor  lor  respondy  moût  bas,  ne  sai  bien  ou  mau,  et 
lor  dist  que  il  laissoit  en  son  leu  baill  le  seignor  de  Saete  et 
messire  Garnier  TAleman.  Et  Tempereor  avoit  moût  bien 
garny  le  chasteau  de  Sur  ;  si  le  livra  au  seignor  de  Saete  et 
comanda,  et  faisoit  semblant  que  il  se  fioit  moût  en  luy  ; 
mais  le  roy  Henry  de  Chipre  en  mena  il  o  luy. 

XLV  (139).  Ensi  party  d'Accre  Tempereor,  heïs  et  mau- 
dys  et  vileynis,  et  ariva  en  Chipre  a  Lymesson,  et  la  mist  il 
le  devant  dit  roy  Henry,  et  ly  donna  a  feme  une  soue  cou- 
sine, fille  dou  marquis  de  Monferar.  La  fina  il  a  les  cinc  baus 
que  vous  avés  oï  nomer,  qui  estoient  de  la  soue  partie,  et  lor 
vendy  le  baillage  de  Chipre  et  la  terre  por  dis  mille  mars, 
jusque  a  Taage  dou  dit  roy  de  Chipre  ;  et  lor  fist  jurer  que  il 
ne  soufriroient  que  le  seignor  de  Baruth  et  les  suens  en- 
trassent en  Chipre,  et  comanda  que  il  les  deseritassent.  Et  eaus 
Totroyerent  volentiers  a  l'empereor  ;  et  lor  bailla  sodoyers 
alemans  et  flamens  et  longuebars,  a  lor  deniers  meïsme,  et 
il  quistrent  et  porchascerent  a  Acre  et  par  tout  sodoyers  ; 
et  aucuns  homes  le  roy,  en  achaison  de  ce  que  il  avoyent  le 
roy  Henry  o  eaus,  et  pour  talant  de  retorner  a  lor  hostel,  se 
tindrent  a  eaus  et  furent  a  lor  comandement  ;  mais  les  chas- 
teaus  ne  lor  furent  mie    lyvrés  jusque  a  tant  que  il   eussent 


26  PHILIPPE    DE    NOVARE 

l'argent  paie.  L'empereor  Federic  s'en  ala  outre  mer  et  laissa 
en  son  leu  gens  por  recevoir  l'argent  et  livrer  lor  les  chas- 
teaus. 

XLVI  (140).  Phelippe  de  Nevaire  estoit  adonc  en  Chi- 
pre  por  une  soue  besoigne  privée.  Les  cinc  baus  privee- 
ment  le  mandèrent  querre  de  nuit,  et  li  prièrent  et  requistrent 
a  moût  beau  semblant  que  il  traitast  pais  entr'eaus  et  le  sei- 
gnor  de  Baruth,  et  distrent  que  la  fin  que  il  avoient  fait  a 
l'empereor  n'estoit  que  por  délivrer  de  ses  mains  le  roy  et  la 
terre,  et  si  tost  come  il  avroientles  chasteaus,  que  il  feroyent 
quanque  le  seignor  de  Baruth  vodra.  Et  Phelippe  de  Ne- 
vaire, qui  conoissoit  son  seignor  a  sage  et  pitous,  otroya  as 
cinc  baus  que  il  se  travailleroit  volentiers,  par  si  que  tous 
cinc  ly  jurereent  sur  sains  évangiles,  se  la  pais  ne  pooit  estre, 
que  il  conduyroient  luy  et  sa  maisnee  et  toute  la  soue  chose, 
saine  et  sauve,  a  Baruth  ou  a  Acre.  Phelippe  de  Nevaire  se 
travaila  moût  de  la  pais,  et  trova  a  son  seignor  ce  que  il 
vost. 

XLVII.  Les  cinc  baus  taillèrent  et  roberent  les  povres 
gens  de  Chipre  tant  que  il  payèrent  l'argent  et  orent  les  chas- 
teaus. Adonc  se  troverent  tant  de  gent  et  cuiderent  estre 
moût  fort  ;  mais  pechié  et  folie  les  mena  a  ce  que  il  s'enor- 
gueillerent  et  cuiderent  la  terre  tenir  et  défendre,  et  vencre 
monseignor  de  Baruth  et  les  suens,  et  toutes  voyes  tenoient 
parole  de  pais  a  Phelippe  pryveement.  Maintenant  firent 
assembler  tous  les  gens  dou  païs  a  la  court  dou  roy.  Un 
d'eaus  meïsme  ala  querre  Phelippe,  et  si  li  mist  le  bras  au 
col,  et  li  proya  que  il  venist  ches  le  roy,  car  il  voloyent  con- 
seiller a  luy  priveement.  Il  y  ala  volentiers,  car  il  se  tenoit 
moût  a  ceùr  por  le  sairement  qu'il  ly  avoyent  fait. 

XLVIII.  Quant  Phelippe  de  Nevaire  entra  en  la  court  le 
roy,  il  vit  que  les  portes  estoyent  moût  durement  gardées  de 
gens  armés  de  la    maisnee  as  cinc   baus,  qui    gardoient  les 


MÉMOIRES,  II,   XLVI-L  27 

portes  moût  fièrement,  que  nul  issist.  Phelippe  douta,  et  ne 
hst  nul  semblant.  Quant  tous  furent  assemblés,  un  des  cinc 
baus  se  leva,  qui  estoit  moût  bien  parlant  et  avoit  nom  mes- 
sire  Guillaume  de  Rivet,  et  dist  moût,  o  bêles  paroles. 
Entre  les  autres,  dist  que  le  seignor  deBaruth  avoit  folement 
perdu  le  roy  et  la  terre,  et  il  avoyent  sagement  recovré  l'un 
et  l'autre,  et  avoyent  acheté  le  baillage,  et  por  ce  requeroyent 
a  tous  les  gens  de  laens  que  il  juracent  d'eaus  sauver  et  gar- 
der et  tenir  a  bail  jusque  a  l'aage  le  roy  ;  et  dist  que  il  avoient 
bien  decervy  au  roy.  Et  le  roy  estoit  a  lor  poer,  et  moût 
estoit  doutis  ;  et  parla  le  roy  moût  bais,  et  regarda  moût  vers 
Phelippe. 

XLIX.  Si  tost  con  ce  fu  fait,  Tevangile  fu  aportee  en  la 
place,  et  messire  Heimery  Barlais  dist  a  Phelippe  de  Ne- 
vaire  :  «  Tout  premier  aies  avant,  si  jurés,  car  nous  volons 
outreement  que  vous  soies  le  premier.  »  Phelippe  se  leva  et 
dist  :  «  Sire,  parlés  a  moy  a  une  part,  vous  et  vos  quatre 
compaignons.  »  Et  il  respondirent  et  crièrent  tous  cinc  : 
«  Si  m'aït  Des,  ne  ferons,  car  trop  avriens  a  faire,  se  nous 
voliens  conseiller  a  tous  ceaus  qui  jureront,  et  ensi  neseroit 
ja  mais  fait  ;  mais  jurés,  et  nous  vous  ferons  plus  de  bien 
que  n'ont  fait  ceaus  qu'avés  tant  servy  ;  et  le  quel  que  vous 
volés  de  nous  tous  vous  donra  fié  a  vous  et  a  vos  heirs,  et 
paierons  toutes  vos  dettes.  » 

L.  Phelippe  respondy  :  «  Je  sui  moût  liés  que,  en  au- 
dience de  tant  de  gens,  m'offres  a  faire  tant  de  bien  et  vous 
me  faites  tant  d'ennor  qu'ansi  me  proisiés,  et  je  vous  en 
mercy  moût  ;  mais  je  ne  pues  faire  ce  que  vous  me  querés, 
car  je  sui  home  de  la  reyne  Aalis  del  baillage,  et  se  je 
otroyasse  et  jurasse  vous  a  tenir  abaills,  donc  mentiroy  je  ma 
foi.  »  Et  il  crièrent  maintenant  :  «  Por  ce  ne  laissés  vous 
mie,  mais  por  ce  que  vous  ne  volés  estre  contre  le  seignor 
de  Baruth.  »  Et  Phelippe  dist  que  «  encontre   le  seignor    de 


28  PHILIPPE   DE   NOVARE 

Baruth  ne  seroie  je  ja  mais,  se  Deu  plaist,  car  j'ains  plus  luy 
et  ses  enfans  que  nule  gent  dou  monde.  »  Adonques  dist 
messire  Hue  de  Gibeleth  :  «  Avés  oy  qu'il  a  dist  ?  Je  los 
que  Ton  le  pende.  »  Phelippe  li  respondy  que  il  ne  se  te- 
noitpas  a  la  parole  de  messire  Hue,  et  que  son  père  messire 
Betran  avoit  mainte  fois  parlé  plus  sagement.  Lors  s'es- 
crierent  tuit.  L'un  dist  :  «  Prenés  le  !  »  L'autre  dist  :  «  Muire 
adès ! ^  » 

LI.  Phelippe  s'aïra  et  fu  auci  come  désespéré  de  sa  vie, 
et  s'agenoila  devant  le  roy,  et  retraist  en  audience  le  cove- 
nant  et  le  sairement  que  les  cinc  baus  li  avoyent  fait,  et 
tendy  son  gage  et  offry  a  prover  tout  ensi  con  la  court  esgar- 
dereit  de  son  cors  encontre  le  cors  d  un  d'eaus  cinc  qu'ensi 
estoit.  Moût  de  leur  maisnee,  chevaliers,  tendirent  leur  gages 
contre  Phelippe,  et  il  les  refusa  tous  par  raison  de  parole,  et 
tout  adès  se  paroffry  contre  un  d'eaus  cinc  ;  et  disoit  que  il 
estoit  bien  lor  pareil,  et  que  ce  provereit  il  bien  par  bons  ga- 
rens  de  son  païs  qui  estoient  en  Chipre  et  en  Surie  ;  et  chas- 
cun  d'eaus  le  desment}^,  mais  nul  d'eaus  ne  tendy  son  gage. 
A  tant  l'aresterent  et  le  firent  garder  en  un  canton  dou  pa- 
lais a  chevaliers  qui  tenoient  les  espees  nues  es  mains.  Les 
gens  se  merveillerent  moût  de  ce  que  Phelippe  osa  dire  et 
faire.  Il  firent  aporter  un  grant  traversain,  et  comanderent 
que  il  fust  mis  dedens  et  amené  au  chasteau  de  Deudamors. 
Au  palais  le  gardèrent  jusques  a  grant  pièce  de  nuit,  et  toutes 
les  autres  gens  jurèrent  [as  baus'»]. 

LU.  Les  cinc  baus  orent  conseil  a  une  part,  et  distrent  : 
((  Cest  home  a  requis  esgart  de  court,  et  se  nous  sur  ce  le 
prenons,  il  sera  lait  ;  mais  requérons  luy  que  il  doint  pièges 
de  mil  mars  d'argent  que  il  venra  demain  a  la  court,  en  tel 
point  come  il  est  ores  ;  et  disons  li  que  se  il  jure,  il  sera 
mené  par  esgart  ;  et  quant  il  sera  party  de  saens,  faisons  le 
ocirre  come  enemi  mortel  en  celé  nuit.  »  Ensi  come  il  orent 


MÉMOIRES,    II,    LI-LIV  29 

porparlé,  il  li  requistrent  les  pièges.  Phelippe  de  Nevaire  res- 
pondy  que  il  n'avoit  nul  plege,  et  c'ome  lige  ne  devoit  dou- 
ner  nul  plege,  car  sa  foy  et  son  fié  le  plegeit,  et  il  ly  distrent 
que  il  ly  troveroyent  bien  pièges,  quepareaus  meïsmes  s'ou- 
fryrent  a  luy  piéger  ;  [et  luy,  les  merciant,  les  prioit  que  il 
le  servissent  quant  il  en  auroit  de  besoing  ^]. 

LUI  (141).  A  tant  s'en  party  d'eaus  Phelippe  de  Ne- 
vaire, et  s'en  ala  a  l'Ospitau  tout  dreit,  et  porchassa  tant  en 
celé  nuit  meïsme  que  il  ot  bien  cent  et  cinquante  homes 
d'armes,  et  trova  laens  les  femes  et  les  enfans  de  ceaus  quy 
estoient  en  Surie  ovec  le  seignor  de  Baruth  ;  et  se  Phelippe 
ne  fust  entré,  les  cinc  baus  y  fussent  entrés  l'endemain,  et 
l'eussent  pris.  En  celé  nuit  meïsme  fu  assailli  et  pris  l'ostel 
ou  Phelippe  estoit  devant  herbergié,et  troverent  son  lit  tout 
fliit,  et  l'esprevier  dessus  le  lit  fu  passé  de  plusors  lances  et 
de  dars.  Et  il  y  avoit  deus  suens  homes  qui  gardoient  l'os- 
tel ;  l'un  fu  ocis  et  decopé,  et  l'autre  nafré  malement. 

LIV  (142).  L'endemain  saisirent  les  cinc  baus  tous  les 
fiés  de  monseignor  de  Baruth  et  de  ses  amis.  Phelippe  fist 
faire  une  cisterne  dedens  la  tour  de  l'Opitau,  et  fist  faire 
assés  de  bescut,  et  moût  garny  et  horda  bien  l'Ospital  ;  et 
quant  les  cinc  baus  sorent  que  Phelippe  fu  laens,  si  l'asse- 
gerent,  et  firent  moût  durement  garder  de  jour  et  de  nuit 
qu'il  n'en  issist.  Phelippe  de  Nevaire  vost  faire  assaver  cest 
fait  tout  premièrement  a  monseignor  Balian  d'Ybelin,  son 
conpere,  et  puys  qu'il  ot  comencié  a  escrire  les  letres,  li 
prist  il  talant  de  faire  les  en  rime.  Et  por  ce  que  sire  Hei- 
mery  Barlais  estoit  plus  malvais  que  tous  les  autres,  il  le 
vorra  contrefaire  a  Renart,  et  por  ce  que,  au  romans  de 
Renart,  Grimbert,  le  taisson,  est  son  cousin  germain,  il 
apela  messire  Amaury  de  Betsan  Grinbert,  et  por  ce  que 
sire  Hue  de  Gibîet  avoit  la  bouche  torte,  et  il  faisoit  sem- 
blant que  il  feïsttous  jors  la  moe,  Phelippe  l'apela  singe. 


30  PHILIPPE    DE    NOVARE 

LV  (143).  Geste  est  la  letre  rimee  que  sire  Phelippe  de 
Nevaire,  qui  estoit  enclos  a  l'Ospital  Saint  Johan  a  Nicossie, 
manda  a  messire  Balian  d'Ybelyn,  quy  estoit  a  Acre  : 

Salus  plus  de  cent_  mille,  beau  sire  et  beau  compère, 
Vous  mande  ly  hermite  qui  or  est  noveau  frère. 
Ce  ne  fust  la  crois  blanche,  tant  y  eûst  matière 
Qu'il  ne  chantast  ouan  houres  ni  messe  entierre.  4 

Compère,  vostre  terre  contrefait  or  Espaigne, 
Car  il  y  a  cinc  baus  tous  en  une  conpaigne. 
Moût  amour  me  mostrerent  por  jurer  lor  enseigne; 
Mais  je  le  contredis  ;  si  orent  tel  engaigne,  8 

Que  sans  esgart  de  court  et  sans  autre  bargaigne 
Me  quémandèrent  prendre  et  mètre  en  la  longaigne  ; 
Durement  contrefirent  celé  nuit  Alemaigne  : 
Les  portes  garder  firent,  n'i  ot  nul  qui  se  faigne.  12 

Celuy  les  establi,  a  la  chiere  grifaine, 
Quy  de  son  cors  meïsme  mesura  lachampaigne. 

Je  ne  vy  celé  nuit  nule  si  fiere  beste, 
Come  celuy  quy  traist  en  mi  le  champ  sa  teste.  16 

Se  Dieu  plaist,  en  sa  vie  avra  il  tel  tempeste. 
Car  a  tous  les  grans  sains  fait  on  chascun  an  feste. 

Ency  fui  aresté  en  la  court  celé  nuit  ; 
Beau  parler  ne  requerre  esgart  n'orent  nul  fruit;  20 

Et  si  lor  dy  je  tant  qu'il  m'esgarderent  [tuit. 
En  traversain  me  mistrent  '^]  li  traïtour  recuit, 
Puis  me  vostrent  ocirre  en  traïson  de  nuit; 
Mais  je  fui  bien  garny  par  tel,  a  qui  qu'ennuit,  24 

Quy  me  douna  conseil  bon  et  leal,  ce  cuit. 

Maintenant  afublai  la  chape  saint  Johan; 
Mais  j'ai  fiance  en  Deu  que  j'en  istray  ouan. 


MÉMOIRES,    II,    LV  3I 

Ce  savoîe  de  voir  venu  soit  Balian,  28 

Et  Anceau  le  camus,  je  criasse  autre  ban. 

Celuy  qu'entre  la  lice  se  mist  et  le  chevau 
M'a  par  force  enbatu  et  mis  a  l'Ospitau. 
Deu  !  s'eussent  laissié  tuer  le  deslëau,  32 

Ja  nefust  avenu  en  Chipre  ytantde  mau. 

S'on  eûst  covenu  a  Anceau  le  camus, 
Quant  dou  chevau  a  terre  fist  le  grant  flatimus, 
De  la  messe  fust  dite  le  benedicamus  ;  36 

Tout  le  mont  eiist  dit  :  «  Deu  grâces  dicamus.  » 

Le  benedicamus  fust  dit  de  sa  chanson 

h 

Balian,  n'obliés  les  fers  ne  la  prison. 

Volentiers  le  celace,  mais  par  tout  le  sait  Ton.  40 

Se  l'on  vous  aresta,  n'i  avés  nule  honte. 
Car  celui  qui  vous  prist  a  pris  et  roy  et  conte. 
Mais  ce  me  fait  crever  que  chascun   dit  et  conte 
due  celuy  le  fist  faire  qui  de  gens  est  la  honte  ;  44 

Et  il  se  mostre  bien  qu'il  a  de  vous  grant  doute. 

Balian,  ne  souffres  qu'a  vostre  tens  aveigne 
Que  racheté  dou  champ  au  dessus  de  vous  veigne. 
De  monseignor  Phelippe  de  Naple  vous    souveigne     48 
Et  de  vostre  bon  oncle  ;  puis  bien  vous  en  coveigne. 

Par  Deu  !  ly  dui  Phelippe  de  Naple  et  d'Ybelin, 
Et  l'oncle  vostre  père,  monseignor  Bauduyn, 
N'orent  onc  pour  nul  fait  les  ches  bas  ni  enclin;         52 
Et  se  vous  recréés  pour  cinc  cheitis  farrin, 
Celuy  Deu  qui  destruit  et  confondy  Cayin 
Vous  destruie  et  confond,  se  ne  venés  a  fin. 


32  PHILIPPE    DE   NOVARE 

Por  Deu,  vos  amors  d'Acre  metés  a  une  part,  56 

Et  vous  et  danTaissel,  qui  cuide  estre  leupart. 

Pour  un  chetif  goupil,  quy  cheï  dou  liart 

Qui  par  desa  s'avance,  neïs  li  Longuebart...  ^ 

Se  vous  amés  les  femes  que  il  ont  enlor  part,  60 

Car  les  levés  don  siège  et  Grimbert  et  Renart, 

Qui  devant  l'Ospital  ont  mis  lor  estendart. 

Toute  nuit  font  gaiter  o  lances  et  o  dart 

Ceaus  qui  tienent  la  terre  et  nous  faillent  d'esgart.       64 

Les  daines  sont  dedens  et  un  tout  soûl  Lombart. 

Cornent  le  soufrés  vous,  recréant  et  couart  ? 

De  l'endemain  de  pasque,  se  Damedeu  me  gart, 

Me  souvient  quant  jes  voi;  trestout  le  cuer  m'en  art,    68 

Que  chascun  se  fait  rey,  mais  qu'il  se  truit  soi  quart  ; 

C'est  le  jeu  des  enfans,  se  Dé  plaist,  que  qui  tart  : 

En  un  soûl  jour  sont  roy,  l'endemain  font  lor  art. 

Ne  puis  muer  ne  rie  quant  les  voi  au  baillage  :         72 
Hue  a  la  torte  bouche,  qui  renée  parage, 
Guillaume  de  Rivet,  qui  tant  cuide  estre  sage, 
Quy  de  son  malsarmon  trestous  les  assouage. 
Et  Renart,  qui  sait  bien  com    l'on  deste    desgage;      'j^ 
Amaury  et  Gauvain  ne  sont  pas  d'un  lignage. 
Bien  les  conoissés  tous,  n'i  a  nul  si  sauvage. 
Sed'eaus  je  chante  ou  rime,  ce  n'est  pas  grant  otrage  : 
Je  suy  li  rocignol,  puis  qu'il  m'ont  mis  en  cage.  80 

L'on  ne  me  doit  blasmer  s'il  n'i  a  boune  rime, 
Ne  les  vers  ordenés,  car  ceste  en  est  la  prime. 
S'en  la  cage  sui  gaires,  je  fineray  ma  rime  :  84 

L'autre  yert  équivoque  au  meins  ou  leonnime. 

LVI  (144).     Ceste  rime  fut  receûe  a  Acre  a  moût  grant 
joie,  et  tous  crièrent  :  «  Or  tost  a  la  rescouse  des   dames  et 


MÉMOIRES,    II,    LVI-LVIII  35 

dou  Lombart  !  »  Moût  tost  s'apareillerent  et  orent  moût 
belle  gent  et  belle  navie,  et  le  seignor  de  Baruth  fist  toutes 
les  livraisons  de  la  navie  et  des  sergens,  et  as  chevaliers  presta 
et  donna  tant  que  il  orent  ce  que  besoing  fu  ;  la  mer  pas- 
sèrent, et  ariverent  alaCastrie.  Les  cinc  baus  mistrent  grant 
defence  au  port  prendre  ;  toutevoies  fu  pris  a  force.  Les 
cinc  baus  se  retraystrent  et  revindrent  a  Nicossie,  ou  il  fai- 
soient  garder  le  roy.  Le  seignor  de  Baruth  et  les  suens  man- 
dèrent moult  douces  paroles  au  roy,  et  as  cinc  baus  meïsme, 
disant  que  il  venoyent  dou  servize  Deu,  et  que  il  voloyent 
venir  a  lor  hostel  et  en  lor  fiés,  et  estoient  apareillé  au  droit 
faire  et  dou  droit  prendre  ;  et  les  cinc  baus  ne  deignerent 
onques  respondre. 

LVII  (145).  Le  seignor  de  Baruth  et  les  suens  chevau- 
chèrent sagement  et  sereement,  et  vindrent  devant  Nicossie. 
Les  cinc  baus  issirent  de  la  ville  et  firent  issir  le  menu  peuple 
de  la  ville  a  force,  et  orent  tous  les  tricoples  de  la  terre,  et 
des  sodoyers,  qui  furent  trop  plus  que  ceaus  de  monseignor 
de  Baruth.  Gens  de  religions  se  mistrent  entre  deus  pour 
faire  pais,  mais  ne  pot  estre^.Les  cheveteines  des  escheles  se 
regardèrent  et  conurent  de  l'une  part  et  de  l'autre  ;  chascun 
se  mist  endroit  seluy  que  il  plus  hayoit,  et  lors  assemblèrent. 
La  bataille  fu  la  plus  maie  et  la  plus  peme  que  onques  fust 
desa  la  mer  ;  moût  y  ot  chevaliers  abatus  et  chevaus,  et 
gent  morte.  La  bataille  fu  en  un  double  gareth,  et  y  ventoit 
un  fort  ponent.  La  poudre  fu  si  grant  que  l'on  n'i  veoit 
goûte.  En  celle  bataille  fu  ocis  [,par  messire  Gauvain,  le  viel 
seignor  de  Cezaire',  qui  estoit  conestable  de  Chipre  et  pa- 
rastre  de  monseignor  de  Baruth;  et  fu  ocis^^]  messire  Giraut 
de  Montagu,  quifu  nevou  des  deus  maistres  dou  Temple  et 
de  rOspitau  et  de  l'arcevesque  de  Chipre  Estorgue,  car  son 
chevau  li  gist  grant  pièce  sur  le  cors. 

LVIII.     En  celé  bataille    firent    merveilles    d'armes    les 

Philippe  de  Novare.  3 


54  PHILIPPE    DE    NOVARE 

enfans  de  monseigiiorde  Barulh,  et  sur  tous  i  fist  merveilles 
messire  Balian.  Les  cinc  bausavoientestably  vint  et cinc  che- 
valiers, les  plus  vigourous  que  il  eussent  de  lor  maignee,  quy 
dévoient  entendre  a  ocirre  [monseignor  de  Baruth^].  Mon- 
seignor  de  Baruth  fery  par  mi  la  bouche  un  d'eaus,  car  il 
n'avoit  pas  heaume  a  visière,  et  de  celuy  cop  le  rua  mort  a 
terre  ;  en  celé  j ouste  meïsme  chey  [le  cheval  ^]  monseignor 
de  Baruth  en  une  fosse.  Les  cinc  baus  portoient  grans  mitres 
d'orpeau  pour  conoissance  sur  lor  heaumes,  et  toutes  voies 
furent  il  vencus  et  desconfis,  si  com  Deu  plot  ;  et  tout  cinc 
eschaperent.  Tout  premier  s'en  fuy  sire  Hue  de  Giblet,  qui 
faisoit. Tarière  garde. 

LIX.  Quant  la  desconfiture  et  la  fuie  ot  ja  duré  une  pièce 
et  la  poudrière  fu  esclarsie,  et  sire  Balian  d'Ybelin  avoit  ja 
chascié  moût  avant,  monseignor  de  Baruth  se  trova  soûl 
au  champ,  ovec  luy  ne  sai  quans  archiers  a  pié.  [Contre 
luy  «]  au  champ  se  troverent  des  enemis  jusque  a  quinze 
chevaliers,  les  meillors,  qui  estoient  passé  outre  au  jouster; 
et  quant  la  poudrière  chey,  il  le  conurent,  et  il  eaus  ;  et 
quant  le  sire  de  Baruth  vit  qu'il  estoit  si  soûl,  si  descendy 
et  entra  par  une  petite  porte  en  une  court,  ou  il  y  avoit  un 
petit  moustier,  et  les  sergens  o  luy  ;  si  se  defendy  au  meaus 
qu'il  pot,  il  et  les  sergens.  Et  il  feroient  de  la  lance  ceaus 
qui  venoient  au  mur  dehors  pour  depecier  et  pour  entrer 
laens. 

LX.  Si  com  Deu  plot,  messire  Anceau  de  Bries  i 
survint  sur  un  chevau  grant  et  fort,  et  covert  de  fer  et  de 
groces  covertures  par  dessus  ;  sise  mehla  a  tous  eaus, et  tant 
fist  d'armes  que  tout  brisa,  la  lance  et  l'espee,  et  neïs  son 
couteau  brisa  il,  et  ressut  tant  de  cos  que  il  ne  se  pot  mais 
aider  des  mains.  Si  bouta  ses  deus  bras  dedens  les  deus  renés, 
et  quant  ceaus  venoyent  au  mur  pour  abatre,  il  feroit  des 
espérons,    et  les  arestoit  del   mur  abatre  ;   et  tant  fist  que 


MÉMOIRES,    II,    LIX-LXII  35 

monseignor  de  Baruth  fu  son  coural  amy  toute  sa  vie.  Si 
con  Deu  vot,  messire  Balian,  son  fils,  qui  moût  avoit  grant 
suite  de  chevaliers,  quant  il  vit  que  son  père  n'estoit  en  la 
place,  si  retorna  au  champ  ;  et  si  tost  con  ses  enemis  le 
virent  etconurent  ses  enseignes,  il  se  desconfirent  et  fuirent 
vers  la  ville  de  Nicossie  ;  et  messire  Balian,  qui  venoit  devant 
tous  les  autres,  les  encontra  moût  asprement,  et  abaty  le 
confanon  si  durement  que  il  meïsme  vola  a  terre  :  luy  et  le 
cheval  cheyrent  andui  ;  la  ot  plusors  pris  et  mors,  et  plu- 
sors  eschaperent  por  la  chaoite  de  messire  Balyan. 

LXI.  Sire  Heimery  Barlais  et  sire  Amaury  de  Bethsan 
et  sire  Hue  de  Giblet  s'enchastelerent  au  Deudamors,  et  sire 
Gauvain  et  les  soues  gens  alerent  a  la  Candare^.Phelippe  de 
Nevaire,  qui  estoit  issus  de  l'Ospital  Saint  Johan,  et  les 
soues  gens  o  luy,  lor  firent  moût  de  damages  en  la  bataille, 
a  ceaus  meïsmes  qui  furent  en  la  ville.  Les  cinc  baus  devant 
dis  avoient  mandé,  ains  que  la  bataille  comensast,  le  juene 
roy  Henry  ;  par  force  le  mistrent  au  chasteau  de  Deudamors  ; 
la  le  tindrent  et  le  gardèrent  come  en  prison.  Geste 
bataille  devant  dite  fu  a  un  samady  a  quatorze  j ors  dou  meis 
de  juingnet,  devant  Nicossie,  Tan  de  .u.u^.  et  xxix^. 

LXIl  (146).  L'endemain  de  la  bataille  furent  les  chas- 
teaus  assis.  Monseignor  de  Baruth  asseja  Gherines,  et  ses 
enfans,  messire  Balian  [et  messire  Bauduïns^]  et  messire 
Hue,  assegerent  le  chasteau  de  Deudamors.  Messire  Anceau 
de  Bries  asseja  la  Gandare,  et  sire  Gauvain  estoit  dedens 
entré.  Monseignor  de  Baruth,  qui  avoit  assegé  Gherines,  fina 
as  Longuebars  quy  tenoyent  le  dit  chasteau  en  tel  manière 
que,  se  il  n'avoyent  secors  dedens  un  terme  moty,  que  il  ly 
rendroyent  le  chasteau,  et  il  lor  paieroit  quanque  l'on  lor 
devoit  de  sos,  de  viel  et  de  nouveau,  et  les  conduyroit  hors 
de  Ghipre,  eaus  et  lor  choses,  sains  et  saus.  Phelippe  de 
Neveire  traita   celé  pais,  et  resut  le  chasteau  au  terme  pour 


3é  PHILIPPE    DE    NOVARE 

son   seignor,   et  conduist   les  Longuebars  hors  de  Chipre, 
LXIII  (147).     Adoiic  Phelippe  de  Nevaire  fist  une  chan- 
son qui  dit  ensi,  et  fu  mandée  a  Acre  au  counestable  : 

I  A  tout  le  mont  vueil  en  chantant  retraire 
Le  grant  orgueil  et  la  grant  estotie 

Que  onques  fust  vehue  ne  oïe, 

De  nos  cinc  baus,  qui  a  droit  sont  contraire  •  4 

Car,  sans  esgart  de  court  et  sans  clamor, 

Desaisirent  lor  pers  et  lor  seignor 

De  lor  drois  fiés;  puis  lor  vostrent  défendre 

Le  revenir  en  Chipre  et  le  descendre.  8 

II  Quant  desaisi  furent,  sans  riens  mesfaire, 
Cil  qui  erent  pèlerin  en  Surie, 

Par  mer  vindrent  d'Accre  en  la  Castrie. 

La  pristrent  port,  qui  qu'en  deiist  desplaire.  12 

Puis  mandèrent  au  roy  par  grant  dousour 

Qu'il  venoient  a  luy,  par  grant  amour, 

Prest  et  garni  de  droit  faire  et  de  prendre; 

Mais  les  cinc  baus  ne  deignerent  entendre.  16 

III  Cher  lor  cousta  l'orgueil,  ne  tarda  gaire. 
Le  samedi,  au  plein  de  Nicossie, 

La  conquistrent,  a  Tespee  forbie. 

Nos  gens  honour,  lor  fiés  et  lor  repaire  ;  2a 

Vencu  furent  li  félon  traïtor. 

Vers  les  chasteaus  s'en  fuirent  plusour  ; 


IV 


Meins  en  vit  l'on  desordener  et  prendre.  24 


Celuy  qui  dut  l'ariere  garde  faire 
Ot  de  fuïr  prime  la  seignorie. 
Tantost  con  vit  l'avant  garde  envaye, 


MÉMOIRES,    II,    LXIII-LXIV  37 

Fouir  prist  tant  com  deu  moreau  pot  traire.  28 

Parens,  amis,  autre  terre  et  honour 

I  perdy  tout,  le  musart,  en  un  jour. 

Fols  et  malvais  c'est  trové  tout  ensemble  : 

Bien  se  deûst  de  honte  moine  rendre.  32 

V  Cel  jor  vit  l'on  abaisser  et  desfaire 

Lor  grant  orgueil  et  lor  haute  folie  : 
Cil  s'en  fuît  a  la  chiere  froncie. 

Et  meint  autre  desleal  deputaire.  3^ 

Enchastelé  se  sont  au  Deudamor  ; 
Laens  tienent  en  prison  lor  seignor. 
Jugement  c'il  ont  decervy  bien  pendre  ? 
Si  court  l'ontpris,  et  autre  fois  fait  prendre.  40 

Yi  Les  traïtors  que  l'on  devroit  detraire 

Font  entendant  as  fos,  par  tricherie. 

Que  mon  seignor  fait  moût  grant  félonie, 

Quant  assiège  le  roy  pour  luy  mal  faire.  44 

b 

Lous  enragié  sont  devenu  pastour. 

L'oncle  le  roy  fust  garde  sans  mesprendre, 

Con  ne  tray  del  chastel  pour  revendre.  48 

VII  Va,  serventoys,  va  con  quareau  peut  traire  ; 

Si  me  portes  noveles  en  Surie 
Au  counestable  qui  ne  nous  heit  mie  ; 
Si  li  diras  qu'a  droit  vait  nostre  afaire,  $2 

La  mercy  Deu,  le  nostre  creatour, 


Si  rist  autant  quant  vit  Lengaire  prendre  : 

Mant  vous  sa  lengue  et  le  nés  faire  fendre.  56 

LXIV  (148).     Le   seignor  de    Baruth  ala.  au   siège  dou 


38  PHILIPPE  DE  NOVARE 

chasteau  de  Deudamors,  et  herberga  a  la  fontaine  dou 
Dragon,  et  ses  enfans  estoient  amont  devant  le  chasteau. 
Le  chasteau  si  est  en  moût  fier  leuc  et  en  moût  fieresmon- 
taignes  ;  et  moût  y  covient  de  gent  quy  bien  le  veaut  asse- 
ger,  car  de  moût  d'autres  leus  en  peut  Ton  issir  que  par  la 
porte,  et  il  y  avoit  dedens  moût  de  garnison  de  gens  a  cheval 
et  a  pié.  Tout  le  plus  de  ceaus  qui  estoient  eschapé  de  la 
bataille  s'en  fuirent  laens  ;  si  ot  moût  fait  d'armes  devant  le 
bourc,  et  a  la  porte  mainte  foys.  Toutevoies  orent  il  de  moût 
grant  mesaise  laens  de  fain,  tant  qu'il  mangèrent  lor  chevaus, 
et  por  ce  s'aseûrerent  ceaus  dehors,  et  aloient  les  chevaliers 
par  la  terre,  et  venoient  quant  il  voloient.  Dont  il  avint  que 
le  seignor  de  Baruth  fu  aie  a  la  Candare  veïr  un  grant  tra- 
buc  que  sire  Anceau  de  Brie  faisoit  faire.  Ses  trois  fils  dessus 
noumés  estoient  espandus  par  le  païs  «,  si  que  au  siège  estoient 
demoré  trop  poy  de  chevaliers.  Ceaus  dedens  s'en  apar- 
surent  et  firent  une  issue  si  esforseement  que  il  desconfirent 
ceaus  dou  siège  et  gaaignerent  la  herberge  des  chevaliers  et 
les  viandes  ;  et  se  ce  ne  fust,  il  n'eussent  mie  tant  duré  come 
il  durèrent. 

LXV  (149).  Messire  Balian  estoit  a  Nicossie  a  moût 
poy  de  chevaliers,  car  il  estoit  y  ver  ;  si  estoyent  les  chevaliers 
en  leur  terres,  ou  il  oyseloyent  et  se  desduyoient.  Messire 
Balian  vint  au  cri  et  recovra  la  herberge,  et  fery  des  espérons 
jusque  a  la  porte  dou  bore,  et  brisa  sa  lance  au  fer  de  la 
porte  dou  bore  ;  et  a  si  très  poi  de  gent  forni  celé  besoigne 
que  merveille  fu,  et  en  toute  la  guerre  ne  fu  il  a  si  grant 
meschef  come  il  fu  a  celuy  jour.  Moût  y  ot  fait  d'armes 
d'une  part  et  d'autre.  Son  père  le  seignor  de  Baruth,  quy 
estoit  aie  veïr  un  trabuc  que  Ton  faisoit  devant  la  Candare, 
vint  au  cri,  et  ses  frères  de  la  ou  il  estoient,  et  toutes  les 
gens  dou  païs  vindrent  hastivement.  Adonc  fu  establi  que 
messire  Balian  y  seroitun  mois,  et  cent  chevaliers  o  luy,  et 


MÉMOIRES,    II,    LXV-LXVII  39 

grant  planté  de  gens  a  pié,  et  l'autre  mois  i  seroit  messire 
Bauduyn,  son  frère,  a  cent  chevaliers  auci,  quy  moût  estoit 
sages  et  vigourous  ;  et  le  tiers  mois  y  seroit  messire  Hues, 
quy  estoit  des  plus  beaus  chevaliers  et  des  plus  fors  et  des 
plus  ayenans  dou  monde  ;  et  ensi  com  ly  uns  des  frères  y 
estoit,  l'autre  s'en  aloit  la  ou  il  voloit,  et  chascun  i  revenoit 
a  son  mois. 

LXVI.  Près  d'un  an  dura  le  siège  ensi,  et  tous  jors  y 
ot  fait  d'armes.  Phelippe  de  Nevaire  fu  un  jor  naffré  devant 
la  porte  dou  bore,  et  ot  plusors  playes  perillouses  de  lances 
et  de  careaus  etde'pieres.  Il  fu  féru  un  jour  en  dardans 
d'une  lance  qui  li  fausa  le  bras  tout  outre,  o  toute  la  manche 
dou  hauberc  et  la  char,  tant  que  sur  le  costé  brisa  la  lance  ; 
le  troson  demora  o  tout  le  fer  au  bras.  Ceaus  dou  chasteau 
crièrent  :  «  Mort  est  vostre  chanteor,  tué  est  !  »  Et  le 
tenoient  ja  si  hennemi  par  le  frein  «  ;  mais  son  seignor  le 
secorut,  et  le  délivra  moût  vigourousement.  Le  soir  après 
fist  il  deus  coubles  de  chansons,  et  se  fist  porter  devant  le 
chasteau,  a  la  roche,  et  les  chanta  en  haut  et  dist.  Adonc 
sorent  il  bien,  cil  dou  chasteau,  que  il  n'estoit  mie  mors. 

LXVII  (150).  C'est  la  rime  que  sire  Phelippe  de 
Nevaire  fist,  quant  il  fu  nafré  devant  le  chasteau  de  Deu- 
damors,  au  siège  : 

I  Nafré  sui  je,  mais  encor  ne  puis  taire 
De  dan  Renart  et  de  sa  compaignie, 
Qui  pour  luy  est  afamee  et  honie, 

Dedens  Maucreus,  ou  il  maint  et  repaire.  4 

Mais,  se  Renart  a  de  son  cors  paour, 

Que  ont  mesfait  li  autre  vavassour 

Et  ly  sergent  ?  por  quel  se  laissent  vendre  ? 

Corne  bricons  leur  fait  aucuns  atendre.  8 

II  Car  Renart  sait  plus  de  traïson  faire 


40  PHILIPPE  DE  NOVARE 

Que  Guenelon,  dont  France  fu  traïe. 

A  son  eus  a  la  tainere  farsie. 

La  seus  est  mis  pour  maistrier  la  terre.  12 

Et  de  la  pais  les  chufle  chascun  jor. 

Bien  est  bonis  qui  sert  tel  traïtor  : 

Pour  luy  servir  les  fait  Ton  sa  hors  pendre, 

Et  il  les  fait  la  dedens  les  saus  prendre.  16 

LXVIII  (151).  Ceaus  dou  chasteau  de  Deudamourorent 
si  grant  famine  que  le  jor  de  Pasques  firent  il  grant  feste 
d'un  maigre  ahnon  que  il  gaaignerent.  De  cel  ahnon  fait 
mension  Phelippe  de  Nevaire  en  la  branche  de  Renart,  et 
dist  que  il  beneïrent  l'aneau  as  grans  oreilles  et  le  man- 
gèrent a  Pasques,  si  com  vous  le  trouvères.  Messire  Anceau, 
quy  estoit  au  siège  de  la  Candare,  tint  si  près  le  chasteau 
que  merveilles  seroit  a  croire  ce  que  il  fist  ;  et  le  trabuc  quy 
la  fu  abaty  près  que  tous  les  murs  ;  mais  la  roche  estoit  si 
fort  que  l'on  ne  pooit  monter  ;  et  ceaus  dedens  estoient  a  si 
grant  mesaise  et  meschef  come  ceaus  quy  estoyent  desgar- 
nis de  robe  et  d'armes,  et  avoyent  tout  geté  entre  voyes, 
quant  il  partirent  de  la  bataille  ;  et  la  bataille  fu  a  quinze 
groces  liues  loins  dou  chasteau. 

LXIX.  Une  nuit  avint  que  Phelippe  de  Nevaire  ala 
oveques  messire  Anceau  au  gait  ;  si  entroï  paroles  de  ceaus 
qui  estoient  en  une  petite  tour  depecie  qui  estoit  demoreeau 
dit  chasteau,  et  sans  tout  ce  savoit  il  leur  covine  ;  tantost 
fist  il  une  chanson  qui  dit  ensy  : 

I  •     L'autrier  gaitay  une  nuit  jusque  au  jour, 

Bien  près    des  murs,  tout  soûl,  sans  autres   gens  ; 

S'oï  pleindre  la  sus  en  une  tour 

Les  Candariers,  qui  sont  mas  et  dolens.  4 

Bacet  dist  l'un  a  l'autre  conpaignon  : 

«  Aylas  !  fait  il,  seignors,  las  !  que  feron  ? 


MÉMOIRES,   II,   LXVIII-LXIX  4I 

Traï  nous  a  Renart,  que  Deu  maudie. 
Et  la  fauce  chartre  de  la  Castrie, 

Que  saens  vint  ains  Taube.  »  9 

II  Lors  respondy  uns  autres  :  «  Grant  doulor 
Et  grant  peine  soufFrom,  et  grans  tormens  : 
La  nuit  veiller,  matin  estre  au  labour, 

Poy  a  manger,  et  povres  vestimens  ;  13 

A  la  periere  esteut  que  nous  tirons  ; 
Tous  les  ennuis  et  tous  les  maus  avons. 
Se  longuement  devons  avoir  tel  vie, 
Je  pry  la  mort  qu'anuit  tous  nous  ocie, 

Avant  que  veigne  l'aube.  »  ^  18 

III  Après  distuns  :  «  En  lermes  et  en  plour 
Seront  pour  nous  et  amis  et  parens  ; 
Tous  y  morrons,  car  leur  trabucheour 

Nous  fait  nos  fours  trabucher  si  dedens,  22 

Murs  et  petreaus  et  creneaus  et  maisons. 
S'on  nous  assaut,  coment  nous  défendrons  ? 
Car  nostre  gent  est  d'armes  desgarnie. 
Li  mur  ne  nous  garentiront  or  mie  : 

Puions  nous  ent  ains  l'aube  !  27 

IV  «  Abatu  est  le  molin  et  le  four  ; 
D'atendre  plus  ne  seroit  pas  grans  sens. 
Traï  nous  ont  les  baus  de  Deudamor. 

Et  ont  menti  vers  nous  leur  sairemens.  31 

Toly  nous  ont  le  roy  en  traïson, 
Et  covenant  fu  que  nous  l'avrion. 
Puis  nous  firent  conbatre  a  Nicossie, 
Pour  eaus  sauver  et  nous  tolir  la  vie. 

Ja  ne  voient  il  l'aube  !  36 

v  «  Trop  nous  tarde  le  secors  de  Pascor  ; 

Fait  est  de  nous,  si  com  je  cuit  et  pens. 
Mal  veïmes  onques  l'empereor  ; 


42  PHILIPPE  DE  NOVARE 

Merci  crier  nous  covendra  par  tens. 

— •  Voire,  distil,  se  nous  la  trovions  ;  40 

Mais  je  cuit  bien  que  nous  y  faudrions  ; 

Por  ce  vaut  meaus  le  fuyr  en  Turquie. 

Mais  cil  dehors  gailent  par  establie 

Toute  nuit  jusqu'à  l'aube.  »  45 

VI  Quant  Gauvain  vit  sa  gent  en  tel  error, 

Moût  li  chanja  son  cuer  et  son  porpens. 
En  souspirant  leur  a  dit  :  «  Beau  seignor, 
Ne  puis  trover  un  message  saens  49 

Quy  ose  aler  la  ou  nous  vodrions. 


Encor  est  tel  en  Chipre  ou  en  Surie 
Cui  pèsera,  se  nous  perdons  la  vie.  » 

Et  a  tant  parut  l'aube.  54 
VII         Quant  eu  oï  leur  pleinte  et  leur  clamour, 
Si  me  revins  au  gait  de  nos  sergens. 
Et  la  contai  a  joie  et  a  baudour, 
Qu'en  la  Candare  avoit  duel  et  contens.                    $8 
Si  me  pria  uns  de  nos  conpaignons 
h 

Et  je  fis  tel,  la  pleinte  fu  oye. 
Quant  elle  fu  parfaite  et  aconplye, 

Par  tout  esclarsi  l'aube.  63 

LXX(i52).  En  celuy  siège  avint  que  le  jeune  seignor 
de  Cezaire,  fils  de  seluy  quy  avoit  esté  ocis  a  la  bataille  des 
cinc  baus  devant  Nicossie,  il  establi  et  heberja  ses  gens  vers 
une  roche  aguë  qui  est  moût  près  dou  chasteau,  et  faisoit 
traire  laens  de  jour  et  de  nuit«.  Il  avoit  un  moût  soutil  auba- 
lestier,  quy  moût  bien  conoissoit  messire  Gauvain  quant  il 
aloit  par  le  chasteau.  Tant  legaita  qu'il  le  fery  et  Tocist  d'un 
careau  ;  et  son  cousin,  messire  Guillaume   de  Rivet,   estoit 


MÉMOIRES,    II,   LXX-LXXII 


43 


aie  en  Hermenie  pour  secours,  et  la  moruth.  Adonc  fu 
cheveteine  de  la  Candare  Phelippe  Chenart,  quy  estoit 
frère  de  sire  Gauvain  de  par  sa  mère,  et  estoit  juenes  hom 
vistes  et  pénibles.  Ceaus  dedens  celèrent  la  mort  de  sire 
Gauvain,  et  Fabalestrier  dist  bien   qu'il  Tavoit   féru. 

LXXI.  Ceaus  dou  chasteau  [ne  porent  plus  durer,  et 
firent  pais,  a  la  quele  se  consenti  voulentiers  monseignor 
de  Baruth  por  avoir  le  roy,  qu'il  se  doutoit  qu'il  ne  fust 
trais  dou  chasteau  une  nuit«]  par  aucun  leuc  et  mené  en 
Puille.  La  fin  fu  tele  que  ceaus  dedens  livrèrent  le  roy, 
quy  estoit  son  nevou,et  ses  suers,  et  les  chasteaus  au  seignor 
de  Baruth,  et  jurèrent  que  ja  mais  encontre  luy  ni  encontre 
ses  enfans  n'encontre  ceaus  de  sa  partie  ne  seroient  ;  et  il  et 
ses  enfans  pour  toute  lor  partie  lor  jurèrent  ^^  qu'il  lor  ten- 
droient  bonne  pais  ;  et  fu  ordené  que  le  lignage  de  sire  Gau- 
vayn  devoit  issir  hors  de  Chipre,  por  ce  que  on  disoit  qu'il 
avoit  ocis  le  conestable,  mais  il  dévoient  avoir  lor  fiés^,  et 
l'on  les  devoit  conduyre  sains  et  sans  hors  de  la  terre.  Celé 
pais  traita  un  vaillant  frère  de  l'Ospital,  qui  avoit  nom  frère 
Guillaume  de  Tineres,  et  estoit  moût  privé  de  monseignor 
de  Baruth.  Et  quant  le  roy  issi  dou  chasteau,  moût  y  ot 
grant  feste  et  grant  joye  faite  et  grans  dons.  Messire  Anceau 
et  Phelippe  de  Nevaire  et  le  chevalier  quy  fu  laidy,  quy 
avoit  nom  Toringuel,  ne  vostrent  estre  présent  a  la  pais,  ne 
onques  puis  ne  parlèrent  a  leur  enemis  dessus  noumés,  mais 
il  se  mistrent  en  pais  pour  faire  le  gré  de  leur  seignor. 

LXXII.  Et  durant  que  l'on  traitoit  la  pais,  l'on  manda 
querre  Phelippe,  et  il  estoit  a  Lymesson  a  une  nave,  ou  il 
devoit  aler  message  outre  mer  au  pape  et  au  roy  de  France 
et  au  roy  d'Engleterre  et  as  cinc  roys  d'Espaigne,  pour  conter 
et  retraire  et  faire  plainte  des  grans  maus  et  otrages  que 
l'empereor  Federic  et  les  gens  en  sa  suite  avoyent  fait  en 
■  Chipre  et  en  Surie«.  Si  tost  corne  la  pais  fu  faite,  Phelippe 


44  PHILIPPE  DE  NOVARE 

en  vost  faire  chanson  a  rime,  mais  le  seignor  de  Baruth  ne 
le  vost  soufrir  ;  a  quelque  peine  soufri  qu'en  feïst  une  branche 
de  Renart,  en  quei  il  nouma  bestes  plusors.  Et  afigura  le 
seignor  de  Barut  a  Yzengrin,  et  ses  enfans  a  ses  louveaus,  et 
sire  Anceau  de  Bries  a  Tours,  et  soy  meïsme  a  Chantecler  le 
coc,  et  sire  Toringuel  a  Tinbert  le  chat  :  toutes  ces  bestes 
sont  de  la  partie  d'Yzengrin  au  romans  de  Renart.  Et  sire 
Heimery  afigura  il  a  Renart,  et  sire  Aumaurya  Grinbert  le 
taisson,  et  sire  Hue  au  singe  ;  et  autre  fois  les  avoit  il  ensi 
apelés,  si  com  vous  avés  oï  ;  et  celés  bestes  sont  de  la  partie 
de  Renart  au  roumans  meïsmes.  La  branche  dit  ensy  : 

LXXIII  (153).     C'est  la  rime  de  Renart,  come  Yzengrin 
le  desconfist. 

Tant  a  esté  Renart  en  guerre 

Qu'arce  et  destruite  en  est  la  terre  ; 

Moût  fu  diverce  s'aventure, 

A  toute  fois  et  aspre  et  dure.  4 

Moût  fu  Renart  près  de  sa  fin, 

Quant  desconfit  l'ot  Yzengrin 

Et  assegé  dedens  Maucreus, 

Un  chasteau  qu'ot  puis  a  son  eus.  8 

N'i  ot  que  manger  ne  que  boivre  ; 

Trop  malement  se  dut  desçoivre. 

Se  ne  fust  Noble  en  la  bargaigne. 

Mort  fust  Renart  et  sa  compaigne.  12 

Mais  Deu,   qui  tous  les  biens  parfait, 

A  volu  otroyer  et  fait 

Tant  que  Renart  a  sa  pais  faite. 

Mais  ne  fu  mie  bien  parfaite  16 

La  pais,  ains  fu  un  poi  trop  linge. 

Renart  et  Grimbert  et  le  singe 

I  sont  sans  plus  de  celé  part; 


I 


MÉMOIRES,    II,   LXXIII  45 

Ne  sont  que  troy,  o  tout  Renart  ;  20 

Et  toutes  les  soues  ayes 

Sont  a  la  pais  vilment  faillies. 

Celuy  peut  on  de  traïsson 

Apeler  par  droite  raison  ;  24 

Mais  Renart  n'ot  onc  q'une  fois; 

Celé  menty  plus  de  cent  fois. 

Et  les  trois  que  j'ay  recordé 

Ne  sont  pas  a  tous  acordé,  28 

Car  il  n'ont  pais  qu'a  Yzengrin 

Et  o  ses  louveaus  autrecy  ; 

Et  si  vous  dy  que  les  louveaus 

N'orent  pas  bien  tous  leur  aveaus,  32 

Quant  il  lor  covint  faire  pais. 

Renart  n'ameront  il  ja  mais  ; 

Car  dan  Renart,  quant  il  fu  miege, 

Et  il  les  ot  fait  prendre  au  piège,  36 

Les  conpissa  en    la  louviere  ; 

Pèsera  leur,  s'il  nel  compère. 

Drois  est  s'il  s'en  pleignent  et  claiment, 

Et  Deu  les  hee,  se  il  l'aiment  !  40 

Moût  est  encor  a  grant  contens. 

N'a  mie  pais  a  toutes  gens. 

Messire  l'ours,  Timbert  le  chat, 

Dient  qu'il  ly  donront  un  fîat  ;  44 

Et  sire  Chantecler  le  coc. 

Qui  de  l'eschiquier  est  un  roc, 

Ly  passe  en  chantant  par  le  siège  ; 

Souvent  retrait  au  loup  le  piège  48 

Et  en  chansons  et  en  fableaus, 

Con  Ton  pissa  sur  les  louveaus. 

Le  coq  refaite  l'esperon. 

Et  dit  qu'il  n'a  si  haut  baron  $2 


46  PHILIPPE  DE  NOVARE 

En  la  court,  s'ill  oze  envaïr 

Renart,  qu'o  luy  Tira  ferir. 

Atant  es  vous  Renart  a  court, 

Et  si  veut  bien  qu'on  l'i  hennort.  $6 

Moût  s'acoste  près  d'Yzengrin  ; 

Par  poi  ne  se  fait  son  couzin  ; 

Les  louveaus  racointe  un  a  un, 

Ses  bras  jeté  au  col  de  chascun  ;  60 

Moût  fait  laens  Renart  sa  noise. 

Encontre  cuer  rit  et  envoise, 

Et  dit  bien  souvent  en  son  conte 

Et  de  s'ennor  et  de  sa  honte  :  64 

Moût  parole  de  la  bataille  ; 

Par  my  les  fent,  par  my  les  taille. 

Quant  l'ours  le  voit,  si  le  rechigne, 

Et  dans  Timbert  le  chat  l'en  guigne,  68 

Si  demande  quel  le  fera. 

Fait  Chantecler:«  Or  y  parra, 

Se  dans  Renart  nous  tient  pour  chievre  !  » 

Renart  l'entent,  prent  le  la  fièvre  ;  72 

Moût  doute  l'ours,  car  de  bien  haut 
Le  fist  jadis  prendre  un  mau  saut. 
S'il  le  doute,  n'est  pas  merveille  ; 
A  Grimbert,  son  cousin,  conseille,  76 

Et  dit  qu'il  a  grant  mal  au  cuer  : 
«  Aylas  !  fait-il,  couzin,  je  muer  !  » 
Le  pous  li  bat,  change  coulour  ; 
Angoussous  mal  a  en  paour.  80 

Renart  s'en  vait  en  sa  maison  ; 
O  luy  vait  Grinbert  le  taison. 
Et  le  singe  dans  Cointereaus, 
Et  dans  Renardins  li  mezeaus,  84 

Et  Percehaye  et  Malebranche, 


MÉMOIRES,    II,    LXXIII  47 

Et  dame  Hermeline  la  franche, 

I  sont  corus  corne  desvés  : 

«  Sire,  dites  que  vous  avés.   »  88 

—  «  Aies,  dist  il,  tost  pour  le  prestre  ! 

Bien  poés  tuit  veïr  mon  estre.  » 

Q.uant  l'ont  oï  celé  frapaille, 
Si  ont  cuidé  de  voir,  sans  faille,  92 

Qu'il  soit  de  mort  en  grant  paour, 
Et  c'om  perdoit  moût  bon  seignor. 
Mais  tout  ce  est  engin  et  art. 
Or  a  mestier  que  on  se  gart,  96 

Qu'a  envis  pert  l'on  la  coustume 
Que  l'on  tient  tant  que  le  toup  plume. 

Renart,  le  trechiere  plumés, 
De  trecherie  acoustumés,  100 

C'est  porpencés  par  lecherie 
D'une  moût  fiere  trecherie. 
Qu'en  semblant  de  confession 
Pardonra  et  querra  pardon  104 

A  toute  gent  en  pril  de  mort 
A  meins  de  honte  et  atrui  tort, 
Neïs  a  l'ours  quy  le  foula. 
Envers  qui  il  se  rechata,  108 

A  Chantecler  et  a  Tinbert, 
Qui  son  malquierent  en  apert. 
Bien  sait  que  s'a  yaus  ne  s'apaise. 
Il  n'ert  a  seûr  ni  a  aise,  112 

Mais  moût  dezire  leuc  et  tens 
Qu'il  puist  recomencer  par  tens  ; 
Volentiers  atisast  le  feu. 

S'il  en  eûst  et  hore  et  leu.  116 

Toutefois  le  prestre  demande, 
Et  le  cors  Nostre  Seignor  mande. 


48  PHILIPPE  DE  NOVARE 

Es  VOUS  venir  le  Sauveour  ; 
Et  dans  Renart,  le  trecheour,  120 

Se  fait  de  deus  pars  soustenir, 
Et  dist  qu'il  vost  tout  regehir  : 
ce  Sire,  en  vostre  sainte  présence, 
De  qui  tous  biens  vient  et  comence,  124 

Vueil  regehir  que  Yzengrin 
N'amai  ni  n'ameray  en  fin  ; 
Et  quant  je  fis  antanla  jure, 
S'au  desus  venist  m'aventure,  128 

Ja  n'en  eusse  autres  mersis 
Que  j'os  de  ses  autres  amis. 
Je  hais  moût  ses  louveaus  et  dout, 
Si  fai  je  leur  lignage  tout,  132 

Et  je  leur  mostrai  bien  antan  ; 
Mais  ne  me  los  pas  de  cest  an. 
Houny  suy  et  cheu  en  mal  puis; 
Si  m'en  repens,  quant  meausnepuis.  13^ 

Or  est  Yzengrin  mon  seignor, 
Ensemble  en  ai  duel  et  paour. 
Nobles  est  fors  de  seignorie  : 
Ci  endroit  faut  ma  trecherie.  14» 

Ses  louveaus  regimbent  o  luy  ; 
Si  semble  c'onques  nels  conuy  : 
Je  ne  lor  puis  or  plus  mesfaire  ; 
Pour  Deu  le  lais,  quant  nel  puis  faire  ;  144 

:  Bon  jeu  par  ai  je  d'une  rien, 

Car  lor  pais  me  tendront  il  bien, 

Et  se  j'avoye  leuc  ne  aise, 

O  eaus  m'ardroye  en  la  forriaise.  14^ 

Trop  ai  forfait  a  moût  de  gent, 

Encor  en  ay  moût  bon  talent. 

Mais  Deu  me  pùet  tout  pardoner, 


MÉMOIRES,   II,   LXXIII  49 

Qui  sait  mon  cuer  et  mon  penser.  152 

Par  Deu,  sire  l'ours  m'abaty, 

Et  de  mes  reins  tout  me  houny. 

Se  je  fis  faire  a  Tinbert  lait, 

Il  si  m'avoit  moût  bien  mesfait.  156 

Pour  Deu,  Chantecler  mandés  querre. 

Car  moût  chevauche  par  ma  terre  ; 

Je  me  vueil  acorder  o  luy, 

Et  si  m'a  il  moût  fait  d'ennuy.  160 

Je  leur  pardoin,  or  me  pardoignent, 

Par  ces  deuxmayns  qui  yci  joignent. 

S'avant  n'avoye  autre  pooir. 

Ne  leur  puis  mais  guerre  movoir  ;  164 

Mais  si  je  les  pooye  avoir. 

De  cuer  lor  feroye  assavoir.  » 

Au  coc  mandent  de  grant  randon 
Qu'il  veigne  courant  au  pardon.  168 

Le  quocrespont  :  «  Par  Deu  li  dites 
Que,  se  il  muert,  qu'il  en  soit  quites; 
Mais  je  sai  que  sa  maladie 
Est  traïson  et  félonie.  172 

Se  messire  Yzengrin  est  sage. 
Il  maintendra  vers  luy  l'usage 
Que  tient  le  fauconier  grifon  : 
S'il  nel  fait  paistre  par  raison,  176 

Il  devenra  encor  hautein; 
Fasse  le  venir  au  reclain. 
Moût  me  poise  qu'est  eschapés 
De  la  ou  il  fu  atrapés.  180 

A  Pasques  fist  faire  mei'veilles. 
Quant  il  l'aignel  as  grans  oreilles 
Oza  beneïr  ne  manger. 
N'i  avoit  lors  point  de  danger  ;  184 

Philippe  de  Noi'are.  4 


50  PHILIPPE  DE  NOVARE 

Mais  quy  or  ne  se  gardera, 

Encore  nous  engignera.  » 

Li  message  n'i  pot  plus  prendre  ; 

A  Renart  vint  sans  plus  atendre,  i88 

Et  li  conta  outreement 

Le  respons  et  le  mandement. 

Lors  dist  Renart  au  chapelain  : 

c<  Je  morray  anuit  ou  demain. 

Se  de  cest  mal  pooye  estordre, 

Maintenant  entreroie  en  ordre. 

A  tous  pardoin  et  pardonray. 

Quant  je  de  ci  me  leveray.  196 

Por  Deu,  sire,  car  m'asoillés, 

Car  j'ay  fait  tant  d'autres  pechiés. 

Se  je  peûsse  cent  ans  vivre, 

Ne  seroye  je  pas  délivre.   »  200 

Le  prestre  Tasot  maintenant  ; 
Meis  ce  fu  par  tel  covenant. 
S'il  eschape,  qu'il  veigne  a  luy  : 
«  Oïl,  fait  il,  et  a  autruy,  204 

A  quy  il  devra  moût  peser, 
Iray  je  maintenant  parler.   » 
Le  prestre  ly  donna  celuy 
Quy  ne  devroit  entrer  a  luy  ;  208 

Et  il  le  prent  en  sa  maie  houre. 
Jehsu  s'en  part,  Renart  demore, 
Plein  de  barat  et  de  mal  art. 
Diables  ot  en  luy  grant  part  ;  212 

Moût  ot  de  luy  mal  en  sa  peau. 
Desleal  traïtour  et  feau 
Est  et  sera  tant  com  il  vive, 
Jusque  parte  l'arme  cheitive.  216 


MÉMOIRES,    II,   LXXIV-LXXVI  5I 

LXXIV  (154).  Après  la  pais,  le  bon  seignor  de  Baruth 
et  ses  enfans  firent  gians  biens  et  grans  honors  et  grant  révé- 
rence a  leur  enemis  '^,  et  leur  donnèrent  chevaus,  robes  et 
armes,  et  autres  presens  ;  et  s'aconpaignerent  a  ceaus  ^,  et  se 
vestoyent  d'une  robe,  et  s'envoisoyent  ensemble,  et  ne 
tenoyent  rien  au  cuer  qui  eûst  esté.  Mais  leur  enemis  gardèrent 
et  retindrent  leur  foies  volentés,  et  bien  le  mostrerent  si  tost 
com  il  porent.  Phelippe  de  Nevaire  avoit  bien  deviné  et  devisé 
en  la  branche  de  Renart  ce  que  il  firent  après.  Messire  Hey- 
meri  Barlais  estoit  moût  baut  et  s'esforsoit  moult  de  faire 
compaignie  et  feste  au  seignor  de  Baruth  et  a  ses  enfans,  et 
Tapeloit  son  seignor  et  son  père,  et  messire  Balian  Tapeloit 
frère  ;  et  moût  parloit  souvent  de  la  bataille  quy  avoit  esté  et 
dou  siège,  tant  que  Ton  tenoit  a  mal,  car  moult  recorder  sa 
honte  est  malvaistié  et  malice. 

LXXV  (155).  Un  jour  fu  la  court  pleniere,  et  messire 
Heimery  Barlais  et  toute  sa  route  y  furent.  Au  derein  de  tous 
entrèrent  a  la  court  ensemble  messire  Anceau  de  Brie, 
Phelippe  de  Nevaire  etToringuel.  Messire  Heimery  les  esgarda 
moût  et  vit  que  il  conseilleent  ensemble  «  ;  si  douta  moult,  et 
dist  qu'il  estoit  si  malade  que  il  moroit.  A  tant  s'en  party  de 
la  court,  luy  et  les  suens,  en  sen  hostel  ;  tantost  se  fist 
confesser  et  comenier,  et  dist  qu'il  pardouneit  a  toutes  gens 
et  qu'il  voleit  crier  mercis  as  trois  dedesus  només,  car  il  les 
doutoit  moult,  por  ce  que  il  ne  furent  présent  a  la  pais,  ni 
ne  jurèrent.  Il  manda  gens  de  religions,  qui  les  prièrent  qu'il 
venissent  a  luy  ;  et  il  ne  vostrent  aler,  mais  il  ly  respondirent 
que  se  il  moreit,  qu'il  en  fust  quite  ;  et  ce  fu  avant  que  la 
dite  branche  fust  faite  ;  et  por  ce  en  fait  Phelippe  mencion  en 
la  branche. 

LXXVI  (156).  Messire  Heymeri  et  sa  partie  mandèrent 
a  l'empereour,  si  com  il  fu  dit,  ce  que  avenu  estoit,  et  grans 
excusations  de  la  pais   qui  fu  faite,  et  ly  mandèrent  que  il 


52  PHILIPPE   DE  NOVARE 

estoyent  en  leur  fiés,  et  avoyent  grant  partie  de  la  terre,  et 
se  il  mandast  un  petit  d'esfors,  encores  en  vendroyent  il  bien 
a  chef  de  ceaus  quy  estoyent  ses  enemis  et  d'eaus  meïsmes  ; 
et  plusours  feis  mandèrent,  ce  dit  l'on,  et  en  la  fin  troverent 
ce  qu'il  queroyent. 

LXXVII  (158)^.  En  l'an  de  .m.  11^  .xxxi,  quant  l'empereor 
Federic  otfait  pais  a  l'yglize  et  recovré  tout  quanque  il  avoit 
perdu  en  Puille?',  il  avint  que  le  devant  ditemperere  Federic, 
quy  moût  hayoit  Chipre  et  Surie,  manda  en  Chipre  et  en 
Surie  grant  ost  de  ses  barons  de  Puille  et  de  Cezile,  et  tous 
ceaus  qu'il  hayoit  plus  et  des  quels  il  se  doutoit^;  et  disoit 
l'on  que  il  furent  bien  sis  cens  chevaliers  et  cent  vallès  a 
chevaus  covers  et  set  cens  homes  a  pié,  et  bien  trois  mille 
homes  de  marine  armés,  o  moût  grant  navie  et  belle, 
denaves  et  de  salandres  et  trente  etdeusgalees.  Decel  ost  fu 
cheveteine  sire  Richard  Filanger,  mareschal  de  l'empire^. 
Monseignor  de  Baruth,  qui  estoit  a  Acre^,  quant  il  sot  la  venue 
de  ces  gens,  par  les  gens  d'une  nave  de  l'Ospital  des  Alemans 
qui  vint  a  Acre,  il  retint  tantost  quanque  il  pot  de  gens,  et 
mena  o  luy  grant  partie  de  sa  garnison,  dont  il  se  dut  repentyr 
après. 

LXXVIII.  Il  vint  en  Chipre,  et  tantost  furent  semons 
toutes  les  gens  a  armes,  si  alerent  a  Lymesson  ;  et  messire 
Balian,  son  fils,  et  sa  eschele,  y  vint  tout  premiers;  et 
en  l'oure  qu'il  vindrent,  l'estoire  des  Longuebars  ariva  en 
Chipre,  au  Gavata,  qui  est  près  de  Limesson.  Le  juene  roy 
Henry  de  Chipre  et  monseignor  de  Barut  estoyent  entre 
voyes;  et  quant  il  oïrent  les  novelles,  il  se  hasterent  tant  que 
il  ot  moût  de  chevaus  recreùs.  Toutes  voyes  vindrent  il  bien 
a  tens,  et  quant  il  furent  ensemble,  si  ot  moût  bêle  gent  a 
cheval  et  a  pié,  et  firent  une  moût  bêle  mostre,  et  se  troverent 
tous  armés,  entre  amis  et  enemis,  entor  cinc  cens  chevaliers  ; 
et  moût  y  ot  de  valès  a  cheval  et  de  tricoples. 


MÉMOIRES,    II,    LXXVII-LXXX  53 

LXXIX.  Les  Longuebars  les  doutèrent  et  n'osèrent  des- 
cendre encore  ;et  le  rivage  fu  bien  défendu,  que  cil  ne  porent 
avoir  terre  ne  de  Taigue.  Il  envoyèrent  message  en  terre,  et 
moût  y  ot  de  paroles  dites  d'une  part  et  d'autre.  Monseignor 
de  Baruth  metoit  tous  jors  le  droit  vers  luy,  et  parloit  si  hum- 
blement que  ses  amis  en  estoyent  courrousciés.  Les  Longue- 
bars  et  sire  Heimery  Barlais  parloyent  moût  souvent  ensemble, 
et  de  nuit,  et  bien  fu  seù  ;  et  en  peùst  estre  repris,  se  l'on  vosist  ; 
mais  le  preudome  ne  le  vost  soufrir,  et  disoit  que  aucy  bien 
pooit  il  parler  de  bien  come  de  mal,  et  se  il  voloit  mal  faire, 
que  il  soufriroit  tant  que  il  seroit  aparant,  et  que  il  seroit 
parjur,  et  que  il  avroit'  brisé  la  pais  ;  car  se  il  comensoit  en 
L'uvre  por  chose  quy  estoit  en  dit,  l'on  poroit  dire  que  il  seroit 
parjur,  car  trop  a  grant  conparison  en  dit  et  fait.  Onques  en 
autre  nel  pot  l'on  mètre  ;  et  si  ly  dist  l'on  verayement  que 
l'on  le  devoit  ocirre  en  sa  tente,  de  nuit,  en  son  lit.  Le  sei- 
gnor  de  Baruth  se  douta,  si  ala  gezir  dedens  une  maison,  et 
se  fist  gaiter. 

LXXX  (159).  Les  Longuebars  conurent  que  il  ne  poroyent 
descendre  sauvement  ;  si  gaiterent  un  bon  tens  et  murent  de 
nuit,  et  alerent  droit  a  Barut  de  nuit,  et  pristrent  la  ville 
sursaut.  L'evesque  lorrendy, come  prestre  paourous«.  Il  asse- 
gerent  le  chasteau  ^  et  le  tindrent  moût  près,  et  le  troverent 
desgarny  de  gent,  car  le  seignor  de  Barut,  qui  de  ce  ne  se 
prenoit  garde,  en  avoit  tout  le  plus  de  la  garnison  portée  en 
Chipre,  et  ce  meïsme  avoyent  les  Longuebars  bien  seû, 
quant  il  furent  en  Chipre  ;  et  de  la  orent  il  conseil  d'aler  a 
Baruth.  Le  chasteau  estoit  bien  garny  de  viandes  et  de  vins 
et  d'armeûres,  mais  poy  i  avoit  de  gens.  Les  Longuebars 
avoyent  planté  de  gens  de  marine  et  d'engineors,  et  de 
marein  et  fer  et  plomb,  et  de  ce  que  mestier  lor  estoit  as 
engins  faire  ;  si  en  firent  de  grans  et  de  petis,  et  comba- 
tirent  fortement  le  chasteau  des  engins. 


54  PHILIPPE  DE  NOVARE 

LXXXI.  Et  il  avoyent  ovec  eaus  un  desleal,  quy  avoit 
nom  Denises,  et  avoit  esté  seneschal  dou  seignor  de  Baruth, 
et  tout  maistre  dou  chasteaut^;et  savoit  toute  la  covine  de  la 
gant.  Celuy  enseignoit  a  geter  des  engins  la  ou  il  faisoient 
greignor  damage  ;  en  la  fin  ot  il  tel  guerredon  que  il  fu  pendu 
par  la  goule  come  un  traître.  Le  siège  aprocha  moult  le 
chasteau,  car  il  avoit  poy  de  defendeors  ;  le  focé  dou  chas- 
teau  fu  pris,  quy  est  un  des  beaus  dou  monde,  et  au  fons  dou 
fossé  firent  une  rue  coverte  tout  en  tour  de  gros  marain,  et 
minèrent  le  chasteau  en  plusors  leus  ;  et  par  dehors  le  chas- 
teau,  en  une  place  que  l'on  apeloit  le  Chaufor,  firent  les 
Longuebars  un  chasteau  de  pieres  et  de  fust  sur  luy,  qui 
surmontoitet  descouvroittoutle  chasteau,  et  faisoit  tropgrant 
damage  a  ceaus  dedens.  Ce  meïsme  lor  fu  mandé  de  Chipre, 
conseillant  que  il  deûssent  faire  ensy,  car  les  deslëaus  quy 
mandèrent  avoyent  ce  seû  que  le  seignor  de  Baruth  se  doutoit 
moût  de  celé  haute  place. 

LXXXII  (i6o).  Les  novelles  vindrent  en  Chipre  que  en 
cel  point  estoit  le  chasteau  de  Baruth  assegié,  et  l'iver  estoit 
ja  entré  moult  fort^.  Le  seignor  de  Baruth  vint  en  la  court 
devant  le  juene  roy  Henry,  son  seignor  et  son  nevou  ^.  La 
court  estoit  si  pleniere  que  tous  i  estoyent,  amis  et  enemis. 
Il  se  leva  en  estant,  et  il  avoit  une  coustume,  que  il  cruisoit 
ses  jambes^  quant  il  demoroit  en  estant  ;  il  le  fist  ensi  com  il 
sot  bien,  et  parla  moult  haut  et  a  trait,  et  dist:  «  Sire,  je  ne 
reprochai  onques  le  mien  servise  et  de  tout  mon  lignage  a 
vostre  père  ni  a  vous  ;  mais  or  le  m'esteut  faire,  si  contrefe- 
ray  Guillaume  d'Aurenje,  ja  soit  ce  que  je  ne  le  vaille,  quant 
il  ot  mestier  de  secorre  ses  nevous  a  Candie  :  il  reprocha  a 
son  seignor  le  roy  Loys  tout  le  servise  que  il  li  avoit  fait. 

LXXXIIl.  «  Et  je  pues  bien  dire,  et  assés  en  ai  garentie, 
que  par  mey  et  par  mon  lignage  fu  vostre  père  seignor  et  tint 
terre  ;  et  se  nous  ne  fussiens,  il  eûst  esté  deserité  ou  mort. 


MÉMOIRES,    II,  LXXXI-LXXXV  55 

Et  quant  Deu  fist  son  comandement  de  luy,  vous  n'aviés  que 
nuef  mois  d'aage,  et  nous  vous  avons  norry  et  gardé,  vous 
et  vostre  terre,  Deu  mercy,  jusques  au  jour  de  huy  ;  et  se 
nous  n'eûssiens  mis  grant  conroy,  le  duc  d'Osteriche  vous 
eûst  dezerité  «  ;  etdeus  fois  avés  esté  en  auci  malvais  point  ou 
en  piour^'  ;  et  se  nous  vosiciens  guerpir  vous  et  le  royaume 
de  Chipre  et  celuy  de  Surie,  de  legier  nous  eûst  soufert 
Temperere  a  tenir  Baruth  en  pais  ^. 

LXXXIV.  «  Or  est  ensi  avenu  que  les  Longuebars  ont 
prise  ma  ville  et  assegé  mon  chasteau  si  près  que  il  est  en 
péril  de  perdre «,  et  nous  et  toutes  lesbones  gens  suriens  deze- 
rité ;  dont  je  vous  pri,  pour  Deu  et  pour  vostre  henour  et  por 
nos  grans  servises,  et  por  ce  que  nous  soumes  d'un  sanc  et 
d'une  naïté  norris,  et  estes  ensemble  o  nous,  et  pry  ausy  a 
tous  les  autres  quy  saens  sont,  come  mes  frères  et  mes  chers 
amis,  que  vous  venés  en  persone,  a  tout  vostre  pooir,  o  moy, 
secorre  mon  chasteau.  »  A  tant  se  taist  le  seignor  de  Baruth, 
et  s'agenoilla  devant  le  roy  et  devant  les  autres,  et  fist  sem- 
blant de  baiser  les  pies  dou  roy.  Le  roy  sailly  en  pies,  et  tous 
les  autres  s'agenoillerent,  et  distrent  le  roy  et  tous  les  autres 
que  il  s'acorderoyent  volentiers  et  meteroyent  lor  cors  et  lor 
avoyrs  a  bandon.  Le  seignor  de  Baruth  les  en  mercia  moût. 
Adonc  se  leva,  il  et  tous  les  autres,  en  pies,  car  il  estoient 
encoresa  genoils. 

LXXXV  (i6i).  Come  le  seignor  de  Baruth  et  les 
Chiprois  o  luy  vindrent  de  Nicossie  a  Famagouste,  pour 
passer  en  surie  '*. 

Le  viage  fu  enpris  moût  vigourousement,  et  ce  fu  entor 
les  festes  de  Noël.  Tost  vindrent  au  port  de  Famagouste. 
Le  tens  estoit  si  mal  et  si  peme  que  a  peines  porent  passer 
par  le  plain  de  Famagouste,  et  moût  i  ot  choses  perdues 
entrevoies.  Lonc  tens  demorerent  au  port  pourlemau  tens, 
et  en  la  fin  murent  au  chef  dou  troublât  et  au  tour  de  la  lune. 


56  PHILIPPE  DE  NOVARE 

et  ne  laissa  Ton  en  Chipre  nul  cheveteyne.  Les  gens  en 
parlèrent  moût.  Phelippe  de  Nevaire  le  fist  assaver  au  seignor 
de  Baruth  que  Ton  en  parleit,  et  il  respondi  et  dist:  «  Se 
je  ne  meuve  adès,  je  sai  bien  que  le  chasteau  sera  perdu  et 
tout  le  pais  après;  et  se  Deu  me  doint  grâce  de  passer  avant, 
tout  sera  rescous,  et  sera  honour  g*rant  ;  et  se  Nostre  Seignor 
consent  que  je  muire,  puet  ce  estre  entre  voies  :  je  ains  meaus 
morir  ains  que  je  sache  la  perte  que  après.  Ne  ja,  se  Deu 
pleist,  ne  sera  perdue  la  terre  mon  seignor  en  mon  tens,  ne 
la  moie. 

LXXXVI.  «  Et  de  ce  que  l'on  me  blâme  que  je  ne  lais 
cheveteine  en  Chypre,  je  vous  diray  pour  quei.  Je  porrai  tel 
laisser  quy  porroit  tout  gaaigner  la  ou  nousalons,  et  mainte 
fois  est  avenu  que  par  un  preudome  est  tout  gaaigné  et  pour 
soufraite  d'un  preudome  est  tout  perdu,  et  nous  alons  en  tel 
manière  et  en  tel  leu  ou  tout  sera  sur  le  tablier.  Et  se  nous 
vencons,  Chipre  n'a  mestier  de  cheveteine  ;  et  se  nous  per- 
dons, nous  serons  tuil  quite,  et  le  cheveteine  qui  seroit  en 
Chipre  ne  feroit  que  languir  un  poi  de  tens,  et  après  peri- 
roit,  car  je  ne  sai  en  crestianté  ou  il  trovast  receit;  et  por  ce 
ne  vueil  que  nus  de  mon  lignage  qui  ait  surnom  d'Ybelin 
demore.  Se  nous  vencons,  avra  chascun  sa  part  en  l'ennor 
et  au  profit,  et  se  nous  perdons,  si  morrons  tuit  ensemble, 
de  par  Deu,  en  nostre  dreit  héritage,  la  ou  tout  le  plus  de 
mes  parens  ont  esté  nés  et  mors.  » 

LXXXVII.  Phelippe  de  Nevaire  entendy  bien  et  volen- 
tiers  ceste  raison  ;  de  luy  s'en  parti  et  retraist  tout  ce  atout  le 
plus  de  gens  quy  la  hors  l'atendoient  ;  et  chascun  dist  et 
cria:  «  Bien  dist  le  preudome!  Alons  de  par  Deu!  »  Les 
enemis  dessus  noumés,  qui  estoyent  ovec  eaus  en  coverture 
de  pais  et  d'amour,  goupillèrent  moût  de  demorer,  et  se  cui- 
doyent  enchasteler  a  la  Castrie,  qui  est  dou  Temple.  Sou- 
vent fu  retreit  au  seignor  de  Baruth,  et  ly  loet  l'on  que  l'on 


MÉMOIRES,    II,    LXXXVI-LXXXIX  57 

les  feïst  prendre,  et  il  ne  le  vost  onques  faire,  et  tous  jors 
disoit  que  il  atendroit  tant  que  lor  mesfait  seroit  coneû  et 
aparant,  et  Nostre  Seignor  aiderait  au  dreit. 

LXXXVIII(l62).       COME  LES   ChIPROIS  PASSERENT    LA   MER 

sains  et  saus,  et  ariverent  au  puy  dou  conestable  de 
Triple. 

La  nuit  murent  tous  ensemble,  amis  et  enemis  ^,  et  orent 
moût  mau  tens  et  grant  pluyage,  ensi  con  Deu  plot.  Le 
tens  les  geta  au  Puy  dou  Conestable  de  Triple^,  sains  et 
saus,  et  pristrent  port.  De  la  s'en  fuyrent  les  enemis  dessus 
noumés  et  lor  suite,  furent  bien  quatre  vins  chevaliers,  et 
alerent  de  l'autre  part  a  Baruth  o  les  Longuebars.  Moût 
amerma  Tost,  moût  en  furent  esbaï  ;  mainte  gent  en  orent 
grant  doute.  Monseignor  de  Baruten  fist  grant  feste,  et  moût 
en  fu  liés  par  semblant,  et  dist  que  ores  estoit  il  a  segur,  et 
que  sa  gent  yert  délivre  et  neteee  des  traïtors  ;  et  dist  qu'il 
les  amoit  meaus  encontrer  en  la  bataile  et  trover  les  devant 
luy  que  derieres,  car  tant  com  il  le  siveient,  atendoit  il  adès 
que  il  le  ferissent  par  les  espaules,  et  puis  qu'il  estoyent  foy 
mentie  a  lor  seignor,  et  qu'il  l'avoient  guerpi  en  champ,  et 
parjur  vers  lui  et  vers  les  suens,  il  n'estoientpas  gens  qu'y 
les  deûst  douter;  et  de  ce  fait  se  tenoit  il  amendé,  et  l'autre 
partie  moût  enpiree. 

LXXXIX.  Maintenant  le  seignor  de  Baruth  et  ses  gens 
murent  par  terre,  et  lor  navie  par  mer.  Le  premier  jour 
vindrent  par  mi  le  Boutron  ;  la  resurent  il  moût  grant  da- 
mage de  lor  navie,  car  le  port  est  malvais,  et  le  mau  tens 
enforsa  ;  près  que  tous  les  vaisseaus  brisèrent,  et  le  remanant 
ala  en  perdecion.  Toutes  voies  les  gens  murent  de  la,  et  che- 
vauchoient  par  pluie  et  par  mau  tens  et  par  grans  flumaires 
parfondes  et  desrivees,  et  par  le  pas  Paien,  et  par  le  pas  dou 
Chien^  quy  est  moût  perillous  a  pascer  ;  et  tant  firent, 
que  par  force  que  par  sens,  que  vindrent  au  flum  de  Baruth*. 
Ceaus   dou  chasteau  de  Baruth  firent  merveillouse  joie  et 


58  PHILIPPE  DE  NOVARE 

grant  luminaire  quant  ils  les  virent.  Grant  mestier  avoient  de 
secors,  car  le  chasteau  estoitsi  miné  que  il  cheoit  par  pièces, 
et  les  engins  et  le  chasteau  dou  Chaufor  les  guerreoyent 
moût  ^. 

XC  (163).  Les  novelles  espandirent  par  toute  Surie 
que  le  seignor  de  Baruth  estoit  venus  secorre  son  chastel  ; 
et  si  tost  com  son  nevou,  le  juene  seignor  de  Cezaire,  Toy 
dire,  qui  en  cel  termine  se  trova  en  Acre,  il  proumist  fiés  et 
douna  moût  richement,  et  assembla  tant  de  gent  come  il  pot, 
et  vigourousement  vint  aider  son  oncle  et  ses  cousins.  Le 
patriarche  de  Jérusalem,  les  deus  maistres  dou  Temple  et 
de  rOspital,  le  seignor  deSaete,le  counestable  dou  royaume, 
vindrent  mètre  pais.  Au  passer  devant  Sur  y  ot  besoigne  dou 
seignor  de  Cezaire  et  de  la  garnison  delà  ville,  car  le  seignor 
de  Saete  avoit  ja  rendu  Sur  as  Longuebars  par  le  comandement 
de  l'empereor.  Le  seignor  de  Cezaire  les  enchâssa  jusques 
dedens  la  porte  de  la  cité  ^.  Moût  fu  volentiers  veû  en  Tost, 
et  moult  fu  profitable  sa  venue.  Les  cinc  seignors  dessus 
noumés  parlèrent  de  pais,  mais  ne  pot  estre.  Le  mau  tens 
dura  moût  longuement  ;  si  avint  grant  charestie  en  Tost  de 
viandes  et  d'orge,  si  que  près  tous  les  chevaus  ne  man- 
joyent  que  foilles  de  calemeles.  Poy  i  avoit  tentes,  car  toutes 
estoient  perdues  en  la  navie  qui  perdi  devant  le  Boutron. 
Les  Longuebars  estoyent  a  aise,  car  il  avoyent  viandes  a 
planté,  et  bonnes  maisons  et  bien  aisies  en  la  ville. 

XCI  (164).  Un  jour,  bien  matin,  issirent  les  Longuebars 
de  la  ville  de  Barut,  et  vindrent,  as  escheles  faites,  jusque 
sur  le  flum  que  trop  estoit  grant  lors  ;  s'il  ne  fust  si  grans,  il 
ne  fussent  ja  venus;  toute  jour  y  furent  en  tele  manière, 
tant  que  la  nuit  les  chassa.  Le  tens  abounassa  puis,  et  le  flum 
apetissa.  Maintenant  l'ost  dou  roy  Henry  et  dou  seignor  de 
Baruth  passa  et  vint  devant  la  ville  de  Baruth,  as  escheles 
faites,  et  ferirent  des  espérons    jusques  au  fossé.  Une  povre 


MÉMOIRES,    II,    XC-XCIII  59 

issue  firent  ceaus  dedens,  mais  vigourousement  les  rebouta 
l'on  dedens  la  ville '^  Ceaus  dedens  se  tindrent  en  la  ville 
assegé,  et  partirent  les  defences  de  la  ville  :  ceaus  enemis 
qui  estoyent  parti  dou  roy  et  de  monseignor  de  Baruth,  et 
estoyent  aie  de  l'autre  part,  c'est  devers  les  Longuebars, 
furent  estably  a  un  canton  de  la  ville,  ou  avoit  une  grant 
tour;  et  pour  eaus  fu  elle  puis  apelee  la  tour  des  Traîtres 
souvent,  selon  la  traïson  de  ce  que  il  avoient  guerpy  lor 
seignor  en  champ. 

XCII.  Les  Longuebars  foisoient  garder  moût  estroyte- 
ment,  par  terre  et  par  mer,  que  l'on  n'entrast  au  chasteau,  et 
avoient  arengié  lor  galees  et  liées  a  une  grant  chaene  de  fer 
et  bien  ormegees  tout  entour  le  chasteau  en  la  mer,  et  n'a- 
voyent  laissié  que  une  petite  voie  par  ou  il  entroyent  et 
issoient.  Le  seignor  de  Baruth  mandoit  chascune  nuit  a  noe 
ce  que  il  pooit  mander  de  gens  d'armes  au  chasteau.  Tels  y 
avoit  qui  plonjoyent  desous  les  galees  et  venoyent  tous 
nus  ;  laens  au  chasteau  trovoyent  robes  et  armeûres  et  viandes 
a  planté,  car  laens  n'avoyent  soufraite  que  de  gens  a  armes 
et  cheveteines.  Ceaus  qui  passoyenta  noe  n'estoyent  pas  tels 
qu'il  peûssent  defFendre  le  chasteau  ;  si  porchassa  le  seignor 
de  Baruth  tant  qu'il  ot  une  nuit  un  vaisseau,  et  mist  dedens 
un  suen  fis,  que  l'on  apele  sire  Johan  de  Foges,  pour  l'achai- 
son  que  vous  avés  autre  fois  oï.  Celui  fu  puis  seignor  de 
Arsuf  et  conestable  dou  royaume  de  Jérusalem  et  bail  plu- 
sors  feis,  et  sot  et  valut  assés.  Ovec  celui  Johan  de  Foges  ot 
au  vaisseau  cent  homes  armés,  entre  chevaliers  et  sergens  et 
valès,  qui  tous  furent  de  la  maihnee  et  de  la  noreture  dou 
lignage  d'Ybelin. 

XCIII.  Messire  Balian,  l'ainsné  des  frères,  se  corroussa 
moût  et  tensa  a  son  père,  por  ce  que  il  ne  l'i  laissoit  entrer, 
et  disoit  que  il  estoit  heir,  et  greignor  raison  estoit  que  il 
alast  que  autre.  Messire  Bauduïn  et  tous  les  autres  se  parof- 


6o  PHILIPPE  DE  NOVARE 

frirent  moult,  et  moût  se  corrousserent  de  ce  que  il  ne 
voloit  que  il  y  entracent  ;  et  lors  respondy  il  que  greignor 
besoing  avoit  il  dehors  que  dedens,  car  il  atendoyent  la 
bataille  de  jour  en  jour;  et  ensi  les  apaysa.  Et  les  autres 
vavassors  de  l'ost,  si  tost  come  il  sorent,  y  acorurent  qui 
meaus  a  meaus,  et  tant  y  en  entra  que  a  poi  le  vaisseau  ne 
noia.  Tous  ceaus  as  quels  le  seignor  de  Barut  otroyoit  Talée 
le  mersierent  moût,  les  privés  et  les  estranges  ;  et  si  estoil 
grant  le  péril  de  passer  les  galees  et  d'entrer  au  chasteau  et 
de  poyer  le  défendre.  Et  parut  la  et  aillors  que  nus  hom  fu 
onques  tant  amé  de  sa  gent,  car  le  vaisseau  estoit  si  chargié 
de  gent  que  Taigue  estoit  jusque  au  bort.  Et  quand  il  vint  a 
l'entrée  de  la  voie  estroite  par  ou  les  Longuebars  aloyent  a 
lor  galees,  ceaus  des  galees  s'en  aparsurent;  le  cris  fu  moût 
hidous,  et  moût  y  ot  lancié  et  trait. 

XCIV.  Par  le  plaisier  de  Deu,  il  passèrent  et  escha- 
perent  des  galees  et  ariverent  a  la  roche  dessous  le  chas- 
teau. Seaus  dou  chasteau  ne  savoient  rien  de  lor  venue  :  il 
lancèrent  et  traistrent  tant  que  moult  souffrirent  ;  en  la  fin 
les  conurent  et  les  recuillirent  a  grant  joie  et  grant  lumi- 
naire. Mais  au  cri  qui  fu  au  passer  des  galees,  le  seignor 
de  Baruth  s'estendy  a  terre,  en  cruis,  vers  orient,  et  cria 
mercy  a  Nostre  Seignor  ;  et  quant  il  vy  le  luminaire  au 
chasteau  et  les  entreseignes  de  l'entrée,  humblement  rendy 
grâces  a  Deu,  et  tous  ceaus  de  l'ost  aucy.  Et  puis  que  le  fis 
dou  seignor  de  Baruth  et  tant  de  bonnes  gens  furent  entré 
dedens  le  chasteau,  moult  se  défendirent  vigourousement,  et 
minèrent  a  l'encontre  des  mineors,  et  ocistrent  les  mineors 
dehors  et  dedens  la  mine,  et  recovrirent  les  foscés  a  force,  et 
ardirent  la  rue  coverte  que  les  Longuebars  avoîent  faite  au 
focé  ;  puis  firent  ceaus  dou  chasteau  maintes  belles  issues^  et 
gaïgnerent  assés  sur  ceaus  dehors,  et  ardirent  plusors  engins. 

XCV  (165).     Adoncvitbienet  conutle  seignor  de  Baruth 


I 


i 


MÉMOIRES,    II,   XCIV-XCVI 


6i 


que  son  chasteau  estoit  en  bon  point  de  defence,  mais  lever 
le  siège  et  vencre  ses  enemis,  quy  estoient  pour  un  dis,  ne 
pooit  il  mie  par  la  gent  que  il  avoit  o  luy  la  ;  mais  la  planté 
d'eaus  ne  doutoit  il  mie,  car  moult  volentiers  se  conbatist, 
mais  ilestoyent  dedens  la  ville,  qui  estoit  bien  fermée  de  bons 
murs,  et  avoyent  le  poyer  de  la  mer.  Si  pensa  a  son  cuer 
qu'il  yroit  en  Accre  et  porchasseroit  grant  pietallie  et  grant 
navie,  dont  il  n'avoit point,  et  mandereit  son  fis,  sire  Balian, 
a  Triple  ;  et  le  juene  roy  Henry  et  luy  ly  donnèrent  plein 
poier  de  finer  et  parfaire  le  mariage  de  la  suer  le  roy  au  fis 
dou  prince,  et  douner  li  grant  fié  en  Chipre  en  mariage, 
par  ensi  que  le  prince  lor  aidast  de  chevaliers  et  de  navie  et 
de  gens  d'armes  ;  la  parole  dou  mariage  estoit  ja  comencee 
grant  tens  avoit.  Ensi  come  il  le  pensa,  ensi  le  fist  ;  mais 
toutes  voyes  le  fist  il  assaver  a  ceaus  dou  chasteau,  que  il  ne 
s'esmayassent  pas,  car  s'alee  estoit  por  tost  revenir  a  lor  déli- 
vrance ;  et  il  respondirent  que  seùrement  alassent  en  nom  de 
Deu,  car  il  se  defenderoyent  bien,  a  Taye  de  Nostre  Seignor 
et  a  la  soue,  et  eaus  si  firent. 

XCVI  (i6é).  Quant  que  monseignor  de  Baruth  s'en 
partist  dou  siège,  mut  messire  Balian,  son  fis,  por  aler  a 
Triple.  O  luy  ala  sire  Guillaume  Vesconte,  quy  estoit  sages 
hom,  dou  privé  conseil  de  monseignor  de  Barut,  et  avoit 
comencié  la  parole  de  cest  mariage,  et  si  estoit  né  de  Triple. 
Phelippe  de  Nevaire  y  ala,  quy  de  luy  ne  se  parteit,  et  plu- 
sors  autres.  Moult  passèrent  de  maus  passages,  et  par  grans 
fiums,  et  par  devant  Gyblet,  qui  estoit  de  l'autre  partie,  et 
les  mostres  se  faisoient  toute  nuit  par  my  la  montaigne. 
Toutes  voies,  si  com  Deu  plot,  passèrent  et  vindrent  a 
Triple,  et  herbergerent  dehors  en  une  maison  dou  Temple 
qui  a  nom  Moncoqu.  Le  prince  et  ses  enfans  l'ennorerent 
moût  au  commencement  ;  et  traitoit  on  chascun  jor  les 
paroles  et  les  covenances  dou  mariage,  et  de  l'aye  que  le 
seignor  de  Baruth  demandeit. 


62  PHILIPPE  DE  NOVARE 

XCVII  (167).  Sur  ce  avint  que  Ton  sot  a  Triple  que  l'ost 
de  Chipre  estoit  party  de  Baruth  ;  si  ot  mainte  gent  qui  Gui- 
dèrent que  tout  fust  perdu.  Les  paroles  dou  mariage  refroy- 
dirent  moût,  et  toutes  voyes  se  tenoyent.  Un  jour  ala 
messire  Balian  et  sa  compaignie  chevauchant  vers  Monpe- 
lerin  pour  trover  ceaus  quy  menoyent  les  paroles  dou 
mariage.  Au  revenir,  la  porte  de  Montquocu  lor  fu  close  a 
rencontre,  et  distrent  ceaus  de  la  maison  que  pour  luy  il  ne 
voloyent  estre  mau  de  la  gent  de  l'empereor.  Messire  Balian 
manda  querre  herberge  a  la  maison  de  l'Ospitau  et  a  ceaus 
de  Beauleu  aucy,  qui  sont  moines  de  Cisteaus,  et  a  ceaus 
qui  tenoyent  Montpelerin,  qui  est  de  Tevesque  de  Bethléem. 
Chascun  li  respondy  corne  le  Temple  avoit  fait.  Un  cheva- 
lier estoit  a  Triple  au  jour,  quy  estoit  a  Triple  vicaire  de 
l'evesque  de  Triple  ;  celuy  les  herberja  en  une  boverie  dou 
dit  evesque,  de  Tyglize,  que  Ton  apelle  l'aire  de  l'evesque, 
et  si  est  devant  la  porte  de  Triple.  Messire  Balian  fist  desor- 
der  et  netoyer  et  garnir  celé  maison  au  meaus  que  il  pot 
dedens. 

XCVIII.  Si  avint  que  le  cheveteine  des  Longuebars,  qui 
bien  savoit  que  messire  Balian  estoit  devant  Triple,  fist 
faire  unes  letres  fauces  de  par  l'empereor,  et  furent  faites  a 
Sur  en  parchemin  sarazinès,  boulees  d'une  boule  de  l'empe- 
reor que  il  avoit.  En  ces  letres  se  contenoit,  après  moût 
grans  salus,  que  il  prioit  le  prince  et  ses  enfans,  coume  ses 
chers  cousins  et  ses  fëaus  homes,  que  il  ne  recetassent  ses 
enemis,  ne  que  il  ne  lor  donnassent  ni  force  ni  aye.  Le 
prince  et  ses  enfans  mandèrent  ces  letres  a  Phelippe  de 
Nevaire,  et  une  autre  remenbrance  escrite,  en  quel  il  avoit 
plusors  paroles,  et  disoient  ensi  :  «  Bounes  gens,  ne  tenés 
a  mau  !  »  En  la  fin  de  la  remenbrance  estoit  escrit  que  il 
prioyent  Phelippe  que  il  mostrast  ces  letres  a  messire  Balian 
et  a  sa  gent,    et  les  excusast.   Et  devant  estoit  avenu  que  le 


MÉMOIRES,    II,    XCVir-C  63 

prince  avoit  dounc  fie  au  dit  Phelippe,  et  de  son  avoir 
meïsme  ly  avoit  il  douné,  que  il  le  faisoit  volentiers  a  tous. 
Phelippe  Tamoit,  et  s'en  loet  moult,  mais  le  fié  ne  vost  il 
onque  retenir  ne  decervir  ;  et  de  cestuy  mandement  li  sot 
mau  gré,  et  toutes  voyes  il  list  les  letres  a  son  seignor,  et  li 
conta  tout  le  fait,  et  puis  fist,  sans  le  seû  de  son  seignor, 
une  simple  rime,  et  la  manda  au  prince  : 

Malvaises  gens,  failly  de  cuer. 
Je  ne  pues  soufrir  a  nul  fuer 
Que  l'on  ne  die  que  vous  estes... 

XCIX  (168).  En  l'aire  de  l'evesque  de  Triple,  messire 
Balian  et  sa  compaignie  orent  moût  d'angoisses  et  de  doulors 
et  de  despis  ;  et  ne  pooit  partir,  car  la  voie  li  estoit  défendue 
et  par  mer  et  par  terre  et  bien  gardée,  dont  il  avint  que  il 
manda  au  soldan  de  Doumas  que  il  ly  dounast  conduit  et 
aye,  si  que  il  peùst  passer  par  la  paenime  et  aler  a  Acre.  Le 
soldan  ly  otroia  moult  volentiers,  mais  choses  avindrent 
après  por  quoi  il  ne  fu  besoing.  Sire  Betram  Porcelet,  qui 
estoit  parastre  de  sire  Heimery,  et  sa  compaignie,  et  les 
homes  de  sire  Hue  de  Gibleth,  qui  estoient  en  la  terre  de 
Triple,  torneent  moût  souvent  entor  la  herberge,  et  mos- 
troyent  au  doit  par  ou  il  monteroyent,  car  il  atendoient  de 
jour  en  jour  galees  des  Longuebars;  et  bien  cuidoient 
prendre  et  ocirre  messire  Balian  et  les  suens  en  celé  her- 
berge ;  et  longuement  souffry  ceste  angoisse. 

C  (169).  Il  avint,  quant  l'ost  des  Chiprois  s'en  party  de 
devant  Baruth,  que  les  Longuebars  disoient  que  l'ost  de 
Chipre  fuoyt  ;  si  mandèrent  sire  Heimery  Barlais  et  sire 
Aumaury  de  Bethsan  et  sire  Hue  de  Gibeleth  et  lor  gent,  et 
le  conte  Richart,  qui  estoit  longuebart  ^.  Ceaus  pristrent 
toute  la  terre    fors   que  le  chasteau    de   Deudamour,  ou  les 


64  PHILIPPE  DE   NOVARE 

suers  dou  roy  et  les  gens  dou  païs  s'enchastelerent,  et  pui-s 
pristrent  Cherines.  Ains  que  Cherines  fust  prise,  messire 
Balian  d'Ybelyn  porchassa  tant  priveement  que  Jenevès  qui 
estoient  venus  a  Triple  en  deus  sayties  devindrent  ses 
homes,  et  lor donna  fiés;  et  ly  orent  en  covenant  que  il  le 
porteroyent  en  Chipre,  et  il  entendoyent  bien,  se  il  peùst 
venir,  que  il  vendroit  a  chef  de  ceaus  qui  estoient  en 
Chipre.  Le  prince  s'en  aparsut,  si  aresta  a  force  les  gens  et 
les  vaisseaus,  et  li  toly  sa  muete  ^. 

CI  (170).  Après  orrés  de  monseignor  de  Baruth,  qui 
estoit  aie  a  Acre.  Il  porchassa  et  mostra  tant  de  raisons  a  les 
gens  dou  païs,  qui  doutoient  la  seignorie  des  Longuebars, 
qu'il  estoient  lor  destrucion,  que  il  le  firent  maire  de  la 
comune  d'Accre  ;  et  les  Jenevès  s'acompaignerent  moût 
volentiers  o  luy,  que  pour  l'amour  de  luy,  que  por  ce  que 
l'empereor  Federic  avoit  mandé  en  Surie  que  l'on  les  preïst 
€n  avoir  et  en  persones.  Tant  fist  le  seignor  de  Baruth  que 
il  ot  moût  grant  navie  et  grant  planté  de  gent  a  pié  et  a 
cheval,  que  legierement  pooit  lever  le  siège  de  Baruth.  Les 
Longuebars  l'oïrent  dire  ;  si  ardirent  lor  engins,  et  guerpi- 
rent  le  siège  de  Baruth  et  a  grant  honte  s'en  fu}h'ent  [a  Sur«]. 

Cil  (171).  Q.uant  la  novelle  fu  seùe  devant  Triple,  mes- 
sire Balian  d'Ybelin  trova  plus  d'amis  et  de  conduit  ;  si  s'en 
party,  et  vint  a  Baruth,  et  trova  le  leu  moût  desgarochié,  et 
moût  en  ot  grant  pitié,  et  moult  ly  fist  l'on  grant  joye  ;  et  la 
atendy  le  comandement  de  monseignor  de  Baruth,  son 
père. 

cm  (172).  Leroy  Henry  et  le  seignor  de  Baruth  et  tout 
l'ost  des  Chiprois  estoient  issus  d'Accre  au  Cazal  Ymbert. 
La  sorent  la  délivrance  de  Barut  ;  yqui  se  logierent  et 
atendirent  pour  avoir  conseil  qu'i  feroient.  L'endemain  vint 
a  eaus  un  desleal  patriarche  d'Antioche,  qui  estoit  lombart, 
et  estoit  passé  par  Sur  et  avoit  moût  parlé  as  Longuebars. 


MÉMOIRES,   II,  CI-CV  6$ 

Il  fist  entendant  au  roy  Henry  et  au  seignor  de  Baruth  que 
il  avoit  plein  pooir  de  par  les  Longuebars  de  faire  pais 
entr'eaus,  et  que  il  feroit  tant  que  la  pais  seroit  a  l'ennor  et 
a  la  volenté  le  roy  et  dou  seignor  de  Baruth  et  de  tous  ceaus 
de  Chipre  et  de  Surie.  Le  preudome,  qui  onques  ne  refusa 
pais  covenable,  et  quy  [la  faisoit  ^]  plus  volentiers  quant  il 
estoit  au  dessus,  ala  après  le  patriarche  a  Acre  ;  o  luy  mena 
de  son  conseil  ;  et  dou  plus  beau  et  dou  mellor  de  Tost  le 
suit  ;  et  grant  partie  de  l'ost  demoura  a  Acre,  qui  n'estoit 
mie  meû  encores,  et  la  navie  encores  estoit  au  port,  pour  les 
novelles  qu'il  avoit  oï  dire  de  Baruth. 

CIV  (173).  Le  roy  Henry  fu  au  Cazal  Ymbert,  en  sa 
herberge,  moût  escheriement.  Toutes  voies  furent  o  luy  les 
treis  fys  de  monseignor  de  Baruth,  s'est  a  saver  sire  Bau- 
duyn  et  sire  Hue  et  sire  Guy,  qui  puis  fu  conestable  de  Chipre 
et  preudome  et  vaillant  ;  et  si  y  f u  messire  Johan  de  Ybelin, 
qui  puis  fu  conte  de  Jaffe,  et  estoit  chevalier  noveau,  qui 
n'avoit  que  dis  et  set  ans  d'aage  ;  et  y  fu  messire  Anceau, 
qui  estoit  cheveteine  de  l'ost  en  leuc  de  monseignor  de  Baruth. 
Malvaisement  estoyent  herbergié,  l'un  sa,  l'autre  la  ;  de  rien 
ne  se  doutoyent,  ains  disoient  que  il  yroient  prendre  Sur. 

CV  (174).  Les  Longuebars  quy  estoienta  Sur  espierent 
et  sorent  que  il  estoient  malvaisement  herbergiés,  et  poy  de 
gent  estoyent;  si  murent  de  Sur  si  tost  come  il  fu  anuityé. 
Il  menèrent  ovec  eaus  la  gent  de  Sur  a  force.  Et  il  estoit 
bounace  ;  si  vindrent  les  vint  et  deus  galees  a  Cazal  Ymbert, 
et  assaillirent  l'ost  des  Chiprois  de  nuit;  si  les  troverent  endor- 
mis et  desarmés.  Aucunes  gens  avoyent  dit  a  messire  Anceau 
que  les  Longuebars  venoient,  mais  il  ne  le  crut  mie  ni  ne 
deigna  faire  a  saver,  dont  il  dutestre  moutblahmés.  Onques 
gens  si  sorpris  meaus  ne  se  defendyrent  ;  les  trois  fis  de 
monseignor  de  Barut,  messire  Bauduyn  et  messire  Hue  et 
messire  Guy  y  firent  merveilles  d'armes.  Messire  Bauduyn 

Philippe  de  Novare.  5 


66  PHILIPPE   DE  NOVARE 

y  fu  perillousement  naffré,  et  son  nevou,  messire  Johan, 
quy  estoit  juene,  y  fist  tant  que  toute  sa  vie  fu  plus  prisié. 
Messire  Anceau,  pour  la  valour  quy  estoit  en  luy  et  por  ce 
qu'il  estoit  cheveteine,  et  se  senty  colpable  de  ce  qu'il  avoit 
oï  et  ne  l'avoit  noncié,  il  fist  merveillouses  prouesses.  Le 
roy  s'en  éschapa  près  que  tous  nus;  il  fu  mis  sus  un  cheval, 
et  s'en  alerent  a  Acre. 

CVI.  Et  tantcomla  nuit  dura  ne  perdirent  les  Chiprois 
la  herberge  ;  toute  nuit  se  combatirent.  Les  Chiprois  estoient 
les  uns  a  pié,  les  autres  sur  les  chevaus  sans  selle,  les  uns 
armés  de  lor  haubers  tous  nus,  les  autres  tous  desarmés.  Tel 
estoit  a  cheval  quy  n'avoit  frein,  qui  n'avoit  lance,  qui  n'avoit 
espee.  Toutes  voies  abatirent  il  moût  de  Longuebars  et 
ocistrent.  A  l'aube  dou  jour  descendirent  ceaus  des  galees, 
et  la  clarté  dou  jour  descovry  la  petite  quantité  des  Chiprois  «. 
Si  fu  prise  la  herberge  de  tout  et  robee  ;  et  furent  perdues 
toutes  les  chevaucheûres,  sans  celés  ou  estoient  montés  cil 
quy  eschaperent  ;  vint  et  quatre  chevaliers  pristrent  et  poy 
en  ocistrent,  plusors  en  nafrerent,  et  toute  la  herberge  et  le 
plus  des  armes  gaaignerent.  Les  chevaliers  chiprois,  qui  bien 
se  défendirent,  s'aresterent  sur  un  petit  touronet,  a  une  auba- 
lestee  de  la  herberge  ;  les  Longuebars  les  veoyent  bien, 
mais  n'aloyent  pas  a  eaus. 

CVII  (175).  Le  roy  Henry  vint  a  Acre.  Le  seignor  de 
Baruth  sailly  au  cri,  et  tous  ceaus  qui  le  vostrent  sivre,  moût 
doulourous  et  angoissous.  Tout  premièrement  encontra  le 
roy,  dont  il  rendy  grâces  a  Deu  ;  après  trova  autres  gens 
qui  fuoyent.  Quant  il  le  virent,  si  eschiverent  le  chemin  «. 
Un  suen  sergent  s'esmut  et  dist  que  il  ireit  veïr  se  aucuns 
des  enfans  de  son  seignor  fust  en  celé  route.  Il  s'escria,  et 
dist  :  «  Ne  faire  !  aillors  les  troverons.  Il  n'osereent  pas  si 
loins  fuïr,  ne  venir  la  ou  je  fuse.  »  Un  poy  avant  il  encontra 
un  suen  sergent   vieill  qui  fuoit  ;  celuy  ploura  et  li  dist  : 


MÉMOIRES,    II,    CVI-CX  67 

«  Tous  VOS  beaus  enfans  avés  perdus,  et  mors  sont.  »  Le 
preudome  respondy  et  dist  :  «  Et  qu'en  est,  sire  vilain  punais  ? 
Ensi  doivent  morir  chevaliers,  défendant  lor  cors  et  lor 
ennors  ^.  »  Grant  aleûre  passa  avant  ;  quant  il  aprocha  dou 
Cazal  Ymbert,  il  choisi  ceaus  qui  estoyent  sur  le  toron,  et 
si  tost  corne  il  le  choisirent,  il  feryrent  chevaus  des  espérons 
après  les  Longuebars,  quy  ja  se  partoient. 

CVIII.  Les  Longuebars  choisirent  les  venans  d'Acre  ;  si 
se  mistrent  a  la  fuye,  et  tout  fuyant  passèrent  les  pas  de 
Passe  Poulain.  Le  seignor  de  Baruth  trova  la  les  suens  quy 
se  mehloyent  a  Tarière  garde  des  Longuebars,  et  vit  et  conut 
que  la  mehlee  ne  la  chasse  ne  valoit  rien,  car  ses  enemis 
avoient  ja  pris  le  pas  et  avoient  moût  d'aubalestriers  et  d'ar- 
chiers  ;  si  en  remena  les  suens,  moût  merciant  Nostre  Seignor 
de  ce  qu'il  les  trova  vis,  et  qu'il  s'estoient  si  bien  porté.  La 
trova  tous  ses  coraus  amis,  fors  que  son  fis,  sire  Hue.  Celuy 
trova  il  sus  une  vieille  mayson  crénelée,  quy  est  au  Cazal  ; 
a  celuy  avoit  l'on  ocis  son  chevau  près  de  celé  maison. 
Entre  luy  et  un  chevalier  qui  li  fist  compaignie,  montèrent 
en  celé  maison  et  la  défendirent  a  pieres,  tant  qu'il  conurent 
le  secors.  L'on  cuidoit  que  il  fust  mort  ou  pris  ;  grant  fu  la 
joie  quant  il  fu  la  trové. 

CIX  (176).  Les  Longuebars  s'en  alerent  a  Sur^,  a 
moût  grant  gaain,  car  entre  ceaus  de  terre  et  ceaus  des  galees 
en  portèrent  tout  ce  que  il  avoient  gaaignié.  Et  por  ce  que 
il  gaaignerent  tant  et  le  plus  dou  harnois,  des  armeûres  et  des 
chevaucheûres  as  Chiprois,  lor  fu  avis  que  il  estoyent  moût 
au  dessus  de  lor  guerre,  et  que  lor  enemis  ne  porroyent  pas 
recovrer  en  Chipre,  ne  passer  jusque  a  un  lonc  tens.  Si  orde- 
nerent  lor  afaire  et  laissèrent  garnison  a  Sur,  et  tantost 
passèrent  en  Chipre,  a  grant  esfors  et  a  grant  bonasse,  pour 
prendre  l'ihle.  Et  ce  fu  en  l'an  de  .m.  ii^  et  xxxii. 

ex  (177).     Maintenant  que   les    Longuebars  furent    en 


68  PHILIPPE    DE    NOVARE 

Chipre,  le  chasteau  de  la  Candare  lor  fu  rendu.  Avant  avoit 
l'on  rendu  la  tour  dou  port  de  Famagouste  a  sire  Heimery 
Barlais  et  a  sire  Aumaury  de  Bethsan  et  a  sire  Hue  de  Gibe- 
leth,  et  le  chasteau  de  Cherines  auci  ;  si  que  toutes  les  for- 
teresses de  Chipre  ne  se  tenoyent  nule  au  seignor  de  Baruth, 
ny  au  roy,  que  tant  soulement  Deudamors.  Laens  s'estoient 
recuilly  les  deus  suers  le  roy«,  et  sire  Hernis  de  Gibeleth, 
qui  estoit  au  jour  bailly  de  la  secrète  ^  ;  et  si  avoit  Phelippe 
de  Caffran,  qui  adonc  estoit  chastelain.  Laens  se  receterent 
un  poy  de  chevaliers  et  de  dames  et  de  damoiseles,  que  moût 
se  recuillirent  sur  saut,  et  d'autre  gent,  qui  moût  estoient 
rnau  garny  de  vitaille  et  de  ce  que  mestier  lor  estoit^. 

CXI.  Et  tout  le  plus  des  dames  et  des  damoiseles  et  des 
enfans  de  Chipre  furent  si  sorpris  qu'il  ne  porent  aler  a  Deu- 
damors ;  si  se  receterent  as  yglizes  et  as  religions,  et  plusors 
en  y  ot  qui  se  receterent  et  musserent  as  monteignes  et 
dedens  caves.  Si  se  vestirent  les  dames  come  bergieres  et  lor 
enfans  come  bergerons  ;  et  ces  femes  aloyent  glener  les  espis 
cheans  qui  estoyent,  et  de  ce  vivoyent  entr'eles  et  leur  enfans 
auci  a  si  très  grant  doulor  que  pitié  seroit  de  retraire.  Dame 
Eschive  de  Monbeliart,  qui  au  jor  estoit  feme  de  sireBalyan 
d'Ybelin,  fis  de  monseignor  de  Baruth,  si  estoit  recetee  a 
rOspitau,  et  ses  enfans  ovec  ly  ;  et  quant  elle  oy  que  les 
Longuebars  estoyent  arivés,  elle  ot  si  grant  paour  qu'ele  se 
vesty  en  abit  de  frère  Menor,  et  guerpi  ses  enfans  et  son  fié, 
et  monta  en  une  roche  que  l'on  apele  Bufevent.  La  sus  la 
receta  un  viel  chevalier  qui  avoit  nom  sire  Guinart  de 
Couches  «,  qui  la  sus  estoit  de  par  le  roy,  et  elle  s'aporvea 
tant  qu'elle  Tôt  garny  de  vitaille,  dont  il  n'i  avoit  point. 

CXII  (178).  Les  Longuebars  vindrent  hastivement  a 
Nicossie,  et  maintenant  firent  toutes  les  abominations  et  les 
otrages  et  les  vileinies  que  il  sorent  et  porent.  Il  brisèrent 
les  yglizes  et  le  Temple  et  la  maison  de  FOspitau,  et  toutes 


MÉMOIRES,    II,  CXI-CXIV  69 

les  religions  ;  et  traînèrent  hors  les  dames  et  les  enfans  quy 
se  tenoyent  as  autiers  et  as  prestres  quy  chantoyent  les 
messes.  Dont  il  avint,  en  aucun  leu,  que  il  espandirent  de 
la  main  dou  prestre  le  cors  de  Nostre  Seignor  et  le  sacrement 
a  terre  ;  et  chargèrent  les  dames  et  les  enfans  sur  charetes 
et  sur  ahnes  moût  vileinement,  et  les  menèrent  a  Cherines 
en  prison,  et  poignant  d'aguillons  celés  qui  ne  voloyent 
tost  aler.  Les  Longuebars  gaïgnerent  Cherines  et  moût  y 
mistrent  vitaille,  car  par  lor  galees  et  lor  vaisseaus  y  man- 
dèrent tout  quanque  il  troverent  de  par  toutes  les  marines 
de  Chipre. 

CXIII  (179).  Les  Longuebars  et  les  autres  traîtres  alerent 
asseger  Deudamors,  et  le  tindrent  moût  près,  car  il  savoyent 
bien  que  ceaus  dedens  estoient  mau  garny  de  vitaille.  Il 
mistrent  au  siège,  pour  plus  destreindre  le  chasteau,  les  plus 
mortels  enemis  que  le  roy  et  le  seignor  de  Baruth  eussent, 
et  si  mistrent  ne  sai  quantes  maistries  d'aubalestriers  parjurs 
et  traïtors,  quy  s'en  fuirent  de  l'ost  des  Chiprois  et  s'en 
entrèrent  a  Gibelet,  quant  l'ost  des  Chiprois  passeit  par 
devant  pour  aler  a  la  rescousse  de  Barut. 

CXIV  (181)^.  Le  roy  Henry  de  Chipre  ot  quinze  ans 
conplis,  et  pot  donner  et  faire  son  plaisir  come  seignor 
d'aage  ;  si  proumist  et  douna  plusors  fiés  a  ceaus  quy  o  luy 
alerent,  et  as  Jenevès  proumist  franchise  et  court  au  royaume 
de  Chipre,  pour  aler  o  luy  tant  soulement  que  il  arivast  en 
Chipre.  Le  seignor  de  Baruth  quy  adonc  estoit  maire  de  la 
comune  d'Acre,  si  come  le  conte  a  dit  sa  en  ariere  ^,  vint 
devant  le  patriarche  Girot  de  Jérusalem,  en  la  pressence  dou 
roy  Henry  et  de  moût  de  gens  qui  la  furent,  et  se  plainst 
au  patriarche,  qui  estoit  légat,  dou  damage  que  les  Lon- 
guebars avoyent  fait  au  roy  et  a  luy  meïsmes  des  choses 
devant  dites.  Entre  les  autres  choses  devant  dites  se  recorda 
et  dist  si  come  les   Longuebars    avoyent  pris  toute  la  navie 


70  PHILIPPE    DE   NOVARE 

le  roy,  quant  le  roy  estoit  venus  de  Chipre,  car  ce  quy  en 
eschapa  au  Botron  avoit  le  roy  mandé  en  Chipre,  et  avoyent 
pris  celé  navie,  et  tout  le  remanant  avoient  saisi  et  le  royaume 
de  Chipre,  et  assegés  les  suers  dou  roy  en  un  chasteau  ;  et 
le  roy  les  voloit  aler  rescorre,  mais  il  n'avoit  point  de  navie 
corne  besoing  ly  fust,  et  les  ssalanâres  en  quey  les  Longue- 
bars  estoient  venus  estoient  au  port  d'Accre  ;  dont  il  requeroit 
au  patriarche,  come  a  légat,  que  il  comandast  que  l'on  preïst 
les  ssalandres  qu'il  avoient  au  port,  come  ceaus  qui  estoyent 
escomenié  et  quy  avoient  abatu  les  chasteaus  de  la  crestie- 
neté,  et  au  roy  avoyent  tolu  sa  navie  et  son  royaume. 

CXV.  Le  bon  patriarche  respondy  qu'il  ne  s'entremetoit 
dou  fait  d'armes,  mais  il  avoit  veû  aucune  fois  en  son  païs, 
quant  li  veneour  venoyent  a  la  proye  et  la  beste  estoit  dedens 
quelque  herbe,  qu'il  semenoient  lor  bersiers  et  s'escrioient, 
et  mostroient  a  la  main,  et  disoient  :  «  Or  pren  le  !  »«Lors 
corurent  chevaliers  et  sergens  et  les  Polains  dou  port  as 
barches  et  as  autres  petis  vaisseaus  que  il  troverent  au  port, 
et  vindrent  as  ssalandres,  si  en  pristrent  treze  par  force,  si 
com  Deu  vost.  Les  autres  naves  et  ssalandres  fuïrent  a  Sur. 
Le  roy  Henry  et  le  seignor  de  Baruth  retindrent  quanque  il 
porent  de  gent,  mais  moult  avoyent  grant  soufraite  de 
moneye,  dont  il  avint  que  le  jeune  seignor  de  Cezaire  vendy 
partie  de  sa  terre  de  Cezaire,  et  monseignor  Johan  de  Ybelin, 
qui  puis  fu  conte  de  Jafe,  vendy  un  suen  grant  maner  qui 
estoit  a  Acre,  et  presta  les  deniers  au  roy.  Hastivement  s'a- 
pareillerent  et  murenl  assés  de  Pouleins  dou  port  ^,  qui 
avoient  ne  say  quans  vaisseaus  armés,  et  le  roy  lor  donna 
fiés,  faisant  le  servize  de  mer. 

CXVI  (182).  [Et  il  se  partirent  d'Acre  a  lor  viager]  et 
passèrent  devant  Sur  oveque  lor  vaisseaus.  Les  galees  des 
Longuebars  quy  estoyent  venus  de  Chipre  vindrent  contre 
eaus  et  se  mistrent  sur  vent,  mais  n'osèrent  assembler  a  l'ost. 


MÉMOIRES,    II,  CXV-CXIX  7I 

et  tous  jors  venoyent  sur  vent,  gaitant  se  il  lor  porrbyent 
faire  damage.  L'ost  des  Cliiprois  ariva  devant  Saete  ^.  La 
vint  messire  Balian,  qui  estoit  venus  de  Triple  a  Baruth,  et 
sa  compaignie  dessus  noumee,  et  si  vint  son  frère  messire 
Johan  de  Foges  et  sa  compaignie  dessus  noumee,  qui  avoit 
esté  o  luy  en  garnison  a  Baruth,  et...^  de  Saete  ;  et  le  roy 
Henry  de  Chipre  lor  donna  plusors  fiés. 

CXVII  (183).  Dou  port  de  Saete  cenglerent  les  Chiprois 
et  vindrent  en  Chipre,  et  ariverent  a  la  Grée  ;  et  les  galees 
des  Longuebars  venoient  adès  o  eaussurvent.  De  nuit  man- 
dèrent en  terre  par  une  espie  ou  estoit  l'ost  des  Longuebars, 
et  sorent  verayement  que  Tostet  tout  le  pooir  estoit  a  Fama- 
gouste  et  lor  galees  au  port  «. 

CXVIII  (184).  L'ost  des  Chiprois  vint  devant  Fama- 
gouste  ;  les  Longuebars  estoyent  en  la  ville  et  avoient  moût 
grant  planté  de  gent  a  cheval  et  a  pié,  et  moût  avoient  de 
chevaucheûres  et  d'armeûres  que  il  avoyent  gaaignés  au 
Cazal  Ymbert,  et  toutes  celés  qu'il  avoyent  trovees  en  Chipre. 
Ovec  eaus  estoyent  ceaus  traîtres  quy  s'en  partirent  dou  roy 
au  Puy  dou  Counestable,  si  com  le  conte  l'a  devisé  devant, 
et  autres  gens  qu'il  avoyent  eu  de  Triple  et  d'Ermenie,  et 
tricoples  qu'il  avoyent  en  Chipre,  tant  que  l'on  les  esmoit 
que  bien  avoient  deus  mile  chevaucheûres  en  lor  ost.  Le  roy 
Henry  et  le  seignor  de  Barut  n'avoient  que  deus  cens  et 
trente  et  trois  «  chevaucheûres  ^. 

CXIX  (185).  Quant  l'ost  dou  roy  Henry  fu  venu  devant 
Famagouste,  il  aloient  un  poy  loins  de  terre.  Le  seignor  de 
Baruth  regarda  et  vit  que  le  rivage  estoit  moût  garny  de  gent 
d'armes  encontre  luy,  et  grant  péril  y  avoit  au  descendre  en 
terre.  11  regarda  une  ysle  devers  terre  ^  ;  si  a  un  gué  que  l'on 
puet  bien  descendre  a  terre  et  a  chevau  a  la  marine,  quant 
les  aiguës  sont  mermes  que  la  terre  gette  et  fait  bounace.  En 
celé  ysle  descendy  l'ost  des  Chiprois,  a  moût  grant  meschef, 


72  PHILIPPE    DE    NOVARE 

por  les  roches  qui  i  sont,  ne  onques  mais  n'avoit  Ton  cuidé 
que  ost  peûst  la  descendre.  Maintenant  corrurent  au  chef  de 
l'isle  devers  la  terre,  la  ou  estoit  le  gué,  et  la  establirent 
gent  d'armes  pour  garder  le  pas  tant  que  Ton  fust  descendu 
et  bien  apareillié. 

CXX.  La  gent  de  l'empereor  se  traistrent  vers  la,  et  y  mis- 
trent  tout  le  débat  que  il  porent,  trayant  ovec  les  arbalestres. 
La  ot  moût  lancié  et  trait  d'une  part  et  d'autre  ;  toutes 
voyes  y  descendirent  li  Chiprois  a  loisir,  grans  et  petis, 
eaus  et  lor  chevaus.  La  nuit  herbergerent  en  celé  ysle  et 
firent  bien  garder  la  nuit  le  chef  devers  le  gué,  par  la  ou  il 
^evoyent  passer  a  terre,  et  après  mienuit  mistrent  barches 
et  aucuns  petis  vaisseaus  armés  au  port,  et  corurent  a  un  des 
leus  de  la  ville.  Le  cry  fu  moût  grant.  Maintenant  les  Lon- 
guebars  mistrent  feu  en  toute  lor  navie  qui  estoit  dedens  le 
port,  et  guerpirent  la  ville  «  et  chevauchèrent  et  s'en  alerent 
a  Nicossie,  et  les  gens  a  pié  de  l'ost  le  roy  y  corurent  et 
pristrent  la  ville  de  Famagouste  de  nuit. 

CXXI  (i86).  Le  bien  matin,  le  roy,  o  ses  Chiprois, 
s'armèrent  et  firent  covrir  lor  chevaus  et  montèrent  a  cheval 
et  passèrent  par  celuy  gué  en  terre  et  as  escheles  faites,  et 
bien  cuiderent  avoir  la  bataille  au  passer  dou  gué  ;  mais  ne 
troverent  nul,  et  alerent  en  la  ville  de  Famagouste.  La  se 
herbergerent  deus  jors  ou  trois  pour  eaus  aiser.  Les  Lon- 
guebars  avoyent  laissié  la  tour  de  mer  garnie  de  gent.  Le 
roy  fina  a  eaus,  et  donna  fiés  as  cheveteines,  et  li  rendirent 
la  tour  dou  port  de  Famagouste.  La  meïsme  vindrent  a  eaus 
trois  homes  dou  roy  qui  gardoyent  la  Candare  por  les  Lon- 
guebars.  Le  roy  lor  donna  ce  que  il  requistrent,  et  il  ly  ren- 
dirent la  Candare  et  Bufevent  ;  et  le  seignor  de  Baruth  et  ses 
enfans  pardounerent  a  l'un  d'eaus,  qui  avoit  nom  Anfrey  de 
Monaigre,  que  moût  lor  avoit  mesfait.  Le  recovrier  de  la 
Candare  et  de  la  tour  de  Famagouste  ordena  et  porchassa 
Phelippe  de  Nevaire. 


MÉMOIRES,    II,  CXX-CXXIV  73 

CXXII.  Treis  jors  demora  le  roy  de  Chipre  en  la  ville 
de  Famagouste,  et  fina  alcheveteine  [des  Jenevès«],  quy  avoit 
nom  sire  Guillaume  de  l'Ort,  qui  estoit  consele  et  home  de 
bien.  Le  roy  li  fist  quanque  il  requist  ;  franchises  et  court 
douna  as  Jenevés  par  toute  Chipre,  sauve  la  justize  de  trois 
choses,  c'est  assaver  de  murtre  et  de  rapine  et  de  traïson  ^  ; 
et  lor  douna  maison  a  Nicossie  et  la  court  dessus  la  mer  et 
un  cazal  qui  a  nom  Despoire.  Et  la  sont  tenu  au  rey  de  sai- 
rement,  et  le  rey  a  eaus  d'aye  et  d'ounement  a  un  terme 
moty  ;  mais  le  don  que  le  roy  Henry  lor  fist  fu  a  tous  jors, 
par  son  bon  gré  et  de  monseignor  de  Baruth.  Les  Jenevés 
remontèrent  en  lor  naves,  et  alerenta  Lymesson.  La  furent 
tant  que  il  sorent  l'ennor  que  Nostre  Seignor  fist  puis  au  roy 
de  Chipre,  et  as  suens,  et  quant  il  sorent  ce,  si  s'en  alerent 
en  Jene.  Les  galees  des  Longuebars^le  sorent  adès  tant  com 
il  furent  as  aiguës  de  Chipre,  mais  onques  n'osèrent  adezer 
as  naves. 

CXXIII.  Quant  les  naves  s'enpalegerent,  les  galees 
vindrent  a  Cherines,  que  les  Longuebars  tenoyent  ;  et  l'ost 
des  Longuebars,  quant  il  partirent  de  Famagouste,  mistrent 
feu  par  my  les  aires,  et  par  tout  le  plain  ;  et  ce  fist  grant 
damage,  car  tout  le  plus  dou  blé  estoit  ja  as  aires  ;  et  avoyent 
brisé  tous  les  molins  de  la  Queterie  ;  neïs  ceaus  des  mains 
firent  il  briser  a  Nicossie,  quanque  il  porent.  De  ceste  chose 
se  confortoyent  moût  li  Chiprois,  et  disoyent  que  bien  estoit 
aparant  que  il  ne  s'apareilloient  pas  de  tenir  la  terre,  quant 
il  ce  faisoyent,  et  Nostre  Sires  avoit  donné  une  tele  grâce 
as  Chiprois,  o  tout  ce  que  il  estoyent  si  poi  de  gens,  que  il 
lor  sembloit  avis  verayement  que  ensi  tost  come  il  trove- 
royent  les  Longuebars  en  champ,  que  il  les  desconfiroient. 

CXXIV  (187).  Le  roy  Henry  et  le  seignor  de  Baruth  et 
les  suens  murent  de  Famagouste  et  vindrent  par  lor  jornees 
a  Nicossie,  a  grant  meschef  de  bernois  et  a  poi  de  gent.  [Les 


74  PHILIPPE   DE    NOVARE 

Longuebars  guerpirent  la  terre,  et  se  herbergierent  en  une  val- 
lée entre  deus  hautes  montaignes  sur  le  chemin  de  Cherines«.  ] 
Lor  herberge  estoit  belle  et  fort,  si  que  nulle  gent  ne  pooit 
venir  a  eaus  fors  que  par  un  petit  chemin  et  par  une  grant 
montaigne,  et  la  estoit  le  pas  bien  garny,  ne  les  Chiprois  ne 
pooyent  secorre  le  chasteau  de  Deudamor  que  par  la  meïsme  ; 
et  les  Longuebars  avoient  quanque  besoin  lor  estoit  par 
devers  Cherines  ;  et  au  chasteau  de  Deudamors  n'avoit  viande 
qu'a  deus  jors  soulement. 

CXXV  (i88).  Le  roy  Henry  et  le  seignor  de  Baruth  et 
lor  gent  entrèrent  a  Nicossie  ;  poi  y  troverent  de  ce  que 
besoing  lor  fu  ;  grant  soufraite  y  ot  de  pain.  Le  seignor 
se  donna  garde  qu'il  estoient  folement  herbergié  et  espar- 
peillié  par  la  ville  ;  si  douta  la  maisnee  des  Longuebars, 
qui  volentiers  assailloient  la  gent  de  nuit,  et  a  hore  de  vespre 
fist  crier  as  armes,  et  dist  que  les  Longuebars  venoyent  ;  si 
se  partirent  tous  hors  de  Nicossie  «.  Si  tost  come  les  gens 
furent  hors  de  la  ville,  as  escheles  faites,  le  seignor  de  Baruth 
fist  dire  que  les  Longuebars  estoient  retrais  et  apartis  ;  mais 
si  fyst  défendre  de  par  le  roy  que  nus  n'entrast  en  la  ville. 
Dehors  la  ville  choisirent  une  place  et  un  leu^  ou  il  y  avoit 
jardins  d'une  part  et  une  petite  fose.  La  se  herbergerent  celé 
nuit,  et  moût  bien  se  firent  gaiter  et  a  bonnes  entreseignes, 
car  bien  lor  souvenoit  de  Cazal  Ymbert. 

CXXVI  (189).  L'endemain  matin,  quyfu  par  un  mardy^, 
se  murent  les  Chiprois  ^,  et  ce  fu  après  cinc  semaines  que 
l'afaire  de  Cazal  Ymbert  avoit  esté.  Le  roy  et  le  seignor  de 
Baruth  et  lor  conseil  orent  porpensement  que  il  vendroyent 
desous  la  herberge  de  lor  enemis  au  plein,  et  se  les  Lon- 
guebars descendoient  a  eaus,  les  Chiprois  douneroient  la 
bataille  ;  [et,  se  non,  il  iroyent  se  herbergier  en  un  cazal 
noumé^]  la  Gride,  qui  est  près  d'ileuc,  el  pié  de  la  montaigne, 
et  de  la  manderoient  par  nuit  aucun  confort  et  secours  de 


MÉMOIRES,    II,  CXXV-CXXVIII  75 

gent  a  pié  a  ceaus  de  Deudamors,  par  un  sentier  roiste  et 
estreit  qui  monte  par  celé  roche.  En  tel  proposement  vint 
Tost  des  Chiprois  entre  l'ost  des  Longuebars  et  la  Gride^.Si 
tost  corne  les  Longuebars,  qui  estoyent  en  haut,  virent  les 
Chiprois  en  si  poy  de  gens  et  a  si  povre  bernois,  il  eurent 
despit  et  honte  d'eschiver  la  bataille,  et  crièrent  a  une  vois  : 
«  A  eaus  !  a  eaus  !  alons  les  prendre  !  » 

CXXVII  «.  Le  seignor  de  Baruth  descendy  lors  a  pié,  et 
mercia  Nostre  Seignor  a  genoils  de  ce  que  ses  eneniis 
venoient  a  la  bataille,  car  bien  savoit  et  disoit  que  ce  estoit 
la  délivrance  et  le  meaus  que  lor  peûst  avenir.  Tendrement 
requist  et  proya  Nostre  Seignor  que  il,  en  cest  jour,  dounast 
honour  et  victoire  au  roy  et  as  suens.  A  celé  houre  distl'on 
que  il  voa  priveement,  ce  que  il  fist  après,  de  soi  rendre  en 
religion.  Les  escheles  furent  ordenees  et  devisees.  Messire 
Balian  d'Ybelin,  son  fis,  avoit  tous  jors  conduit  en  ceste 
guerre  la  première  bataille.  En  cel  point  il  le  fist  venir  devant 
luy  et  li  requist  que  il  jurast  le  comandement  de  sainte  yglize, 
car  il  estoit  en  centence  pour  sonmaryage.  Celuy  respondy 
que  il  ne  pooit  faire  sa  requeste.  Le  preudom  li  respondy  et 
dist  :  (c  Balian,  je  m'en  fi  plus  a  Deu  que  a  vostre  chevalerie^ 
et,  puis  que  vous  ne  volés  faire  ma  requeste,  laissés  l'es- 
chele,  car,  se  Deu  plaist,  escoumenié  ne  sera  ja  conduisour 
de  nostre  bataille.  »  Ensi  le  dist  et  ensi  le  fist. 

CXXVIII.  Il  establi  cheveteine  de  la  première  bataille  sire 
Hue  son  fis  et  sire  Anceau  de  Brie,  en  la  seconde  sire  Bau- 
duyn  d'Ybelin,  en  la  tierce  le  jeune  seignor  de  Cezaire  ;etla 
quarte  fu  Tarière  garde,  car  plus  n'i  ot  «.  Et  en  celé  fu  le  roy  et 
le  seignor  de  Baruth  et  son  juene  nevou,  sire  Johan,  et  autre 
plusors,  qui  moût  vosissent  estre  en  la  première  bataille.  Le 
seignor  de  Baruth  comanda  a  sire  Balian,  son  fis,  que  il  fust 
o  luy  a  l'ariere  garde,  et  il  li  dist  :  «  De  par  Deu  !  »  Mais  il 
le  fist  autrement,  que  il  s'en  embla,  et  s'en  ala  a  la  première 


76  PHILIPPE    DE    NOVARE 

eschele,  ou  estoit  son  frère  sire  Hue  et  sire  Anceau  ;  si  lor 
enorta  et  enseigna  ce  que  il  sot  de  bien,  et  puis  s'en  party 
d'eaus,  et  se  tint  devant  eaus  en  coste.  Et  avoit  un  poi  de  gens 
qui  o  luy  estoient,  car  au  jour  n'avoit  que  cinc  chevaliers 
quy  o  luy  parlassent,  car  tous  les  autres  avoyent  juré  le 
comandement  de  sainte  yglize.  De  ceaus  cinc  l'un  estoit  Phe- 
lippe  de  Nevaire  et  l'autre  Raimont  de  Place  ;  ces  deus  estoyent 
ses  homes  et  tenoient  de  luy.  Piere  de  Montholif  estoyt  li 
tiers,  et  estoit  sodoyer  et  bien  de  luy  ;  et  les  autres  deus 
estoient  Robert  de  Maumeni  et  Eude  de  la  Fierté,  qu'il  avoit 
norry  et  fait  chevalier. 

CXXIX  (190).  [Et  corne  l'avant  garde  de  la  première 
eschele  des  Longuebars  s'aprochoit  a  l'eschele  de  monseignor 
de  Baruth  et  dou  roy  «],  messire  Balian  d'Ybelin  fery  des 
espérons  par  moût  mau  leu,  par  pieres  et  par  roches,  et  ala 
assembler  as  autres  amont  en  mi  le  pas,  et  tant  les  enconbra 
et  fist  d'armes  que  l'on  ne  poeit  entrer  ne  issir  en  celuy  pas  ; 
et  tant  y  soufry  que  tuit  cil  qui  le  virent  garentissoyent  et 
disoient  que  il  ne  porroyent  cuider  c'un  soûl  home  peûst  ce 
faire  ;  et  plusors  fois  fu  apoié  de  tant  de  lances  que  cUascun 
cuidoit  que  ja  mais  il  ne  peûst  eschaper  ;  et  ceaus  quy  estoient 
aval,  o  le  roy,  le  veoyent  et  le  conoyssoient  bien  as  armes,  et 
cryoient  aucuns  d'eaus  a  monseignor  de  Barut  :  «  A  !  sire, 
secorons  messire  Balyan,  car  nous  veons  que  l'on  l'ocit  la 
sus  !  »  Et  il  lor  dist  :  «  Laissés  ly  faire.  Nostre  Sires  ly 
aidera,  se  il  li  plaist,  et  nous  chevaucherons  estroit  lié  grant 
pas,  car  se  nous  deroyons,  tostporiens  perdre.  »  La  bataille 
estoit  férue  grant  en  celé  houre  d'une  part  et  d'autre,  et  dura 
longuement,  et  en  i  ot  assés  d'abatus. 

CXXX.  Le  conte  Gautier  de  Mounepeau  «  conduist  la  pre- 
mière bataille  des  Longuebars  ;  il  assembla  malvaisement, 
ala  touchant  toutes  les  escheles  dou  roy,  aschesa  fort,  corut 
tout  outre  sans  faire  grant  damage.  Aucuns  de  l'eschele  dou 


MÉMOIRES,    II,   CXXIX-CXXXII  77 

roy  le  vost  gaiter,  mais  le  seignor  de  Baruth  defendy  bien  que 
nus  d'eaus  ne  retornast  ce  devant  deriere,  mais  chevaliers 
chassast  tous  jors  devant.  Le  conte  Gautier  et  messire  Joffrei 
de  Mosie,  fis  dou  Justizier,  ovec  toute  l'eschiele,  eschiverent 
la  bataille,  et  tornerent  vers  la  quarte  eschiele  ^;  et  de  la  s'en 
fuirent  jusque  a  la  Quastrie,  sans  plus  faire.  Le  conte  Berart 
de  Manope,  qui  menoit  la  seconde  eschele,  estoit  moult 
preu  de  chevalerie,  et  avoit  bonnes  gens  d'armes.  Celuy 
assembla  trop  vigourousement  et  moût  desconroia  la 
première  eschiele  des  Chiprois,  mais  l'eschele  de  messire 
Bauduïn  les  secorut  vigourousement,  et  messire  Bauduïn  se 
porta  bien,  et  moût  y  fist  d'armes. 

CXXXI.  Messire  Anceau  de  Brie  s'acosta  dou  conte  Berart 
et  le  prist  par  le  heaume,  et  le  torna  a  cenestre,  et  il  estoit 
moût  fort  des  bras,  et  avoit  bon  cheval,  et  aracha  a  force  le 
conte  de  la  celé  et  abati  le  conte  a  terre,  et  cria  :  «  Tue  !  tue  !  » 
Et  adonc  estoyent  venus  ja  en  la  place  jusque  a  sinquante 
ou  soisante  sergens  a  pié  que  les  Chiprois  avoyent  devant 
mandés  a  la  Gride  pour  prendre  la  herberge.  Ceaus  coperent 
la  teste  au  conte  Berart  et  a  dis  et  set  chevaliers  de  sa  mais- 
nie,  qui  tous  estoyent  descendus  pour  luy  monter  ^.  Celuy 
mot  :  «  Tue  î  tue  !  »  corut  par  la  bataille,  que  chascun  crioit  : 
«  Tue  !  tue  !  ». 

CXXXII.  En  celé  bataille  avoit  un  chevalier  devers  les 
Longuebars  que  l'on  disoit  qui  estoit  aleman,  qui  estoit 
covert,  luy  et  son  cheval,  d'orpeau.  Celuy  assembla  trop  de 
feis,  et  moût  fist  d'armes,  et  estoit  si  fors  et  si  vigorous  que 
l'onnelepooit  abatre^.  En  la  fin  fuocis  son  cheval,  et  les  gens 
a  pié  s'asemblerent  entour  ly  et  l'ocistrent.  Moût  en  pesa  as 
Chiprois  qui  avpient  veû  sa  prouesse.  Moût  y  ot  de  gens  vers 
les  Longuebars  quy  asprement  assemblèrent,  et  moût  estoient 
grans  gens  ^.  [Entre  lesquels  tous  fist  Nostre  Seigneur  Deu 
grans  miracles,  car^]  des  Chiprois  n'i  ot  ocis  que  un  chevalier,. 


78  PHILIPPE    DE    NOVARE 

qui  [estoit  né  de  Lombardie  ^]  et  fu  norri  et  adoubé  a  cheva- 
lier en  Chipre  ^  ;  [et  son  parler  estoit  d'un  Lombart,  et  ne  sot 
crier  l'enseigne  le  roy  :  «  Vaillance  »,  et  cryoit  «  Baillance  ». 
Et  pour  ce  l'ocirent  le  tenant  pour  longuebart/]. 
g 

CXXXIII  (195).  Si  grant  honour  et  si  grant  grâce  fist 
Deu  au  roy  Henry  et  au  seignor  de  Baruth  et  as  suens  que 
en  une  hore  dou  jour  desconfirent  lor  fors  enemis  et  chas- 
sierent^,  et  délivrèrent  Deudamors,  qui  estoit  assegé,  et  asse- 
gerent  Cherines  ou  les  Longuebars  estoyent  receté.  Et  les 
sergens  qui  estoyent  au  siège  de  Deudamors  de  par  les  Lon- 
guebars s'en  fuirent,  et  n'osèrent  fuïr  vers  Cherines,  pour  les 
Chiprois  qui  ja  estoyent  devant  ;  si  se  desruperent  devers 
Plaissié  ^,  et  tornerent  devers  Nicossie,  mais  il  n'i  osèrent 
entrer  de  jour,  car  de  nuit  cuiderent  receter  as  maisons  des 
religions. 

CXXXIV.  Dont  il  avint  que  Phelippe  de  Nevaire,  qui 
estoit  retorné  a  Nicossie,  pour  aucunes  besoignes,  par  le 
comandement  dou  roy  Henry  et  dou  seignor  de  Baruth,  il  sot 
que  les  sergens  dévoient  venir  ;  si  assembla  ce  que  il  pot 
avoir  de  gent  et  les  ala  encontrer  hors  de  la  ville.  Un  poi 
devant  la  mie  nuit  vindrent  Phelippe  de  Nevaire  et  la  soue 
gent,  et  lor  corrurent  sure,  et  ocistrent  que  pristrent  trois 
cens  sergens  ou  plus,  et  plusors  en  eschaperent  pour  la  nuit, 
qui  se  garirent  es  yglizes  et  en  maisons  de  religions.  Phelippe 
fist  venir  devant  luy  les  trois  maistres  des  sergens  qui  avoyent 
guerpi  le  roy  et  le  seignor  de  Baruth  devant  Gibelet, 
dont  il  estoyent  parjurs  et  traïtors  ;  si  les  fist  tous  desmem- 
brer,  et  volentiers  les  eûst  fait  pendre,  mais  il  n'en  ot  loisir, 
car  il  avoit  poi  de  maisnee  et  trop  de  prisons, 

CXXXV  (196).  L'endemain  sot  l'on  que  le  conte  Gautier 
de  Manepeau  et  le  fis  dou  Justizier  et  lor  eschiele  estoyent 
foïs  a  la  Castrie  el  focé  dou  chastel,  car  les  Templiers  ne  les 


I 


MÉMOIRES,  II,  CXXXIII-CXXXVII  79 

voloyent  receler  détiens,  por  ce  qu'il  avoyent  brisié  devant 
lor  maison  et  traist  les  dames  et  les  enfans,  come  l'avés  oï 
au  conte  devant  ;  dont  il  avint  que  le  roy  et  le  seignor  de 
Baruth  y  mandèrent  messire  Johan  le  jeune,  qui  puis  tu  conte 
de  Jaffe,  et  une  eschele  de  chevaliers  o  luy.  Dedens  le  focé 
les  troverent  et  la  les  pristrent,  et  les  amenèrent  a  Nicossie  , 
la  furent  mis  en  prison  ovec  les  autres  qui  furent  pris  le  jour 
de  la  bataille.  Tous  furent  livrés  a  Phelippe  de  Nevaire,  quy 
les  faisoit  garder.  En  celé  prison  avoit  cent  et  quarante  et 
cinc  prisoniers,  [et  plusors  «]  y  furent  mort  de  nafres.  Sire 
Hue  de  Sorel,  sire  Ente  de  Cheligen,  sire  Gent  de  Cors  y 
morurent,  mais  sire  Phelippe  Obuission  gary  de  moût  fieres 
playes. 

CXXXVI  (197).  Le  siège  fu  devant  Cherynes,  et  ceaus 
dedens  estoyent  moût  grans  gens,  et  avoyent  toute  lor  navie 
en  quoi  il  estoyent  venus  en  Chipre,  et  les  vint  et  deus 
galees.  Si  avint  qu'il  establirent  cheveteine,  a  garder  le 
chastel  et  le  bourc,  Phelippe  Chenart,  quy  estoit  frère  de  sire 
Gauvain  de  par  mère  ;  et  si  laissèrent  cinquante  chevaliers, 
dont  estoit  cheveteine  un  gentilhom  de  Puille,  quy  avoit  nom 
Gautier  de  Eguevive.  Et  messire  Richart  Filanger,  le  baill, 
et  grans  gens  o  luy,  alerent  en  Hermenie  quere  secors,  et 
mandèrent  en  Antioche  et  a  Triple,  et  disoyent  que  il  reven- 
droient  et  se  conbateroient  autre  fois  as  Chiprois.  En  Her- 
menie ot  assés  de  malades  et  de  mors  d'eaus  «  ;  a  Cherines 
revindrent  sans  nul  esploit,  et  distrent  que  trop  estoyent 
grant  gent  de  terre  et  de  mer,  et  trop  gastoient  de  la  viande 
dou  chasteau.  Sur  celé  achaison  rentrèrent  a  lor  galees  et 
retornerent  a  Sur.  Oveques  Filanger,  lor  bail,  s'en  alerent  sire 
Heimery  Barlais  et  sire  Amaury  de  Bethsan,  son  cousin,  et 
sire  Hue  de  Gibeleth.  [Filanger^]  demora  baill  a  Sur  ;  et 
ceaus  trois  alerent  en  Puille  querre  secors  a  l'empereor. 

CXXXVII  (198).     Phelippe  Chenart  demora  a  Cherines 


8o  PHILIPPE    DE   NOVARE 

cheveteine  et  cinquante  chevaliers  o  luy  et  entour  mil  homes 
a  pié  entre  abalestriers  et  gens  de  marine.  Il  y  ot  de  moût 
bons  faiseors  d'engins  :  plusors  en  i  fist  l'on  faire,  trabus  et 
perieres  et  mangueneaus  ;  et  moût  bien  fist  garder  le  chastel, 
et  le  bourc  asprement  fut  gardé  longuement.  [La  feme  dou 
roy  estoit  dedens  quy  s'apeloit  la  reyne  Longuebarde,  por  ce 
que  l'e^npereor  li  avoit  douné  et  elle  tenoit  la  partie  des 
Longuebars  ;  la  quele  morut  laens.  Et  quant  ele  fu  morte, 
ceaus  de  Cherines  la  portèrent  dehors,  et  fu  dit  que  ce  estoit 
la  reyne  et  qu'ele  estoit  morte.  Le  roy  et  le  seignor  de  Baruth 
la  receûrent  et  furent  moût  dolens  de  sa  mort,  et  la  feïrent 
porter  a  Nicossie  onoreement  par  la  main  des  chevaliers  tout 
a  pié.  Et  puis  mandèrent  la  procession  et  tout  le  pueple  de 
Nicossie  pour  l'acompaigner  jusque  dedens,  a  la  mère  yglize 
de  Nicossie,  ou  ele  fu  enterrée.  En  suite  retornerent  le  roy  et 
le  seignor  de  Baruth  au  siège  de  Cherines  et  i  mistrent  grans 
forces  «.] 

CXXXVIII  (199).  Le  roy  Henry  fist  assembler  toute  sa 
court,  et  se  clama  a  sa  court  de  sire  Heimery  Barlais  et  de 
sire  Amaury  de  Bethsan  et  de  sire  Hue  de  Gibeleth  et  de  tous 
ses  homes  liges  qui  avoient  esté  contre  luy  a  la  bataille,  puis 
qu'il  fu  en  aage.  Par  comun  esgart  de  court  furent  tuit 
déshérité  et  fortjugié  en  cors  et  en  avoir,  et  le  roy  douna  lor 
fiés  a  ceaus  quy  l'avoient  servy  et  aidié  «.  Moût  ennuyoit  as 
Chiprois  de  ce  qu'il  n'avoient  galees  pour  asseger  le  chasteau 
par  mer  ;  les  galees  des  Longuebars  aloyent  de  Cherines  a 
Sur  et  de  Sur  a  Cherines^.  La  volenté  de  Deu  fu  puis  tele  que 
treze  galees  de  Jenevois  vindrent  d'outre  mera  Lymesson  en 
deus  carevanes,  en  l'une  quatre,  et  en  une  autre  nuef.  Le  sei- 
gnor de  Baruth  i  ala  grant  aleûre  a  Lymesson  et  les  retint  as 
SOS  dou  roy,  et  les  mena  devant  Cherines. 

CXXXIX.  Adonc  fu  assegié  le  chasteau,  par  mer  et  par 
terre,  que  d'eaus   que  de  ceaus  qu'on  pot  avoir  de   Chipre, 


MÉMOIRES,  II,  CXXXVIII-CXLI  8l 

Mout  firent  ceaus  dehors  engins,  de  perieres,  de  manguc- 
neaus  et  de  grans  trabucs,  et  deus  grans  chasteaus  de  fust,  et 
mout  d'autres  garides  pour  venir  as  murs.  Assaus  y  ot  plu- 
sors  et  de  jour  et  de  nuit  ;  mout  y  ot  fait  d'armes  et  dehors 
et  dedens,  mout  en  y  ot  de  nafrés  et  d'une  part  et  d'autre,  car 
grant  planté  y  avoit  de  balestiers.  Les  chasteaus  de  fust 
furent  trait  sur  le  fossé  ;  de  ceaus  dedens  y  avoit  meillor  pie- 
taille  que  de  ceaus  dehors  ;  par  force  y  mistrent  le  feu  et 
mout  se  tindrent  vigourousement  pour  doute  de  prison  et  de 
mort.  Les  chevaliers  dehors  montèrent  et  ferirent  des  espé- 
rons jusques  au  focé  ;  la  descendirent  et  entrèrent  dedens  les 
chasteaus  de  fust  qui  ardoient,  et  estainstrent  le  feu  a  force 
et  les  rescoustrent  et  les  ratirerent  arieres  ;  mout  y  ot  de 
chevaliers  nafrés. 

CXL.  Ceaus  dedens  parlèrent  de  nuit  au  cheveteine  des 
sergens  de  ceaus  dehors,  qui  avoit  nom  Martin  Rousseau,  et 
tant  ly  donnèrent  et  proumistrent  que  il  lor  otroya  a  trayr 
ceaus  dehors,  et  il  lor  ot  en  covent  que  il  lor  feroit  assavoir 
quant  l'ost  seroit  plus  eschery  ^  ;  si  saudroyent  ceaus  dedens  as 
armes  et  istroyent  esforseement,  et  celuy  Martin  et  ses  ser- 
gens, quy  seroyent  dehors,  ociroyent  tous  ceaus  que  il 
poroyent;  et  trop  legierement  pooyent  ocirre  messire  Hue  et 
messire  Anceau  de  Brie,  qui  estoient  herbergié  plus  près  dou 
chasteau  que  les  autres,  et  aloient  trop  souvent  eschargaitier 
a  l'agait  des  sergens,  bien  près  des  murs.  Celuy  Martin 
Rousceau  pooit  mout  de  maus  faire,  car  il  estoit  mout  privé 
dou  seignor  de  Baruth  et  de  ses  enfans,  et  il  avoitesté  le  plus 
dou  tens  de  la  guerre  ovec  eaus,  et  il  li  avoient  fait  mout  de 
bien,  et  se  fioyent  mout  en  luy,  et  l'eschargaite  dou  chasteau 
estoit  tout  sur  luy  ;  si  metoit  et  traoit  dou  chasteau  ce  qu'il 
voloit. 

CXLI.  Le  plaisir  de  Nostre  Seignor  fu  tel  que  celé 
traïson  fu  descoverte  par  un  home  qui  issi  dou  chasteau.  En 

Philippe  de  Novare,  6 


82  PHILIPPE    DE   NOVARE 

cele  hore  ayint  que  Martin  Rousceau  fu  aie  a  Nicossie  pour 
aubalestres  avoir  et  garnison,  qu'il  la  voloit  mètre  el  chasteau. 
Le  seignor  de  Baruth  manda  Phelippe  de  Nevaire,  quy  le 
prist,  [le  jor  de  la  Pasque  de  may^],  auci  un  maistre  faiseor 
d'aubalestres,  qui  estoit  home  lige  le  roy  et  concentant  de 
ceste  traïson,  et  maintes  arbalestes  et  autres  armeûres  lor 
avoit  baillés  en  Tost.  Phelippe  de  Nevaire  les  mena  en  l'ost 
quy  estoit  devant  Cherines,  et  reconurent  la  traïson  en 
pleine  court.  La  furent  jugié  et  treïgné  et  pendu  ;  et  Martin 
Rousceau  fu  geté  au  grant  trabuc  as  murs  dou  dit  chasteau. 
Adonc  se  hasterent  moût  cil  dehors  de  mener  lor  engins  au 
mur. 

CXLII  (200).  Un  jour  lor  avint,  pour  lor  grant  mes- 
chance,  que  messire  Anceau  de  Bries,  quy  faisoit  mener  un 
engin  avant,  et  il  meïsme  boutoit  et  hastoit  les  autres,  si  fu 
nafré  en  la  cuisse  d'un  careau  d'aubalestre  de  deus  pies.  Il 
aracha  la  flèche  et  la  geta,  et  cuida  avoir  geté  le  fer,  mais  il 
remest  dedens  la  cuisse  par  mésaventure.  Il  seigna  moût  de 
sanc,  et  ne  vost  souner  mot  tant  com  l'engin  fu  mené  avant, 
tant  com  il  dut.  Adonc  s'en  aparsurent  ceaus  quy  estoyent 
près  de  luy  ;  si  li  aidèrent  tant  qu'y  vint  en  sa  herberge  ;  tant 
ot  seigné  que  il  se  pahma.  Tout  l'ost  y  corut,  très  grant  duel 
enorent  tous  ses  amis,  et  sur  tous  homes  le  seignor  de  Baruth, 
quy  l'apeloit  son  rouge  lyon^;  et  il  avoit  droit,  car  il  se  penoit 
plus  et  travailloit  de  l'afaire  de  l'ost  que  nus,  et  mo'ut  valoit. 
Il  l'emportèrent  a  Nicossie  a  son  hostel,  et  bien  jut  demy  an 
au  lit  et  plus,  que  onc  le  fer  ne  pot  estre  trové  jusque  au 
tiers  jor  devant  sa  mort  ;  et  Deu  fist  son  comandement  de  luy. 
Grant  duel  en  fist  le  roy  et  tous  les  bones  gens  de  Chipre 
aucy  ;  mais  au  jor  que  il  trespassa  le  seignor  de  Baruth  estoit 
en  Surie,  car  le  chasteau  de  Cherines  estoit  ja  rendu.  Et  adès 
orrés  coment  ce  fu. 

CXLIII  (201).     Si  com   vous    avés   oy,    le    roy  et  ses 


MÉMOIRES,    II,  CXLII-CXLV  83 

gens  avoient  fait  moût  d'engins,  et  les  menoyent  avant  ; 
et  establirent  lor  assaut.  Messire  Balian  d'Ybelin  assaily  de- 
vers le  chasteau  et  sa  gent  o  luy.  Le  seignor  de  Baruth  et  ses 
trois  anfans  assaillirent  de  toutes  pars  le  bourc,  tout  en  tour, 
et  bien  le  cuidierent  prendre,  car  les  engins  avoient  moût 
empirié  les  murs.  Ceaus  dedens  furent  grans  gens  et  doutè- 
rent mort  ou  prison,  et  se  défendirent  vigourousement. 
Ceaus  dehors  s'enbatirent  estoutement,  moût  y  ot  de  nafrés  ; 
des  enfans  dou  seignor  de  Barut  y  ot  plusors  nafrés  péril- 
lousement,  et  de  ceaus  dedens  y  ot  moût  de  mors  et  de  naf- 
frés  ;  a  l'anuiter  se  retraistrent. 

CXLIV  (202).  Le  seignor  de  Baruth  blahma  moût  et 
reprist  soy  meïsme  et  dist  en  haut,  que  bien  fu  entendu  : 
«  Hailas  I  corne  il  m'est  mesavenu  aceste  fois,  et  de  ce  qu'il 
avint  jadis  pour  un  home  de  mon  lignage  !  Et  ce  fu  quant 
le  roy  Amaury  entra  en  Babiloine  ;  si  comanda  a  sire  Hue 
d'Ybelin  que  il  assaillist  et  feïst  assailir  la  cité  de  Belbeis  qu'il 
avoyent  assegié,  et  il  li  respondy  que  il  yroit  a  l'asaut  ;  et  si 
tost  com  il  vint  sur  le  fossé,  il  fery  des  espérons  etsaillyens 
luy  et  son  cheval.  Et  le  cheval  brisa  le  col  et  mon  oncle  la 
jambe;  et  tout  l'ost  corut  a  la  rescousce,  si  resut  moût  grant 
damage,  car  moût  en  y  ot  de  mors  et  de  nafrés.  Messire  Phe- 
lippe  de  Naples,  le  bon  chevalier,  quy  estoit  son  oncle,  sailly 
au  fossé  après  son  nevou,  et  fu  tel  conreé  que  par  poy  ne 
morut. 

CXLV.  «  Si  con  a  Deu  vost  et  plot,  la  ville  fu  prise,  et  le 
roy  Amaury  et  ses  homes  firent  une  assise  que  ja  mais  che- 
valier ne  deùst  ni  feïst  servise  a  afaire  de  ville,  ne  de  chasteau, 
ni  en  leucque  cheval  nel  peûst  porter,  se  il  ne  fus t  assegié, 
ou  sur  son  cors  défendant.  Et  je,  las,  cheitif,  qui  bien  sai 
l'assise  quy  fu  faite  pour  mon  lignage  meïsme,  j'ai  huy  en 
cest  jour  livré  moy  et  mes  enfans  a  mort  et  tous  mes  amis 
pour  l'assaut   d'un   cheitif  chasteau,  qui  un  de   ces  jors  se 


84  PHILIPPE    DE   NOVARE 

rendra  de  fain  !  »  Tous  ceaus  quy  la  estoyent  le  réconfortè- 
rent, et  li  distrent  :  «  Sire,  ne  vous  en  chaut  ;  trop  y  ont 
plus  perdu  ceaus  dedens  que  vous.  »  Le  siège  dura  longue- 
ment, et  moût  y  ot  grans  costenges  faites,  et  grans  sodées 
données  as  sergens  et  as  galees;  plus  grans  tailles  firent  faire, 
car  il  ne  fussent  ja  mais  a  seûr  s'il  ne  preyssent  Cherines. 

CXLVI  (205)^.  L'emperere  Federic  oy  les  novelles  de  la 
Surie,  et,  coment  que  ce  fust,  qu'il  n'en  eûst  loisir  ou  qu'il 
ne  vosist  venir,  il  n'i  ala  ^  ;  mais  il  manda  l'evesque  de 
Sayete  en  Surie  et  lettres  moût  amyables  et  lozengeresses, 
disant  que  il  ne  lor  savoit  nul  mau  gré  de  ce  qu'il  avoyent 
fait,  et  qu'il  lor  pardonoit  et  lor  rendoit  sa  grâce,  et  que  il  se 
tenissent  bien  et  loyaument  a  lui  et  a  son  fis  ;  et  que  se  il 
voloyent  que  son  baill  qui  estoit  a  Sur  fust  lor  baill,  il  lor 
otroyeroit  bien  q'un  de  ses  homes  de  la  terre  fust  lor  baill 
a  Acre,  et  Richart  Philangier  fust  a  Sur.  Es  letres  fu  dit  et 
moût  noumé  qui  devoit  estre  baill  :  c'estoit  un  chevalier  qui 
estoit  a  Sur,  et  avoit  nom  Phelippe  Maugasteau  ;  poi  estoit 
prisié,  et  disoit  l'on  qu'il  afaitoit  sa  chiere  come  une  feme,  et 
moût  estoit  privé  dou  baill  de  Sur.  En  celé  manière  cuydoit 
l'emperere  atraire  ceaus  de  Surie  et  tolyr  l'aye  au  seignor  de 
Baruth  et  as  Chiprois  ;  et  puis  si  tost  con  il  eust  loisir,  feïst 
dou  pis  que  il  poïst. 

CXLVII.  Après  ce  que  l'evesque  de  Sayete,  quy  estoit 
venus  a  Acre,  ot  tant  porparlé  et  fait,  le  seignor  de  Sayete  et 
le  conestable  furent  acordé  a  ce  fait,  et  orent  fait  venir  le 
peuple  a  Sainte  Cruis,  et  l'evangelier  fu  présent.  Et  ensi  come 
il  durent  jurer,  le  bon  juene  seignor  de  Sezaire,  quy  estoit 
nevou  de  monseignor  de  Baruth  et  quy  estoit  venu  de 
Chipre  a  Cezaire  pour  son  afaire,  entendy  cest  fait,  si  vint  a 
Acre  hastivement,  et,  en  l'ore  que  le  sairement  devoit  estre 
fait,  il  entra  dedens  la  mère  yglize  de  Sainte  Cruis,  et  co- 
manda  a  souner  la  campane  de  la  comune.  Quant  a  la  frarie 


MÉMOIRES,  II,    CXLVI-CL  85 

de  Saint  André  le  sorent,  il  furent  as  armes  ^  et  crièrent  tuit  : 
«  Muire  !  muire  !  » 

CXLVIII.  L'evesque  de  Sayete  les  vit,  si  s'en  fui*  en  la 
maison  de  l'evesque  d'Acre,  et  fu  enclos  en  la  chapele;  et,  se 
le  seignor  de  Cezaire  ne  fust  descendu,  l'evesque  de  Sayete 
eûst  esté  celuy  jour  ocis,  et  le  seignor  de  Sayete  et  le  counes- 
table  auci.Mais  le  seignor  de  Cezaire  les  fist  estre  en  pais,  et 
en  mena  les  deus  hors  de  laens  o  luy,  et  il  fist  tantost  savoir 
tout  le  fait  a  son  oncle,  le  seignor  de  Baruth,  qui  estoit  en 
Chipre,  au  siège  dou  chasteau  de  Cherines.  Tantost  se  party 
dou  siège  le  seignor  de  Baruth  et  laissa  en  son  leu  sire  Balian, 
son  fis  l'ainsné,  o  le  roy  Henry,  ^et  vost  mener  o  luy  Phe- 
lippe  de  Nevaire,  mais  sire  Balian  ne  le  vost  souffrir. 

CXLIX  (206).  Le  seignor  de  Baruth  ala  a  Acre,  et  tant 
ordena  et  fist  que  les  sairemens  des  Poulains  furent  tous  re- 
freichis,  et  qu'il  fu  maire  de  nouveau.  L'evesque  de  Sayete 
manda  au  seignor  de  Baruth,  priant,  pour  Deu  et  por  son 
honour  et  pour  son  profit,  que  il  le  feïst  conduire  devant 
luy,  car  il  voloit  a  luy  parler.  Le  seignor  de  Baruth  respondy 
que  de  par  Deu  venist.  Il  manda  pour  luy,  et  le  fist  conduire. 
Si  tost  com  il  fu  en  sa  présence,  il  ly  unes  letres  de  par  l'em- 
pereor,  es  queles  il  avoit  salus  et  créance. 

CL.  L'evesque  dist  :  «  Sire,  il  s'en  contient  es  letres 
que  vous  me  devés  croire.  L'empereor  vous  mande  que  il  se 
repent  moût  de  ce  quy  a  esté  entre  vous  et  luy,  et  il  se  por- 
tera de  ci  en  avant  en  tel  manière  vers  vous  que  vous  et 
tous  les  vostres  en  serés  riches  et  manant.  Mais  il  veaut  que 
vous  ly  faites  un  poi  d'ennor,por  ce  que  les  gens  ne  puissent 
dire  que  vous  l'avés  vencu  :  l'enour  qu'il  vous  requiert  est 
que  vous  venés  en  aucun  leu  ou  il  semble  que  il  ait  poer,  et 
que  vous  dites  ensi  simplement,  coment  qu'il  soit  ne  coment 
que  non  :  «  Je  me  met  en  la  niercy  de  l'empereor,  come  de 
«  mon  seignor.  »  [A  ce  respondi  monseignor  ^]  de  Baruth  : 


86  PHILIPPE    DE    NOVARE 

«  Sire  evesque,  a  la  fin  de  ma  parole  ferai  respons  a  vostre 
requeste  ;  mais  tout  avant  vous  diray  un  conte  et  une  es- 
sample  quy  est  escrite  au  livre  des  fableaus  de  Renart.  Ce 
m'est  avis  qu'il  afiert  bien  a  ceste  raison  que  vous  m'avés 
dite. 

CLI  (207).  «  Il  avint,  en  une  forest  plantive  et  pleine  de 
toutes  manières  de  bestes,  qu'il  y  avoit  un  moût  grant  lion  et 
moût  mal  rechignant,  maladif  et  malenconious.  Un  jour  se 
gisoit  devant  sa  cave  ;  si  vit  passer  une  grant  route  de  sers 
gras  et  de  saisons.  Le  lion  dist  a  sa  privée  maihnee  :  «  Se  je 
«  ne  manjue  de  cel  serf  gras  quy  vait  devant  les  autres,  les 
x<  mieges  m'ont  dit  que  je  sui  mors.  »  Maintenant  manda  au 
serf,  priant  pour  Deu  que  il  venist  a  lay  parler,  car  il  estoit 
si  malades  que  il  moroit  ;  le  serf  y  ala  volentiers,  come  a  son 
seignor.  Si  tost  come  il  vint  a  l'entrée  de  la  cave,  le  lion  se 
hasta  de  luy  prendre  ;  si  l'atainst  de  la  paute  a  la  chiere  et  ly 
avala  la  peau  jusque  sur  le  museau.  Le  serf  fu  fort  et  sain, 
et  le  lion  foible  et  malade  ;  si  chey  en  ariere  de  son  cop 
meïsme.  Ly  serf  s'en  ala  la  chiere  sanglantee,  et  dist  que  ja 
mais  en  sa  court  ne  entreroit.  Toutevoies  gary  le  serf  de 
sa  playe. 

CLII.  «  Un  grant  tens  après  avint  que  le  lion  manda  au 
serf  et  dist  que,  se  Deu  ly  aidast,il  lycuida  faire  joie  a  l'entrée 
de  sa  maison,  et  luy  acoler,  et  si  avint  par  meschance  que 
ses  ongles  s'acrocherent  en  sa  chiere,  et  il,  de  sa  foibleté, 
au  cheïr,  le  grafigna  mau  son  gré,  et  por  Deu  qu'il  venist  a 
luy.  Tant  y  ot  de  proyeres  qu'a  luy  râla.  Le  lion  sailly  a  ren- 
contre, et  lansa  pour  prendre  le  ;  ses  pautes  l'atainstrent 
jusques  a  sa  coue  de  lonc  en  lonc  de  son  dos  ;  si  en  leva 
deus  grans  corroies.  Le  serf  sailly  esforseement  come  bleciés. 
Le  lion  estoit  encores  foibles,  si  chey  de  son  cop  meïsme  ; 
le  serf  s'en  fuy  et  fu  longuement  malades  de  celés  nafres,  près 
que  tout  un  an. 


MÉMOIRES,    II,    CLI-CLV  87 

CLIII.  «  Au  chef  de  Tan,  le  lion  remanda  a  luy  de  ses 
barons,  et  tant  le  sarmonerent  et  proyerent  que  traï  fu  le 
serf,  et  revint  a  court.  Le  lion  fut  amendé,  et  estably  sa  privée 
maihnee  qui  le  serf  prist  et  ocist,  et  comanda  que  il  fust 
escorchés  et  apareillés  et  overt  et  desfait,  car  il  voloit  man- 
ger de  luy.  Les  bestes  quy  manjuent  char,  si  come  Yzengrin 
et  Renart,  s'en  entremystrent  de  l'apareiller.  Renart  bouta  son 
groin  et  prist  le  cuer  et  le  manga.  Les  autres  bestes  furent 
moût  effreees  ;  le  lyon  s'en  prist  garde,  et  come  desloal  s'en 
vost  excuser  par  sa  parole,  et  dist  :  «  Seignors,  necuidés  pas 
«  que  pour  félonie  ne  por  lecherie  j'ai  ocis  le  serf,  mais  por 
«  ma  garison  l'ai  fait,  car  tuit  li  miege  mostreent  que  je  ne 
«  pooyegarir,  se  je  ne  manjoye  del  cuer  dou  serf.  » 

CLIV.  ce  Le  cuer  ne  pot  estre  trové,  que  Renart  l'avoit 
jamangié.  Le  lion  jura  que  ce  avoit  fait  Renart,  car  il  avoit  la 
barbe  sanglantee  ;  chascun  le  niostra  au  deit,  et  tuit  distrent 
et  jugierent  que  Renart  en  devoit  morir.  Renart  dist  en 
audience  que  prest  fu  au  comandement  dou  roy,  et  au  juge- 
ment delà  court  se  metoit  :  «  Seignors,  ce  dit  Renart,  le  serf 
c(  vint  antan  a  court,  si  s'en  party  la  chiere  sanglante  ;  une 
«  autre  fois  après  revint  et  laissa  deus  corroyés  de  son  dos  ; 
ce  la  tierce  fois  revint  morir  si  nicement  come  cil  quy  n'avoit 
ce  point  de  cuer,  car  se  il  eûst  cuer,  il  ne  fust  pas  revenus  la 
ce  tierce  fois  ;  et  l'on  dist  un  proverbe  :  Ce  qui  ni  est  ne 
ce  puet  on  trover.  Le  serf  n'avoit  cuer,  ne  je  ne  l'ay  mangié. 
ce  Mon  groin  en  est  sanglant  de  l'escorcher  et  de  l'ovrir. 
ce  Je  pry  chascun  en  son  endroit  que  por  Deu  et  por  s'arme 
ce  me  juge.  »  Si  distrent  tuit  a  une  vois  que  le  serf  n'avoit 
point  de  cuer,  et  ensi  fu  Renart  délivre. 

CLV  (208).  ((  Et  je  vous  di,  sire  evesque,  fait  le  sire  de 
Baruth,  que  je  pues  bien  dire  de  l'empereor  et  de  moy  cest 
essample.  Il  est  le  lion  et  je  suy  le  serf  ;  deus  fois  m'a  deceû  : 
la  première  fois  aLymesson,  dont  je  os  bien  sanglante  chère; 


88  PHILIPPE    DE    NOVARE 

la  seconde  quant  je  party  de  Deudamor,  le  chasteau,  et  vins 
a  luy  :  encontre  les  covenances,  il  retint  les  fortereces  et 
toute  Chipre  a  son  eus,  et  puis  vendy  le  roy  et  Chipre  a  mes 
enemis.  Ce  furent  les  deus  corroyés  de  mon  dos.  Et  se  ores 
vieng  en  la  tierce  fois  en  sa  mercy,  je  otroy  que  je  soye 
mort  come  fu  le  serf,  et  que  Ton  juge  seûrement  que  je 
n'ai  point  de  cuer.  Dont  je  vous  di,  sire  evesque,  et  vueill 
bien  que  il  sache  qu'en  sa  manaye  ne  me  tenra  il  ja  mais  ; 
et  se  mau  gré  mien,  par  meschance,  deûsse  estre  devant  luy, 
et  il  eûst  tout  son  pooir  et  je  ne  eusse  ni  enfans,  ni  amis, 
ne  pooir  plus  que  dou  petit  doit  de  ma  main,  o  celuy  me 
defenderoie  jusques  a  la  mort.  »  A  tant  fina  sa  parole. 

CLVI  (209).  Quant  le  sire  de  Baruth  ot  bien  estably  son 
fait  en  Surie,  il  laissa  en  Surie,  en  son  leuc,  son  nevou  le 
seignor  de  Cezaire,  ettantost  revint  en  Chipre.  Le  siège  dou 
chasteau  de  Cherines  dura  plus  d'un  an.  Cil  dedens  avoyent 
soufraite  de  moût  de  choses  et  savoyent  que  nul  secors  ne 
lor  pooit  venir  de  l'empereor,  et  il  avoient  seû  dou  baill  de 
Sur  de  finer^  :  il  parlèrent  de  pais.  Sire  Arneis  de  Gibeleth 
et  Phelippe  de  Nevaire  traitèrent  celé  pais  ;  la  fin  fu  tele 
que  il  rendirent  le  chasteau  et  le  bourc,  et  tant  d'armeûres 
et  de  garnison  come  il  avoyent  fait  et  dedens  trové. 

CLVII.  Phelippe  de  Nevaire^  lor  livra  tant  de  galees  et 
de  vaisseaus  come  il  orent  mestier,  por  aler  dedens  a  Sur,  saus 
et  seûrs,  eaus  et  lor  choses .  Et  tel  fu  le  covenant  que  sitost 
come  il  seroyent  a  Sur,  le  seignor  de  Baruth  yroit  a  Acre, 
et  menroit  o  luy  tous  les  prisoniers  quy  avoyent  esté  pris  en 
la  bataille  quy  vis  estoyent,  et  l'on  li  rendroit  les  suens, 
quy  avoyent  esté  pris  au  Cazal  Ymbert  et  quy  estoyent  a  Sur. 
Si  fu  fait  ensi  con  il  le  dist.  Il  mena  a  Acre  les  prisoniers  ^  ; 
la  fu  porparlé  qu'en  my  voye  d'Acre  et  de  Sur  furent  menés 
les  prisoniers  d'une  part  et  d'autre  ;  et  la  furent  délivres  les 
uns  por  les  autres.  Adonc  demora  Chipre  en  pais,  mais  en 


MÉMOIRES,    II,    CLVI-CLX  S^ 

Surie  demora  un  malvais  ni,  car  sire  Richart  Filangier  et  ses 
frères  et  plusors  [Longuebars  ^]  demorerent  a  Sur. 

CLVIII  (212)^.  [Quatre  ans  depuis  celé  pais,  ce  fu  en  Tan 
de  M.  IIS  et  XXXVI  ^],  monseignor  Johan  d'Ybelin,  le  bon  sei- 
gnor  de  Baruth,  quy  bien  reconoissoit  les  grans  grâces  que 
Nostre  Seignor  ly  avoit  faites  et  les  grans  honors,  en  achai- 
son  d'une  beste  quy  chey  desous  luy,  il  fist  son  testament  si 
ordeneement  que  toutes  les  gens  se  merveillerent  de  sa  très 
grant  mémoire.  Ses  tors  fais  amenda,  de  maintes  choses  fist 
amende  que  meinte  gent  ne  tenissent  pas  a  tors  fais,  ses  detes 
paia,  car  il  avoit  au  jour  grant  mueble  et  estable  sans  les  fiés  ; 
et  tout  donna  por  Deu  et  por  l'arme  de  luy,  de  sa  main,  a 
bonne  mémoire  ^;  et  plusors  fiés  donna  il  a  ses  enfans,  et 
comanda  que  il  fussent  homes  et  tenissent  de  lor  aihné 
frère. 

CLIX.  Après  se  rendy  il  frère  dou  Temple,  si  come  il 
avoit  voué.  Grant  contredit  mistrent  ses  enfans,  et  grant 
duel  en  firent  tous  les  gens  dou  pays  ;  mais  riens  ne  valut, 
ains  se  rendy  mau  gré  eaus  et  tout  quite  au  Temple,  et  se 
fist  porter  a  Acre.  Poy  dura  frère,  et  si  très  bêle  fin  fist  a  sa 
mort  qu'a  merveille  en  creroyt  Ton  vérité  quy  tout  contast. 
Et  quant  il  dut  l'arme  rendre,  requist  il  que  l'on  ly  aportast 
le  crusefis.  Phelippe  de  Nevaire  ly  aporta  devant  luy,  et  il 
tendy  ses  mains,  et  baisa  les  pies  de  Nostre  Seignor  Jhesus 
Crist,  et  dist  si  come  il  pot  :  In  manus  tuas^  Domine,  com- 
mendo  spiriium  meum.  Et  ensy  rendy  l'esperit  a  Deu.  Le  cors 
onques  ne  se  remua  a  la  mort,  et,  se  l'on  croit  que  bone 
arme  vait  devant  Deu,  l'on  deit  bien  estre  certein  que  la 
soue  arme  y  ala,  en  paradis^.  Maintenant  messire  Balian,  son 
fis,  demora  seignor  de  Baruth  en  son  leuc,  quy  bien  se  con- 
tint et  vigourosement;  et  il  ot  bons  frères  et  cousins,  et  bons 
amis,  quy  moût  bien  ly  aidèrent. 

CLX  (221)^.     Les  Longuebars^  estant  a  Sur   quoy  et  en 


90  PHILIPPE    DE    NOVARE 

pais  une  pièce,  Richart  Philanger,  ly  mareschaus  de  l'em- 
pereor,  porchassa  tant  et  fist  que  il  atraist  a  sa  partie  les 
frères  de  l'Ospital  et  deus  grans  borjois  d'Accre  quy  moût 
avoyent  grantpooir  sur  le  peuple  delà  ville.  L'un  avoit  nom 
Johan  Vaalin,  et  l'autre  Guillaume  de  Conches.  En  cel  tens 
estoit  si  avenus  que  en  Acre  n'estoit  nus  de  ceaus  de  Ybelin 
que  un  tout  soûl,  quy  avoit  nom  messire  Phelippe  de  Mon- 
fort.  Celuy  estoit  d'outre  mer  venu,  quant  leroy  de  Nevaire 
vint  a  Acre.  Il  avoit  espousee  une  haute  dame  dou  païs,  quy 
senomoitla  dame  dou  Toron,  et  por  elle  fu  ilseignor  dou 
Thoron  apelé  ;  de  par  sa  mère  il  estoit  cousin  germain  a 
messire  Balian  le  juene,  seignor  de  Baruth,  et  de  ses  frères. 

CLXI.  Adonc  estoit  venu  de  l'ostle  roy  de  Navare  mes- 
sire Balian  d'Ybelin,  seignor  de  Baruth,  ou  il  avoit  grant  tens 
esté  et  grans  mensions  faites  ;  si  sejorneit  a  Baruth.  Ses  deus 
frères,  messire  Guy  et  messire  Bauduyn,  quy  puis  furent  de 
moût  grant  afaire,  estoient  en  Chipre.  Messire  Hue,  lor  frère, 
et  le  juene  seignor  de  Cezaire  estoyent  ja  trespassés  de  cest 
siècle,  dont  moût  estoit  grant  damage  et  grant  perte  a  tous 
lor  amis  et  aies  deus  royaumes.  Messire  Johan  de  Foges,  lor 
frère,  estoit  a  Arsuf^,  et  Eude  deMonbeliart,  le  conestable,  quy 
avoit  espousee  lor  cousine  ^  et  estoit  en  leu  de  baill  a  Acre, 
estoit  a  celuy  jor  a  Cezaire,  entre  luy  et  li  Templier  en  ost, 
o  partie  des  chevaliers  de  la  terre.  Et  por  ce,  Richart  Phi- 
langer fist  plus  seûrement  celé  emprise. 

CLXII  (222).  Adonc  avint  que  le  baill  de  Sur,  messire  : 
Richart  Philanger,  quy  tant  avoit  espié  et  seû  et  avoit  fait  : 
le  porchas  de  ceaus  deus  borgès  dessus  motys,  s'esmut  et  vint 
coyement  de  nuit  a  Acre,  et  entra  par  unefauce  posterne  quy 
est  au  bore  en  un  jardin  de  l'Hospital,  et  de  la  ala  droit  a 
l'Ospital  de  Saint  Johan,  et  laens  fu  recuillis,  et  demora  un 
jour  et  une  nuit.  Encore  est  apelee  celé  posterne  la  Porte  de 
Mau  Pas.  Les  deus  borgès  dessus  noumés  alçrent  a  l'Ospital 


MÉMOIRES,    II,    CLXI-CLXV  9I 

et  parlèrent  a  luy^.  Il  alerent  après  par  la  ville,  requérant 
ceaus  de  lor  jure,  et  faisoient  jurer  tous  ceaus  qui  les  voloyent 
croire  d'estre  au  comandement  dou  baill  qui  estoit  venu  de 
Sur. 

CLXIII.  Lor  fait  fu  descovert  par  aucuns  de  ceaus  de  la 
jure  «,  si  que  Phelippe  de  Monfort  le  sot,  et  le  cry  fu  en  la 
ville.  Il  sailly  as  armes  o  tant  de  gens  com  il  pot  avoir.  Li 
Jenevois  et  ly  Venessien,  quy  n'amoyent  point  l'empereor  ne 
sa  2:ent,  s'armèrent  tantost  et  soustindrent  lor  rue  en  Tore  ^. 
Messire  Phelippe  de  Monfort  fist  tant  que  il  pristles  deus  bor- 
gès  et  les  mist  en  bons  fers.  Il  manda  tantost  faire  a  saver  la 
couvine  au  seignor  de  Baruth.  Il  s'en  vint  hastivement  et 
amena  tout  son  esfors  et  grant  planté  de  sergens  de  la  mon- 
taigne.  Moût  vint  hastivement  et  passa  devant  les  portes  de 
Sur.  Richart  Philanger,  le  baill,  quy  estoit  a  Acre  musse  a 
l'Ospital,  sot  bien  la  venue  dou  seignor  de  Baruth  et  la  prise 
de  ses  deus  amis.  Tantost  s'en  fu}'  de  nuit  par  lafauceposterne, 
et  s'en  revint  a  Sur.  Moût  poy  failly  qu'il  n'encontra  le  sei- 
gnor de  Baruth. 

CLXIV.  [Et  quant  le  seignor  de  Baruth  «]  entra  a  Acre, 
tantost  fu  toute  la  ville  a  son  comendement.  L'en  ly  donna  a 
entendre  que  ly  Hospitalier  avoyent  esté  consentant  a  cestuy 
fait.  Il  assega  l'Ospital  tout  environ  et  le  tint  moût  près  et 
mau  mena,  et  le  pot  lors  legierement  faire,  car  ly  maistre, 
frère  Piere  de  Villebride,  et  ly  covens  de  l'Ospital  estoyent 
adonc  au  chasteau  de  Margat,  por  une  guerre  que  il  avoyent 
au  soldan  de  Halappe,  por  le  fait  des  marches  dou  Margat  et 
de  la  cité  de  Gibel^.  Le  seignor  de  Baruth  sot  puis  que  Richart 
Filanger,  le  bail,  s'en  estoit  fuy  de  l'Ospital  et  aie  a  Sur.  Le 
conestable  ^  et  les  gens  de  la  terre  quy  estoyent  a  Cezaire 
revindrent  de  l'ost  a  Acre,  et  furent  au  comandement  dou 
seignor  de  Baruth,  etdemorerent  un  grant  tens  ensy  a  Accre. 

CLXV  (223)^.     Le  sire  de  Baruth  tint  la  maison  de  l'Os- 


92  PHILIPPE    DE   NOVARE 

pital  Saint  Johan  d'Acre  assegee  entor  de  sis  mois,  si  que  riens 
n'i  laissoit  entrer  ne  issir  de  la  maison,  sans  ce  que  nul  autre 
forfliit  y  peiissent  faire  ;  car  trop  de  bounes  gens  s'en  estoyent 
mis  en  garnison  dedens  la  maison  ;  mais  il  y  avoit  poy  de 
frères,  por  ce  que  ly  maistre  et  li  covens  estoyent  defors, 
ensi  convous  avés  oy  dire  devant.  Sur  ce,  ly  maistre  et  ly 
covent  de  l'Ospital  acorderent  le  fait  de  lor  besoigne  et  s'en 
vindrent  vers  Accre,  et  se  herbergerent  dehors  la  ville,  en 
leur  Vigne  Nueve. 

CLXVI.  Comuns  amis  s'entremistrent  et  mistrent  acort 
entr'eaus  et  le  seignor  de  Baruth,  et  ly  sièges  de  la  maison 
en  fu  ostés  ;  dont  le  sire  de  Baruth  se  rendy  moût  colpable 
vers  la  maison  de  celuy  fait,  et  lor  requist  pardon,  et  lor  dist 
en  apert  que  ce  ly  avoyent  fait  faire  aucunes  gens  quy 
n'amoyent  pas  l'Ospitau,  quy  li  donnèrent  a  entendre  que  ce 
que  Richars  Filanger  enprist  de  faire  en  la  cité  d'Accre,  et 
tout  celuy  remuement,  avoit  esté  par  le  porchas  et  l'atrait  de 
la  maison  de  l'Ospital,  et  que  Richars  Filanger  estoit  encores 
dedens  la  maison  de  l'Ospital,  et  que  por  ceste  raison  avoit 
il  la  maison  assegee,  de  quoi  li  en  pesoit  tant  con  il  pooit 
plus. 

CLXVII.  Lors  dist  ly  maistres  de  l'Ospital  au  seignor  de 
Baruth  ;  «  Sires  de  Barut,  vous  ne  devés  pas  croire  que  la 
maison  de  l'Ospital  feïst  ou  consentist  a  faire  si  grant  em- 
prise la  ou  nous  et  nostre  couvent  estiens  hors  d'Accre,  et  si 
loins,  et  si  enbesoignés  con  nous  estiens  lors  au  chasteau  de 
Margat,  et  aviens  si  poi  de  frères  laissié  en  la  maison  d'Acre, 
con  chascun  sait.  Et  fust  encores  que  aucuns  de  nos  frères, 
quy  lors  estoyent  en  la  maison  d'Acre,  se  fussent  en  aucune 
manyere  malement  portés  en  celuy  fait,  por  tant  ne  devoit 
toute  la  maison  estre  chargée  de  recevoir  si  vilaine  charge, 
ne  si  grant  honte  con  d'estre  assegee  por  si  faite  raison.  Ne- 
porquant,  puis  que  les  choses  sont  acordees  au  gré  des  deus 


à 


MÉMOIRES,    II,    CLXVI-CLXX  95 

parties,  les  choses  qiiy  sont  passées  sont  dou  tout  a  oblier.  » 

CLXVIII  (224).  COME  RiCHART  FiLANGER  PARTY  DE  SUR 
POUR  ALER  OUTRE  MER. 

En  [ce  tens  ou  poy  avant],  estoit  avenu  que  Tempereor 
Federic  avoit  mandé  a  sire  Richart  Filanger,  son  baill, 
quy  estoit  a  Sur,  que  il  alast  a  luy,  car  il  voloit  mander 
en  Surie  un  autre  en  son  leuc.  Le  devant  dit  sire  Richart  se 
[parti  de  Sur,  et  o  luy  messire]  Henry  son  frère,  Johan 
de  Sorent  son  nevou  et  lor  femes  et  lor  enfans  et  toute  lor 
maihnée.  [Si  se  mistrent  en  une  grant  nef  et  s'en  alerent]. 
Et  au  partir  laissa  en  son  leu  Lotier  son  frère  [et  assés  de 
gens  d'armes  o  luy  ;  lequel  gouvernoit  Sur«],  car  il  estoit 
mareschal  dou  reyaume  de  Jérusalem  par  l'empereor  ^. 
Les  gens  de  Sur,  quy  moût  hayoient  les  Longuebars,  si 
vindrent  quatre  d'eaus  ^  au  seignor  de  Baruth,  et  ly  offrirent 
que  il  ly  renderoyent  la  cité  de  Sur,  et  ly  devisèrent  coment. 
Il  en  ot  conseill  a  messire  Phelippe  de  Monfort,  seignor  dou 
Touron,  et  a  Phelippe  de  Nevaire,  quy  moût  estoit  privé  de 
luy.  Le  conseil  s'acorda  a  ce  que  il  s'acordast  a  ses  gens. 
Lors  resut  lor  sairemens,  des  quatre  borgois  de  Sur. 

CLXIX  (225).  Sur  ce  Phelippe  de  Nevaire  s'apensa  une 
nuit,  et  s'en  vint  a  son  seignor,  le  sire  de  Baruth,  et  ly  dist  : 
«  Sire,  je  ay  pencé  une  chose,  quy  vous  gardera  de  blahme. 
Vous  savés  que  vous  et  les  autres  dou  reyaume  de  Jérusa- 
lem feïstes  homage  a  l'empereor  por  le  bailliage  de  son  fis  le 
roy  Corat.  Vous  avés  bien  gardé  vostre  foy  tous  jors,  et  il 
la  soue  [a  mal  gardée'^],  si  come  il  pert.  Je  vos  fais  assaver  que 
le  roy  Conrat  est  d'aage,  et  par  raison  estes  vous  mais  quite 
a  l'empereor  ;  mais  bien  seroit  que  chascun  le  sache  ains  que 
vous  preignés  Sur,  ne  que  vous  ly  tolés  son  baillage,  car 
encor  crie  l'on  le  ban  de  l'empereor  a  Sur,  come  baill  ;  et 
vous  poés  tenir  bone  voye  et  honorable,    s'il  vous  plaist. 

CLXX.     «  Il  est  coustume  au  royaume  de  Jérusalem  que 


94  PHILIPPE    DE    NOVARE 

le  plus  dreit  heir  et  le  plus  aparant  enporte  Teritage  par  rai- 
son, tant  que  plus  dreit  heir  de  ly  veigne  ;  et  vous  avés  en 
ceste  ville  madame  la  reyne  Alis,  mère  dou  roy  Henry,  quy 
est  vostre  cousine  germaine,  et  elle  est  le  plus  dreit  heir 
aparant  dou  royaume  de  Jérusalem,  come  celé  quy  est  fille 
de  la  reyne  Yzabeau,  quy  fut  dreit  heir  dou  royaume  de 
Jérusalem  et  fille  dou  roy  Amaury.  Bien  est  voir  que  le  roy 
Corat  est  dessendu  de  Tainhnee  suer;  et  s'il  fust  présent,  il 
devroit  avoir  l'eritage,  mais  jusque  a  tant  que  il  veigne,  celé 
est  le  plus  droit  heir  aparant. 

CLXXI.  «  Por  ce  vous  loe  ge  que  vous  faciès  assembler 
tous  ceaus  dou  royaume  de  Jérusalem,  et  que  la  reyne  Alis 
veigne  avant  et  requière  le  royaume  de  Jérusalem  par  la  rai- 
son devant  dite,  et  mostre  coment  vous  estes  quite  a  Tem- 
pereor.  Et  vous  ferés  tant  que  la  reyne  sera  en  la  seignorie  ; 
et  quant  elle  requerra  Sur,  se  Ton  ne  li  rent,  a  elle,  ou  a  son 
comandement,  ou  a  son  servise,  et  au  consent  que  vous 
avrés  des  gens  de  la  ville,  se  Deu  plaist,  vous  prendrés  la 
ville  de  Sur  moût  bien  et  a  grant  hennor  de  vous,  et  delivre- 
rés  les  Longuebars  de  toute  la  Surie.  » 

CLXXII.  Quant  le  seignor  de  Baruth  ot  oye  ceste 
raison,  moût  en  fu  liés  et  bien  s'acorda  maintenant.  Tantost 
manda  por  monseignor  Phelippe  de  Monfort,  seignor  dou 
Toron  ;  et  Phelippe  de  Nevaire,  par  le  comandement  dou 
seignor  de  Baruth,  son  seignor,  retraist  au  seignor  dou 
Toron  tout  ce  qui  est  dessus  dit.  Celuy  s'acorda  maintenant 
et  moût  loa  l'emprise,  et  le  crut,  et  mostra  bounes  raisons 
assés  come  celuy  quy  estoit  moût  sages  et  avisiés.  Tantost 
mandèrent  Phelippe  de  Nevaire  qu'il  alast  a  la  reyne  Aalis  et 
a  messire  Raoul  de  Saissons,  un  haut  baron  de  France  quy 
estoit  son  mary. 

CLXXIII.  Phelippe  de  Nevaire  li  retraist  la  volenté  des 
riches  homes   dessus  noumés,  quy   anduy  estoyent  cousin 


MÉMOIRES,    II,    CLXXI-CLXXV  95 

germain  de  la  reyne  Aalys.  Moult  en  orent  grant  joie,  et 
distrent  a  Phelippe  de  Nevaire  qu'il  voloyent  que  il  fust  le 
couteau,  et  eaus  seroyent  la  pièce  de  char,  et  poroyt  tailer  et 
partir  a  son  gré.  Phelippe  porparla  et  ala  et  vint  tant  que  tout 
fu  adrecé.  Moût  y  ot  de  covenans.  Entre  les  autres  choses 
fu  ordené  et  juré  que  le  seignor  de  Baruth  et  celuy  dou  Toron 
devoyent  tenir  et  garnir  toutes  les  forteresses  dou  royaume, 
por  ce  que,  se  le  roy  Courat  y  venist,  qu'il  ly  peûssent  faire 
ce  qu'il  devroyent.  Entre  Phelippe  de  Nevaire  et  un  borgès, 
quy  avoit  nom  Phelippe  de  Bauduyn,  quy  estoit  sage  et 
moût  privé  dou  seignor  dou  Toron,  ordenerent  et  escristrent 
toutes  les  covenances  si  priveement  que  parole  n'en  fu  seûe 
par  le   pais. 

CLXXIV  (226).  Le  seignor  de  Baruth  et  le  seignor  dou 
Toron  firent  assembler  tous  les  homes  liges  de  la  seignorie 
d'Acre  ches  le  patriarche  de  Jérusalem.  Les  Jenevès  et  les 
Veneciens  et  les  Pisans  y  furent  «,  et  toutes  frairies  de  la  ville 
ausy.  La  reyne  Alis  et  son  mary,  Raoul  de  Baissons,  y 
vindrent.  Phelippe  de  Nevaire  fu  a  lor  conseil,  et  mostra  lor 
parole  et  dist  moût  hautement  toutes  les  raisons  et  les  paroles 
que  vous  avés  devant  oyes  :  que  la  reyne  Alys  estoit  le  plus 
droit  heir  aparant  a  avoir  et  a  tenir  la  seignorie  dou  royaume 
de  Jérusalem  ;  pour  quoy  elle  et  son  mary  lor  requeroient 
l'omage  et  le  servyse  dou  royaume  ^.  Donc  offrirent  a  tenir 
les  bons  usages  et  les  bons  costumes  dou  royaume. 

CLXXV.  Ceaus  dou  royaume  se  traistrent  a  une  part, 
et  apelerent  Phelippe  de  Nevaire  a  lor  conseil,  et  luy 
requistrent  conseil  etaveement  de  faire  respons.  Il  lor  mos- 
tra toutes  les  raisons  que  vous  avés  desus  oyes,  si  come  la 
reyne  Alis  est  le  plus  dreit  heir  aparant,  et  coment  il  estoyent 
quite  a  l'empereor  Federic,  puis  que  son  fys  Corrat  estoit 
d'aage  ;  et  bien  lor  loa  et  conseilla  que  il  meïssent  la  reyne 
Alis  en  saizine   dou  reyaume  de  Jérusalem,  come   le   plus 


^6  PHILIPPE    DE    NOVARE 

dreit  heir  aparant,  et  ly  feïssent  homage  et  servise,  par  ensi 
que,  tantost  corne  le  roy  Courat  venroit  au  royaume  de 
Jérusalem,  que  il  fussent  quite  a  la  reyne  Alis,  et  a  luy 
feïssent  ce  qu'il  deûssent. 

CLXXVI.  Au  conseil  de  Phelippe  de  Nevaire  s'acorda 
toute  la  court,  et  li  prièrent  que  il  meïsme  fist  les  respons  a 
la  reyne  Alis,  et  il  le  fist  volentiers.  Adonc  ly  avint  ce  que  l'on 
ly  sot  dire  a  gas,  que  il  meïsme  fist  le  claim  et  le  respons 
et  l'esgart.  Maintenant  fu  mise  la  reyne  Alis  en  la  saisine  dou 
royaume  de  Jérusalem.  Tout  premier  ly  fist  homage  le  sei- 
gnor  de  Baruth,  et  puis  le  seignor  dou  Toron,  et  après  tous 
les  autres  chevaliers  d'Acre.  Et  ce  fu  en  l'an  de.  m.  ii^.et  xlii. 

CLXXVII  (227).  Phelippe  de  Nevaire  en  fu  honorés  et 
riches,  car  la  reyne  li  douna  mil  sarazinas  de  fié  et  li  fist 
payer  sa  dete,  quy  bien  monta  mil  mars  d'argent.  Phelippe  fu 
baillys  et  tous  sires,  et  tant  assembla  des  rentes  que  dedens  trois 
jors  paya  les  sodoyers  et  les  galees  quy  alerent  au  siège 
de  Sur,  car  la  reyne  Alis  "^  avoit  ja  fait  requerre  Sur  ;  et  les 
Longuebars  ne  ly  vostrent  rendre.  Sire  Raoul  de  Saissons, 
le  baron  de  la  dite  reyne  Alis,  et  monseignor  de  Baruth  et  le 
seignor  dou  Toron  retindrent  grant  planté  de  sodoyers  et 
armèrent  galees.  Et  Phelippe  de  Nevaire  acheta  une  grant  nef 
a  ceaus  de  la  seignorie,  quy  fu  bien  garnie  de  gens  d'armes. 
Les  Jenevès  et  Veneciens  y  alerent  ;  moût  ot  grant  gent. 

CLXXVIII.  L'ost  mut  de  nuif*  par  terre  et  par  mer,  et 
[assegia  Sur^].  Le  seignor  de  Baruth  fist  tant  que  il  parla  a 
aucun  de  ceaus  quy  devant  ly  avoient  covenant  de  rendre  la 
ville,  si  com  vous  avés  oï  ;  si  ne  le  porent  faire  en  la 
manière  qu'il  avoyent  en  convenant  de  rendre  la  ville,  mais  '^ 
[li  firent  savoir  que  il  avoient  une  posterne  après  de  la  Bou- 
cherie devers  la  mer,  et  se  il  voloit  passer  ovec  son  ost  par 
la  marine,  et  les  galees  venissent  par  la  chaene  dou  port,  si 
ovriroyent  la  posterne  et  mouldroyent  la  chaene  dou  port, 


MÉMOIRES,    II,    CLXXVl-CLXXX  97 

et  il  iporoit  entrer  seiirement,  et  ceaus  ciedens  Sur  qui  sont 
de  sa  partie  se  torneroyent  en  armes  contre  lagentîde  Teni- 
pereor.  Quant  le  seignor  de  Baruth  oï  ce,  si  proumist  de  le 
faire  ensy,  mais  que  ceaus  dedens  ne  faillissent..  Et  le  bor- 
gès  li  respondi  que  viendroyent  sans  faille. 

ÇLXXIX.  Maintenant  le  sire  de  Baruth  fist  ordener  Tost 
par  mer  et  par  terre,  et  acorda  enseignes  entre  luy  et  ceaus 
de  la  terre.;  et  çeluy  borgès  quy  parla  au  seignor  d<?  Baruth 
retraist  le  tout  as  autres  borgès  quy  s'estoient  acordé  a  luy, 
et  quant  il  virent  le  point,  si  firent  lor  enseignes  ;  les 
queles  veûes«],  le  seignor  de  Baruth  fist  crier  as  armes,  et 
comanda  a  ceaus  des  galees  d'aler,  et  qu'il  entrassent  par  my 
le  port,  se  il  deûssent  tuit  morir;  et  il  monta  entre  luy  et  sa 
gent  ^  ou  ses  amys Tatendoyent  vers  la  posterne  de  la  Boucherie . 
La  mer  estoit  groce,  et  les  chevaus  cheoyent  por  les  pieres  ; 
plusors  gens  en  y  ot  en  péril  de  morir.  Celuy  chey  en  la 
mer  quy  portoit  la  baniere,  un  juene  chevalier  qui  estoit  fis 
de  Phelippe  de  Nevaire,  quy  avoit  nom  Balian,  por  le  seignor 
de  Baruth  quy  estoit  son  parein.  Celuy  s'abaissa  et  prist  la 
baniere  quy  flutoit  en  la  mer  et  la  porta  après  [jusques. 
en  la  prises]  de  la  ville. 

CLXXX.  Le  seignor  de  Baruth  et  ses  gens  entrèrent  en 
la  ville  par  la  posterne  moût  estoutément,  que  par  poy 
ceaus  des  tours  et  des  defences  ne  les  ocistrent.  Tous  ceaus 
des  galees  y  entrèrent  aucy  moût  estoutément  ".  Quant  les 
autres  gens  de  l'ost,  quy  ne  savoient  que  ce  estoit,  virent  ce^, 
si  Gorurent  de  toutes  pars  en  la  ville.  Sire  Raoul  de  Saissons 
y  monta  par  les  murs  moult  estoutément,  et  le  seignor  dou 
Toron  suït  le  seignor  de  Baruth  par  la  posterne.  Quant  les 
gens  de  la  ville  les  virent  si  abandouneement  entrer,  si  cou- 
rurent sus  as  Longuebars'^.  Quant  Lotier  Filanger  senty  et 
conut  le  fait  et  l'euvre,  si  s'arma  et  s'en  party  de  l'ostél  ou  il 
estoit,  et  s'en  ala  courant    au    chasteau,  et   tous    ceaus    de 

Philippe  de  Novarr.  y 


98  PHILIPPE    DE    NOVARE 

Puille  quy  en  la  ville  estoyent  corurent  au  chasteau  quy 
meaus  meaus.  Plusors  en  ot  que  mors  que  pris,  et  perdirent 
quanqu'il  avoyent  en  la  ville. 

CLXXXI.  Ensifu  prise  la  cité  de  Sur,  quy  estoitunedes 
plus  fors  dou  mondes.  Cil  quy  orent  la  cité  de  Surprise  se 
mistrent  a  asegier  le  chasteau,  et  moût  le  tindrent  près,  car 
moût  avoit  de  gens  au  siège  etgrant  planté  de  piétaille^'.  Moût 
y  ot  fait  d'engins  et  de  perieres,  quy  getoyent  au  chasteau 
et  destreignoient  ceaus  dedens  en  quanque  il  pooyent.  Sire 
Lotier  Filanger,  quy  estoit  sage  et  vigourous  chevalier  et 
estoit  cheveteine  dedens,  et  avoit  boune  compaignie  de 
gens  d'armes  o  luy  au  chasteau  défendre,  le  defendy  moût 
vigourousement,  que  ceaus  dehors  n'i  gaïgnoient  riens  sur 
eaus. 

CLXXXIl  (228).  Endementiers  que  ceaus  dehors  te- 
noyent  le  chasteau  assegié,  une  tele  aventure  lor  avint  com 
vous  orrésdire,  par  la  quele  il  orent  lor  entendement  dou  dit 
chasteau,  dont  Nostre  Sires  lor  fist  grant  grâce.  Car  sire 
Richart  Philanger,quy  s'en  estoit  party  de  Sur,  luy  et  sa  gent, 
en  sa  grant  nave,  pour  aler  en  Puille,  si  com  vous  avés  oy 
avant,  [le  tens  le  mena  en  Barbarie,  et  tant  s'ovrit  la  nave 
que  il  furent  tuit  en  péril  de  neer«].  11  et  sa  gent  se  recuil- 
lirent  en  la  barque  decantier  o  grant  avoir  que  il  portbyent. 
Ht  devant  ce  avoyent  il  pris  un  petit  vaiseau  des  Sarazins, 
•que  les  Sarazins  apelent  en  lor  lengage  karaque  ;  si  avoit  mis 
■dedens  un  suen  grant  amy,  quy  estoit  en  sa  compaignie, 
quy  avoit  nom  Piere  de  Greil^et  estoit  un  grant  gentil  home 
de  guerre.  Moût  ly  aida  a  descendre  de  sa  nave  en  la  barche 
et  en  la   quaraque,  et   recuillir  luy  et    ses    choses^. 

CLXXXIII.  Il  ne  s'osoient  mètre  en  pelagre  por  ce  qu'il 
avoyent  petit  vaisseau,  car  volentiers  fussent  aie  verslaGezile, 
mais  li  tens  lor  fu  moût  contraire  ;  si  se  retornerent  toute  la 
rivere  en  Surie,   si  com  Deu  plot.  Et  la  volenté  de  Nostre 


MÉMOIRES,     II,    CLXXXJ-CLXXW  99 

Seignor  tut  tele  que  de  Barbarie  le  tens  les  ramena  jusques 
au  port  de  Sur,  qu'il  ne  sorent  noveles.  Il  ariverent  de  nuit 
corne  ceaus  quy  cuidoient  estre  a  sauveté  et  venir  en  lor 
hostels,  corn  cil  quy  riens  ne  savoient  des  choses  quy  estoient 
avenues  en  la  cité  de  Sur,  car  se  il  l'eussent  seû,  aies  s'en 
fussent  vers  Triple  ou  vers  Hermenie.  Il  ariverent  et 
calèrent  lor  voiles  droit  encoste  la  grant  nave  que  Phelippe 
de  Nevaire  avoit  achetée  et  garnie  por  la  seignorie,  quant 
Ton  vint  au  siège.  Il  demandèrent  de  quy  estoit  la  nave.  A 
tant  vint  le  fait  que  ceaus  de  la  nave  les  conurent,  etpristrent 
lor  cors  et  lor  avoir,  et  recuillirent  tout  a  la  nave". 

CLXXXIV.  La  novelle  vint  au  seignor  de  Baruth  que 
Richart  Philanger  estoit  joint  au  port.  Il  le  fist  a  saver  au 
seignor  dou  Toron,  et  eaus  deus  alerent  a  messire  Raoul  de 
Saissons.  Le  cry  leva  par  toute  la  ville  ;  toutes  les  gens 
corurent  au  port  et  plusors  se  mistrent  en  barches  et  en 
autres  vaisseaus  a  la  dite  karaque.  Messire  Raoul  de  Saissons 
et  le  seignor  de  Baruth  s'aresterent  a  la  chaene  et  mandèrent 
le  seignor  dou  Toron  et  Phelippe  de  Nevaire  en  la  nave. 
Ceaus  pristrent  Richart  Philanger,  o  toute  sa  conpaignie,  et 
quanque  il  ot  d'avoir  et  d'autres  richesses,  sans  nule  defence 
que  il  ne  nul  des  suens  y  meïst,  car  il  n'avoient  pas  le  pooir, 
et  mistrent  a  terre,  et  furent  menés  a  la  herberge  de  messire 
Raoul  de  Saissons;  les  femes  et  les  enfans  les  lapidèrent  de 
pierres,  si  que  par  poy  n'ocistrent  luy  et  seaus  qui  le  me- 
noyent  "^. 

CLXXXV.  Le  seignor  de  Baruth  les  requist  por  avoir  les 
en  sa  prison  come  ses  enemis  mortels,  quy  li  avoient  abatu 
son  chastel  de  Baruth  et  fait  moût  de  damages.  Sire  Raoul  de 
Saissons  ne  ly  voloit  livrer.  Phelippe  de  Nevaire  li  dist  : 
«  Por  Deu,  sire,  bailés  ly,  car  il  avra  si  grant  paour  de  luy 
que  maintenant  vous  fera  rendre  le  chastel.  »  Et  sur  ce  ly 
baillya  et  le  livra;  et  le  seignor  de  Barut  li  fist  autels  aneaus 


rOO  PHILIPPE    DH    NOVARK 

de  fer  corne  l'empereor  H  avoit  fait,  quant  il  le  tint  ^iï;  pri- 
son et  en  ostages  a  Limesson.  Moût  ot  grant  padùr  de 
luy  et  de  sa  conpaignie.  Dedens  ce  avint  que  messire  Johan 
d'Ybelin,  quy  puys  fu  conte  de  Jaffe,  vint  au  siège  doU'Chas- 
teau  de  Sur.  Il  orent  en  conseil  et  firent  dire  a  sire  Riéhart 
Filanger  [et  a  sa  conpaignie  «]  que  il  feïssent  tant  que  lechas- 
teau  fust  rendu,  ou  il  le  feroient  pendre  par  la  goule  'devant 
ceaus  dou  chasteau.  '"-'■ 

CLXXXVI.  Sire  Richart  Philangcr  manda  message  a 
sire  Lotier,  son  frère,  quy  estoit  chevetaine  dou  chasteau, 
et  ly  fist  a  savoir  son  couvine.  L'on  ne  sot  de  veir  que  il 
manda  ne  que  il  respondy  par  son  message,  mais  ce  sot  l'on 
bien  de  voir  que  il  respondy  a  ceaus  dehors  que  il  feïissent 
lor  volenté  de  son  frère  et  de  son  nevou,  car  le  chasteau  ne 
rendroit  il  ja.  Les  forches  furent  drecees  et  riiises  sur  une 
haute  tour  qui  est  a  l'encontre  dou  chasteau  bien  pres^^.  Sire 
Richart  Philanger  et  son  frère  et  son  nevou  furent  menés 
lassus,  et  orent  les  eius  bendelés  et  la  hart  au  col,  et  furent 
tiré  lamont  as  forches  et  as  cordes  quy  lor  estoient  liées 
lamont  as  pies  ;  et  n'i  avoit  que  de  tirer  les  chiésde  la  corde, 
le  las  correûst,  et  chascun  demorast  pendu  par  la  goul^v 

CLXXXVII.  Messire  Lotier  les  vit  en  tel  point;  grant  duel 
et  grant  pitié  en  ot,et  cria«.  L'on  manda  Phelippe  de  Nevâire 
la.  La  pais  fu  par  luy  traitée  et  faite  en  tele  manière  que  il 
rendirent  le  chasteau,  et  Phelippe  de  Nevaire  le  resut,  et  lor 
jura  et  fist  jurer  que  l'on  delivreroit  sire  Richart  Philanger  o 
toute  sa  conpaignie;  et  toutes  les  choses  quy  avoient  esté 
prises  o  luy  li  devoyent  estre  rendues,  et  delivreroit  on  les 
prisoniers  sains  et  saus^,  et  conduiroit  ceaus  dou  chasteau  a 
sauveté,  o  toutes  lor  choses,  et  un  de  ceaus  d'Ybelin^  iroit 
ovec  eaus  et  les  conduiroit  a  sauveté  en  lor  requeste  la  ou  il 
vodroient  aler.  Et  en  celuy  meïsme  couvenant  fu  que  Ton 
payeroit  ce  que  l'on  devroit  as  sodoyers  dou  chasteau  et  que 


MÉMOIHHS,    II,   CI.XXXVI-CLXXXIX  lOI 

l'on  rendroit  la  perte  qu'il  avoient  fait  en  la  ville,  quant  il  se 
recuillirent  sur  saut  au  chasteau. 

CLXXXVIII.  Tant  deniora  Phelippe  de  Nevaire  au  chas- 
teau por  establir  ces  covenances  que  ceaus  dehors  cuiderent 
que  ceaus  dedens l'eussent  tué,  si  que  par  poi  niessire  Balian 
n'ocist  sire  Richart  Filanger  et  toute  sa  conpaignie  ;  et  le 
seignor  de  Baruth  meïsme  comanda  a  Balian,  fis  dou  dit 
Phelippe  de  Nevaire,  et  dist  que  «  se  l'on  puet  saver  que  l'on 
ait  ocis  ton  père,  ocis  les  tous  de  ta  main  ». 

CLXXXIX  (229).  Quant  Phelippe  de  Nevaire  ot  parfaite- 
ment ordenees  et  establies  les  covenances  a  ceaus  dou  chas- 
teau, il  issi  hors  et  retraist  tout  ce  qu'il  avoit  fait  ;  et  tout  fu 
otroyé  et  maintenu  bien  entérinement  a  grant  joye  et  a  bon 
gré  et  de  grant  volenté.  Moût  y  ot  plus  donné  que  Phelippe 
ne  covenensa.  Le  bien  matin  issirent  dou  chasteau,  et  Phe- 
lippe de  Nevaire  livra  la  forteresse  au  seignor  de  Baruth  et 
au  seignor  dou  Thoron,  qu'il  dévoient  garder  les  forteresses, 
si  com  se  contenoit  as  convenances  quy  furent  faites  a  Acre 
entre  la  reyne  Alis  et  eaus.  Messire  Johan  d'Ybelin  conduist 
les  Lônguebars  la  ou  il  vostrent  aler.  Adonc  fu  desraciné  et 
arachélepesme  ni  des  Lônguebars,  si  qu'onques  puis  n'orent 
pooir  en  Surie  ni  en  Chipre«.  Ensi  fu  prise  la  cité  de  Suret 
le  chasteau,  en  l'an  de.  m.  if.  et  xui^. 


VARIANTES  l-T  NOTES  CRITIQUES 

P  :z=z  copie   du   ms.    de   Cérines,  exécutée  par  M .    Perrin    (Paris, 
Biblioth.  nat.,  nouv.  acq.  franc.,  6680). 


R  =z  édition  Gaston  Raynaud. 


I 


I.  Notre  Seignor  —  Jhesu  R. 

II.  qui  avoit  nom  R. 

III.  grat  rentes. 

IV.  de  Baruth  om.  —  qui  fu  i^. 

V.  que  avoit  nom(C/.  i?,  p.  ^^0)  —  porchassa  le  dit  pape  otroya 
(//  y  a  dans  P,  et  probablement  aussi  dans  lems.  de  Cérines,  entre  por- 
chassa^/ le,  et  entre  pape  et  otroya  des  blancs  de  trois  à  quatre  lettres, 
indiquant  peut-être  des  lacunes^  —  Ysabiau  R. 

a.  «  Si  con  je  vous  ay  dit  »  semble  viser  des  faits  racontés  dans  les 
§§  74  et  80  des  Gestes,  qui  ne  sont  pas  de  Philippe,  mais  peuvent 
contenir  quelques  traits  empruntés  à  Philippe  :  le  rappel  serait  une 
addition  du  compilateur. 

VI.  a  barons. 

a.  Les  mots  «  con  vous  avés  oY  »  sont  peut-être  encore  du  com- 
pilateur, mais  ils  peuvent  se  rapporter  au  contenu  du  §  V  (86). 

VII.  XX  galles  —  levesque  de  Padua  —  saint  iglize  —  dittes 
guallees  R  —  biau  prezens  de  (et  P)  biau  juaus. 

VIII.  levesque  de  Paete  —  henorement  —  quy  est  oient  —  dily- 


guament . 


IX.  saparaillerent  et  tayller  —  robes  etvessees  P  —  damoiselle  R. 

X.  couvenoit  faire  P — haut  persone  —  haut  rayne  — Jérusalem, 
le  seignor  de  Baruth  et  son  oncle. 

XL  M.  ce.  xxiiii  R. 
a.  Les  §§  92-96  des  Gestes,  relatifs  aux  reines  Isabeau  et  Aalis,  n'ap- 
partiennent pas  à  l'œuvre  de  Philippe. 


I,   1-Ni  ;    II.   i-xu  103 

II 

I.  entre  de  lempereor  —  entendre  mut. 

II.  entererre  —  que  .11.  mois  —  seignor  de  Barut  R. 

a.  La  leçon  «  nuef  »,  substituée  à  «  .11.  »,  est  empruntée  à  Amadi 
104,  Bustrone  57,  et  au  Livre  de  la  Terre  Sainte,  XXXII,  21  (édition 
de  l'Académie,  ;6o).  Henri  était  né  le  3  mai  1217  (cf.  ci-dessous, 
P-  n4)' 

m.  tous  home  liges  —  as  tous  les  besoins. 

IV.  Chipre  un  poy  —  au  son  corouncment  —  et  du  corounement  P 

—  suens  et  que  le  baillage  estoit  suens  et  que  —  eùst  .xxv.  ans  — 
frères  de  monseignor. 

a.  Les  §§  99-109  ne  sont  pas  de  Philippe. 

h.  La  leçon  «  quinze  »,  substituée  à  «  .xxv.  »,  est  empruntée  à 
Amadi  ;i  18. 

c.  L'édition  de  l'Académie  a  corrigé  :  «  qu'ele  [li  devoit  prier  qu'il] 
li  laissast  tenir  le  baillage  de  grâce  »  ;  mais  le  texte  d' Amadi  est  con- 
forme ici  à  celui  des  Gestes. 

V.  firent  et  que  il  oïrent. 

VIL  avoit  nom  Tor  et  —  baill  et  fery  —  Barut  et  son  frère. 
a.  La  leçon  «  Tor  »  du  ms.  de  Cérines  a  été  rectifiée   à  l'aide  de 
Bustrone  80,  et  d'autres  passages  de  Philippe  LXX,  et  d' Amadi  146. 

VIIL  devant   sont  (sour  P  ;    sont    ou   sour    ajouté  dans    V inter- 
ligne) frère  —  Heymery  Barlais  meïsme  R  —  que  le  prince  fust  baill. 

IX.  Philippe  d'Ybelyn  laissa  7? —  Heimeri  s'estoit  R, 

X.  moût  chers  —  descernoit  bien  —   oï  ce  retraire  ce  que. 

XL  avint  que  grant  —  losa  avoir  apelé  —  maintenent  de   ceaus 

—  et  en  aucune. 

a,  S  116  supprimé. 

b.  Introduit  d'après  Amadi  121  :  «  Et  poi  messer  Gavan  si  rissentite 
et  hebbe  a  mal  che  quel  cavaglier  Tha  disfidato.  »  —  Bustrone  61  dit  : 
«  Dapoi  si  risentite  Gavan  d'essere  stato  sfidato  de  quel  cavalier.  » 

«XII.  au  champ  et  que  il  fu  au  champ  et  que  il  ne  tendroit. 
a.  Cette  dernière  phrase  :  «  et  sire  Gauvain...  »  fait  partie  du  §  121 
des  Gestes,  où  elle  figure  avec  d'autres  informations  qui  ne  sont  pro- 


104  VARIANTES    ET   NOTES    CRITIQUES 

bablement  pas  de  Philippe.  Je  la  transfère  à  la  place  qu'elle  occupe 
dans  le  récit  d'Amadi  122. 

XIII.  au  fait  des  batailles,  après  le  cages  données  seroit  venoit 
l'empereor  —  tehdy  son  cage  —  Et  dedens  om,  —  quaraintàrné  le 
galees  —  voilà  oï  et  sot  R  ;  vous  oï  sot  P .  ' 

a.  §§  ïï8  à  121  supprimés.  -    ^ 

h.  «  Si  côm  vous  avés  oï  »  est  peut-être  une  interpolation  du  tx)m- 
pilateur  ;  car,  dans  le  récit  de  Philippe,  le  fait  en  question  est  ràp-i 
porté  quelques  Hgnes  plus  haut.  ;  ' 

XIV.  et  sire  Heimery  quy  moût  R  —  a  tout  ce  que  il  lespee. 

XV.  corroit  après  par  tout  et  il  meïsme  coroit  après  luy  ^--  sire 
Heimery  (Heymery  P)  lansoit  et  travailloit  —  Anseau  le  Hastoit 
moût  R  —  descendy  —  Cesaire  R. 

a.  Les  incidents  suivants  du  duel  d'Heimery  Barlais  et  d'Anseau 
de  Brie,  jusqu'au  moment  où  le  sire  de  Baruth  intervient,  sont 
rapportés  d'une  manière  plus  détaillée  et  plus  claire  par  Amadi  122- 
123,  et  par  Bustrone  62-63.  - 

XVI.  raenson  moitié  —  toutes  voies  li  en  sauva. 

XVII.  moult  (moût /?)  pleint.  '' 

XVIII.  entrèrent  o  vasseaus  —  a  parties  de  maryne  —  vers 'eau s 
porchaserent. 

d.  §§  124  et  125  supprimés. 

b.  Amadi  124  ajoute  ici  :  «  il  primo  de  zugno  del  ditto  anno-  »  ; 
mais  il  ne  fournit  pas  la  date  d'année  qui  ne  figurait  peut-être  pas 
dans  le  conte.  Bustrone  63  donne  les  dates  d'année  (1228)  et  de 
jour  (jer  juin).  —  La  date  exacte  de  l'arrivée  de  Frédéric  à  Limiâso 
est  le  21  juillet  1228  (cf.  Mas  Latrie,  Histoire  de  Chypre^  I,  238-2351). 

XIX.  anfans  et  tout  ses  amis.  ' 

XX.  aparant  — il  ly  loyent  —  nostre  frère  —  Geluy  bon  conseil 
—  son  gré  du  tout  P.  '  ■' 

XXII.  ja  fu  ce  que. 

XXIII.  fist  lémpereour  de  nuit.  '  'i 

XXIV.  estoit  le.conestable  R  —  Salonique  a  et  puis  {Ryp.  S^oypKo- 
pose  de  corriger  :  SâlomquQ  a  luy  et  puis)  —  fis  dou  seignor  de  BarUt  P, 

XXV.  et  toute  la  grant  (grant  court  R)  et  la  mistïent  portes;et  ai 


II,     XIII-XLI  105 

toutes  —  devant  luy  que  tuit  —  ais  s'esforcerent    -dites  votre  plaisir  P. 
il.  La  lacune  n'est  pas  figurée  dans   le  ms.  Il  y  avait  là  probable- 
ment, dans  l'original,  l'indication  l'un  nombre  d'hommes. 

XXVI.  L'une  de.  11.  choses  —  courounei?  —  mon  gré  de  .11.  choses. 

XX VIL  ma  seur  i^  —  Temple  orn.  et  l'établi  par  no.iis  iV après  Amadi 

12'j  —  je  nen  onques — requeres  dont  je  —  Chipre,  et  se  vous  soiés> 

XXIX.  et  en  pris  vous  vueill  —  Jehsu  R. 

XXX.  concorder  le  — de  quil  a  voit  dit —  vavassors  de  plus  apa- 
rans. 

XXXI.  quanque  il  0)n.  —  le  père  le  livra  -  il  seroit  quites  —  et 
cnsy  vous  les  ttnrés  — ennorement  —  fist  mestre  /^ — poyent  ploier  P. 

XXXII.  estoit  force  soue. 

XXXIII.  dou  roy,  que  que  lemperere  P —  nous  garderons  nos  fais. 

XXXIV.  poour  P  —  garnir  P —  de  Nicossie  lune  partie  manda 
{corrige  d'après  Aviaài  1^0,  et  Biistrone  6gi)  —  Lymesso  /?  ^—  çon  il 
tu  —  vilenies  i\J —  tele  quele. 

XX,XV.  efforcé  P  —  ce  ne  seroit  ja—  e  sa  coustume.      > 

XXXVI.  guerroyent  —  tenroit  pas,  et  de  rien  —  gerredon  R  — 
lage  le  roy. 

XXXVII.  rendroit  le  chasteau  —  rendroit  mau  guerredon  —  a  la 
soue  partie  de  ce  quil  avoient  esté  (corrigé  d'après  le  §  XXXV I^  1.  i^, 
et  Amadi  i)i)  —  le  coneùssent  —  que  le  baillage  ;  et  il  li  respon- 
dirent  {corrigé  d'après  Amadi  i^i)  —  il  neli  feroient  —  qui  furent 
entre  lempire  de  l'empereor  —  faire  la  feauté  que  —  ton  [s]  les 
barons  i?. 

XXXVIII.  galees  estoyent  —  estoyent  grant  pitié  de  veïr —  li  offry 
P  —  estoit  et  plus  vaillant  bachelier  (bacheler  R)  —  se  loet  moult. 

XXXIX.  sa  pais  que  l'empereor  —trop  durement  :  «  A  !  a  !  a  !  » 
trop  duYement. 

XL.  suït  lempereor,  et  a  la  taint  a  Sur  —  pour  alerajaphe  P  — 
Habiloine  P. 

II.  Ni  Amadi  ni  Bustrone  ne  donnent  cette  date,  qui  peut  n'être 
pas  de  Philippe. 

Ik  Passage  introduit  d'après  Amadi  133,  et  Bustrone  72. 

XLI.  Estiene  de  Gotron.  ,  ; ,. 

a.  Ni  Amadi  ni  Bustrone  n'ont  ce  renseignement  chronologique. 


Ip6  VARIAXIES    HT    \OTES    CRITIQUES 

XLIl.  gentd'Accre  P  —  galees  armes  —  et  autre  disoit  Ion    —  si 
esfor  esforceement. 
a.  Introduit  d'après  Amadi  134. 
h.  Introduit  d'après  Amadi  1 34. 

XLIII.  que  par  que  par  terre  — jors  de  may  en  son  laube  (ens  en 
laube  P)  —  recuille  —  le  bouchers  et  le  vieilles  (veilles  P)  —  les 
convoyèrent  (convoyrent  R). 

a.  Introduit  d'après  Amadi  134. 

h.  Introduit  d'après  Amadi  134,  et  Bustrone  72. 

c.  Il  y  a  ici  chez  Amadi  134-135,  et  chez  Bustrone  72,  un  passage 
relatif  à  des  tentatives  faites  par  l'empereur  pour  mettre  la  main  sur 
le  sire  de  Baruth,  et  aux  précautions  que  prit  celui-ci  pour  se  garder, 
passage  qui  a  pu  faire  partie  du  conte  de  Philippe.  Voici  le  texte 
d' Amadi  :  «  [L'imperator]  si  travagliô  grandemente  poi  de  trovar 
modo  de  haver  ne  le  sue  man  el  signor  de  Barutho,  ma  non  potè 
far  si  secretamente  che  el  signor  de  Barutho  l'intese.  Et  li  pensô  de 
acostarsecon  persone  che  lo  potessino  aiutar,  et  li  parse  che  li  Geno- 
vesi,  quali  havevano  gran  potentia  in  Acre,  erano  atti  de  aiutarlo  ; 
et  perô  li  fece  aniici  et  li  promisse  cose  grande  et  loro  a  lui  de 
aiutarlo,  et  a  qucsto  modo  si  tenue  el  signor  de  Barutho  molto 
seguro.  L'imperator,  come  intese  questa  unione,  andô  in  collera 
perché  vide  non  poter  exeguir  li  soi  dessegni  ;  et  dubitô  medema- 
mente  per  quel  che  fece  al  Tempio,  che  il  signor  de  Barutho,  elTem- 
pio  et  li  Genovesi  non  li  assaltasseno  perché  sapeva  che  el  signor 
de  Barutho  si  accorse  de  la  sua  mala  disposition  con  lui  ;  et  per  più 
assiguration  délia  vita  suaallogiô  dentro  nello  hospitaldi  S.  2uahne.  » 

XLIV.  Eude  de  Mobeliart  —  lavoyent  arochee. 

XLV.  a  lage  dou  dit  roy  —  Le  nis.  de  Cérines  répète  deux  fois  les 
mots  en  a  chaison  (la  u^fois  en  chaison)de  ce  que  il  avoyent  le  roy 
—  Le  ms .  de  Cérines  répète  deux  fois  les  mots  a  tant  que  il  eussent  — 
que  il  eussent  la  gent  a  pié  —  recevoir  lor  gent. 

XLVI.  por  un  soue  R  ;  pour  une  soue  P  —  le  cinq  baus  —  qui 
qui  conoissoit  P  —  otroya  a  cinq  baus. 

XLVII.  payèrent  la  gent  et  orent  —  de  pais  et  Phelippe  — 
Maintenant  fist   assember  —  venist  chef  le  roy  P  —  car  il  senoit. 


II,    XLll-LV  [O7 

XLVIII.  durement  gardes  —  issit  P  —  lage  le  roy  —  au  roy  et 
que  le  rov  estoit  a  lor  poer  et  que  moût  estoit.  (Amadi  1^8  :  (.<... 
dicendo  haverlo  meritato  verso  il  re.  Et  il  re,  che  era  nel  suo  poder, 
et  dubitava  grandemente.  .  .  »  Cf.  Bustrone  7^). 

XLIX.  volons  otroyement — vous  et  vous  quatre —  Si  maides  — 
quavés  tous  servy  —  et  a  vous  heirs  P. 

L.  ne  seroit  je  ja  maisP  —  nule  gens. 
d.  AmaJi  138  ajoute  :  «  Chi  diceva  :  trazeteli  lalengua  da  drio  la 
golla.  -.)  Bustrone   75  dit  de  même  :  «  et  chi  diceva  di    trazerli    la 
lingua  di  dietro  la  coppa.  » 

LI.  restraist  R  ;  retrast  P  —  cage  et  offry  — -  caton  dou  palais  as 
chevaliers  qui  tenoit  —  traversains  —  Au  plais  le  gardèrent . 
a.  Introduit  d'après  Amadi  139. 

LU.  car  foy  et  son  fié. 
a.  Introduit  d'après  Amadi  139,  et  Bustrone 76. 

LUI.  en  celuy  nuit  —  qui  gardoient  listel  P. 

LIV.  Balian  dYbelin  et  son  conpere  R  —  torte,  il  faisoit. 

LV.  Geste  est  letre —  4  houres  ouan  —  5  Conpere  R —  6  baus, 
trestous  —  7  moût  me  mostrerent  amour  —  9  car  sans  esgart  — 
10  quemmanderent  R —  11  celé  om.  —  12  les  portes  firent  garder 

—  20  n'orent  om.  —  24  a  qui  que  il  ennuit  P  ;  a  qui  qu'il  ennuit  R 

—  26  de  saint  —  27  je  en  —  28  ce  savoir  de  voir  que  venu  —  32 
laisser  —  3^  Ja  ne  fussent  —  34  Son  eûst  laissé  covenir  a  Anceau  — 
35  flatimer  —  36  dite  benedicamer  —  37  dicamer  —  38  Se  benedi- 
camer —  39  la  dure  prison —  48  Naple  car  vous  —  soNaples  —  52 
onques  —  55  destruit  —  57  cuides —  60  aimes  les  femes  ont  eu  lor 
part  —  61  Trimbers  —  62  estendars  —  63  dars  —  68  quant  je  les 
voi  —  72  rire  —  73  renée  partage  P  —  79  se  deaus  chante  —  82  car 
cest  la  prime. 

a.  Introduit  par  conjecture,  d'après  le  §  LI. 

h.  Nous  supposons  ici  une  lacune  d'un  ou  plusieurs  vers,  conte- 
nant quelque  allusion  aux  faits  racontés  au  §  XXXI  ;  par  ex.  :  Que 
chantoit  quant  vous  pris t  Vempereor  félon. 

c.  L'obscurité  de  ce  passage  laisse  supposer  des  lacunes  après  les 
vers  58  et  59. 


ip8;  VARIANTES    K'J     NOTES     CRITIQUES 

LVI.  des  clames  et  dou  bonlait  (rectifié  d'après  G.  PariSyRamania, 
XIX,  ^9)  —  toutes  les  maisons  de  la  navie  — -  Les  mots  :  «  que  il 
voloyem  venir  à  leur  hostel  et  en   lor  fiés,  et  »  manquent  dans  P , 

—  -  apareillié  P. 

LVII.  plus  peine  que  onques  —  et  gens  morte. 

a.  Il  se  pourroit  que  cette  dernière. phrase  fût  un  emprunt  au  Livre 
de  la  Terre-Sainte,  XXXlll y  10. 

b.  Passage  introduit  d'après  Amadi  141. 
LVIII.de  ma  aignee. 

a.  Introduit  d'après  Amadi   141. 

b.  Introduit  d'après  Amadi  142. 
LIX.  esiclarcie  R. 

a.  Introduit  d'après  Amadi  142. 
LX.  cheau  grant  P  —  la  lance  et  espee  —  deconfirent  R. 
LXL  se  chastelèrent  —  la  bataille  comesast  P. 

a.  Il  y  a  dans  cette  phrase  quelques  analogies  entre  les  Gestes  et  le 
Livre  delà  Terre  Sainte,  XXXIII,  10.  Elles  peuvent  être  fortuites. 
Bustrone  78  ajoute  que  Guillaume  de  Rivet  s'enferma  dans  lechâteau 
de  Bufavent. 

b.  Èette  date  est  libellée  dans  les  mêmes  termes  par  le  Livre  dé  la' 
Terre  Sainte,  XXXIII,  11,  sauf  sur  un  point  important,  la  datede 
jour.'  Le  Livre  de  la  Terre  Sainte  indique  le  24  juin,  ce  qui  est'-une 
erreur,  les  Gestes,  le  14  juillet,  ce  qui  est  exact.  Chez  Amadi  143^,  la 
date  d'année  manque  et  la  date  de  jour  est  le  14  juin  :  «la  sopradittà 
battaglia  fu  un  di  de  sabbato  a  li  14  de  zugno  avanti  Nicossia.  ■»'  Je 
suis  porté  à  croire  que  Philippe  a  donné  la  seule  date  de  jour  (samedi 
14  juillet),  et  que  les  autres  indications  chronologiques  du  manuscrit 
de  Cérines  sont  des  additions. 

"LXII.  a.  Introduit  d'après  Amadi  143. 

LXIII.  4  sont  om .  —  7  droit  —  1 1  Acre  R  —  1 3  et  puis  —  14  que 
il  venoient  —  15  faire  et  prendre  —  17  l'orgueil  om.  —  19  çon- 
questerent  —  22  plousour  P  —  27  tantost  conut  —   28  prist  ow. 

—  3:0  en  un  soûl  jour —  35    quil  sen  fuirent  a  chiere  —  37  sen 
sont  R  —  39  bien  prendre  —  41  deveroit  —  42  as  fos  partie  chère 

—  4^  grant  om.  —  44  quant    ausiege — 46  louus  enragié— 49  Va 
serventoys  con  quareau  —  51  counestable  P  —  56  nez  R. 

a,  b  et  c.  Lacunes  non  figurées  dans  le  manuscrit. 


II,   i.vi-i.xxii  109 

LXIV.  car  do  moût  de  leus  nen  y  peut  Ion  —  poy  de  chevalier. 
a.  Amadi  143  et  Bustrone  79  disent  que  les  trois  fils  du  seigneur 
de  Baruth  étaient  allés  à  Nicosie. 

LXV.  fu  establirent  messire  Balian   — o  luy  grant  planté  degent 
—  des  avenans. 

LXVI.  Mort  est  nostre. 
a.  Amadi   144    ajoute  «    et   messer  Chamerin  cridava  :  Amazza, 
amazalo  !» 

LXVII.  I  Nafré  sui,  mai^  —  2  et  de  sautre  compaignie  —4  Mau- 
crois  —  9  Car  om.  —  12  mis  0///.  —  15  luy  fournir  P  —   15  le  fait. 

LXVIII.  et  dist  que  que  il  beneïrent. 

LXIX.  entre  01  P  —  sans  tout  oe  P —  i  iusques  —  2  gent  --  4 
mat  et  dolent  — i9plours  — 21  y  merons —  22  fours  saens  trabu- 
cher  ;  «  si  dedens  »  est  rejeté  en  tête  du  vers  suivant.  —  Le  vers  2]  finit 
avec  "  creneaus  »  ;  les  mots  «  et  maisons  »  sont  rejetés  en  tête  du  vers 
suivant  —  26  garentiroit  —  29  grant  —  3 1  sairement  -^  48  seignors 
—  53  Q-uy  ^^  pensera,  se  nous  perdions  —  55  Quant  ensi  ôis  -- 
57  le  contai  a  joie  et  baudour. 
a  et  b.  Lacunes  non  figurées  dans  le  manuscrit. 

LXX.  herberja  P  —  mort  de  sire  Gavain. 
a.  Amadi  145  ajoute  :  «  hor  de  sassi,  hor  di  balestra   et   hora  de 
arco.  »  Même  détail  chez  Bustrone  80. 

LXXI.  grant  joie  R  —  grant  dons. 

(/.  Introduit  d'après  Amadi  145  :  «  Quelli  del  castello  non  pote- 
vano  più  durare  et  feceno  pace,  a  la  quai  consenti  voluntiera  el 
signor  de  Barutho  per  haver  el  re,  che  dubitava  non  fusse  tratto 
dal  castello  qualche  notte,  et  mandato  in  Puglia.  wLems.  de  Cérînes 
porte  :  «  Ceaus  dou  chasteau  par  aucun  leuc...  » 

h.  Amadi  145  ajoute  :  «  de  restituirge  li  loro  feudi  ».  Bustrone  80 
donne  le  même  renseignement. 

c.  Amadi  145  ajoute  :  «  et  metter  chi  habia  a  recever  le  intrade 
per  loro.  »    Bustrone  omet  cette  particularité. 

LXXII.  Et  devant  que  Ion  tfaitoit  —  Federic  et  en  sa  suite  et 
avoyent  (avoient  P.)  —  soufri  quon  feïst  —  Heimery  afigura  a 
Renart  P. 


l'IO  VARIANTES    ET    NOTES    CRITIQUES 

a.  Amadi  146  ajoute  :  «  ma  quando  fu  fatta  la  pace  ha  disiï)esso 
l'andata  sua,  et  non  lo  mandô.  » 

LXXIII.  7  Maupertuis —  1 1  Noble  la  bargaigne  —  12  cortipaignie 

—  î4  a  valu  —  18  Gimbert  —  21  Et  trestoutes  —  22  vileriiènt  — 
25  onques  —  36  et  il  lot  —  38  ne  compère  —  39  clament  -^  40 
les  heit  se  il  les  aiment  —  43  et  Timbert  —  44  donroit  —  45  Et 
messire —  46  Que  de  son  eschiquer  —  54  qua  luy  —  56  le  hennort 

—  57  sa  Costa  —  60  jet  —  61  sa  om.  —  64  mais  de  sennor  — r  67  les 
voit  si  les —  69  Cil  comande  quil  —  71  chiuere  —  82  Guinbert  — 
83  Cointreaus  —  84dans  Renars —  105  péril  —  106  hontea  atruiP  — 
108  envers  quil  se —  iio  Quesonmal  queroyent —  m  que  syaus  P 

—  1 16  eùst  hore  —  117  le  prestre  de  y  mande  —  118  deNostre  Sei- 
gnor  demande  —   119  Et  vous    -  127  entan  P  —  129  eusses  autre 

—  ,130  je  os  —  139  de  ma  seignorie  —  142  Sil  semble  R\  Sel 
semble  P —  143  ores  plus  faire  —  145  ai  dune  —  147  je  avoye — 
158  moût  chevau  par.  —  Après  le  vers  160,  le  ms.  met  par  erreur 
une  première  foi  <:  les  vers  193  à  196  avec  lu  variante  «  en  ordre  »,  au 
lieu  de  «  en  lordre  »,  dîi  v.  194,  et  la  variante  «  pardoneray  »  P,  au 
lieu  de  «  pardonray  »,  du  v.  195.  —  161  Je  lor  P  —  161  or  me  par- 
donerent  —  176  Sil  ne  sait  R  :  Sil  ne  fait  P  —  179  poise  quil  est  — 
i36  encor  —  194  entreray  en  lordre  —  199  Car  je  peûsse  —  204 
autry  R  —  209  les  prent. 

LXXIV.  a  leur  enemy  —  et  senvoisoyent  dune  robe  ensemble  — 

et  ne  tenoient  P. 
a.  Amadi  146  ajoute  :  «  et  li  tenero  bona  pace  et  amore.  » 
h.  Amadi  146  ajoute  un  détail  :  «  et  spesso  manzavanoet  bevevano 

insieme  con  loro,  et  andavano  a  solazo.  » 

LXXV.   Messire  Anceau  les  esgarda  —  si  mala  que  il  —  etseu 
hostel  —  respondirent  que  il  moreit  —  et  por  ce  fait. 

a.  Chez  Amadi  146,  il  y  a  dans  cette  phrase  une  addition  qui  en 
modifie  un  peu  le  sens  :  «  Et  [messer  Ansian  de  Bries  et  messer 
Philippo  de  Navarra  et  Torringuel]  rivardaron  messer  Chamarin 
Barlas  che  tra  loro  chiamavano  Renart,  che  vol  dir  volpe,  et  messer 
Chamerin  se  accorse  che  parlavano  di  lui.  » 

LXXVII.  des  quels  ;il  om.  —  salandre. 


i 


11,     LXXlU-l.XXX  III 

(/.  §  157  bupprimé. 

/'.  Amadi  147  et  Bustronc  80  ajoutent  :   u  et  in  Sicilia.  » 

( .  Chez  Amadi  147,  tout  le  début  de  ce  §  LXXVII  est  un  peu  plus 
développé  ;  mais  je  doute  que  ce  qu'il  ajoute,  et  qui  est  de  pure  rhéto- 
rique, soit  du  style  de  Philippe  :  «  Imperochè  l'imperator  fece  pace 
con  la  chiesia  et  récupéré  cio  che  havca  perso  in  Puglia  et  in  Sicilia  ; 
et  rhrovandosi  sdegnato  assai  con  molti  gentilhomini  et  altri  di  quel 
paese,  i  quali  portava  odio  intrinsico,  délibéré  far  de  quelli  che 
odiava  un  exercito  et  mandarlo  contra  li  Christiani  di  Suria  et 
Cvprioti,  a  li  quali  portava  non  menor  odio  ;  presuponando  che,  se 
li  soi  di  Puglia  vincesseno,  lui  vadagnaria  ;  et  se  loro  fusseno  vinti, 
lui  si  tegniria  satisfatto.  Imperochè  parimente  odiva  et  l'unaet  l'altra 
parte,  et  desiderava  la  destrution  de  tutte  do  le  parte.  Et  cosi  fece 
corne  si  ha  pensato.  Ha  fatto  citar  tutti  li  baroni  del  regno  di  Puglia 
et  altri  gentilhomini  che  lui  odiava  et  de  li  quali  dubitava...  »  — 
Bustrone,  quoique  plus  bref,  a  dû  suivre  un  texte  où  figuraient  ces 
mêmes  développements. 

(/.  Amadi  147  ajoute,  au  sujet  de  Richard  Filangier  et  des  ren- 
forts envoyés  par  l'empereur  en  Syrie  :  «  Et  l'imperator  in  le  sue 
lettere  lo  (c'est-à-dire  Filangier)  chiamava  bailio  de  Cypro  et  di 
Suria  et  legato  de  Armenia,  de  Antiochia  et  de  Tripoli,  che  sonno 
deldominio  del  imperio.  Et  questo  diceva  l'imperator  perché  voleva 
che  fosseno  soi.  La  venuta  de  li  quali  non  fu  celata,  perché  l'impe- 
rator volse  che  sisapesse,  tenendo  per  fermo  di  vincer  facilmente  il 
tutto.  »  —  Bustrone  ne  donne  rien  de  cela. 

c.  Amadi  148  ajoute  :  <(  per  alguni  soi  negotii.  » 

LXXVIII.  son  fis  P  —  desLonguebar  K  —  en  Chipreau  Guata  P. 

LXXIX.  encore  le  rivage  P  —  corrousciés  P  —  et  en  eussent  estre 
repris  (Amadi  148  :  ce  I  quali  discoverti  si  potevano  prender  »)  — 
que  il  soufriroyent  tant  —  seroient  parjur  —  avroyent  brisé. 

LXXX.  que  de  ce  ne  se  prenoit. 
a.  Voici,  chez  Amadi  149,  le  texte  de  cette  dernière  phrase  : 
«  perché  el  vescovo  de  Barutho,  che  si  trovô  U,  come  prête  spau- 
roso  et  disleale ,  glie  la  rese  ;  ma  el  castello  se  tenue  per  el  suo 
signor  et  se  deffese.  »  —  Bustrone  81  dit  la  même  chose  en  termes 
un  peu  différents. 
h.  Amadi  149  et  Bustrone  81  ajoutent  :  ((  per  mar  et  per  terra.  » 


112  VARIANTES    ET    NOTES    CRITIQUES 

LXXXl.  </.Amadi  149  ajoute  quelques  détails  et  quelques  appré- 
ciations sur  le  traître  Denises  :  «  Et  havevano  tra  loro  un  traditor 
che  si  chiamava  de  Nissa,  quai  era  sinescalco  del  signor  de  Baru- 
tho  ;  et  si  parti  da  lui  per  un  poco  che  si  hâve  scorrozato,  et 
andô  con  li  Longobardi  subito.  Il  che  non  doveva  far  per  si 
minima  causa,  perche  è  usanza  che  il  signor  si  scorrozza  in  casa 
sua,  et  poi  li  passa,  et  si  repacifica  ;  ne  doveva  perô  costui  far  cosa 
che  tornasse  in  si  gran  danno  et  tradimento  corne  fece  costui...  »  — 
Bustrone  81  ajoute  seulement  au  texte  des  Gestes  que  Denises  avait 
passé  du  service  du  sire  de  Baruth  dans  le  camp  des  Longuebars. 

LXXXIl.  que  tous  estoyent  —  secorre  se  nevous  —que  ilavoit 
fait. 

a.  Amadi  150  ajoute  :  «  et  non  si  poteva  cosi  tosto  soccorrer  il  cas- 
tello.  »  —  Bustrone  dit  de  même  à  peu  près  dans  les  mêmes  termes. 

h.  Amadi  150  est  un  peu  plus  explicite  :  «  ...el  signor  de  Barutho 
non  cessé  di  procurare  et  solicitar  per  tema  del  inverno,  ma  venne 
al  re  et  lo  pregô  che  dovesse  congregar  la  sua  corte  prima...,  »  — 
Le  texte  de  Bustrone  82  est  presque  identique  à  celui  d' Amadi. 

c.  Amadi  150  ajoute  :  «  con  li  ponte  di  piedi  »,  particularité  que 
ne  signale  pas  Bustrone. 

LXXXIII.  a.  Amadi  150  ajoute  :  «  et  non  accade  che  io  dica 
come,  che  saria  troppo  longo  il  contarlo.  »  ^ 

h.  Bustrone  82  place  ici,  sous  la  forme  suivante,  l'addition  relevée 
dans  la  note  précédente  :  «  et  non  accade  dir  il  modo  per  non  esser 
prolisso.   ^)  .  /, 

c.  Amadi  1 50  ajoute  :  «  Ma  io  e  li  mei  parenti,  che  sonne  simil- 
mente  vostri,  non  si  volseno  abandonar  per  niente,  ne  vi  abando- 
neremo  fino  a  la  morte,  conciosia  che  sete  et  mio  nepote  et  mio 
signore.   »  —  Le  texte  de  Bustrone  82  est  conforme  à  celui  d'Amadi. 

LXXXIV.  et  tous  les  autres  et  s'agenoillerent  car  il  estoit  encores 
a  genoils  ;«ow5  transportons  ces  six  derniers  mots  à  la  fin  du  paragraphe, 
en  corrioeant  estoit  en  estoient —  les  autres  en  pié,  car  R. 
a.  Amadi  150  ajoute  :  «  et  se  quello  [castello]  si  perderà,  posso 
dire  che  li  doi  reami  sono  persi.  »  —  Bustrone  83  dit  la  même 
chose.  :• 


I 


Il,   L\XXI-XC1  113 

LXXXV.  si  peine  que  peines  —  laissa  en  Chipre  —  et  se  Nostre 
Seignor  consent  que  je  sache  la  perte  poisse  estre  entre  voies.  ]e 
corrige  ce  passage  d'aprcs  Jffiadi  iji. 

a.  Ce  titre  et  ceux  qui  figurent  en  tête  des  §§.  LXXXVIII  et 
CLXVIII  n'existaient  probablement  pas  dans  le  conte  original.  On 
les  a  maintenus  pour  la  seule  raison  qu'il  n'y  avait  pas  de  raison 
péremptoire  do  les  supprimer. 

LXXXVI.  pour  soufraite  est  tout  —  tablier.  Et  se  nous  soyons 
perdu,  Chipre. 

LXXXVII.  de  pais  damour. 

LXXXVIII.  lautre  part  a  Barut  P —  Monseignor  de  Haruth  P  — 
netee. 
a.  Amadi  152  ajoute  :  «  con  tutti  H  soi  navigli.  » 
/'.   Amadi    152  et  Bustrone  84    ajoutent  :    «  che  è  tra   Butron  et 
Xeffin.  )) 

LXXXIX.  que  par  sens  vindrent. 
d.  Amadi  153  et  Bustrone  84  ajoutent  que  l'armée  du  seigneur  de 
Baruth  assiégea    la  ville  occupée  par  les  Longuebars  :  «    et   hanno 
a'ssediato  quelli  che  erano  dentro  »  (Amadi). 

h.  Amadi  153  ajoute  un  renseignement,  certainement  tiré  du  conte 
original  :  a  Messer  Philippo  de  Navarra  fece  una  canzone  al  soccorso 
de  Barutho  che  repplicava  sempre  in  fine  de  ogni  stanza  infranceze  : 
Dio  ci  presti  ta  nia  forza  et  vigore 
De  mantenir  con  rason  il  nostro  bene  et  il  nostro  honore.   » 

Le  conte  original  donnait  sans  doute  toute  cette  chanson. 

XC.  l'oy  dire  que  en  —  se  trova  en  Surie  (Acre  rétabli  d'après 
Amadi  ij^)  —  pot  vigourousement  —  cherestie  P. 
a.  Amadi  154  et  Bustrone  85  sont  un  peu  plus  explicites.  Texte 
d'Amadi  :  «  et  al  passar  che  el  signor  de   Cesaria  fece    da   Sur,  li 
Longobardi  ch'el  tenivano  del  signor   de  Saeto,  che  gli  el  rese  con 
ordine  de  l'imperator,   ussiteno  fora  et  li    feceno  a  resalto,  ma  lui 
defendendossi  li  dette  la  fuga  fin  dentro  a  le  porte   de  Sur,  et  poi 
scorseoltra  per  el  suo  camin.  »  —  Bustrone  donne  ces  mêmes  détails. 
XCL  rebuta  Ton  dedens  P  —  ces  devers  les. 
a.  Amadi  1 54  et  Bustrone  85  fournissent  ici  un  renseignement  que 
Philippe  de  Novare.  8 


114  \AKlANlhS    Kl     NOIKS    CKITIQUHS 

l'on  peut  considérer  comme  ayant  fait  partie  du  conte  original.  Le 
voici  d'après  Amadi  :  «  L'hoste  di  fora  allogiô  in  uno  loco  chiamato 
Rus,  assai  apresso  aile  mura  délia  terra.  » 

XCII.  armeùres  et  viande  P  —  par  tels  K  —  seignor  de  Sur 
(Arsuf  rétabli  d'après  Amadi  jy/,  et    Bus  trône  86)  —  valu  assés  R. 

XCIII.  tensa  son  père  —  il  ne  laissoit  entrer  —  corrousserent  de 
ce  que  il  y  entracent  —  tant  y  entra  —  mercierent  F  —  estoit  le  péril. 

XCIV.  Seaus  dou  chasteau  placé  à  la  fin  de  la  phrase^  après  lumi- 
naire —  savoient  ren  P  —  recuillirent  grant  joie  -  entresignes  P  — 
le  fis  dou  seignor  dou  Baruth. 

XCV.  mandèrent  son  fis —  respondirent  seùrement 

XCVI.  conseil  de  monseignor  de  Baruth  P  —  et  ses  enfans  l'en- 
norent  {cf.  R,  ^(ji)  —  comencement  P. 

XCVII.  se  tenoient  P  —  de  lyglize  que  Ion  apelle  laire  de 
levesque  de  lyglize  (peut-être  devrait-on  supprimer  aussi  le  premier  de 
l'yglise  ;  cf.  Amadi  i ^j)  —  fist  descorder. 

XCVIII.  et  fist  faire  — grant  salus  —  et  en  une  autre —  de  la 
remenbrance  estoit  escrite  —  ly  faisoit  volentiers  —  toutes  voyes 
(voies  P)  il  ly  fist  letres  —  faiUy  de  ceur. 

XCIX.  car  la  li  estoit  défendue  (voie  introduit  d'après  Amadi  rjÀ') 

—  parestre  R  ;  prestre  P  —  tornerent. 

C.  sen  party  devant  Baruth  — Cherines  fu prise  —  Triple  .ii.  sayties. 

a.  x\niadi  158  ajoute  :  «  et  capitanio  de  questi.  » 

b.  Au  lieu  de  :  «  et  il  li  toly  sa  niuete  »,  Amadi  159  et  Bustrone 
88  disent  que  le  prince  de  Tripoli,  pour  empêcher  les  Génois  de 
mettre  à  la  voile,  fit  enlever  les  gouvernails  de  leurs  navires  :  «  a 
le  quale  toise  li   temoni  per  non  si  partire  »  (Amadi). 

CI.  feroient  maire  —  le  preïsf  —  et  en  persone. 
(7.  Introduit  d'après  Amadi  159,  et  Bustrone  88. 

CIL  fu  soue  P  —  et  moût  ot  grant  pièce  esté  (Amadi  iS9  :  «  di 
che  n'hebbe  gran  pietà  »). 

CIII.  conseil  quy  P  —  parlé  a  Longuebars  —  et  donna  plus  beau 

—  encore  estoit  P. 

a.  Introduit  d'après  Amadi  159. 

CIV.  eschierement  —  dage  ;  et  fu  messire. 


b 


II,  \cii-cx  1 15 

CV.  estoyent  nuircnt  —  Cazal  Ybert  — ne  crut  mie  —  meaus  se 
defendyrent . 

CVI.  tout  nuit  se  combatirent  —  estoient  a  pié  les  uns  sur  les 
chevaus  sans  selle  {Amadi  160  :  u  tutta  la  notte  combatevano,  chi  a 
piedi,  chi  a  cavallo  »)  —  qui  navoit  lance  navoit  espée  {Amadi 
160  :  «  tali  senza  lanza  o  spada  »)  —  ceaus  de  galées  R  —  chevau- 
chures  P  —  sans  celés  R  —  aubalestree  P. 
11.  Amadi  160  ajoute  :  «  dil  che  se  inanimorno  i  Longobardi  et 
preseno.  »  Cf.  Bustrone89. 

CVll.  il  lescria  —  noserent. 

a.  Amadi  161  est  un  peu  plus  explicite  :  «  Et  corne  videno  el 
signor  de  Barutho,  si  disviorono  et  andavano  per  niezzo  li  terreni, 
per  vergogna  che  havevano  del  suo  scampar.   » 

h.  Amadi  161  et  Bustrone  89  racontent  cette  scène  avec  des  détails 
qui  pourraient  être  de  l'invention  du  premier .  Le  vieux  sergent  dit 
en  pleurant  :  «  Ah,  signor,  tutti  li  belli  vostri  figlioli  havete 
perso,  son  morti.  Al  quai  el  signor  de  Barutho  non  rispose,  anzi 
seguendo  quel  che  parlava,  fece  vista  di  non  haver  inteso  ;  et  quel 
servitor  repplicô  :  Signor,  a  voi  dico  che  li  vostri  figlioli  tutti  sonno 
morti.  Al  quale  respose  il  prudente  signor  de  Barutho  :  Signor 
vilan  cosi  convien  che  morano  i  cavaglieri,  deffendendo  le  persone 
et  honor  suo  «  (Amadi). 

CVllI.  montèrent  en  une  maison. 

CIX.  En  ce  tu  en  lan. 
(/.  Dans  les  Gestes,  ce  paragraphe  commence  ainsi  :  «  Après  ce  que 
Richars  ii  mareschaus  de  l'empereor  Federic  ot  donné  l'eschac  as. 
Chiprois  a  Cazal  Ymbert,  il  s'en  ala...  »  ;  phrase  empruntée  au 
Livre  de  la  Terre  Sainte,  XXXIII,  33,  et  que  je  remplace  par  la  leçon 
d'Amadi  162  \  i<  Li  Longobardi  andorono  a  Sur...  » 

ex.  avoit  lor  rendu  la  tour  P . 

a.  Le  ms.  de  Cérines  nomme  ces  deux  sœurs:  «  dameisele|s]  Marie 
et  Yzabeau  ».  C'est  un  emprunt  fait  par  le  compilateur  au  Livre 
de  la  Terre  Sainte,  XXXIII,  33. 

h.  Le  ms.  de  Cérines  ajoute,  au  sujet  de  Hernis  de  Gibelet  : 
«  que  le  sire  de  Baruth  avoit  laissié  cheveteine  de  la  terre,  qui  moût 


Il6  VARIANTES    KT    NOTES    CRITIQUES 

poy  i    mist    de    conseil   »  :  interpolation     d'après   le    Livre   de    la 
Terre  Sainte,  XXXIII,  33. 

c.  Le  ms.  de  Gérines,  au  sujet  de  cette  pénurie,  ajoute  :  qua  poi 
quil  ne  fu  perdu  par  soufraite  de  viande,  et  a  grant  mesaise  et  a 
grant  meschef  se  tindrent  tant  quil  furent  rescous  .)  ,  phrase  prise 
au  Livre  de  la  Terre  Sainte,  XXXIII,  33  . 

CXI.  Et  tout  plus —  dedens  caves.  Les  bergiers  et  lor  enfans  corne 
bergerons  — dont  il  ni  avoint  point. 
a.  Amadi  163  :  «  Girardo  de  Conches  ».  Bustrone  91  :  «Ghirardo 
de  Conches  » . 

CXII.  les  yglises  et  les  temples  (le  Temple  a  été  rétahli  d'après 
Amadi  16 ^  et  Bustrone  ^f)  —  car  lor  galees. 

CXIII.  le  plus  mortels, 

CXIV.  seignor  dage  —  et  as  Jenevès  pour  franchise  —  et  sen 
plainst  —  la  navie  le  roy  et  quant  —  les  Longuebars  estoient  venus 
au  port  daccre  (j'econstituè  d'après  Amadi  164)  —  requeroyent  — 
abatu  le  chasteau  (corrigé  d'après  Amadi  164), 

a.  §  180  supprimé. 

b.  Au  lieu  de  ce  début  de  phrase,  on  lit  chez  Amadi  163  :  ^Œt  simiL 
mente  el  signor  de  Barutho,  ch'era  ben  voluto  da  quelli  del  paese, 
radunô  quanti  ne  pote  haver  et  per  amicitia  et  per  soldo.  Et  poi 
andô...»  —  Bustrone  n'a  pas  cette  incise.  — -Je  doute  que  le  membre 
de  phrase  :  «  si  come  le  conte  a  dit  sa  en  ariere  »,  qu'on  ne  trouve 
ni  chez  Amadi  ni  chez  Bustrone,  figurât  dans  l'original.  Je  ne  me 
•crois  pas  cependant  autorisé  à  le  supprimer,  des  rappels  analogues  se 
rencontrant  en  d'autres  endroits  (voy.  par  exemple  aux  §§  GXVIII, 
CXLIII,  GLXV)  ;  il  est  vrai  qu'ils  y  paraissent  mieux  justifiés. 

CXV.  dedens,  quil  semenoient  (quelque  herbe  introduit  d'après 
Amadi  164)  —  faissant  le  servize. 

a,  Amadi  164  intercale  ici  :  «  Da  le  quai  parole  il  signor  de  Barutho 
se  acQrse  che  non  dispiaceva  al  patriarca  che  tollesse  li  salandres  vas- 
selli.  »  —  Bustrone,  qui  résume  très  brièvement  cet  épisode  (pp.  91- 
92),  d'après  Amadi  probablement,  n'a  pas  reproduit  cette  phrase, 
qui  ne  mé  paraît  pas,  d'ailleurs,  être  de  Philippe. 

b.  Àmàcii  164  ajoute  un  détail  :  u  si  mosseno  de  li  con  li  Geno- 
vesi  et  alcuni  altri  Polani.  »  De  môme  Bustrone  92. 


Il,  cxi-cxviii  117 

C^XVl.  onquc  lor  vaisseaus. 

(/.  Dans  les  Gestes,  ce  paragraphe  commence  ainsi  :  «  Le  roy 
Henry  et  li  Chiprois  qui  o  luy  estoyent  chargèrent  lor  hernois  es 
vaisseaux  et  montèrent  sus  »,  phrase  empruntée  au  Livre  de  la 
Terre  Sainte,  XXXIII,  34.  Je  la  remplace  par  la  leçon  d'Amadi 
164  :  «  Et  si  partirono  de  Acre  al  suo  viazo.  » 

h.  Le  passage  des  Chiprois  à  Saete  n'est  signalé  ni  par  Amadi  ni  par 
Bustrone  ;  mais  on  en  trouve  la  mention  dans  le  Livre  de  la  Terre 
Sainte,  1.  XXXIII,  ch.  34  ;  et,  quoique  les  termes  employés  ne 
soient  pas  les  mêmes  dans  le  Livre  et  dans  1rs  Gestes,  il  n'est  pas 
impossible  que  le  compilateur  des  Gestes  ait  emprunté  au  Livre  le 
détail  en  question,  car  il  y  a,  pour  cette  partie  du  récit,  d'autres  ren- 
contres entre  les  deux  textes  (c[.  le  début  du  §  182  des  Gestes  avec 
le  début  du  ch.  34  du  l.  XXXIII  du  Livre  de  la  Terre  Sainte).  — 
Amadi  et  Bustrone  font  passer  le  roi  Henri  et  les  Chyprois  directe- 
ment de  Sur  à  la  Grée,  où,  selon  eux,  Balian  d'Ibelin  et  Jean  de 
Foges  auraient  rejoint  l'armée,  alors  que,  suivant  les  Gestes^  ils  l'au- 
raient rejointe  à  Saete. 

c.  La  lacune  que  nous  indiquons  n'est  pas  figurée  dans  le  ms. 
Peut-être  y  avait-il  là  un  renseignement  sur  Balian,  seigneur  de 
Saete,  neveu  de  Jean  d'Ibelin. 

CXVII.  Dou  port  de  Saete  celèrent. 
a.  Amadi  165  et  Bustrone  92  ajoutent  un  épisode  à  propos  de 
l'espion  envoyé  par  les  Chiprois  pour  reconnaître  la  situation  des 
Lombards.  J'en  emprunte  le  récit  à  Amadi,  qui  l'a  probablement 
inventé  :  «  Un  scudiero  domandô  a  la  spia  se  li  inimici  erano  assai, 
et  monsignor  de  Barutho  respose  inmediate,  avanti  che  la  spia 
aprissela  bocca,et  disse  :  A  noiconvien  saver  dove  sonno  li  inimici, 
et  non  quanti  sonno  ;  perché  il  combatter  è  la  nostra  salvation,  et 
noi  dovemo  haver  fede  al  Signer  nostro  et  a  la  rason  che  è  da  canto 
nostro,  per  li  oltragii  fatine,  che  Iddio  si  aiuterà.  » 

CXVIII.  vint  de  Famagouste  —  darmeiires  car  il  -  u"^  chevau- 
chures  en  lor  P. 

a.  Amadi  165  :  «  ducento  et  ventitre  ».  —  Bustrone,  comme  les 
Gestes  y  donne  le  chiffre  de  233  chevaux. 

h.  Amadi  165  et  Bustrone  92  ajoutent  un  détail,  que  je  transcris 


Il8  VARIANTES    ET    NOTES    CRITIQUES 

d'après  Amadi  :  «  ...ducento  et  ventitre  cavaglieri  quali  havevano 
li  soi  cav^alli  solamente  ;  et  li  conveniva  portar  le  coverte  et  le  arme 
sue  apese  in  li  arcioni,  se  non  volevano  semprc  caminar  armati, 
exceptuando  alcuni  gran  maestri  che  havevano  tre,  quatro  animali, 
li  quali  ne  erano  rarissimi.  » 

CXIX.  roches  qui  sont  —  la  ou  estoit  laigue. 
a.  Amadi  i66  et  Bustrone  93  sont  un  peu  plus  explicites  au  sujet 
de  cette  île.  Voici  le  texte  d' Amadi  :  «  ch'è  fora  del  porto  de 
Famagosta,  quai  ha  poccissima  aqua  ».  Les  éditeurs  des  Gestes,  dans 
le  Rec.  d,  hist.  à.  crois.,  ont  introduit  ce  passage  dans  le  texte,  en  le 
traduisant  ainsi  :  «  defors  le  port  de  Famagouste  ou  il  a  pou  d'aiguë  ». 
Peut-être  ont-ils  eu  raison  de  le  considérer  comme  appartenant  à 
l'œuvre  de  Philippe  ;  mais  il  n'est  pas  nécessaire  au  sens. 

CXX.  descendirent  li  Choprois  P  —  et  corut  a  un. 
a.  Amadi  166  et  Bustrone  93  ajoutent  :  «  tre  hore  avanti  giorno.  » 

CXXI.  la  Candare  par  les  P  —  la  Gandare  et  la  tour. 

CXXII.  fina  as  cheveteines  —  Guillaume  de  Loure  {Amadi  166  : 
«  Guielmo  del'  Orto  )>)  —  donna  a  Jenevès  —  Et  la  fu  tenu  — 
moty  ;  le  don . 

a.  Introduit  d'après  Amadi  166. 

b.  Amadi  167  ajoute  à  propos  de  la  juridiction  dont,  aux  termes 
du  traité,  devaient  relever  les  Génois  :  «  De  li  casi  accadendo  i 
Genovesi,  alcuno  volse  che  il  processo  fosse  formato  et  diligente 
convinto  per  la  corte  di  Genovesi,  et  poi  terminato,  che  fosse  con- 
dennato  per  la  corte  real,  secondo  el  processo  et  examen  délia 
corte  di  Genovesi.  Dete  etiam  al  comun  de  Genovesi  case  a  Fama- 
gosta ;  et  a  Limisso  li  dette  la  terre  che  è  a  la  marina  et  case;  U 
dete  etiam  un  casale  chiamato  Despoire,  al  territoriode  Limisso...  » 

c.  Amadi  167  ajoute  :  «  che  erano  xxii  »  ;  détail  conforme  d'ail- 
leurs à  une  indication  fournie  plus  haut  par  Philippe  même  (cf. 
§CV). 

CXXIII.  et  iist  grant —  ja  as  airs. 
CXXIV.  que  par  une  petit  R\  que  une  petit  P. 
a.  A  la  place  de  la  phrase  entre  crochets,  que  j'intercale  diaprés 
Amadi  168,  les  Gestes  tn  ont  une  autre,  que  le  compilateur  a  emprun- 


Il,    CXIX-CXXVI  I  19 

tôe  à  peu  près  mot  pour  mot  au  IJvre  de  la  Terre  Sainte ,  XXXIIl, 
:;4  (éd.  de  TAcadémic,  p.  400)  :  «  Si  tost  corne  Richart  Philanger, 
qui  estoit  mareschal  de  l'cmpereor  Fedcric,  sot  que  les  Chiprois 
nprochoient,  il  et  toute  sa  gent  guerpirent  la  ville  de  Nicossie,  et 
aicrent  herberger  par  les  montaignes,  en  une  avalée  d'un  pas  qui  est 
en  haut  sur  le  chemin  par  ou  l'en  vait  de  Nicossie  a  Cherines,  et  yleuc 
se  tindrent. -»  —  Le  texte  d'Amadi  porte  :  «  Li  Longobardi  aban- 
donorono  la  terra  et  andorono  ad  allogiar  in  una  valle  tra  doe  mon- 
tagne alte,a  la  strada  de  Cerines.  »  Bustrone  94  dit  comme  Amadi. 

CXXV.   Le  seignor  ne  donna  garde  quil  estoit — retrais  et  aparu. 

a.  Les  Gestes  portent  :  «...  de  Nicossie,  celuy  jour  meïsmes  que  il 
vindrent.  »  Ces  six  derniers  mots  paraissent  être  un  emprunt  au 
Livre  de  la  Terre  Sainte,  XXXIIl,  34.  Ils  ne  figurent  ni  chez  Amadi 
ni  chez  Bustrone. 

h.  Les  Gestes  donnent  le  nom  de  ce  lieu  :  «  qui  a  nom  le  Trahona  »  : 
il  n'est  indiqué  ni  par  Amadi  ni  par  Bustrone  et  paraît  être  un  em- 
prunt au  Livre  de  la  Terre  Sainte^  XXXIIl,  34. 

CXXVI.  les  Chiprois  desiroient  la  bataille  —  des  Longuebars  a 
la  Gride. 

a.  Les  Gestes  ajoutent  :  «  tout  droit  a  .xv.  jors  de  juing  »,  détail  que 
ne  fournissent  ni  Amadi  ni  Bustrone  et  qui  paraît  être  un  emprunt  au 
Livre  de  h  Terre  Sainte,  XXXIIl,   34. 

h.  Les  Gestes  ajoutent  :  «  et  chevauchèrent  (cheaucherent  P)  pour 
aler  vers  la  ou  leur  enemis  estoyent  »,  renseignement  que  ne  donnent 
ni  Amadi  ni  Bustrone,  et  qui  paraît  être  un  emprunt  au  Livre  de  la 
Terre  Sainte,  XXXIIl,  34. 

c.  A  la  place  de  la  phrase  entre  crochets,  que  j'introduis  d'après 
Amadi  168-169,  les  Gestes  ont  :  «  Si  alerent  tant  que  il  vindrent  près 
dou  cazal  que  l'on  nome...  »,  passage  emprunté,  semble-t-il,  au 
Livre  de  la  Terre  Sainte,  XXXIIl,  34. 

(/.  Les  Gestes  ajoutent  :  «  si  que  une  partie  de  leur  bernois  et  de 
leur  sergens  a  pié  s'estoient  ja  mis  au  dit  cazal,  et  li  autre  venoyent 
après  »,  membre  de  phrase  qui  ne  figure  ni  chez  Amadi  ni  chez  Bus- 
trone, et  que  le  compilateur  a  probablement  emprunté  an  Livre  de  la 
Terre  Sainte,  \XYA\l,^^,. 


I20  VARIANTES    ET    NOTES    CRITIQUES 

CXXVIÎ.  A  cel  houre. 
a.  Nous  supprimons,  en  tète  de  ce  paragraphe,  un  membre  de 
phrase  emprunté  au  Livre  de  la  Terre  Sainte,  XXXIII,  34  :  «  Quant 
les  Chiprois  virent  ceaus  de  Puille  dessendre  contreval  le  pas,  les 
escheles  devisees,  chascune  eschele  a  son  cheveteine,  tous  aprestés 
a  la  bataille...  »  Chez  Amadi  169,  on  lit  :  «  Et  quando  [li  Longo- 
bardi]  comminciorono  a  descender  con  tanta  moltitudine  corne 
erano,  el  signor  de  Barutho...  »  Il  serait  donc  possible  que  le  texte 
original  du  conte  portât  :  «  Et  quant  les  Chiprois  virent  les  Longue- 
bars  descendre  en  si  grant  multitude  come  il  estoient,  le  seignor  de 
Baruth...  » 

CXXVIII.  Le  ins.  de  Cérines  répète  deux  fois  les  mots  :  et  il  li  dist  : 
De  par  Deu  !  Mais  il  le  fist  autrement.  »  —  Robert  de  Mauneni 
{Amadi  lyo  et  Bustrone  ^j  :  Roberto  Mameni). 
a.  Nous  avons  dû  modifier,  à  l'aide  d' Amadi  170,  le  début  de  ce 
paragraphe,  dont  le  texte,  dans  le  manuscrit,  est  le  suivant  :  «  Il  esta- 
bli  cheveteine  de  la  première  bataille  sire  Hue  son  fils,  et  sire  Anceau 
de  Brie  en  la  seconde,  et  sire  Bauduyn  d'Ybelin  en  la  tierce,  et  le 
jeune  seignor  de  Cezaire  en  la  quarte,  et  fu  en  Tarière  garde,  car 
plus  n'i  ot  ».  Ce  texte, en  effet,  ne  s'accorde  pas  avec  la  suite  du  récit 
où  Ton  voit  Hue  d'Ibelin  et  Anceau  de  Brie  figurer  ensemble  dans 
la  première  échelle  ou  bataille.  —  D'après  Bustrone 94,  apparemment 
fautif,  il  y  aurait  eu  seulement  trois  échelles. 

CXXIX.  il  peùst  eschaper. 
a.  A  la  place  de  la  phrase  entre  crochets,  que  j'introduis  d'après 
Amadi  170  et  Bustrone  95,  les  Gestes  en  ont  une  autre  que  le  compi- 
lateur a  empruntée  au  Livre  de  la  Terre  Sainte,  XXXIII,  35  :  «  Si 
tost  con  li  Chiprois  conurent  que  la  première  eschele  des  Longue- 
bars  venoient  por  combatre  o  eaus,  si  s'apresterent  et  adrecierent 
vers  eaus,  et  s'aprocherent  tant  que  il  hurterent  ensemble  ».  —  Le 
texte  d'Amadi  est  celui-ci  :  «  Et  come  l'antiguardia  de  la  prima 
schiera  di  Longobardi  se  aproximô  a  la  schiera  del  monsignor  de 
Barutho  et  del  re. . .  » 

CXXX.    court    tout    outre  —   chassant  —  Justizier    toutes  les 
eschieles  eschiver. 


Il,  CXXVII-CXXXIl  121 

(i.  «  Galtier  de  Manepian  ».  chez  Amadi  170  et  Bustrone  96. 
h.  «  tornavano  verso  Ao^ridi  »,  dit  Amadi  170.    Bustrone  omet  ce 
membre  de  phrase. 

CXXXI.  maisnie,  que  tous. 
a.  Amadi  171  :  «  remontar  »;  Bustrone  97  :  «  agiutare  ». 

CXXXli.  et  moût  estoient  grant  gens. 

a.  Amadi  171  :  u  batter  ne  prender  ».  Bustrone  97  :  «  batter  o 
vincer  ». 

h.  Après  les  mots  «...  grans  gens  »,  nous  supprimons  du  texte  des 
Gestes  une  phrase  qui  ne  figure  ni  chez  Amadi,  ni  chez  Bustrone,  et 
qui  est  un  emprunt  au  Livre  de  la  Terre  Sainte,  XXXIII,  35  :  «  Et 
une  chose  i  ot  quy  moût  aida  as  Chiprois,  de  ce  qu'il  avoi'ent  ser- 
gens  a  pié,  dont  il  avint  que  quant  un  de  luer  chevaliers  estoit  aba- 
tus,  que  ly  sergens  le  relevoiem  et  le  remontoyent  a  cheval,  et 
quant  un  des  autres  chevaliers  longuebars  estoit  abatus,  pié  stant 
l'ocyoîent  ou  le  menoyent  pris  ;  et  par  ce  y  ot  moût  ocis  et  pris  de 
ceaus  de  Puille  en  celé  bataille  ». 

c.  La  phrase  entre  crochets  a  été  introduite  d'après  Amadi  171.  Le 
ms.  des  Gestes,  après  les  mots  :  «  en  celé  bataille  »  (cf.  la  fin  de  la 
note  précédente),  continue  :  «  et  des  Chiprois  n'i  ot  ocis...  » 

d.  A  la  place  de  :  «  estoit  né  de  Lombardie  »,  que  nous  introdui- 
sons d'après  Amadi  171,  les  Gestes  portent  :  «  avoit  nom  Serge  et 
estoit  né  de  Toscane  »,  détail  qui  y  a  été  introduit  d'après  le  Livre 
de  la  Terre  Sainte,  XXXIII,  35,  apparemment. 

e.  Les  Gestes  ajoutent  :  «  Et  de  ceaus  de  Puille  y  ot  ocis  plus  de  lx 
chevaliers  et  pris  bien  XL  »  ;  passage  emprunté  au  Livre  de  la  Terre 
Sainte,  XXYAll,  35. 

/.  En  intercalant  ici,  d'après  Amadi  171- 172,  ce  détail  sur  la  cause 
de  la  mort  du  chevalier  lombard,  nous  commettons  une  infraction 
à  la  règle  que  nous  nous  étions  imposée  de  ne  point  introduire  dans 
le  texte  des  G^5/^5  des  passages  empruntés  aux  chroniques  chypriotes, 
sauf  dans  le  cas  où  le  sens  l'exigeait.  Mais  ce  détail  est  si  topique 
qu'il  ne  semblera  pas  téméraire  de  le  considérer  comme  ayant  fait 
partie  de  l'œuvre  originale.  La  leçon  d' Amadi  est  :  «  et  la  sua  lin- 
gua  haveva  de  longobardo,  et  non  sapeva  cridar  l'insegna  del  re 
Falen^a  et  crido  Ballen:(a  ;  et  perô  fu  morto,  credando  che  lui  era 
longobardo  ».  —  Bustrone  a  négligé  de  rapporter  l'incident. 


122  VARIANTES    H'I     NOTES    CRITIQUES 

<^'.  Les  paragraphes  191  à  194  des  Gestes,  que  nous  supprimons, 
reproduisent  presque  textuellement  le  récit  contenu  dans  le  Livre  de 
la  Terre  Sainte  (XXXlll,  ch.  35  à  37)  ;  ils  racontent  la  déroute  finale 
des  Longuebars,  leur  fuite  vers  Cérines(§  191),  la  retraite  de  Richard 
Filangier,  leur  chef,  en  Arménie  puis  à  Tyr  (§  192),  le  siège  et  la 
prise  de  Cérines  par  le  roi  Henri  (§  193),  enfin  la  mort,  dans  Cérines 
assiégé,  de  la  reine  Aalis,  femme  de  ce  roi  (§  194).  Ils  ne  figuraient 
sans  doute  pas  dans  le  conte  original  de  Philippe  et  ils  y  ont  été 
introduits  par  un  interpolateur.  A  la  place,  on  trouve  chez  Amadi 
172,  le  passage  suivant,  qui  représente  probablement,  au  moins  en 
partie,  le  texte  de  Philippe  et  que  nous  renonçons  à  introduire  dans 
notre  édition,  sous  forme  de  traduction,  en  raison  de  sa  longueur  : 
«  Li  Longobardi  furon  venti  ;  el  suo  capitanio  messer  Ricardo,  che 
chiamavano  baiulo,  erainla  retroguardia  et  haveva  secco  li  cavaglieri 
cyprioti  ch'erano  de  la  sua  parte,  zoè  messer  Almerico,  messer  Cha- 
merin  et  messer  Hugo  de  Ziblet  con  li  soi  seguaci  ;  il  quale  com- 
parse troppo  tardi  et  dubiosamente,  et  si  dice  che  non  ferite  più  de 
un  colpo  de  maza  et  poi  si  tornô  in  drio  ;  et  tutti  gli  altri  commin- 
ciorono  a  fugire.  Chi  volesse  dir  tutte  le  cose  intravenute  in  quella 
battaglia  da  l'una  et  da  l'altra  parte  haverave  troppo  da  fare  ;  ma,  in 
conclusione,  per  voluntà  del  nostro  Signor,  li  Longobardi  furonorotti 
del  tutto,  et  buttato  il  suo  grande  orgoglio  ;  molti  fu  morti  et  fcriti 
et  assaissimi  presi  ;  et  li  soi  gran  cavalli  che  havevano  li  parevano 
assai  leggieri,  et  non  valevano  niente  al  suo  bisogno.  Molti  anche 
di  loro  scamporono,  et  la  via  arida  et  petrosa  li  aiutô  che  non  se  li 
poteva  acostar  ;  ma  se  fusseno  stati  in  loco  spacioso  et  piano  sarian 
sta  presi  et  morti  tutti  i  Longobardi  ;  et  quelli  che  fugivano  si  redu- 
seno  a  Cérines.  »  — Ce  passage  a  été  abrégé  par  Bustrone  97-98. 

CXXXIII.  lors  fors  R  —  Après  estoyent  receté,  h  ms.  ajoute  :  et 
les  sergens  qui  estoient  receté;  puis,  il  poursuit  :  et  les  sergens  qui 
estoyent  au  siège ...  ;  bourdon  d^un  copiste. 

a.  Dans  le  texte  desGe5/é^5,ilya,  après  le  mot«  chassierent»,  l'incise 
suivante  :  «  si  con  vous  avés  oy  dire  devant  »,  que  je  laisse  de  côté 
comme  ne  figurant  ni  chez  Amadi  ni  chez  Bustrone,  et  qui  n^était  de 
mise  en  cet  endroit  qu'en  raison  de  la  longue  interpolation  formant 
les  §§  191-194,  interpolation  supprimée  dans  la  présente  édition. 

/;.  Amadi  172  :  c  Blessia  »  ;  Bustrone  98  :  «  Blesia  ». 


Il,  cxxxui-cxxxvii  125 

CXXXIV.  soue  gent  lor  corurent. 
CXXXV .  cstoyent  foies  —  les  avés  oï. 
d.  Introduit  d'après  Amadi  172. 

CXXXVI.  XII  galees  (xxii  galées  é^5/  rétabli  d'après  Amadi  ij]; 
voir  aussi  plus  hauty  §  CV)  —  dont  estoii  chevetaine  P  —  a  lors 
galees  R  —  Amauri  de  Bethsan  P. 

a.  Ce  dernier  renseignement  :  «  En  Hermenie  ot  assés  de  malades 
et  de  morsd'eaus  »,  manque  chez  Amadi,  mais  se  trouve  chez  Bus- 
trone  98-99.  11  peut  avoir  été  interpolé  d'après  le  Livre  de  la  Terre 
Sainte,  XXXIII,  36. 

/'.  Introduit  d'après  Amadi  174. 

CXXXVII.  a.  A  ce  récit  de  la  mort  de  la  reine  de  Chypre,  que 
j'introduis  ici  en  le  traduisant  d'Amadi  174,  les  Gestes  en  ont  substi- 
tué un  autre,  qu'ils  ont  emprunté  presque  entièrement  au  Livre  de  la 
Terre  Sainte,  XXXIII,  37,  et  qu'ils  ont  placé  plus  haut  (§  194),  à  la 
Nuite  d'un  autre  passage  tiré  également  du  Livre  de  la  Terre  Sainte^ 
et  où  il  est  parlé  du  siège  de  Cérines  (cf.  ci-dessus,  p.  122).  Mais,  dans 
le  conte  de  Philippe,  la  relation  de  la  mort  de  la  reine  de  Chypre  ne 
pouvait  pas  occuper  la  place  que  lui  ont  donnée  les  Gestes,  attendu 
qu'à  cet  endroit  Philippe  n'avait  encore  rien  dit  du  siège  de  Cérines. 
—  Voici  le  texte  italien  :  «  La  moglie  del  re  era  dentro,  che  si  chia- 
mava  la  regina  Longobarda,  perché  l'haveva  data  l'imperator,  etlei 
tegniva  da  la  parte  di  Longobardi  ;  la  quai  morite  là  dentrô  ;  et 
quando  fu  morta,  fu  portata  di  fora,  et  ditto  che  quella  era  la  regina 
et  era  morta.  El  re  et  el  signor  de  Barutho  la  recevetenoetli  spiacque 
délia  sua  morte,  laquai  feceno  portar  a  Nicossia  honoratamente  da 
cavaglieri,  che  la  portavano  in  spale  a  piedi  ;  et  poi  feceno  venir  la 
procession  et  tutto  el  populo  de  Nicosia  incontra,  et  acompagnarla  fin 
dentro  a  la  madré  chiesia  de  Nicossia,  dove  fu  sepolta.  Da  poitorno- 
ron  il  re  et  il  signor  de  Barutho  al  assedio  de  Cérines  et  messeno 
grandissimo  slorzo  ».  Bustrone  99  a  placé  ce  récit  au  même  endroit 
qu' Amadi.  —  Il  sera  à  propos  de  transcrire  ici  le  §  194  des  Gestes. 
Je  place  entre  crochets  les  quelques  passages  qui  ne  figurent  pas  dans 
le  Livre  de  la  Terre  Sainte  :  «  En  tant  com  li  sièges  estoit  devant 
Cherines,  la  reyne  Aalis,  feme  le  roy  Henry  et  fille  le  marquys  de 


124  VARIANTES    ET    NOTES    CRITIQUES 

Monferat  [qui  s'apeloit  Longuebarde  por  ce  que  l'empereor  li  avoit 
donné],  elle  s'estoit  mise  dedens  Cherines  o  ceaus  de  Puille  et  au 
coumandement  de  l'empereor  ;  et  se  coucha  malade  d'une  maladie 
dont  elle  moruth.  Quant  elle  fu  trespacee,  ceaus  qui  estoyent  dedens 
(Cherines  l'atornerent  si  con  l'on  doit  atorner  reyne,  puis  firent 
demander  fiance  d'envoyer  un  home  parler  au  rey.  Cil  qui  ot  la 
fiance  vint  au  roy,  et  li  dist  que  sa  feme,  la  reyne,  estoit  trespassee 
de  cest  siècle,  et  que  ceaus  quy  estoyent  dedens  li  mandoyent  que, 
se  il  li  plaisoit,  que  ï\  la  feïst  [prendre  et  enterrer  si  com  il  afiert  a 
reyne,  et  que  il  en  feïst  si  come  de  sa  feme.  Li  roys  s'i  assenti,  et 
furent  données  trives  que  l'en  ne  traisist  ni  lansast,  defors  ni  dedens, 
tant  que  la  reyne  fust  portée  a  la  herberge  le  roy.  Lors  la  mirent 
ceaus  de  Cherines  forsdou  chasteau,  et  ceaus  de  la  herberge  dou  roy 
la  resurent,  et  fu  portée  a  Nicossie  a  grant  compaignie  [par  la  main 
des  chevaliers  tout  a  pié],  et  fu  enterrée  honoreement  en  la  mère 
yglise  de  Sainte  Soufie,  et  l'enierra  Tarcevesque  Estorgue.  » 

CXXXVIIL  ses  homes  liges  quy  P  —  fu   en  âge  —   lavoi  servy 

—  et  une  autre  nuef/?. 

a.  Amadi  174-175  ajoute  ici  les  noms  de  tous  les  hommes  liges  du 
roi  qui  furent  privés  de  leurs  fiefs,  alors  que  les  Gestes  ne  nomment 
que  Heimery  Barlais,  Amaury  de  Bethsan  et  Hue  de  Gibeleth  : 
«  Questi  sonno  li  nomi  di  coloro  che  furon  desheredati  :  Chamerin 
Barlas,  Almerico  di  Bessan,  Hugo  de  Ziblet,  Philippo  Genardo,  Hugo 
Zaboc,  Hugo  de  Mare,  Rinaldo  de  Zamberlan,  HugoetBeltran  Por- 
cellet,  quelli  de  Creissi  de  Thabor,  quelli  de  Carpasso,  quelli  de  la 
Messaria .  Gavan  morite  in  la  prima  battaglia  et  Zacco  de  Rivet  da 
poi,  et  perô  non  furon  loro  exheredati  ».  11  se  peut  que  ce  renseigne- 
ment provienne  d'une  autre  source  que  le  conte.  Il  ne  figure  pas 
chez  Bustrone. 

h.  Amadi  175  ajoute  :  «  Mentre  erano  de  qui  et  davano  grandis- 
simo  favor  et  conforto  a  quelli  de  Cerines  et  gran  spe;  ma  da  poi 
partitossi  per  andar  al  imperator,  come  piacqne  a  Dio,  venero  xiii 
gallie. 

CXXXIX.  engins,  perieres  —  dehors  et  dens  —  y   avoit   daba- 
lestiersi^  —  dedens  le  chasteau  de  fust  qui  ardoit  —  ratirent  arieres 

—  y  ot  des  chevaliers  R. 


II,   CXXXVJII-CXLIX  125 

CXL.  dehors  et  ociroyent  —  messyre  Anceau  de  Brie  qui  estoit 
—  eschargaitie  a  iagait  —  traioit. 
a .  A  la  place  de  :  «  quant  l'ost  seroit  plus  eschery  »,  on  lit  chez 
Amadi  175  :  «  quando  l'exercito  de  fora  fosse  disarmato  et  stantato, 
porche  spesso  andavano chiqua  chi  là  »  ;  et  chez  Bustrone  100  :  «  corne 
H  cavalieri  Ciprioti  si  fusseno  disarmati,  o  vera  andati  a  Nicosia  ». 

CXLI.  pour  aubalestiers  et  avoit  garnison  —  mena  Phelippe  de 
Nevaire  quy  (qui  P)  le   prist  auci  autres  faiseors  daubalestiers  qui 
(quy  P)  estoyent  homes  liges  le  roy  et  concetent  (tnembre  de  phrase 
corrigé  d'après  Amadi  ijô^et  Bustrone  100). 
il.  Introduit  d'après  Amadi  176. 

CXLIl.  Anceau  de  Bies  —  careau  de  daubalestre  —  et  le  geta  — 
ot  seigna  —  trespassa  les  seignor —  orrés  et  cornent. 
a.  Amadi  177  :  «  el  suo  rugiante  lion  »  ;  Bustrone  100  :  <'  il  mio 
eone  ruggiante  ». 

CXLIIL  cuidirent  —  ceaus  dedens  senbatirent. 

CXLIV.  assaillit. 

CXLV.  suervise  a  afaire  R  —  quy  qui  un  de  ces  jors  —  dedens 
que  nous  P. 

CXLVI.  levesque  de  Ciete  —  loyaument  a  luy  P. 
a.  §§  203  et  204  supprimés. 

/'.  Les  mots  «  il  n'i  ala  »,  manquant  au  ms.  de  Cérines,  ont 
ôté  introduits  par  conjecture,  le  texte  d' Amadi  178  et  celui  de 
Bustrone  ici  ne  pouvant  être  utilisés  pour  combler  la  lacune,  parce 
qu'ils  ne  s'accordent  pas  exactement  avec  le  début  de  la  phrase 
des  Gestes.  Amadi  :  «  L'imperator  intese  le  nove  et  non  mandô  soc- 
corso  alcuno  o  fuste,  perché  non  haveva  il  modo  o  perché  non 
voleva,  non  si  sa  ».  —  Bustrone  dit  à  peu  prés  la  même  chose  en 
moins  de  mots. 

CXLVII.  levangelier  fu  prensent  R  —  afaire  et  entendy  —  can- 
pane  P  —  Saint  André  le  sot. 
d.  Amadi  179,  et  Bustrone  102,  ajoutent  :   «  et  una  gran  parte  di 
Genovesi  ». 

GXLVIII.  chapele  ;  et  le  seignor  P —  connestable  R. 
CXLIX.  l'empereor,  enqueles. 


I2é  VARIANTES    ET    NOTES    CRITIQUES 

CL.  il  se  repente  —  requiert  que  vous. 
a.  Introduit  d'après  Aniadi  i8o. 

CLl.  richignant  —  de  sers  grans  (Amadi  i8o  :  cervi  grassi)  — 
court  nen  entreroit. 

CLII.  por  Deu  il  venist. 

CLIII.  maihnee  le  sert  prist  et  cist  —  mager  de  luy  —  effrees 
—  lechiere  —  miege  mostrerent. 

CLV.  le  serf,  que  l'on  juge  —  poin  de  cuer  —  veuill  R  —  mes- 
chance  estre  —  eusse  pooir  nienfans. 

CL VI.  a.  L'édition  de  l'Académie  724  a  corrigé,  en  s'inspirant 
d'Amadi  182  et  de  Bustrone  105  :  «  et  il  l'avoient  seù  dou  baill  de 
Sur  ;  si   se  pansèrent  de  finer  ».  (]ette  correction  ne  s'impose  pas. 

CL  VIL  à  Acre  les  prisonniers  R 

a.  Amadi  182  ajoute  :  «  li  ricevete  por  il  re  et...  ».  Bustrone  105 
donne  ce  même  détail. 

/;.  Amadi  182  ajoute  que  ces  prisonniers  étaient  au  nombre  de 
cinquante  :  c  quelli  50  presoneri  ». 

c.  Introduit  d'après  Amadi  182. 

CLVIIL  toutes  le  gens  i?  —  pas  a  tort  tais. 

ti.  Les  §§  2 10 et  211  contiennent  des  notes  de  caractère  annalistique 
que  je  supprime.  Celle  qui  forme  le  §  211  rappelle  la  part  prise,  en 
1236,  par  le  sire'  de  Baruth  et  son  neveu  Jean,  seigneur  de  Césarée, 
au  siège  du  château  de  Montferrand,en  Syrie.  Elle  figure  aussi  chez 
Amadi.  J'hésite  cependant  à  croire  qu'elk  appartienne  à  l'œuvre 
originale  de  Philippe.  Le  contenu  peut  avoir  été  emprunté,  par  le 
compilateur,  au  Livre  de  la  Terre  Sainte^  XXXIIl,  38-39,  et  aux 
Annales  de  Terre  Sainte  {Archives  de  V Orient  latin,  t.  II,  p.  439). 

h.  J'emprunte  à  Bustrone  105  la  phrase  mise  entre  crochets.  A  la 
place,  le  compilateur  des  Gestes  se  référant  à  la  date  des  événements 
rapportés  au  §  211  met  simplement  :  «  En  celuy  an  ».  —  Amadi  ne 
fournit  aucune  indication  chronologique. 

c.  Amadi  183  et  Bustrone  105  sont  un  peu  plus  explicites  quant 
aux  dispositions  prises  par  Jean  d'ibelin  avant  sa  mort  :  Voici  le 
texte  d'Amadi  :  <(  Ha  pagato  tutti  H  soi  debiti  dal  suo  mobile  che 
non  era  pocco,  oltra  il  credito  che  haveva  con  molti  ;  ha  dispensato 


Il,    CL-CL\i  127 

iLiitoil  suo  mobile  et  stabile  non  feudale  a  poveri  deChristoet  per 
l'anima  sua  di  sua  man  con  bona  memoria .  » 

CLIX.  gens  dou  pais  P  —  commanda  spiritum  P. 
a.  Amadi  184  ajoute  :  «  imperochèegli  fu  assai  bon  homo  con  Dio 
et  con  el  niondo,  et  ïqcc  nel  suo  fine  bona  memoria  et  grande  emen- 
datione  ». 

CLX.  Les  Longuebars    quy  estoyent  a  Sur  —  sa   mère  et  estoit. 

a.  Les  §§213  à  220  des  Gestes  contiennent  le  récit  des  croisades 
de  Thibaut  de  Navarre  et  de  Richard  de  Cornouailles,  et  quelques 
notes  annalistiques,  le  tout  emprunté  par  le  compilateur  au  Livre 
de  la  Terre  Sainte  et  autres  sources.  Nous  les  avons  supprimés. 

h.  Dans  les  Gestes^  ce  paragraphe  commence  ainsi  :  «  Ci  endroit 
vous  dirons  aucunes  choses  des  gens  de  l'empereor  Federic  qui 
estoyent  a  Sur  »  ;  annonce  introduite  par  le  compilateur  dans  le  récit 
de  Philippe,  en  raison  de  la  longue  interpolation  étrangère  à  ce  récit 
(jui  forme  les  §§  213  à  220. 

CLXI.  si  se  jornerent  —  Bauduin  P  —  estoit  a  Sur  (jious  corri- 
geons en  Arsuf  iVaprès  Amadi  i8y)  —  Mobeliart  —  quy  avoit  lor 
cousine  (cf.  note  b) . 

a.  Amadi  187  ajoute  au  sujet  d'Arsuf  :  «  et  Jo  feva  fabrichar...  », 
détail  qu'il  a  emprunté  peut-être  à  une  note  annalistique  formant  le 
§  220  des  Gestes  :  «  En  l'an  de  MCGXLI  Johan  de  Ybelin,  fis  dou 
seignor  de  Baruth,  comensa  a  fermer  le  chasteau  d'Arsuf  ». 

h.  Eude  de  Montbéliard,  connétable  du  royaume  de  Jérusalem,  avait 
épousé'Eschive  de  Tabarie,  fille  de  Raoul  de  Tabarie  et  d'Agnès,  fille 
de  Renaud  de  Sidon  et  d'Helvis  ou  Héloïse  dlbelin.  Cette  Helvis 
était  la  propre  tante  du  seigneur  de  Baruth  et  de  ses  frères  ici 
nommés,  dont  Eschive  de  Tabarie  était  par  conséquent  la  petite  cou- 
sine (cf.  Ducange,  Familles  d'outremer,  éd.  Rey,  pp.  375,  379,  432- 
434).  —  Parmi  les  seigneurs  partisans  des  Ibelins,  dont  l'absence 
favorisa  les  entreprises  de  Richard  Filangier,  Amadi  187  cite  en  outre 
Balian  de  Saete  (Sidon).  Il  dit  qu'il  était  mort  à  cette  époque,  ce 
qui  est  exact  (cf.  Gestes,  §  217)  et  qu'il  avait  été  bail  du  royaume  de 
Jérusalem  avant  Eude  de  Montbéliard,  ce  qui  est  également  exact 
(c[.  Ducange,  Familles  d'outremer,  éd.  Rey,  pp.  434,    640).  Il    était 


128  VARIANTES    El     NOTES    CRITIQUES 

comme  le  rappelle  d'ailleurs  Amadi,  cousin  du  seigneur  de  Baruth 
par  sa  mère  Helvis,  ci-dessus  nommée.  Le  passage  d'Amadi  qui  le 
concerne  se  place  immédiatement  après  les  mots  :  «estoit  à  Arsuf  ». 
En  voici  la  teneur  :  «  El  signor  de  Saeto  ch'era  suo  cusin  parimente 
era  morto,  quai  era  baiulo  de  Acre,  et  el  contestabile  del  reame 
[Eude  de  Montbéliard],  cheera  baiulo  da  poi  lui,  era  con  l'exercito 
in  Cesaria  ».  Amadi  a  pu  trouver  ces  renseignements  autre  part 
que  dans  le  conte  de  Philippe. 

CLXII.   dessus  moty. 
a.  La  tournure  de  cette  phrase  est   un  peu  différente  che?.  Amadi 
i88  :  «  Essendo  [Riccardo  Filangier]  nella  casa  del  Hospital,  inandô 
a  chiamar  li  doi  borgesi  prenominati  et  parlô  con  essi  da  parte  del 
imperator  ». 

CLXIIL  armes  o  tant  de  gent  —  failly  quil  ne  contra. 

a.  Chez  Amadi  i88,  le  récit  des  faits  rapportés  dans  le  début  de 
cette  phrase  est  plus  développé  :  «  Quesii  doi  borgesi  andavano  per 
Acre  privatamente,  promettendo  moite  gratie  a  la  gente  da  parte  del 
imperator  ;  etli  davano  danari  a  moltietli  facenevano  jurar  de  esser 
in  l'aiuto  de  messer  Ricardo  Felinger,  baiulo  de  Sur  per  nome  del 
imperator.  Onde  accade  che  alcuni  homini  leali,  a  quaH  hanno  par- 
lato  questi  borgesi  et  promesso  gran  cose,  non  volsero  far  nuUa,  anzi 
palezorno  questa  cosa  per  la  terra  ;  et  fu  mormorato  corne  questi 
borgesi  fevano  questa  opéra  ». 

b.  Amadi  i88  ajoute  ici  :  «  ma  li  Pisani  erano  più  tosto  inclinati 
a  la  parte  del  imperator  ;  et  poi  crido  a  l'improvisto  :  alParme  ! 
all'arme  !  Et  si  armorono  a  cavallo  et  a  piedi  molti  Genovesi  et 
Venetiani  contra  l'imperator  ». 

CLXIV.   lospital  et  aie  Sur. 

a.  Passage  omis  dans  le  ms.  de  Cérines,  et  rétabli  d'après  Amadi 
189. 

b .  La  phrase  qui  précède,  depuis  les  mots  :  «  et  le  pot  lors  legie- 
rement  faire  »,  manque  chez  Amadi  188.  Cette  circonstance  et  la 
teneur  même  du  passage  autoriseraient  peut-être  à  la  supprimer 
comme  n'étant  pas  de  Philippe, 

c.  Amadi  189  ajoute  :  «  el  Tempio  ». 


II,    CLXII-CLXXIV  129 

CLXV.  poy  de  frère. 

a.  Le  contenu  des  §§  CLXV  à  CLXVII  manque  totalement  chez 
Amadi  et  Bustrone. 

CLXVIL  vilain  charge  —  font  dou  tout  a  obliver. 
CLXVIIL  Sorent  se  nevou  —  Monfort  et  a  seignor. 

a.  Dans  les  Gestes,  le  début  de  ce  §  CLXVIII,  jusqu'aux  mots  : 
«  lequel  gouvernoit  Sur  »,  contient  quelques  expressions  ou  parties  de 
phrases  empruntées  par  le  compilateur  au  Livre  de  là  Terre  Sainte, 
XXXIII,  52,011  sont  rapportés  les  mêmes  faits.  Nous  avons  tentéde 
le  reconstituer  sous  sa  forme  originale  à  l'aide  d* Amadi  192,  dont 
les  leçons  ont  été  placées  entre  crochets  ;  au  lieu  de  «  En  ce  tens,  ou 
poy  avant  »,  les  Gestes  ont  :  «  En  cest  point  »  ;  —  au  lieu  de  «  parti  de 
Sur  et  o  luy  messire  »,  les  Gestes  ont  :  «  mist  en  une  grant  nef  por 
passer  enPuilleeto  luy  semistrent  »  ;  —  au  lieu  de  «et  assés  de  gens 
d'armes  o  luy  ;  lequel  gouvernoit  Sur  »,  les  Gestes  ont  :  «  et  li  livra 
la  cité  de  Sur  et  le  chasteau  ». —  Chez  Amadi,  tout  ce  morceau  est 
placé    plus   loin,  après    l'annonce    du    siège  de  Tyr   (ci-dessous, 
§  CLXXVIII,  après  les  mots  [assegia  Sur]). 

h.  Les  Gestes  continuent  ainsi  :  «  En  ce  que  Richart  Philanger  fu 
partis,  les  gens  de  Sur...  ».  Les  sept  premiers  mots  y  ont  été  intro- 
duits d'après  le  Livre  de  la  Terre  Sainte,  XXXIII,  52.  Cf.  Amadi 
189. 

c.  Amadi  189  dit  de  ces  quatre  bourgeois  qu'ils  étaient  vénitiens 
et  génois  :  <(  Venetiani  e  Genovesi  ». 

CLXIX.  roy  Conrat.  Vous  P. 
a.  Mots  omis  dans  le  ms.  de  Cérines,  et  rétablis  ici  d'après  Amadi 
189. 

CLXXI.  vous  este  quite  R  —  et  se  Ion  ne  li  rent,  elle  —  et  ou  a 
son  servise. 

CLXXII.  por  mon  Phelippe  de  Monfort — mandèrent  Phelippe  de 
Nevaire  ala. 

CLXXIII.  poroyent  tailer  —  celui  dou  Toron  R  —  Courat  yn 
venist  —  qui  estoit  sage  —  dou  seignor  du  Toron  R  —  parole  ne 
fu  seûe. 

CLXXI V.  la  plus  droite  heir. 
Philippe  de  Novare.  9 


150  VARIANTES    ET  NOTES    CRITIQUES 

a.  Selon  Amadi  190,  les  Pisans  n'assistèrent  pas  à  la  cérémonie  : 
«  et  feceno  venir  tutti  li  altri  cavaglieri  de  Cypro,  li  Genovesi  et  li 
Venetiani,  et  non  li  Pisani,  perché  erano  partiali  del  imperator.  » 

h.  Amadi  191  ajoute  ici  :  «  le  quai  parole  disse  ad  alta  et  intelligibil 
voce  »,  détail  qui,  dans  les  Gestes ,  est  indiqué  au  début  de  la  phrase  : 
«  Phelippe  de  Nevaire  fu  a  lor  conseil,  et  mostra  lor  parole  et  dist 
moût  hautement...  » 

CLXXV.  lor  requistrent  —  est  la  plus  dreit  heir  —  estoit  dage. 
CLXXVI.  le  prièrent  i^  —  il  meïsme  le  claini  —  soit  dire  a  gas. 
CLXXVII.  ne  ly  vostrent  répété  deux  fois  dans  le  ms.  de  Cérines . 
a.  Amadi  191  ajoute  :  «  et  il  suo  marito  ». 

CLXXVIII.  parla  aucun  —  manière  quil  avoyent  en  covenant  P. 

a.  «  de  nuit  »  est  peut-être  un  emprunt  au  Livre  de  la  Terre 
Sainte,  XXXIII,  55. 

h.  La  leçon  des  Gestes  :  «  alerent  tant  que  il  vindrent  devant 
Sur  »,  semble  être  un  emprunt  au  Livre  de  la  Terre  Sainte,  XXXIII, 
55.  Nous  lui  substituons  celle  d'Amadi  192:  «  assediorono  Sur  ». 
C'est  après  ces  mots  qu'est  mentionné  par  Amadi  le  rappel  de 
Richard  Filangier  par  l'empereur  et  son  départ  de  Tyr  (cf.  ci- 
dessus,  §  CLXVIII,  n.  a), 

c.  Après  ce  mot,  le  ms.  poursuit  ainsi  :  «  ceaus  quiestoyent  de  luer 
consent  furent  tous  armés  a  la  posterne  devant  la  Boucherie  devers 
la  mer,  et  firent  enseignes  a  ceaus  dehors  de  corre.»  C'est  un  emprunt 
au  Livre  delà  Terre  Sainte,  XXXIII,  55,  que  je  supprime.  Amadi 
192  est  beaucoup  plus  explicite,  et  ce  qu'il  raconte  peut  très  bien  avoir 
appartenu  au  récit  original.  Je  crois  donc  devoir  intercaler,  dans  notre 
texte,  son  récit  mis  en  français,  cette  intercalation  étant,  au  surplus, 
devenue  nécessaire  par  suite  de  la  suppression  du  passage  tiré  du 
Livre  de  la  Terre  Sainte.  Voici  maintenant  le  texte  italien  correspon- 
dant, que  je  reprends  un  peu  avant  le  morceau  intercalé  :  «  Il  re  pro- 
curô  tanto  che  parlô  ad  uno  de  li  borgesi,  che  per  avanti  li  havevano 
parlato  in  Acre  et  promesso  de  darli  Sur.  Il  quale  li  respôse  che  non 
lo  potevano  fare  si  come  havevano  promesso  per  avanti,  ma  che  have- 
vano una  posterna  verso  la  Becharia,  sopra  il  mare,  et  si  se  voleva 
metter  a  passar  col  suo  exercito  là  per  la  marina  a  cavallo,  elle  sue 
galee  venisseno  per  la  cadena  del  poi*to,  che  inmediate  loro  apririâno 


II,    CLXXV-CLXXX  131 

la  posterna  et  mokraveno  la  cadena  del  porto  et  potrano  intrar  segu- 
ramente,  et  che  loro  di  dentro  a  Sur,  clie  sono  de  la  parte  de  esso 
signor  de  Barutho,  si  voltaranno  con  le  arme  contra  quelli  del  impc- 
rator.  Quanto  el  signor  de  Barutho  intese  questo  modo  li  promisse 
di  farlo,  ma  che  loro  di  dentro  non  li  manchasseno,  et  lui  respose 
che  dovesseno  esser  seguri  che  non  li  mancarieno  niente.  Onde 
inmediate  el  signor  de  Barutho  fece  ordinar  et  per  mar  et  per  terra  ; 
et  haveva  ordinato  un  segnal  tra  lui  et  quelli  délia  terra.  Da  Taltre 
parte,  quel  borgese  che  parlô  al  signor  de  Barutho,  referi  le  cose  a  li 
altri  borgesi  che  se  intendevano  di  questa  cosa,  et  quando  videno  il 
ponto,  loro  feceno  il  segno  ordinato  ;  il  che  visto,  el  signor  de  Baru- 
tho...  » 

CLXXIX.   et  le  porta  après  de   la  ville   (cf.    ci-dessous,   note   c). 

a.  Cf.  §  CLXXVIII,  n.  c, 

h.  Après  ce  mot,  le  ms.  poursuit  :  «  et  ferirent  des  espérons  et  sen 
alerent  par  la  mer  res  a  res  des  murs  de  la  ville  delés  FOspital  des 
Alemans  »,  emprunt  au  Livre  de  la  Terre  Sainte ,  XXXIII,  55. 

c.  Il  y  a  sans  doute  ici  une  lacune,  bien  que  le  manuscrit  n'en 
porte  pas  trace.  Amadi  193,  après  avoir  raconté  que  le  seigneur  de 
Baruth  releva  la  bannière  qui  était  tombée  dans  la  mer,  ajoute  :  «  et 
[el  signor  de  Barutho]  andô  a  la  posterna  délia  Becharia,  che  ancora 
non  era  la  porta  averta;  ma  quelli  che  la  dovevano  aprir  erano 
venuti  alhora  li  et  adverseno.  »  Il  n'est  pas  impossible  que  ces 
détails,  bien  qu'un  peu  oiseux,  aient  fait  partie  du  conte  original. 
Nous  hésitons  cependant  à  les  attribuer  à  Philippe  et  préférons  com- 
bler la  lacune  non  à  l'aide  du  texte  italien  mais  par  conjecture. 

CLXXX.   gens  y  entrèrent  en  la  ville  —  Tout  ceaus  P. 

a.  Amadi  193  ajoute  :  «  che  molti  furono  feriti  da  quelli  che  sta- 
vano  su  le  torre  de  la  cadena,  che  non  erano  amici  » . 

h.  Amadi  193  ajoute  :  «  si  maravegliavano  di  quel  che  fece  il  signor 
de  Barutho  cosi  subito,  perché  nonsapevano  el  parlamento  chehebbe 
con  quelli  de  Sur  que  erano  délia  sua  parte  ;  et  tutta  via  quelli  del 
hoste,  vedendo  questo,  si  missero  a  correr...  » 

c.  Amadi  194  ajoute  :  «  corne  quelli  che  li  odiavano  molto  per 
le  onte  et  dispiaceri  che  li  feceno,  et  maxime  li  Genovesi  » . 


152  VARIANTES   ET    NOTES   CRITIQUES 

CLXXXI.  a.  Amadi  194  ajoute  î  «  et  questo  avenne  a  li  Longo- 
bardi,  homini  del  imperator,  per  li  oltragii  che  facevaiio  a  quelli 
délia  terra  ». 

l),  Amadi  194  ajoute  :  «  et  la  mazor  parte  erano  Zenovesi  et  Vene- 
tiani  ». 

CLXXXII.  Sarazin  apelent  P  —  etrecuillir  et  ses  choses,  et  dou- 
nerent  lor  nef  as  Sarazins,  ne  sosoient  mètre  (cf,  note  c). 

a.  Après  «  oy  avant  »,  les  Gestes  continuent  :  «  quant  il  orent  esté 
.IX.  jors  sur  mer,  une  fortune  les  prist  quy  les  mena  en  Barbarie.  La 
troverent  il  lor  nef  en  foible  point,  com  celé  quy  faisoit  aiguë  en  plu- 
sors  lues  »  ;  phrase  empruntée  au  Livre  de  la  Terre  Sainte^  et  à  laquelle 
nous  substituons  le  texte  d'Amadi  194  :  «  el  tempo  lo  mené  in  Bar- 

baria,et  si  aperse  la  nave  talmente  che  furono  tutti  in  pericolo  de 
annegarsi  » . 

h.  Amadi  l'appelle  «  Joan  de  Gril  ». 

c.  Les  Gestes  ajoutent  :  «et  donnèrent  lor  nef  as  Sarazins  »,  emprunt 
au  Livre  de  la  Terre  Sainte,  XXXIII,  55. 

CLXXXIII.  ne  sosoient  (Il  omis)  —  Triples i?. 
a.  Amadi  194  a  de  plus  quelques  menus  détails  :  «  Quelli  de  le 
barche    hanno  dimandato    di  chi  era  quella  nave,  in  modo    che  li 
cognoscetono  a  la  lengua,  et  armorono  le   sue  barche  et    andorono 
da  loro  et  li  preseno .   » 

CLXXXI V.  a.  Voici  la  phrase  correspondante  chez  Amadi 
195  :  «  Et  menandoli  per  la  strada  le  donne  et  li  putti  li  trazevano 
sassi  et  li  dicevano  villanie;  et,  se  non  fosse  statto  el  rispetto  de 
quelli  che  li  menavano,  li  haveriano  finito  de  lapidare  ». 

CLXXXV.  Le  ms .  répète,  en  tête  du  chapitre^  Le  seignor  de  Baruth 
—  ceaus  dou  dou  chasteau  (chastiau  R). 
a.  Rétabli  d'après  Amadi  195. 

CLXXXVI.  sire  Litier  —  euis  bendelés  —  estoient  liés. 
a.  Amadi  195   ajoute  :  «  che  si  chiama  la  Terlarghe  »  (probable- 
ment   la  Tour  large), 

CLXXXVII.  Phelippe  de  Nevaire  les  resut  —  et  delivreroit  les 
prisoniers. 


II,    CLXXXI-CLXXXIX  133 

a,  Amadi  196  ajoute:  «  il  qualc  cridô  a  quclli  de   fora  che  doves- 
seno  induciar  et  mandar  alcuno  a  parlarghe  ». 
h,  Amadi  196  :  «  sani  et  salvi  et  integri  de  li  soi  membri  ». 
c.  Amadi  196  :  a  uno  délia  casa  de  Ibelin  o  de  altro  lignagio». 

CLXXXIX.  entrinement  —  desracinée  —  arachée  (V édition  de 
r Académie  donne  comme  leçon  du  ms.  de  Cérines  esraché  ;  mais 
cette  leçon  ne  figure  ni  dans  R  ni  dans  P  ;  elle  peut  avoir  été  recueillie 
par  r  éditeur  dans  des  notes  à  lui  fournies  par  M.  Raynaïul). 

a.  Amadi  197,  ajoute  ici  un  court  épilogue  qu'il  peut  avoir  em- 
prunté au  conte  de  Philippe  ;  «  El  re  de  Cypro  et  il  legnagio   di 

blim  visseno  da  poi  longo  tempo  con  grande  honor,  et  gover- 
norono  et  mantenerono  li  doi  reami  de  Hierusalem  et  Cypro  in 
bon  stato,  con  la  gratia  di  tutte  le  gente,  corne  quelli  che  sapevano 
mantenir  ciascuno  nelle  sue  rason,  per  la  loro  lealtà,  bontà  et  libe- 
ralità  con  tutti  ;  ma,  perché  é  troppo  longa  historia  a  voler  contar 
ciô  che  feceno  in  vita  sua,  tacio,  assigurandovi  ben  che  in  la  christia- 
nitànon  si  sia  il  piu  valoroso  lignagio  di  quello  di  Iblim  ». 

h.  Cette  dernière  phrase  ne  figure  pas  chez  Amadi;  je  l'attribuerais 
volontiers  au  compilateur  des  Gestes  \  car  Philippe,  dans  son  conte, 
n'a  donné  que  peu  d'indications  chronologiques.  —  La  date  de  la 
prise  du  château  de  Tyr  est   1243  ^^  ^^^  1242. 


TABLE  CHRONOLOGIQUE 


1217  3  mai Naissance  de  Henri  l*\  roi  de  Chypre,  II, 

II  (Livre  de  la  T.  5.,  xxxiii,  31,  éd. 
Acad.,  398). 

1218  10  janvier Mort  de   Hugues    P%    roi  de  Chypre,  à 

Tripoli,  II,  II. 

1223  automne  ? Jean  l^S  seigneur  de  Baruth,  fait  cheva- 

liers ses  deux  fils  aînés,  Balian  et 
Baudouin,  II,  vi. 

—  fin  de  rautoninc duerelle  d'Aimery  Barlais  et  du  cheva- 

lier Toringuel,  II,  vu. 

1223-1224       hiver. Aimery  Barlais  se  réfugie  à  Tripoli,  après 

sa  querelle  avec  le  chevalier  Toringuel, 

II,     VIII. 

1224  vers  Pâques Aimery  Barlais  rentre  en  Chypre  avec  le 

sire  de  Baruth,  II,  viii. 

—  après  Pâques .' .     Aalis   de  Champagne,  veuve  de  Hugues 

P%  roi  de  Chypre,  se  rend  en  Syrie  (à 
Tripoli)  où  elle  épouse  Boémond  d'An* 
tioche  (fils  de   Boémond  IV),  II,  viii. 

—  3   mai  ou  peu  après.  .  .  .      Henri  P**  est   couronné  roi  de  Chypre  à 

Nicosie  [à  l'âge  de  7  ans  :  Lorédano, 
Hlst.  d.  rois  de  Chypre,  trad.  franc.,  1. 1, 
p.   39],   H,  IV. 

—  fin,  ou  1225  début Isabeau  de  Brienne  épouse,  à  Acre,  Fré- 

déric II,  par  l'entremise  de  Jacques, 
évêque  de  Patti,  I,  v,  viii. 

1225  i'"  semestre Philippe  d'Ibelin   se  désiste  de  sa  charge 

de  bail  de  Chypre.  La  reine  Aalis  dé- 
signe Aimery  Barlais  comme  son  suc- 
cesseur, II,  IX. 

—  1*'  semestre Aimery    Barlais,   dont  les    barons   chy- 

priotes n'ont  pas  voulu  comme  bail,  se 
rend  de  nouveau  à  Tripoli,  II,  x. 

—  printemps Isabeau  de  Brienne,  mariée  à  Frédéric  II, 

est  couronnée  à  Tyr  par  Simon  de 
Maugastel,  archevêque  de  Tyr  [ou  par 
Raoul,  patriarche  de  Jérusalem],  I,ix,x. 

—  8  juillet Isabeau  de  Brienne  s'embarque  (à  Tyr  ?) 

pour  l'Italie,  où  elle  épouse  [le  9  no- 
vembre] l'empereur  Frédéric,  I,  xi. 


I2I7    —    1229  ^5 

1225       été Combat  singulier  de  Gauvain  de  Cheniclii 

avec  le  chevalier  Guillaume  de  la  Tour, 

II,  XI. 

—  vers  la  fin  de  l'année...     Gauvain    de  Chenichi   se   rend  en  Italie 

auprès  de  l'empereur  Frédéric,   II,  xii, 

1227  fin  août  et  début  de  sep-     Le  bruit  court  en  Chypre  que  l'empereur 

tembre.  s'estembarquépour  la  croisade,  II,  xiii. 

—  début  d'octobre Gauvain   de  Chenichi  revient  d'Italie  en 

Chypre,  II,  xii. 

—  I"  moitié  d'octobre.  .  .  .     On  apprend  en  Chypre  que  l'empereur  a 

retardé  son  passage,  II,  xiii. 

—  fin     d'octobre     ou     no-     Combat   singulier    d'Aimery    Barlais    et 

vembre.  d'Anceau  de  Bries,  II,  xiii. 

—  fin Mort  de  Philippe  d'Ibelin,  en  Chypre,  II, 

XVII. 

1228  25  ou  27  avril Naissance  du  roi  Conrad,  fils  de  Frédéric 

II  et  d'Isabeau  de  Brienne,  II,clxix. 

—  8  mai Mort  d'Isabeau  de  Brienne,  II,  xl. 

—  21  juillet Arrivée    de  Frédéric    II   à   Limisso,   en 

Chypre,  II,  xviii. 

—  entre  le  21   juillet  et  le     Frédéric  II    séjourne  à  Limisso,  dans  un 

17  août.  manoir.de   Philippe  d'Ibelin.  Il  y  offre 

un  festin  aux  seigneurs  de  sa  suite  et 
aux  barons  chypriotes,  II,  xviii-xxxiii. 

—  I'*  quinzaine  d'août...  .     Des  renforts,  appelés  de  Syrie,  rejoignent 

l'empereur  à  Limisso,  II,  xxxiv. 

—  2*  quinzaine  d'août L'empereur  se  rend  de  Limisso  à  Nicosie, 

où  Jean,  sire  de  Baruth,  s'était  retiré. 
Celui-ci  se  réfugie  dans  le  château  de 
Deudamor,  II,    xxxiv-xxxv. 

—  3  septembre L'empereur    s'embarque    à    Famagoustc 

pour  la  Syrie,  II,  xxxviii,  xxxix. 

—  7   septembre L'empereur,  avec  son  armée,  débarque  à 

Acre,  II,  XL. 

—  15   novembre. . L'empereur,  parti  d'Acre,  arrive  à  Joppe, 

II,    XL. 

—  novembre  ou  décembre.     Le  comte  Etienne  de  Boutron  est  envoyé 

comme  bail  en  Chypre  par  l'empereur, 

II,  XLI. 

1229  18  février Traité    de    paix  entre  Frédéric    II   et  le 

Soudan  d'Egypte  Malek  Kamel,  conclu 
à  Joppe  ou  à  Gaza,  II,  XL. 
17  mars Frédéric  II  se  rend   en  pèlerinage   à  Jé- 
rusalem,   [d'où  il  repart  dès  le  18  ou 
:  19  mars],  II,  xlii. 

—^..c     25  mars L'empereur    revient     de     Jérusalem     à 

Acre,  II,  xlii. 

—  I"  mai. L'empereur  s'embarque  à  Acre  et  fait  voilé" 

•  pour  Limisso.  Il   séjourne  en  Chypre 

jusqu'au  milieu  de  mai,  époque  de  son 
départ  pour  l'Occident,  II,  xi,iii,  XLV. 


136 


TABLE    CHRONOLOGIQUE 


1229  I"  quinzaine  de  mai. . .     Mariage   de   Henri,   roi   de  Chypre,  avec 

Aalis  de  Montferrat,  fille  de  Guillaume 
IV,    marquis   de    Montferrat,  II,   xlv, 

CXXXVII, 

—  i'^     quinzaine     de    mai     L'empereur  vend  à    cinq   seigneurs  chy- 

(entre  le    25   mars  et  priotes    (les  cinq  baus)  le  bailliage  de 

le    i**'  mai,  d'après  le  Chypre  et  les  revenus  de    l'île,  jusqu'à 

Livre    de    la     T,    S.,  la  majorité  du  roi,  II,  xlv. 

XXXIII,  9.) 
t—         fin  mai  ou  début  de  juin.     Philippe  de  Novare,  menacé  par  les  «  cinq 

baus  »  de  Chypre,  se  réfugie  dans  la 
tour  de  l'Hôpital  de  Saint-Jean  à  Nico- 
sie, II,  XLVI-LV. 

—  2""*  quinzaine  de  juin.  .  .     Jean,  sire  de  Baruth,  avec  son  armée,  se 

rend  d'Acre  en  Chypre,  pour  conquérir 
l'île  sur  les  «  cinq  baus  ».  Il  débarque 
à  la  Castrie,  II,  lvi. 

—  samedi  14  juillet Bataille   de  Nicosie    entre  Jean,  sire   de 

Baruth,  et  les  «  cinq  baus  »,  11^  Lvii-LX. 

—  fin  juillet,  à  1230    mai-     Siège  du   château    de   Deudamor  par  le 

juin.  sire  de  Baruth  et  ses  fils,  II,  lxii-lxxi. 

1230  vers  Pâques    (7  avril)..     Les  Longuebars,  assiégés  dans  le  château 

de  Deudamor,  souffrent  de   la  famine, 

II,   LXVIII, 

—  printemps Mort  de   Gauvain   de    Chenichi,.  assiégé 

dans  la  Candare,  II,  lxx. 

—  juin- juillet La  paix  est  conclue  entre   les  cinq  baus 

de  Chypre  et  les  Ibelins,  II,  lxxi. 

1231  fin  août Jean,  sire  de  Baruth,  ayant  appris  la  pro- 

chaine arrivée  d'une  flotte  impériale 
portant  une  forte  armée,  quitte  Acre 
etaborde  à  Limisso,  II,Lxxvii,  Lxxvm. 

—  début  de  septembre.  . .  .      Arrivée  devant  le  cap  Gavata  d'un  impor- 

tant  corps  de    troupes   impériales   en- 
voyées   d'Italie   sous     les     ordres    de 
.  Richard  Filangier,  II,    lxxvii-lxxviii. 

—  hu  de  l'automne L'armée    des  Impériaux,   sous  les  ordres 

.  de    Richard  Filangier,  n'ayant  pu  dé- 

barquer en  Chypre,  passe  en   Syrie  et 
s'empare  de  la  ville    de  Baruth,    dont 
..  elle  assiège  ensuite  le  château,  II,  Lxxx. 

—  milieu  de  décembre ....      Le  sire  de  Baruth  décide  le  roi  de  Chypre 

à  l'accompagner  en  Syrie  pour  secourir 
.     .  .  *  Baruth,  II,  Lxxxîi-Lxxxiv. 

—  vers  Noël Le  sire  de  Baruth  et  le  roi  de  Chypre  font 

......  leurs    préparatifs   pour    aller  secourir 

Baruth,  II,  Lxxxv. 

1232  «  au  chef  du  troublât  La  flotte  du  sire  de  Baruth  et  du  roi  de 
'•io;:.l>?  et  au  tour  de  la  lune»,;  Chypre  met  à  la  voile  à  Famagouste  et 
-•'i  •;  -1^  w  (probablement  à  l'épo-  aborde  en  Syrie,    au  Puy  du  Connéta- 

que    de   la  lune    de  ble,  II,  lxxxv,  lxxxviii. 

mars). 


1229  —  1235  137 

1232  avril    (cf.  Huillard-Bré-     Jean     d'Ibclin,    sire   de    Baruth    se    fait 

holles,     Introduction  y  nommer  maire  de  la  ville  d'Acre,    II, 

p.  CCCXLV).  CI. 

—  fin  avril Une    partie   de    l'armée    des     Impériaux 

quitte  le  siège  de  Baruth  et  passe  en 
Chypre,  où  elle  occupe  presque  toutes 
les  villes  et  châteaux,  II,  c. 

—         3  mai    Bataille    de   Cazal  Ymbert,   II,    ciii-cviii 

(cf.  Livre  de  la  T. -S.,  xxxiii,  31,  éd. 
Acad.,  p.  398).  .  . 

—  après  le    3  mai    Le  roi  de  Chypre,  devenu  majeur,  donne 

des  fiefs  à  ses  partisans  et  accorde  des 
franchises  aux  Génois,  II,  cxiv. 

—  vers  le  milieu  de  mai . ,  .      Le  reste  de  l'armée  des  'Impériaux  repasse 

de  Syrie  en  Chypre,  II,  cix. 

—  30  mai L'armée  chypriote   met  à  la  voile  [le  jour 

de  la  Pentecôte]  à  Acre  et  aborde  vers 
le  3  juin  à  Famagouste,  qu'elle  reprend 
aux  Impériaux,  II,  cxiv-cxxi  {Livre 
de  la  T. -S.,  xxxiii,  34,  éd.  Acad.,  p. 
400). 

—  vers  le  5  juin Traité  entre  le  roi  de  Chypre  et  les  Génois 

à  Famagouste,  II,  cxxii. 

vers  le  5  juin Pendant  le  séjour  du  roi  de  Chypre  et  du 

sire  de  Baruth  à  Famagouste,  les  châ- 
teaux de  la  Candare  et  de  Bufavent  leur 
sont  rendus  parles  Impériaux,  II,  cxxi. 

—  vers  le  7  juin Le  sire  de  Baruth  se  rend,  avec  le  roi  de 

Chypre  et  l'armée  chypriote,  de  Fama- 
gouste à  Nicosie,  que  Richard  Filan- 
gier  abandonne,  II,  cxxiv. 

—  15  juin Victoire  des  Chyprois  sur  les  Impériaux,  à 

Agridi  (la  Gride),  II,  cxxvi-cxxxii. 

—  peu  après  le  15  juin Les  Chyprois  reprennent   aux   Impériaux 

le  château  de  Deudamor  et  mettent  le 
siège  devant  Cérines,  II,  cxxxiii. 
1232-1233       pendant   le    siège       Mort  d'Aalis  de    Montferrat,    femme    de 
de  Cérines.  Henri  P'  roi  de  Chypre,  II,  cxxxvii. 

1233  peu  après   la   Pâque  de       Pendaison   du   traître    Martin    Rousseau, 

mai.  pendant  le  siège  de  Cérines,  II,cxl,  cxli 

—  après  Pâques  (Livre  de       Reddition   du   château   de    Cérines  entre 

la  r.-5.,  xxxiir,  36)  ;  les  mains  des  Chyprois,  II,  clvi. 

après  le  15  juin  (Phil. 
de  Nov.). 

—  printemps Frédéric  II  envoie    en  Syrie  l'évéque  de 

Sidon,  avec  mission  de  rétablir  la  paix 
entre  lui  et  les  barons  d'outre-mer,  et 
propose  à  ceux-ci  Philippe  de  Maugas- 
teau,  comme  son  lieutenant  à  Acre,  II, 
cxLvi  (Huillard-Bréholles,    Introd.,  p. 

CCCXLVIl). 


138.  TABLE    CHRONOLOGIQUE 

1233       vers  la  fin  du  siège    de     Le  sire  de  Baruth,  appelé  de  Cérines   à 
Cérines.  Acre,  est  confirmé   dans  son  titre  de 

maire  d'Acre,  II,  cxlix  (Hnillard-Bré- 
holles.  ibid.). 

—  automne  (?) Mort  d'Anceau  de  Bries,  à  la  suite  d'une 

blessure    reçue    au    siège  de  Cérines, 

II,  CXLII. 

1236       Mort  de  Jean  I*^  d'Ibelin,  sire  de  Baruth, 

II,    CLIX. 

1239  mars,   à    1240    septem-     Croisade  de  Thibaut,  roi  de  Navarre,  II, 

bre .  CLXi. 

1240  juillet-août  (i2$9  :    An-     Mariage  d'Aalis  de  Champagne,  veuve  de 

nales  de  la  T. -S.  ;  fin  Hugues  l""  roi  de  Chypre,  avec  Raoul 

1239:   Huillard-Bré-  de  Soissons,  II,  CLXxii  (Livre  de  la  Ter rr 

holles,      Introduction,  Sainte,  xxxiii,  50). 

p.  CCCLVII.) 

—  automne Tentative    de    Richard   Filangier     pour 

s'emparer  d'Acre,  II,  clx-clxiii. 

1241        Siège  de  la  maison  de  l'Hôpital   d'Acre 

par  le  sire  de  Baruth,  II,  clxiv-clxvii. 

1243       début  de  juin Richard  Filangier,  rappelé  par  Frédéric  II, 

quitte  la  Syrie,  H,  clxviii. 

—  5  juin .........     Les  barons  du  royaume  de  Jérusalem  re- 

connaissent la  souveraineté  d'Aalis  de 
Champagne,  veuve  de  Hugues  Ps  roi 
de  Chypre,  II,  clxix-clxxvii. 

—  12  juin Balian,  seigneur  de   Baruth,  et  Philippe, 

seigneur  du  Toron,  s'emparent  de  la 
ville  de  Tyr,  grâce  à  la  connivence  des 
habitants,  II,  clxxvii-clxxxi. 

—  10  juillet Capitulation  du  château  de  Tyr  entre   les 

mains  du  seigneur  de  Baruth  et  du  sei- 
gneur du  Toron,  II,   clxxxii-clxxxix. 


iJlic 


TABLE  DES  NOMS  PROPRES 


Aalis,  Alis,  Alix  de  Cliampagne, 
tîUe  d'Isabelle  r%  reine  de  Jéru- 
salem, et  de  Henri  de  Champagne 
son  troisième  mari^  femme  de  Hu- 
gues P''  roi  de  Chypre,  tante  (et 
non  sœur)  dlsabeau  de  Brienne, 
et  nièce  de  Jean  I^d'Ibelin,  sire  de 
Baruth,  ctde  Philippe  d'Ibelin  son 
frère,  i,  5,  102.  —  Après  la  mort 
de  son  mari  (10  janv.  12 18),  elle 
est  investie  du  bailliage  de  Chypre, 
que  Frédéric  H  lui  réclame,  5-6. 
—  En  mésintelligence  avec  ses 
oncles,  Jean  et  Philippe  d'Ibelin, 
elle  se  retire  à  Tripoli,  où  elle 
épouse  Boémond  (V),  fils  de  Boé- 
mond  IV,  prince  d'Antioche 
(1224),  8.  —  Elle  désigne  comme 
bail  de  Chypre,  à  sa  place,  Aimery 
Barlais,  8. —  Lors  du  départ  d'Isa- 
beau  de  Brienne  pour  l'Italie  (122  5, 
8  juillet),  elle  l'accompagne  jus- 
qu'au rivage  de  Tyr(?),  3.  —  Les 
Ibelins,  malgré  les  revendications 
de  l'empereur,  continuent  de  la 
tenir  pour  bail  de  Chypre,  21-2  ; 
Philippe  de  Noyare  fait  de  même, 
27.  —  En  1245,  Balian  d'Ibelin, 
sire  de  Baruth,  obtient  d'elle  qu'elle 
se  fasse  mettre  en  saisine  du 
royaume  de  Jérusalem,  jusqu'à  l'ar- 
rivée du  roi  Conrad,  fils  de  Fré- 
déric II,  héritier  légitime  du  royau- 
me, 93-4. —  Elle  est  proclamée  ré- 
gente du  royaume  et  reçoit  l'hom- 


mage des  barons, 95-6,  loi.  —  Elle 
récompense  généreusement  Phi- 
lippe de  Novare  de  l'appui  qu'il  lui 
a  donné  en  cette  circonstance,  96. 
—  Elle  somme  les  Longuebars 
qui  occupent  Tyr  de  lui  ouvrir  le- 
portes  de  cette  ville  ;  ceux-ci  refus 
sent,  96.  —  Séparée  de  son 
second  mari,  Boémond  d'Antioche 
(1227),  elle  avait  épousé  Raoul  de 
Soissons  (1239  ou  1240),  94. 

Aalis  de  Montferrat,  fille  de  Guil- 
laume IV,  marquis  de  Montferrat, 
mariée  par  Frédéric  II,  en  mai  1229, 
à  Henri  P""  de  Lusignan,  roi  de 
Chypre,  25.  —  On  la  surnomme 
la  reine  longuebarde,  80,  123 .  — 
Elle  meurt,  en  1232  ou  1233,  dans 
le  château  de  Cérines,  72,  80,  122, 
123. 

Acre.  Les  galères  impériales  qui 
viennent  chercher  Isabeau  de 
Brienne  y  abordent  (1224),  2,  — 
Les  barons  du  royaume  de  Jéru- 
salem et  quelques-uns  de  Chypre 
y  reçoivent  les  envoyés  de  Frédéric, 
II,  3.  —  Une  partie  de  l'armée  im- 
périale y  aborde  (septembre  1228), 
12. — Frédéric  II  y  reçoit  rhommage 
des  hommes  liges  du  royaume  de 
Jérusalem  ;  il  y  réside  à  plusieurs 
reprises  durant  son  séjour  en  Terre 
Sainte  ;  à  son  départ  (mai  1229), 
les  habitants  lui  jettent  des  ordures, 
^4-25,  106.  —  Les  baus  de  Chypre 


I.  Les  chiffres  renvoient  aux  pages  de  la  présente  édition.  — Sauf  indica- 
tion contraire,  les  personnages  sont  classés  d'après  leur  prénom. 


140 


TABLE    DES    NOMS    PROPRES 


y  lèvent  des  soudoyers,  25.  —  Ils 
s'offrent  à  y  conduire  le  sire  de  Ba- 
ruth  et  les  siens  s'ils  ne  peuvent 
faire  paix  avec  lui,  26.  —  Balian 
d'Ibelin,  fils  du  sire  de  Baruth,  y 
réside  et  y  reçoit  une  poésie  de 
Ph.  de  Nov.  (mai-juin  1229),  30- 
32. — Les  Chyprois  qui  avaient  suivi 
Frédéric  IlenSyriey  reprennentla 
mer  (juin  1229),  36.  —  Le  jeune 
seigneur  de  Césarée,  Jean  de  Ba- 
ruth, y  séjourne  (123 1),  58.  — 
Balian  d'Ibelin  forme  le  projette 
s'y  rendre  en  passant  par  le  territoi- 
re dusultan  de  Damas  (1232),  63. 

—  Le  sire  de  Baruth  est  nommé 
maire  de  la  commune,  64,  69. — 

—  L'armée  du  roi  de  Chypre  sort 
d'Acre  pour  aller  combattre  les  Lon- 
guebars(i232),  64.  —  On  y  traite 
de  la  paix  entre  les  Ibelins  et  les 
Longuebars,  65.  —  Le  roi  de  Chy- 
pre y  rentre  après  la  bataille  de 
Casai  Ymbert(3  mai  123 2), 66.  — 
Le  sire  de  Baruth  en  sort  pour  al- 
ter  à  la  rencontre  des  Longuebars 
victorieux,  67. — Une  partie  de  la 
flotte  des  Longuebars  y  séjourne, 
70.  — L'armée  du  roi  de  Chypre  et 
des  Ibelins  s'y  embarque  pour 
retourner  en  Chypre  (3omai  1232), 
70.  —  Frédéric  II  désigne  Phi- 
lippe Maugasteau  comme  bail  à- 
Acre  (1233),  84.  —  A  mi-cherriin 
entre  Acre  et  Tyr,  a  lieu  un  échan- 
ge de  prisonniers  entre  le  sire  de 
Baruth  et  les  Ibelins  (1232),  88-9. 

—  Richard  Filangier  s'entend  avec 
deux  bourgeois  d'Acre  pour  s'em- 
parer de  la  ville  par  surprise  (autom- 
ne 1240),  90,128.  — Sa  tentative 
avorte,  90-3 .  —  Siège  de  la  maison 
del'Hôpiîal  par  le  sire  de  Baruth, 
91-2. — ^Poulains  d'Acre,  70,  85. — 
Rué  de  la  boucherie,  25.  —  Rues 
des  Vénitiens  et  des  Génois,  91. 
—r  Porte  de  Mau-Pas,"  90.  — 
Église  Sainte-Croix,  84.  —  Con- 
frérie de  Saint-André,  84-5.  — 
Maison  de  Jean  d'Ibelin,  comte 
de  Jaffa.  70.  -r- Maison  de  l'éyêque, 


85.—  Maison  et  jardin  de  l'Hôpital, 
90-3. 

Agnès,  fille  de  Renaud  de  Sidon  et 
d'Helvis  d'Ibelin,  127. 

Agridi.  Voy.  Gride{la). 

AiMERY  Barlais  OU  Barlas,  barou 
chypriote,  un  des  v  cinqbaus  »  de 
Chypre,  appelé  par  Amadi  Chamf- 
RiN  Barlas,  fils  de  Renaud  Barlais 
et  d'Isabelle  de  Bethsan,  beau-fils 
de  Bertran  Porcelet,  qui  était  le 
2^  mari  de  sa  mère,  6,  63, 109,  iio, 
124.  —  Sa  querelle  avec  le  cheva- 
lier Toringuel,  puis  avec  Philippe 
d'Ibelin  (1223), 7-8.  — Il  se  retireà 
Tripoli,  d'où  lesire  de  Baruth  lera- 
mène,  8.  — Désigné  comme  bail  de 
Chypre  par  la  reine  Aalis,  8.  —  Ce 
choix  étant  mal  accueilli,  il  quitte 
Chypre  et  se  rend  de  nouveau  à 
Tripoli(i225),  9. — Sa  querelle  et 
son  duel  avec  Anceau  de  Bries  (oct.- 
nov.  1227),  10-12, 104.  —  Il  excite 
Frédéric  II  contre  les  Ibelins 
(1228),  12.  — Pendant  un  séjoTir 
qu'il  fait  à  Limassol,  en  1228^  il 
habite  au-dessus  du  logis  des  fils  du 
sire  de  Baruth  et  souille  leurs 
chambres  d'ordures,  20,  45.—  Il 
s'efforce  d'obtenir  de  Ph,  de  Nov. 
qu'il  abandonne  le  parti  des  Ibelins, 
27.  —  Ph.  de  Nov.;  dans  ses  poé- 
sies et  chansons,  lui  donne  le  so- 
briquet de  Renart,  29,  32,  39-40, 
41,  44-50,  iio.  —Après  la  bataille 
de  Nicosie  (14  juil.  12 29),  il  s'enfer- 
me au  château  de  Deudamor,  35, 
39-40.  —  Allusionsà  cet  événement 
dans  une  poésie  de  Ph.de  Nov.',  44- 
50.  —  Ayant  fait  là  paix  avec  le 
sire  de  Baruth  après  la  prise  de  la 
Candare  par  les  Ibelins  (1230),  il 
cherche  à  abuser  ce  prince  par  des 
*  semblants  d'amitié,  51  (cf.  46). — 

'  Il  quitte  la  compagnie  du  sire  de  Ba- 
ruth par  crainte  des  chevaliers  qui 

=  n'avaient  pas  adhéré  à  la  paix,  51 
(cf.  46-8,  iio).  —  Il  s'excuse  au- 
près de  l'empereur  d'avoir  conclu 

:  la  paix  avec  le  sire  de  Baruth  et 
l'engage   à    envoyer    en-  Chypre 


AGNES 


ANCEAU 


141 


quelques  troupes  pour  recommen- 
cer la  guerre,  $2.  —  On  fait 
courir  le  bruit  qu'il  veut  tuer  le 
sire  de  Baruth,  53.  —  Il  accom- 
pagna peut-être  en  Syrie  les  Lon- 
guebars  partis  de  Chypre  pour 
aller  assiéger   Baruth    (123 1),   53. 

—  Il  revient  en  Chypre  pour 
s'emparer  des  châteaux  (1232),  63. 

—  La  tour  du  port  de  Famagous- 
te  et  le  château  de  Ccrines  lui  sont 
livrés,  mais  il  ne  peut  prendre 
Deudamor,  63-4,  68.  —  Il 
retourne  en  Syrie  avec  Richard 
Filangier,  puisse  rend  en  Fouille 
pour  demander  du  secours  à  l'em- 
pereur, 79.  — Le  roi  Henri  I^"^,  con- 
formément à  une  sentence  de  la 
haute-cour  de  Nicosie,  se  saisit  de 
ses  fiefs  en  Chypre,  80,  124.  — 
Voy.  aussi  Baus  (Les  cinq). 

Aire  de  Vèvêque  (Maison  dite  F),  à 
Tripoli,  62,    63. 

Albert  Rezato,  dit  aussi  Albert 
de  Reggio,  patriarche  d'Antioche, 
légat  apostolique  en  Terre  Sainte, 
64-5,  70. 

^/^;7;rt/V«é',  Allemagne,  >o.  — Barons 
d'Allemagne  qui  passèrent  en 
Syrie  avec  Frédéric  lî,  15.  — 
Usages  d'Allemagne  en  matière 
féodale,  6,  16.  —  Chevalier  alle- 
mand tué  à  la  bataille  de  la  Gride, 

A  LEMAN  (Garnier  F).  Voy.  Garnier. 

AJep  ou  Halappe  (Sultan  d').  Voy. 
Melik    EL-  Aziz. 

Alis,  Alix.  Voy.  Aalis. 

Allemans  (Hôpital  des),  Ordre  teu- 
tonique.  —  «r  Le  maistre  des  Alle- 
mans )),  24  (était,  en  1229-30, 
Hermann  de  Salza,  représenté  en 
Orient  par  un  chevalier  nommé 
Haymo).  —  Un  de  leurs  vaisseaux 
arrive  à  Acre  (1231),   52. 

A>fAURYDE  Bethsan,  baron  chypri- 
ote, cousin  d'Aimery  Barlais,  un 
des  «  cinq  baus  »  conjurés  contre 
les  Ibelins,  6,  12,  79.  —  Ph.  de 
Nov.,  dans  ses  chansons,  lui  donne 
le  sobriquet  de  Grimbert,  ou  Grim- 


bert  le  taisson  ,  29,  44-50.  — Après 
la  bataille  de  Nicosie  (  14  juil.  1229), 
il  s'enferme  à  Deudamor  avec  Hu- 
gues de  Gibeletet  Aimery  Barlais, 
35,37. —  De  Syrie,  où  il  était  allé 
avec  l'armée  de  Richard  Filangier, 
il  revient  en  Chypre  pour  s'emparer 
des  châteaux  (1232),  63.  — La  tour 
du  port  de  Famagoustc,  le  châ- 
teau de  Cérines  et  d'autres  forte- 
resses lui  sont  rendus,  63-64,  68. 

—  Il  retourne  à  Tyr  avec  Richard 
Filangier,  puis  se  rend  en  Fouille 
pour  demander  du  secours  à  l'em- 
pereur, 79. —  Le  roi  de  Chypre,  se 
saisit  de  ses  fiefs,  80,  124.  — 
Voy.  aussi  Baus  (Les  cinq)  de  Chy- 
pre. 

Amaury  P"*,  roi  de  Jérusalem,  i, 
16,  83,94. 

Anceau  ou  Anseau  de  Bries,  fils 
d'un  cousin  de  Jean  I*""  dlbelin^ 
sire  de  Baruth,  partisan  des  Ibe- 
lins, 9.  —  Ses  qualités  physiques  et 
morales,  9.  —  Il  s'oppose  à  ce  que 
le  bailliage  de  Chypre  soit  donné  .à 
Aimery  Barlais,  9.  —  Son  duel  avec 
Aimery  Barlais  (1227),  10-12,31. 

—  Au  festin  de  Limassol,  il  sert 
comme  écuyer  tranchant,  15 .  —  Il 
offre  au  sire  de  Baruth  de  tuer  l'em- 
pereur, 19-20.  — Ph.  de  Nov.,  en- 
fermé dans  la  maison  de  l'Hôpital  à 
Nicosie,  l'appelle  à  son  secours 
(1229),  31.  —  Ses  prouesses  à  la  ba- 
taille de  Nicosie(i4  juil.  1229),  34- 
35,  —  Il  assiège  laCandare  (1229- 
1230),  35,  38-40.  —  Machine  de 
guerre  qu'il  construit,  38,  40.  — 
Il  refuse  d'assister  à  la  conclusion 
de  la  paix  entre  le  sire  de  Baruth  et 
les  cinq  baus,mais  y  adhère  plus  tard 
par  déférence  pour  le  sire  de  Baruth, 
43,  45,  iio.  —  Il  est  cause  de  la 
défaite  des  Chyprois  à  Casai  Ym- 
bert  (3  mai  1232),  65-6.  —  A  la 
bataille  de  la  Gride,  il  commande 
la  première  échelle  des  Chyprois 
et  lutte  en  combat  singulier  avec 
Bérart  de  Manope,  75-6.  —  Les 
Longuebars  assiégés  dans  Cérines 


142 


TABLE   DES    NOMS    PROPRES 


cherchent  à  le  tuer  traîtreusement, 
81.  —  Il  meurt  d'une  blessure 
reçue  au  siège  de  cette  place 
(1233),  82.  —  Surnommé  l'Ours 
par  Ph.  de  Nov.,  44.  —  Le  sire  de 
Baruth  l'appelait  son  «  rouge 
lion»,  82. 

Anfrey  de  Mon  aigre,  chevalier 
chypriote,  72. 

Angleterre  (le  roi  d').  Voy.  Henri  IIL 

Anseau.  Voy.  Anceau. 

Antioche,  23,  79.  —  Richard  Filan- 
gier  nommé  légat  de  l'empereur  à 
Antioche,  m.  —  Princes  d'An- 
tioche,  voy.  Boémond  IV,  dit  le 
vieux  prince  d'Antioche  ;  Boémond 
V.  — Princesse  de  la  maison  d'An- 
tioche, voy.  Marie  d'Antioche- 
Tripoli.  —  Patriarche  d'Antioche, 
en  1233  (non  nommé),  voy.  Al- 
bert Rezato. 

Armand  de  Périgord,  grand-maître 
du  Temple.  C'est  probablement 
lui  qui  est  cité,  p.  $8. 

Arménie  {Petite),  99.  —  Guillau- 
me de  Rivet,  un  des  cinq  baus  de 
Chypre,  y  meurt,  43.  —  Les  Lon- 
guebars  et  Richard  Filangier  y 
lèvent  des  troupes  (1232),  71,  79, 
122,  123.  —  Richard  Filangier 
avait  été  nommé  légat  en  Arménie 
par  Frédéric  II,  m. 

Arneis.  Voy.  Hernis. 

^r5w/ ou  ^r5«r,  ville  de  Syrie,  s 9,  90, 
114,  127.  — Voy.  Jean  deFoges. 

Autriche  (le  duc  d').  Voy.  Léo- 
POLD  V. 

Bahiloine,  l'Egypte,  83  ;  le  Ca^re,  23* 
Sultan  d'Egypte.  V.  Malek-Kamel- 

Balian  d'Tbelin.  Voy.  Ibelin  (Ba" 
lian  d')  . 

Balian  P%  seigneur  de  Saete  (Si- 
don),  fils  de  Renaud,  seigneur  de 
Saete,  et  d'Héloïse  d'Ibelin,  neveu 
de  Jean  F'"  d'Ibelin  et  bail  du  royau- 
me de  Jérusalem,  127. —  Il  accom- 
pagne sa  cousine  Isabeau  de  Bri- 
enne  en  Italie  lors  du  mariage  de 
celle-ci  avecc  Frédéric  II  (1225),  3. 
.  • — Il  se  rend-à  Limassol  vers  Fré- 


déric II,  20.  —  Celui-ci  le  nomme 
bail  de  Terre  Sainte,  et  le  charge 
de  la  garde  du  château  de  Tyr 
(1229),  25.  —  Il  livre  Tyr  auxLon- 
guebars  (1230),  58,  113.  —  Il  cher- 
che à  obtenir  des  habitants  d'Acre 
qu'ils  jurent  fidélité  à  l'empereur 
(1240),  84. —  Le  seigneur  deCésa- 
rée,  Jean  de  Baruth,  le  protège  con- 
tre les  habitants  d'Acre,  85.  — 
C'est  peut-être  de  lui  qu'il  est  ques- 
tion   à  la  p.    71  (cf.  p.  117). 

Balian,  fils  de  Ph.  de  Nov.,  97,  loi. 

Barbarie^  côte  septentrionale  de  l'A- 
frique,  98,    99. 

Barlais  (Aimery).  Voy.  Aimery   B. 

Baruth,  Beyrouth.  —  Droits  de 
Jean  F"" d'Ibelin  sur  cette  ville,  16. 
—  Grâce  à  la  trahison  de  l'évèque, 
elle  est  prise  par  les  Longuebars, 
qui  mettent  ensuite  le  siège  devant 
le  château  (123 1),  53,  55.  —  Jean 
d'Ibelin,  seigneur  de  la  ville,  vient 
au  secours  des  assiégés,  puis  se 
retire  après  avoir  garni  le  château, 
60-3,  113.  —  Les  Longuebars  lèvent 
le  siège  64.  —  Balian  d'Ibelin  y 
séjourne  après  la  mort  de  son  père 
Jean  F'  (1236),  90.  —  Le  Chaufor, 
place  voisine  du  château,  S4-  — 
Tour  des  traîtres,  59.  —  fivéque 
non  nommé  (peut-être  Waleran- 
nus  ou  Galerannus),  53,  m.  — 
Le  vieux  sire  de  Baruth,  voy.  Ibe- 
lin (Jean  I"d'). 

Baruth  (Gautier  III  de).  Voy. 
Gautier  III  de  Baruth. 

Baruth  (Jean  de).  Voy.  Jean  de 
Baruth,  dit  le  jeune  seigneur  de 
Césarée. 

Baudouin  dTbelin.  Voy.  Ibelin 
(Baudouin  d'). 

Bauduyn  (Philippe  de).  Voy.  Phi- 
lippe DE  B. 

Baus  (Les  cinq)  de  Chypre,  sa- 
voir Aimery  Barlais,  Amaury  de 
Bethsan,  Guillaume  de  Rivet,  Hu- 
gues deGibelet,Gauvainde  Cheni- 
chi,  conjurés  contre  les  Ibelins,  6- 
7.  —  Les  quatre  derniers  assistent 
au  duel  d'Anceau  de  Bries  et  d'Ai- 


ANFREY 


CAS AL  YMBERT 


143 


mery  Barlais,  12.  —  Les  cinq  baus 
se  plaignent  des  Ibelins  auprès  de 
Frédéric  II,  12. —  Frédéric  II  leur 
vend  le  bailliage  de  Chypre,  25,88. 

—  Ils  se  font  livrer  les  châteaux  de 
Chypre  et  se  saisissent  de  Philippe 
de  Novare  (1229),  25-6. —  Ils  met- 
tent la  main  sur  tous  les  biens  du 
sire  de  Baruth  en  Chypre,  et  assiè- 
gent la  maison  de  l'Hôpital  à  Nico- 
sie, où  se  sont  réfugiés  les  femmes 
et  les  enfants  des  partisans  des  Ibe- 
lins, ainsi  que  Ph.  de  Nov.,  29,  32. 

—  Chansons  que  Ph.  de  Nov.  fit 
sur  eux  et  sobriquets  qu'il  leurdon- 
ne,  29,  52,39-40,41,44-50.  —Ils 
tentent  vainement  d'empêcher  le 
débarquement  de  l'armée  des  Ibe- 
lins à  la  Castrie  (1229),  33.  —  Ils 
font  garder  le  roi  Henri  P'à  Nicosie 
et  livrent  bataille  devant  cette  ville 
à  l'armée  du  sire  de  Baruth  (14 
juil.  1229),  33-4,36-7.—  Vain- 
cus, ils  vont  s'enfermer  dans  les 
châteaux  de  Lile,  35,  37,  41.  — 
Gauvain  de  Chenichi  meurt  pen- 
dant le  siège  de  la  Candare  par  les 
Ibelins (1230),  42.  —  Guillaume  de 
Rivet  meurt  en  Arménie,  vers  la 
même  date,  43. 

Beatdeu,  abbaye  de  Beaulieu,  or- 
dre de  Cîteaux  (peut-être  l'abbaye 
deBeaumont,  près  Tripoli),  62. 

Belheïs,  ville  d'Egypte.  —  Assise 
qui  y  fut  faite  en  1168  pour  inter- 
dire aux  chevaliers  montés  de  pren- 
dre part  à  l'assaut  des  villes  et  châ- 
teaux, 83.  —  Prise  par  le  roi  A- 
maury  I"de  Jérusalem, 83. 

Bérart  de  Manope  (le  comte), 
capitaine  de  la  2"  échelle  des  Lon- 
guebars  à  la  bataille  de  la  Gride, 
77. —  Manope  est  peut-être  Mano- 
pello,  voy.  Gautier  DE  Manepiau. 

Bertrand,  Betran  de  Gibelet, 
père  de  Hugues,  qui  était  un  des 
cinq  baus,   28. 

Bertrand,  Betram  Porcelet,  beau- 
père  d' Ai  mery  Barlais,  dont  il 
avait  épousé  la  mère,  62,  124. 

Bethléem  (Évêché  de),  62. 


Bethsan,  ville  et  seigneurie  de  Pales- 
tine, l'ancien  Scythopolis.  Voy. 
Amalry  de  Bethsan. 

Beyrouth.  Voy.  Baruth. 

Boémond  IV,  comte  de  Tripoli,  puis 
prince  d'Antioche,  dit  «  le  vieil 
prince  d'Antioche  ».  —  Il  se  rend 
à  Limassol  auprès  de  Frédéric  II 
(1228),  qu'il  quitte  peu  après  pour 
regagner  son  château  deNefin,  20, 
22. —  Projet  de  mariage  entre  son 
fils  [Henri]  et  une  sœur  [Isabeau] 
de  Henri  P%  roi  de  Chypre  (1232), 
61. —  Richard  Filangier  lui  envoie 
une  fausse  lettre  de  l'empereur, 
qu'il  remet  à  Ph.  de  Nov.,  62-3. — 
Il  veut  empêcher  une  flotte  génoise 
de  transporter  de  Syrie  en  Chypre 
le  sire  de  Baruth  et  son  armée 
(1232),  64,114. 

Boémond  V,  fils  de  Boémond  IV,  et 
prince  d'Antioche,  mari  d'Aalis  de 
Champagne,  reine   de    Chypre,  8. 

Boucherie  (Poterne  de  la),  à  Tyr,  96, 
97.  —  Rue  delà  5.,  à  Acre,  25. 

Botron(le)^  Boutron  (le),  aujourd'hui 
el-Batroun,  l'ancien  Botrys,  ville 
delà  côte  de  Syrie,  entre  Gibelet 
et  Tripoli,  23,  57,  58. 

Breine,  Brienne.  Voy.  Isabeau  de 
Brienne,  Jean  de  Brienne. 

Bretai^ne (hvQwXwïQS  de)et  de  laTable 
Ronde,  7. 

Bries  (Anceaude).  Voy.  Anceau. 

Bufeveuf,  Bufavent,  château  de 
l'Ile  de  Chypre,  dans  les  monta- 
gnes de  Cérines,  entre  la  Candare 
et  Deudamor,  68,  72,  108. 

Caffran  (Philippe  de).  Voy.  Phi- 
lippe de  C. 

Caire  (le).   Voy*  Bahiloine. 

Caïn.  Voy.  Cayin. 

Candare  (la),  el-Kantara,  château- 
fort  de  l'île  de  Chypre,  dans  les 
montagnes  du  Carpas,  35,  38,  40- 
43,  68,  72. 

Candie,  résidence  de  Foulque  de  Can- 
die, héros  de  chanson  de  gestes,  54. 

Carpas  (Seigneurs?  du),  124. 

Casai  Ymhert,  localité  à  4    lieues  au 


144 


TABLE    DES    NOMS    PROPRES 


liord  d'Acre,  aujourd'hui  Khirbet 
el-Hanissyn.  —  Bataille  entre  les 
Longuebars  et  les  Ibelins  (3    mai 
^  1232),  64-6,  71,  74,   88. 

Castric  (la),  QuastrieÇa),  Gastria, châ- 
teau des  Templiers  et  port  de  l'île 
de  Chypre,  dans  le  golfe  de  Fama- 
gouste,  33,  36,41,  56,  77,78-9- 

Cayin,  Caïn,  frère  d'Abel,  31. 

Cértnes,  Chérines^  ville  et  château  sur 
la  côte  nord  de  Chypre,  35.  — Les 
Longuebars  s'en  emparent  (1232), 
64,  68.  —  Ils  y  enferment  les  fem- 
mes et  lesenfants  des  partisans  des 
Ibelins,  69.  — La  flotte  des  Lon- 
guebars s'y  rend,  et  leur  armée 
campe  aux  environs  (1232),  73-4, 
119.  —  Les  Longuebars  s'y  réfu- 
gient après  la  bataille  de  la 
Gride  (1232),  78,  122.  —  Ils  y 
sont  assiégés  par  l'armée  chy- 
priote, 78,  79-84,  85,  122.  — 
La  reine  Aalis  de  Chypre  y 
meurt,  80,  122,  123.  —  La  ville  et 
le  château  se  rendent  au  roi  de 
Chypre  (1233),  88. 

Cesaire,  Césarée,  ville  et  port  de  la 
côte  de  Palestine,  entre  Arsuf  et 
le  Carmel,90,  91.  —  Le  vieux  sei- 
gneur de  Césarée,  voy. Gautier  III 
deBaruth.  —  Le  jeune  seigneur 
de  Césarée,  voy.  Jean  de  Baruth. 

Cécile.  Voy.  Sicile. 

Chambellan  (Renaud  le).  Voy. 
Renaud  le  Ch. 

Chamerin  Barlas.  Voy.  Aimery  B. 

Chanthcler,  surnom  que  se  donne 
Ph.  de  Nov.,  44-50. 

Chaufor  (le),  place  voisine  du  châ- 
teau de  Baruth,  54,  58. 

Cheligen(Ente  de).  V.  Ente  de  Ch. 

Chenart  (Philippe).  Voy.  Philippe 
Ch. 

Chenichi  (Gauvain  de).  Voy.  Gau- 
VAiN  de  Ch. 

Chèrines.  Voy.  Cérines. 

Chypre.  Usages  du  royaume  en 
matière  féodale,  17.  —  Rois,  voy. 
Henri  et  Hugues  de  Lusignan. 
—  Baus  de  Chypre,  voy.  Baus 
(Les  cinq);  Filangier  (Richard), 


Ibelin  (Philippe  d').  — Connéta- 
bles, voy.  Gautier III  deBaruth, 
Ibelin  (Balian  d'),  Ibelin  (Gui 
d'). — Sénéchal,  voy.  Ibelin  (Bau- 
douin d') 

Cîteaux  (Ordre  de).  Voy.   Beauleu. 

CoiNTEREAUS  (Daus),  Ic  siugc,  sobri- 
quet donné  par  Ph.  de  Nov. 
à  Hugues  de  Gibelet,  46.  — 
Voy.  aussi  sous  le  mot  Singe. 

CoNCHES  (Guillaume  de).  Voy. 
Guillaume  de  C. 

CoNCHES  (GuiNART  de).  Voy.  Gui- 

NART  DeC. 

Connétable  du  royaume  de  Jérusa- 
lem, voy.  Eude  DE  Montbéliard  ; 
du  royaume  de  Chypre,  voy.  Ibe- 
lin (Gui  d'). 

Connétable  (Puy  du).  Voy.  Piiy. 

Conrad,  Corat,  roi  de  Sicile  et  de 
Jérusalem,  puis  empereur,  fils  de 
Frédéric II  et  d'Isabelle  de  Brienne, 
né  le  25  ou  le  27  avril  1228,  23, 

84.93.94,  95- 
Cors  (Gent  de).  Voy.  Gent  de  C. 
Cpeissi  (Crexi,  Crécy,  Crissi  ?)   de 

Thabor,  famille    chypriote,   124. 


Damas, 
Voy. 


23-  — 
Melik 


Sultan    de  Damas. 
el-Aschraf. 


Demetrius  de  Montferrat,  roi  de 
Salonique,  15. 

Denises,  sénéchal  du  vieux  sire  de 
Baruth,  passé  au  service  des  Lon- 
guebars, 54,  112. 

Despoire,  casai  dans  l'île  de  Chypre, 
probablement  voisin  de  Limisso 
(cf.  Amadi  167),  73,   118. 

Deudamor,  Deudamors  (Château  de), 
en  Chypre,  dans  les  montagnes 
au  sud  de  Cérines,  dit  aussi  Châ- 
teau de  Saint-Hilarion.  —  Jean  P"" 
d'Ibelin,  seigneur  de  Baruth,  crai- 
gnant les  embûches  de  l'empereur, 
s*y  réfugie  avec  les  siens  (1228), 
20-21, 88.  —  Les  cinq  baus  de  Chy- 
pre menacent  Ph.  de  Nov,  de  l'y 
enfermer  (1229),  28.  —  Trois  des 
cinq  baus  s'y  réfugient  après  la  ba- 
taille de  Nicosie  (14  juil.  1229J, 
et  y  retiennent  prisonnier  le  roi  de 


CASTRIE   (la)  —    FILANGIER  (rICHARD) 


145 


Chypre,  ^  5 , 3  7, 41 .  —Les  fils  de  Jean 
d'Ibelin,  puis  celui-ci  en  person- 
ne, en  font  le  siège,  35,  37-40.  — 
11  est  rendu  au  roi  de  Chypre  à 
la  conclusion  de  la  paix  (^juin-juil. 
1230),  43.  —  Les  sœurs  du  roi  de 
Chypre  s'y  enferment  lorsque  ce- 
lui-ci passe  en  Syrie  (123 1),  63-4. 

—  En  1232,  c'est  la  seule  forte- 
resse qui  tienne  encore  pour  le  roi 
et  les  Ibelins,  68.  —  Assiégé  par 
les  Longuebars,  la  famine  s'y  fait 
sentir,  68,  74,  116.  —  Jean  d'Ibe- 
lin projette  d'y  envoyer  des  se- 
cours, 74-5.  —  Désigne  sous  le 
pseudonyme  de  Maucreus  dans 
deux  poésies  de  Philippe  de  No- 
vare,  39,  44. 

Domas,  Doumas.  Voy.  Damas. 
Dragon.  Voy.   Fontaine  du   Dragon. 

Eguevive  (Gautier  de).  Voy.  Gau- 
tier DE  E. 

Egypte.  Voy.   Babiîoine. 

Engîeterrt,  Angleterre,   43. 

Ente  de  Cheligen,  chevalier  longue- 
bart,  79. 

Eschive  de  Montbéliard,  femme 
de  Balian  d'Ibelin,  sire  deBaruth, 
68. 

Eschive  de  Tabarie,  fille  de  Raoul 
de  Tabarie,  cousine  de  Jean  P»" 
d'Ibelin,  sire  de  Baruth,    127. 

Espagne^  comparée  à  l'île  de  Chypre, 
30.  —  Les  cinq  rois  d'Espagne,  43 . 

Estorgue.  Voy.  Eustorge. 

Etienne  (le  comte),  officier  de  la 
cour  de  Frédéric  II,   23. 

EuDE  DE  LA  Fierté,  chevalier  chy- 
priote, 76. 

Eude  de  Montbéliard,  cousin  par 
alliance  du  sire  deBaruth,  connéta- 
ble et  bail  du  royaume  de  Jérusa- 
lem, 25,  36,  84,  85,  90,  91,  127. 

Eustorge,  archevêque  de  Nicosie, 
oncle  de  Giraut  de  Montaigu,  33. 

—  Il  couronne  le  roi  Henri  l^" 
de  Chypre  (vers  1225),  6.  —  Il 
enterre  la  reine  de  Chypre,  Aalis 
de  Montferrat,  à  Sainte-Sophie 
de  Nicosie,  124. 

Philippe  de  Novare. 


I  Famagouste.  —  Frédéric  II  y  assem- 
ble ses  gens  pour,  de  là,passeren 
Syrie  (1228),  22.  —  L'armée  du 
roi  de  Chypre  s'y  embarque  avec 
celle  de  Jean  F""  d'Ibelin  pour  se- 
courir Baruth  (fin  123 1),  $5-6. — 
La  tour  du  port  est  rendue  aux 
Longuebars  (1232),  68.  —  Ceux-ci 
assemblent  à  Famagouste  leur 
armée  et  leur  flotte,  71.  —  Les  Cliy- 
prois  du  roi  et  du  vieux  sire  de 
Baruth  s'emparent  de  la  ville 
(1232),  72.  —  Les  Longuebars  en 
se  retirant  mettent  le  feu  à  la 
région  voisine,  73. 

Fœrté  (la).    Voy.  Eude  de  la  F. 

Filangier  (Henri),  frère  de  Ri- 
chard, 93,   100. 

Filangier  (Lotier),  frère  de  Ri- 
chard, maréchal  du  royaume  de 
Jérusalem  pour  l'empereur,  93, 
97,  98,  100. 

Filangier  (Richard),  maréchal  de 
l'empire,  bail  de  l'empereur  en 
Chypre  et  en  Syrie  et  son  légat  en 
Arménie,  Antioche  et  Tripoli 
(1231),  52,  79,  III,  119.  —  Il  en- 
voie au  comte  de  Tripoli  une 
fausse  lettre  de  l'empereur  (1232), 
62,  —  Après  la  bataille  de  la  Gride 
(15  juin  1232),  il  se  rend  en 
Arménie  pour  demander  du  se- 
cours, 79,  122.  —  Il  rejoint  son 
armée  à  Cérines;  puis  repart  pour 
Tyr,  79.  —  L'empereur  invite  les 
gens  de  Syrie  à  le  reconnaître 
comme  bail  (fin  1232  ou  début 
1233),  84.  —  Entre  Acre  et  Tyr, 
il  échange  des  prisonniers  avec  le 
sire  de  Baruth  (1233,  2'  moitié), 
88-9.  —  Il  cherche  à  attirer  dans 
son  parti  les  frères  de  l'Hôpital 
de  Tyr  (1241),  90.  —  Il  se  rend 
à  Acre  pour  essayer  de  surprendre 
cette  ville  et  s'y  cache  dans  la  mai- 
son de  l'Hôpital  (1241),  90-2,  128. 
—  A  la  nouvelle  de  l'arrivée  du  sire 
de  Baruth,  il  regagne  Tyr,  91.  — 
Rappelé  en  Italie  par  Frédéric  II, 
il  quitte  Tyr,  et  laisse  à  sa  place 
en  Syrie  son  frère  Lotier  (1242- 
10 


146 


TABLE    DES    NOMS    PROPRES 


1243),  95.  —  La  tempête  le  jette 
sur  la  côte  de  Barbarie,  d'où  il  re- 
vient à  Tyr,  98.  —  A  son  arrivée 
il  y  est  fait  prisonnier  par  les 
gens  du  vaisseau  de  Ph.  de  Nov., 
98  ;  puis  remis  entre  les  mains  de 
Raoul  de  Soissons  et  enfin  livré  au 
sire  de  Baruth,  99.  —  Celui-ci  le 
menace  de  la  pendaison  s'il  n'ob- 
tient de  son  frère  Lotier  qu'il 
rende  le  château  de  Tyr,  100.  — 
Une  seconde  fois,  on  le  menace  de 
le  tuer  par  représailles  de  la  mort 
de  Ph.  de  Nov.,  que  l'on  croit 
avoir  été  massacré  dans  Tyr,  loi. 

—  Voy.  Richard  (le  comte). 
Place    (Raimont  de).    Voy.   Rai- 
mont  DE  Fl. 

Fooes,  Foggia,  ville  d'Italie,  donnée 
par  Frédéric  II  à  Jean  d'Ibelin, 
dit  Jean  de  Foges,  fils  de  Jean  P'^ 
d'Ibelin  (1228),  22.  —  Voy. 
Jean  de  Foges. 

Fontaine  du  Dragon,  près  de  Deuda- 
mor,  38. 

Foulque  de  Candie,  héros  de  chan- 
son de  gestes,  54. 

France,  40.  —  Le  roi  de  France, 
voy.  Louis  IX. 

Frédéric  II,  fait  empereur  par  le 
pape  Honorius  III,  i.  — On  l'ap- 
pelle «  l'enfant  de  Poulie  »,  2.  — 
Son  mariage  avec  Isabeau  de 
Brienne  (1224-1225),  2-3.  —  Il 
réclame  le  bailliage  de  Chypre 
après  la  mort  du  roi  Hugues  F" 
(1218),  6.  — On  annonce  son  pro- 
chain départ  pour  l'Orient  (1225- 
26),  9,  10.  —  Se  rendant  en  Sy- 
rie, il  aborde  en  Chypre  (juillet 
1228),  12,  104.  —  Il  demande  que 
le  jeune  roi  de  Chypre,  Henri  F% 
lui  soit  amené,  et  il  le  reçoit  hono- 
rablement, 13-14.  —  Il  donne  un 
grand  banquet  à  Limassol,  14-17. 

—  Il  réclame  à  Jean  P*"  d'Ibelin  la 
cité  de  Baruth  et  les  rentes  du  bail- 
liage de  Chypre,  16.  —  Les  deux 
fils  de  Jean  F''  d'Ibelin  lui  sont 
donnés  en  otages,  18,  31.  —  On 
lui  conseille  de  se  saisir    du    sei- 


gneur de  Baruth^  Jean  F*",  19. — , 
11  se  rend  de  Limassol  à  Nicosie, 
où  se  trouve  ce  seigneur,  20. — Il 
se  dispose  à  reconnaître  Henri  F' 
comme  roi  de  Chypre,  et  rend  au 
sire  de  Baruth  ses  enfants  qu'il 
avait  en  otages,  21.  —  Il  réclame 
de  nouveau  le  bailliage  de 
Chypre,  22.  —  Il  remet  entre 
les  mains  de  ses  partisans  les 
châteaux  de  Chypre,  22.  —  De  Ni- 
cosie, il  se  rend  à  Famagouste  avec 
son  armée,  22.  —  Il  passe  en 
Syrie  (septembre  1228),  se  rend  à 
Tyr  et  de  là  à  Acre,  puis  à  Jaffa, 
2i;3.  —  Il  traite  avec  le  sultan 
d'Egypte  qui  lui  rend  Jérusalem, 
Nazareth  et  Lydda,  23.  —  Il  fait 
saisir  toutes  les  forteresses  et 
toute  la  régale  de  Chypre  par  le 
comte  Etienne,  23,  88.  —  Il  est  haï 
de  tout  le  peuple  de  Palestine,  qui 
l'insulte,  24-5.  —  Il  médite  de 
s'emparer  de  Jean  F''  d'Ibelin  et 
d'Anceau  de  Bries,  24,  106.  —  Il 
s'embarque  à  Acre  pour  retourner 
en  Chypre,  après  avoir  mis  garni- 
son dans  le  château  de  Tyr  et  lais- 
sé comme  baus  à  sa  place  le  sei- 
gneur de  Saete  et  Garnier  l'Ale- 
man  (i^^  mai  1229),  24-5.  —  ill 
vend  aux  «  cinq  baus  »  le  bail- 
liage de  Chypre,  et  leur  fait  jurer 
qu'ils  ne  permettront  pas  au 
seigneur  de  Baruth  de  rentrer  en 
Chypre,  25,  88.  —  Il  marie 
Aalis  de  Montferrat  à  Henri  F"" 
roi  de  Chypre,  25.  —  Il  rega- 
gne l'Italie  (mai  1229),  26,  lais- 
sant à  ses  partisans  en  Chypre  un 
mauvais  souvenir,  41.  —  Les  Ibe- 
lins  projettent  d'envoyer  Ph.  de 
Nov.  en  Europe  pour  se  plaindre 
de  lui  (1230),  43.  —  A  la  de- 
mande d'Aimery  Barlais,  Frédéric 
envoie  des  troupes  en  Chypre,  sous 
le  commandement  de  Richard 
Filangier  (123 1),  51-2,111.  —  Ce- 
lui-ci fait  parvenir  au  comte  de 
Tripoli  une  fausse  lettre  de  l'em- 
pereur, 62.  —  Frédéric  envoie  en 


PLACE   —    GEROLD 


147 


Syrie  l'ordre  de  se  saisir  des  Ibe- 
lins,64.  —  En  1232,  ou  peu  après, 
il  donne  mission  à  l'évêque  de 
Sidon  de  se  rendre  en  Syrie  pour 
engager  les  gens  du  pays  à  faire 
leur  paix  avec  lui,  84.  —  Il  rap- 
pelle Richard  Filangier  en  Italie, 
(1242  ou  1245),  93.  —  Son  li!s 
Conrad  ayant  atteint  sa  majorité 
il  doit  renoncera  son  titre  de  bail 
du  royaume  de  Jérusalem  (124.^), 
93,  94,  95- 

Ganelon.   Voy.  Guenelon. 

Garnier  l'Aleman  [dit  Garnier  le 
jeune],  de  la  famille  des  l'Ale- 
man de  Palestine,  bail  de  Frédé- 
ric II  dans  le  royaume  de  Jéru- 
salem   (1229),  25. 

Gastria.  Voy.  Ca strie  (la). 

Gautier  III  de  Baruth,  seigneur 
de  Césarée,  dit  «  le  vieux  sei- 
gneur de  Cezaire  »,  connétable  de 
Chypre,  11,  33.  —  Il  assiste  à  un 
banquet  donné  par  Frédéric  II, 
à  Limassol,  i<5.  —  Il  est  tué  à  la 
bataille  de  Nicosie,  par  Gauvain 
de  Chenichi  (14  juil.  1229),  33,43. 

Gautier  de  Eguevive,  gentil- 
homme de  Fouille,  79. 

Gautier  de  Manepiau  ou  de  Mou- 
nepeau  (peut-être  Manopello,  près 
de  Chieti,  dans  les  Abruzzes),  ca- 
pitaine de  la  I''"'  échelle  des  Lon- 
guebars  à  la  bataille  de  la  Gride, 
dans  laquelle  il  est  tué,  76-77^  78, 
121. 

Gauvain  de  Chenichi  (Sire),  cheva- 
lier chypriote,  un  des  «  cinq  baus 
de  Chypre  »,  7.  —  Il  s'entend  à 
l'oisellerie,  10.  —  Sa  querelle 
avec  Guillaume  de  la  Tour  (1225), 
9-10,  103.  —  Il  se  rend  à  Acre, 
puis  en  Italie  vers  l'empereur 
(1225),  et  peu  après  revient  en 
Chypre  (1227),  10,  103.  —  Il 
assiste  au  duel  d'Anceau  de  Bries 
et  d'Aimery  Barlais  (1227),  12. 
—  Il  excite  Frédéric  II  contre 
les  Ibelins  (1228),  12.  —  A  la 
bataille  deNicosie  (14  juil.  1229), 


il  tue  le  vieux  seigneur  de  Cé- 
sarée, 33,  43.  —  Après  la  ba- 
taille il  s'enferme  à  la  Candare, 
où  Anceau  de  Bries  va  l'assiéger, 
35,  38,  40,  42.  —  Sa  mort  (prin- 
temps de  1230),  42,  124. —  Philip- 
pe Chenart  est  son  frère  utérin,  43. 
—  Le  lignage  de  Gauvain  est  exilé 
de  Chypre  (1230),  43. 

Gavata,  Giiata,  Cap  des  Chats,  à  l'ex- 
trémité ouest  de  la  baie  de  Limas- 
sol, 52,  m. 

GêneSj  73.  —  Consul  de  la  république 
de  Gênes  tn  Chypre,  voy.  Guil- 
laume DE  l'Ort. 

Génois,  Jenevès.  —  Jean  P'"  d'Ibeliii 
demande  l'aide  des  Génois  d'Acre 
contre  l'empereur  (1229),  106. — 
Les  Génois  concluent  un  accord 
avec  Balian  d'Ibelin  qui  les  envoie 
protéger  Chypre  contre  les  Lon- 
guebars  (1232),  64, 114.  —  Le  roi 
de  Chypre,  Henri,  leur  promet, 
puis  leur  donne  franchise  et  cour 
en  Chypre  ;  il  fait  alliance  avec  eux 
(1232-33),  69,  73,  116,  118.  — 
Leur  flotte  se  rend  de  Famagouste 
à  Limassol,  puis  rentre  à  Gênes 
(été  1232),  73.  —  Une  autre  flotte 
génoise  arrive  à  Limassol  ;  le  sire 
de  Baruth  la  prend  à  la  solde  du 
roi  de  Chypre  (fin  1232),  80.  — A 
Acre,  les  Génois  défendent  leur  rue 
contre  une  tentative  de  Richard 
Filangier  (1241),  91,  128.  —  Ils 
assistentà  Acre,  en  1243,  àlalec- 
ture  solennelle  de  l'acte  par  lequel 
la  reine  Aalis  de  Chypre  reven- 
diquait la  régence  du  royaume  de 
Jérusalem,  95,  129.  —  Ils  secon- 
dent le  sire  de  Baruth,  lors  du 
siège    de    Tyr  (1243),  96,  131. 

Gentde  Cors,  chevalier  longuebart, 

79- 

Geoffroy  ou  Joffrei  de  Mosie,  «  fils 
du  Ju sticier  » ,  capitaine  longuebart 
(peut-être  Geoffroi  de  Montefos- 
colo  ;  cf.  Gestes  des  Chyprois,  éd.  de 
l'Acad.,  p.  716,  note),  77,  78. 

Gérold  ou  Girot,  patriarche  de 
Jérusalem^  10,  58,  69-70,  95. 


148 


TABLE    DES    NOMS    PROPRES 


Gihrl,  ville  maritime  de  Syrie,  entre 
Laodicée  et  Tortose,  91. 

Gihelet,  Gibletb,  ville  maritime  de 
Syrie,  entre  Beyrouth  et  Tripoli, 
61.  —  Des  déserteurs  de  l'armée 
de  Jean  I"  dTbelin  s'y  enferment, 
69  (cf.   57,  78). 

GiBELET.  Voy.  Bertrand  de  G., 
Gui  I*"",  seigneur  Je  G.,Hep^'isde 
Cj.,  Hugues  de  G. 

Girard  ue  Conçues.  Voy.  Guinart 
DE  G. 

Giraut  de  Montaigu,  chevalier 
chypriote,  tué  à  la  bataille  de 
Nicosie  (14  juil.  1229),  33. 

GiROT.  Voy.  Gérold. 

Gotron,  erreur  du  ms.  pour  Botron, 
105. 

Grée  {Cap  de  la),  en  Chypre,  à  l'ex- 
trémité du  promontoire  de  Thro- 
ni,  71,  117. 

Grégoire  IX,  pape,  12^  21. 

Greil  (Pierre  de).  Voy.  Pierre  de  G. 

Gride  (la),  Agridi,  casai  entre  Deu- 
damor  et  Nicosie,  au  N.-O.  de 
Nicosie.  Bataille  de  la  Gride  (15 
juin  1232),  74,  75,  121. 

Grimbert,  sobriquet  donné  par  Ph. 
de  Nov.  à  Amaury  de  Bethsan,  29, 
32,  44-50. 

Guapin  de  Montaigu,  grand-maître 
de  l'Hôpital,  33. 

Guata.  Voy.  Gavata. 

GuENELON,  Ganelon,  le  traître,  40. 

Gui  P%    seigneur  de  Gibelet,  20. 

Gui  d'Ibelin.  Voy.  Ibelin  (Gui  d'). 

Guillaume  de  Conches,  bourgeois 
d'Acre,  90-91. 

Guillaume  de  la  Tour,  chevalier 
chypriote.  Sa  querelle  et  son  duel 
avec  Gauvain  de  Chenichi,  9-10. 

Guillaume  de  l'Ort  («  de  Loure  » 
dans  le  ms.  de  Cérines),  capitaine 
et  consul  de  la  république  de 
Gênes  en  Chypre  (1232),  73,  118. 

Guillaume  d'Orange,  héros  de  chan- 
sons de  gestes,   54. 

Guillaume  de  Rivet,  chevalier  chy- 
priote, un  des  «  cinq  baus  »  de 
Chypre,  7.  —  Il  assiste  au  duel 
d'Anceau  de    Bries    et    d'Aimery 


Barlais  (1227),  12.  —  Il  s'efforce 
de  détacher  Ph.  de  Nov.  du  parti 
des  Ibelins  (1229),  27.  —  Après  la 
bataille  de  Nicosie  (14  juil.  1229), 
il  s'enferme  à  Bufavent,  108.  — 
Il  est  beau  parleur  et  secroitsage, 
27,  32.  —  Sa  mort  en  Petit*  Ar- 
ménie(i230ou  1231),  43.  —  Voy. 
Baus  (Les  cinq). 

Guillaume  de  Tineres,  frère  de 
l'Hôpital,  43. 

Guillaume  Vesconte,  de  Tripoli, 
du  conseil  privé  du  vieux  sire  de 
Baruth,  61. 

Guinart  de  Conches,  chevalier 
chypriote,  capitaine  du  château  de 
Bufavent,  68  ;  nommé  Girard  de 
C.  par  Amadi  et  Bustrone,  116. 

Haîappe,  Alep  (le  sultan  de).  Voy. 
Melik  el-Aziz. 

Heimery,  roi  de  Jérusalem.  Voy. 
Amaury  I". 

Heimery  Barlais.  Voy.  Aimery  B. 

Helvis  ou  Héloïse  d'Ibelin.  Voy. 
Ibehn  (Helvis  d'). 

Henri  VI,  empereur,  père  de  Fré- 
déric II,  22. 

Henri  III,  roi  d'Angleterre,   43. 

Henri  Filangier.  Voy.  Filangier 
(Henri). 

Henri  P"^  de  Lusignan,  roi  de 
Chypre,  dit  Henri  Gras,  né  le 
3  mai  12 17  (voir  notre  Table  chro- 
nologique), succède  à  son  père  à 
l'âge  de  neuf  mois  (janv.  1218), 
5,  55.  —  Son  couronnement 
(vers  1225),  6.  —  Frédéric 
II,  séjournant  en  Chypre,  de- 
mande et  obtient  qu'il  lui 
soit  amené  (1228),  13-14.  — 
Henri  assiste  à  un  festin  donné  par 
Frédéric  II  à  Limassol,  1$.  — 
Frédéric  II  le  garde  auprès  de 
lui,  19  ;  puis  se  dispose  à  lui 
rendre  ses  châteaux  et  à  le  recon- 
naître comme  roi  de  Chypre,  21, 
22.  —  Les  hommes  de  Jean  I*"" 
d'Ibelin  proposent  à  celui-ci  de  le 
soustraire  des  mains  de  l'empe- 
reur  (1228).    —  Frédéric  II    le 


GIBEL 


HOPITAL 


149 


ramène  de  Palestine  en  Chypre, 
et  lui  donne  pour  femme 
Aalis  de  Montferrat  (mai  1229), 
25.  —  11  est  confié  par  l'empereur 
à  la  garde  des  «  cinq  baus  »  de 
Chypre,  25. — Il  assiste  à  un  entre- 
tien entre  les  cinq  baus  et  Ph. 
de  Nov.(i229),  27-8.  —  Les  cinq 
baus  le  font  garder  à  Nicosie,    33. 

—  Après  la  bataille  de  Nicosie  (14 
juillet  1229),  ils  l'enferment  à 
Deudamor,  35,  37,  44.  —  Allu- 
sions à  cet  événement  dans  une 
poésie  de  Ph.  de  Nov.,  44-50.  — 
Il  est  délivré  par  le  sire  de  Baruth, 
43. — Surnommé  Noble  par  Ph.  de 
Nov.,  44.  —  Le  sire  de  Baruth  le 
supplie  d'aller  en  personne  secou- 
rir le  château  de  Baruth  assiégé 
parles  Longuebars,  54-5. — Hen- 
ri s'embarque  à  Famagouste  pour 
passer  en  Syrie  (mars  1232),  55. 

—  Il  veut  marier  une  de  ses  sœurs 
[Isabeau]  au  fils  du  prince  de  Tri- 
poli, 61,62.  —  Il  se  rend  d'Acre  au 
Casai  Ymbert,  où  il  assiste  à  la  ba- 
taille entre  les  Ibelins  et  les  Lon- 
guebars (3  mai  1232),  64-66.  — 
Après  la  bataille,  il  rentre  à  Acre, 
66.  —  Ses  sœurs,  Marie  et  Isa- 
beau,  se  réfugient  au  château 
de  Deudamor,  68,  70,  115.  — 
A  l'époque  où  il  atteint  l'âge  de  15 
ans  (3  mai  123  2),  il  donne  et  promet 
des  fiefs  à  ses  partisans,  en  parti- 
culier aux  Génois,  69,  71,73,118. 

—  Il  lève  des  troupes  en  Syrie 
pour  les  conduire  en  Chypre,  70. 

—  Avec  le  vieux  sire  de  Baruth, 
il  attaque  les  Longuebars  assem- 
blés à  Famagouste  et  s'empare  de 
cette  ville,  71,  72.  —  De  Jà,  il  se 
rend  à  Nicosie,  73,  74,  et  met  les 
Longuebars  en  déroute  au  casai 
de  la  Gride  (15  juin  1232),  74-78. 

—  Après  la  bataille,  il  va  avec  le 
vieux  sire  de  Baruth  assiéger  Cé- 
rines,  78etss.,  122.  —Il  envoie  Ph. 
de  Nov.  en  mission  à  Nicosie,  78. 

—  Il  fait  enterrer  à  Nicosie  sa  fem- 
me, Aalis  de  Montferrat  (1232-3), 


80,  124.  —  Sur  sa  plainte,  la  cour 
de  Nicosie  fait  saisir  les  biens  d'Ai- 
mery  Barlais,  d'Amaury  de  Bethsan 
et  de  Hugues  de  Gibelet,  qui  sont 
donnés  à  ses  partisans  (1233),  80. 

—  Il  est  très  afiligé  de  la  mort 
d'Anceau  de  Bries,  82. 

Hermeline  (dame),  personnage  du 
Roman  de  Renarty  femme  de  Re- 
nart,  47. 

Her mente.  Voy.  Arménie  (Petite). 

Hernis  ou  Arneis  de  Gibelet,  bailli 
de  la  Secrète  en  Chypre,  68,  88, 
115. 

HoNORius   III,  pape,  2. 

Hôpital  de  Saint-Jean  de  Jérusalem, 
22  :  à  Tripoli,  5,  62  ;  en  Syrie,  12, 
16  ;  à  Acre,  90-2,  106.  —  Maison 
de  la  Vigne  neuve,  sous  les  murs 
d'Acre,  92,  —  Tour  de  l'Hôpital  à 
Limassol,  20.  —  Château  des  Hos- 
pitaliers, voy.  Margat.  —  Ph.  de 
Nov.,  échappé  des  mains  des  cinq 
baus,  se  réfugie  dans  la  maison  de 
l'Hôpital  à  Nicosie,  que  les  par- 
tisans de  Frédéric  II  assiègent 
(1229),  29,  30,  32,  35.  —  Lesfem- 
mes  et  enfants  des  partisans  des 
Ibelins  se  retirent  à  deux  reprises 
dans  cette  maison (1229  et  1232), 
29,  32,  68,  116. — Richard  Filan- 
gier  attire  dans  son  parti  les  frères 
de  l'Hôpital  de  Tyr  (1241),  90.  — 
S'étant  rendu  à  Acre  pour  essayer 
de  surprendre  cette  ville,  il  se  cache 
dans  la  maison  de  l'Hôpital,  90. 

—  Le  sire  de  Baruth,  l'ayant 
appris,  assiège  cette  maison 
91.  —  Il  s'en  excuse  ensuite  au- 
près du  grand-maitre,  92.  —  Du 
temps  d'Amaury  I",  roi  de  Jérusa- 
lem, les  Hospitaliers  avaient  refu- 
sé de  rebâtir  le  château  de  Baruth 
et  d'en  assumer  la  défense,  t6.  — 
Grands  maîtres  de  l'Hôpital,  voy. 

GUARIN    DE    MONTAIGU  ;    —    UOn 

nommés,  58  (Bertrand  de  Texi 
ou  Guarin)  ;    91-92    (Pierre  de 
ViLLEBRiDE?).  —  Chevalier,  voy. 
Guillaume  de  Tineres. 
Hôpital  des  AUenians.  V.  Allemans. 


I50 


TABLE    DES   NOMS   PROPRES 


Hugues,  Hue  de  Gibelet,  chevalier 
chypriote,  un  des  cinq  baus  de 
Chypre,  parent  des  enfants  de 
Jean  d'Ibelin,  le  vieux  sire  de  Ba- 
ruth,  7.  —  Il  assiste  au  duel  d'An- 
ceau  de  Bries  et  d'Aimery  Barlais 
(1227), 12. — Il  menace  Ph.  de Nov. 
de  le  faire  pendre  (1229),  28.  — 
Ph.  de  Nov.  lui  donne  le  surnom 
de  singe,  29,  44-50. — A  la  bataille 
de  Nicosie,  il  est  à  l'arrière-garde, 
34,  36,  37.  —  La  bataille  perdue, 
il  s'enferme  à  Deudamor,  35,  37. 
—  Il  assiège  Balian  d'Ibelin  dans 
la  maison  dite  l'Aire  de  Tévêque  de 
Tripoli  (1232),  63.  —  Il  retourne 
en  Chypre  pour  s'emparer  des  châ- 
teaux (1232), 63.  — La  tour  du  port 
de  Famagouste  et  le  château  de 
Cérines  lui  sont  rendus,  68.  —  Il 
part  de  nouveau  pour  Tyr  avec 
Richard  Filangier,  puis  se  rend  en 
Pouille,  afin  de  demander  du  se- 
coursàl'empereur(i232),  79. —  Le 
roi  Henri  P'"  fait  saisir  ses  fiefs  en 
Chypre  (1233),  80,  124. 

Hugues  DTBELiN.Voy.  Ibelin  (Hu- 
gues d'). 

Hugues  P'^  de  Lustgnan,  roi  de  Chy- 
pre, mari  d'Aalis  de  Champagne, 
I.  —  Sa  mort  (janvier  1218),  5.  — 
Son  fils  Henri  lui  succède,  5.  — 
Hugues  désigne  Philippe  d'Ibelin 
comme  bail  de  Chypre,  6.  —  Les 
droits  et  les  biens  de  ses  héritiers 
sont  défendus  par  Jean  P^ d'Ibelin, 

19.  54-5. 

Hugues  des  Mares,  chevalier  chy- 
priote,partisan  des  Longuebars,i  24. 

Hugues  Porcelet,  chevalier  chy- 
priote, partisan  des  Longuebars, 
124. 

Hugues  de  Sorel,  chevalier  lon- 
guebart,  79. 

Hugues  Zaboc,  chevalier  chypriote, 
partisan  des  Longuebars,    124. 

Ibelin  (Balian  III  d'),  seigneur  de 
Baruth,  fils  aîné  de  Jean  P%  le 
vieux  sire  de  Baruth.  Fait  cheva- 
lier par  son  père    (1223),   7.  — 


Connétable  du  royaume  de  Chypre, 
7.   —  Son  rôle  dans  la  rixe  entre 
Aimery  Barlais    et     le    chevalier 
Toringuel,  7-8.  — Au  banquet  de 
Limassol    (1228),  il   sert    devant 
l'empereur,    15.—   Il   est  donné 
en  otage  à  l'empereur,  18,   31,  45, 
puis  rendu  à  son  père,  21,  22.  — 
L'empereur  le  reçoit  de  sa  mais- 
née,    22.  —  Éloges  que   lui  dé- 
cerne Ph.    de  Nov.,    22.    —  Tan- 
dis que  Balian  est  à  Acre,  Ph.  de 
Nov.  lui  annonce,  dans  une  chan- 
son,   les  dangers  qu'il  court  lui- 
même  à  Nicosie,  29-30.  —  11  fait 
merveilles    d'armes  à   la   bataille 
de  Nicosie   (14  juil.    1229),  33-5. 
—  Il  assiège    Deudamor   (1229- 
1230),  35,  38. — A  l'arrivée  de  Ri- 
chard Filangier  en  Chypre  (123 1), 
il  se  rend  avec  sa  troupe  à  Limas- 
sol, 52.  —  Il  s'emporte  contre  son 
père  qui  s'oppose  à  ce  qu'il  prenne 
part  au  ravitaillement  du  château 
de    Baruth  (1232),   59.  —   Il  est 
envoyé  à  Tripoli  pour  négocier  un 
mariage  entre  une  sœur  du  roi  de 
Chypre  et  le  fils  du  prince  de  Tri- 
poli, 61. —  Il  se  rend   à    Montpè- 
lerin,  62  ;   puis   se    réfugie  dans 
une  ferme    dite  l'Aire  de  l'évéque 
de  Tripoli,  62,  63.  —  Il  demande 
au     Soudan   de     Damas    passage 
par    son    pays,   63.  —   Il    traite 
avec  les  Génois  contre  les  Longue- 
bars, 64.   —   Après   la  levée   du 
siège   de  Baruth  par  les  Longue- 
bars,   il   se    rend  lui-même  dans 
cette  place,  64.  —  Sa  femme,  Es- 
chive    de     Montbéliard,    se    ré- 
fugie dans  la    maison  de  l'Hôpi- 
tal à  Nicosie,    puis   dans  le   châ- 
teau de  Bufavent,  68.  —  Il  rejoint 
à    Saete    l'armée    chypriote    qui 
retourne  en  Chypre,  71.  —  A  la 
bataille  de  la  Gride  (15  juini232), 
son  père    lui    refuse     l'honneur 
d'être  à  l'avant-garde  parce  qu'il 
est     excommunié  ;     il    s'y  porte 
néanmoins,    7^-6.    —    Il   prend 
part  au  siège  de  Cérines,  83  ;  dont 


HUGUES    —    IBELIN    (hUGUES    D') 


151 


son  père  lui  laisse  la  conduite 
(i2?2-33),  8$.  —  En  1236, 
après  la  mort  de  son  père,  il 
devient  sire  de  Baruth,  89.  —  11 
prend  part  à  la  croisade  du  roi  de 
Navarre,  puis  séjourne  à  Baruth 
(1240),  90.  —  Informé  d'une  ten- 
tative de  Richard  Filangier  contre 
Acre,  il  se  rend  en  toute  hâte  vers 
cette  ville,  où  il  entre  (1241),  91. 

—  Croyant  que  Filangier  est  ca- 
ché dans  la    maison  de  l'Hôpital 
d'Acre,  il  assiège  cette  maison,  91- 
92.  —  Il  s'en  excuse  ensuite  au- 
près   du     grand  maître,     92.    — 
Q.uatre  bourgeois  de  Tyr  s'offrent 
à  lui  livrer  cette  ville  ;  il  s'entend 
avec  eux,  93.  —  Sur  le  conseil  de 
Ph.  de  Nov.,  il  fait  revendiquer  la 
régence  du  royaume  de  Jérusalem 
par  la  reine    de   Chypre,    Aalis, 
93-4.  —   L'arrangement  conclu  à 
cette  occasion   porte   que   le   sire 
de  Baruth  et  Philippe  de  Mont- 
fort     occuperont      et     garniront 
toutes  les  forteresses  du    royaume 
de  Jérusalem,    95.   —  Balian   fait 
hommage  à  la    nouvelle   régente, 
96.  —  Il  lève  des  troupes  et  arme 
des  vaisseaux  pour  assiéger   Tyr, 
96.  —  Il  entre  par   surprise  dans 
la  ville  et  l'occupe  avec  l'aide  des 
habitants  ;    il    oblige     les     Lon- 
guebars  à  se  retirer  dans  la  cita- 
delle, 97.    —   Le   siège    est   mis 
devant  la  citadelle,  98.  — Richard 
Filangier  ayant  été  fait  prisonnier 
par   les   gens   de  Ph.  de  Nov.,   il 
obtient  que  ce  personnage  lui  soit 
livré,  et    le  met  dans  des  anneaux 
de  fer,  99-100.   —  Il  menace  Ri- 
chard  de  la  pendaison   s'il    n'ob- 
tient de  son  frère Lotier  que  celui- 
ci  rende  le  château   de  Tyr,   100. 

—  Il  menace  une  seconde  fois  de 
le  tuer,  parce  que  le  bruit  court 
quePh.  de  Nov.  a  été  traîtreuse- 
ment mis  à  mort  dans  Tyr  (juil. 
1243),  lôi.  —  Il  fut  le  parrain  du 
fils  de  Ph.  de  Nov.  et  le  patron 
et  ami  de  celui-ci,  97,101. 


Ibeltn  (Baudouin  d'),   sénéchal  de 
Chypre,   2"  fils  de  Jean  P'  sire  de 
Baruth.     Fait    chevalier   par    son 
père   (1223),    7.    —   Au    banquet 
de    Limassol   (1228),   il  sert   de- 
vant   l'empereur,    15.    —   Il   est 
remis  en  otage  à   l'empereur,  18, 
45  ;    puis    rendu  à  son  père,    21, 
22.  —  Il  fait  merveilles  d'armes  à 
la   bataille   de    Nicosie    (14    juil. 
1229),  33-4.  —  Il  assiège   Deuda- 
mor    (1229-30),    35,    38,    59.    — 
Il  s'emporte    contre  son  père  qui 
ne  veut  pas  le  laisser  entrer  dans 
un  vaisseau  envoyé  pour  ravitail- 
ler Baruth  (1232),  59. —  Il  prend 
part  cà  la  bataille  de  Casai   Ymbert 
(3  mai  1232),   65-6.    —    A  la  ba- 
taille de  la  Gride  (15   juin   1232), 
il  commande  la  deuxième  échelle, 
75-6.  —  Il  prend   part,  en    1232- 
1233,  au  siège  de  Cérines,   83  ;  et 
continue    de    résider  en   Chypre, 
90. 
Ibelin  (Baudouin    d'),  sire  d'Ibelin 
et  de  Rama,  appelé  généralement 
Baudouin     de    Rama,    oncle    du 
vieux  sire  de  Baruth,  Jean  P'  d'I- 
belin, 31. 
Ibelin    (Gui    d'),     connétable    de 
Chypre,  fils  de  Jean    I*"^  d'Ibelin, 
le  vieux  sire  de  Baruth,  65,  90. 
Ibelin    (Helvts    ou     Héloïse   d'), 
femme  de  Renaud  de  Sidon,  mère 
de  Balian  P',  seigneur  de  Saete,et 
tante  de  Balian    III   d'Ibelin,  sire 
de  Baruth,  127. 
Ibflin   (Hugues   d'),  fils   du  vieux 
sire  de  Baruth.  —  Il  assiège  Deu- 
damor     (1229-30),    38-9.      —  Il 
prend  part  à    la  bataille  de  Casai 
Ymbert,  65-7.  —  A  la  bataille  de 
la  Gride  il  commande  la  première 
échelle,  75-6.  —  Il  prend   part  au 
siège  de  Cérines,  après  la  bataille 
de    la    Gride,    83.    —    Il    meurt 
(avant  1241),  90. 
Ibelin  (Hugues  d'),  fils  aîné  de  Ba- 
lian l^'^  d'Ibelin  dit  le  Français,  et 
neveu  de  Philippe  de  Milly,  sire 
deNaplouse.  —  En    1168,  il  ac- 


152 


TABLE  DES  NOMS  PROPRES 


compagne  Amaury  I",  roi  de  Jé- 
rusalem, en  Egypte,  83. 
Ibelin  (Jean  P'  d'),  seigneur  de 
Baruth,  dit  le  vieux  sire  de  Ba- 
ruth,  oncle  de  la  reine  de  Chypre, 
Aalis  de  Champagne,  et  d'Isabeau 
de  Brienne,  1-3,  5,  6,  102.  —  Ses 
qualités,  i.  —  Il  a  l'habitude  de 
croiser  les    jambes   lorsqu'il     est 


debout. 


54, 


112.   —   Sa    femme 


[Mélissende  d'Arsur]  est  apparen- 
tée à  Hue  de  Gibelet,  7.  —  11  as- 
siste au  mariage  d'Isabeau  de 
Brienne  avec  Frédéric  II  (1224), 
2-3.  —  11  conseille  son  frère  Phi- 
lippe dans  les  affaires  de  Chypre 
(1223-25),  6.  —  Il  fait  couron- 
ner le  roi  Henri  de  Chypre  (1225), 
6.  —  Son  intervention  dans  une 
rixe  entre  son  frère  Philippe  et 
Aimery  Barlais,  7-8.  —  Il  arme 
chevaliers  ses  fils  Balian  et  Bau- 
douin (1223),  7.  —  Il  assiste  au 
duel  d'Anceau  de  Bries  et  d'Aime- 
ry  Barlais  (1227),  11.  —  Aimery 
Barlais  et  Gauvain  de  Chenichi 
excitent  Frédéric  II  contre  lui 
(1227),  12.  —  Vers  ce  temps,  il 
séjourne  à  Nicosie,  13,  17.  — 
Malgré  le  conseil  de  ses  proches 
et  amis,  il  déclare  vouloir  suivre 
Frédéric  II  en  Syrie  et  va  le  trou- 
ver à  Limassol  (1228),  12,  13, 
17.  —  Frédéric  lui  fait  don  de 
riches  vêtements  et  l'invite  à  un 
festin  à  Limassol,  14-15.  —  L'Em- 
pereur réclame  de  lui  la  cité  de 
Baruth  et  les  rentes  du  bailliage 
de  Chypre;  16,  87-8.  —  Jean  refuse 
et  consent  seulement  à  faire  por- 
ter la  question  devant  la  haute 
cour  de  Jérusalem,  16.  —  Ses  fils 
Balian  et  Baudouin  sont  donnés 
en  otages  à  l'empereur,  18.  —  On 
conseille  à  l'empereur  de  se  saisir 
de  sa  personne,  19.  —  Le  jeune 
seigneur  de  Césarée  (Jean  de  Ba- 
ruth) et  Anceau  de  Bries  s'étant 
offerts  â  tuer  l'empereur,  Jean  re- 
pousse cette  proposition,  19-20. 
—  De  Limassol,  il  retourne  à  Nico- 


sie, 20.  —  Il  fait  garnir  le  châ- 
teau de  Deudamor,  20  ;  et  aban- 
donne  Nicosie  à  Frédéric  II,  21. 

—  Celui-ci  lui  rend  ses  deux  fils 
qu'il  retenait  comme  otages,  2t, 
22.  —  Jean  refuse  de  reconnaître 
Frédéric  II  comme  bail  de  Chypre, 
21  ;  il  se  déclare  homme  de  la 
reine  Aalis  quant  au  bailliage  de 
Chypre  et  homme  de  l'empereur, 
comme  vassal  du  roi  Henri  P% 
22.  — Ses  partisans  lui  proposent 
de  soustraire  le  roi  Henri  I''  des 
mains  de  l'empereur.  Il  n'en  veut 
rien  faire  et  refuse  également  d'a- 
bandonner l'armée  de  Frédéric, 
malgré  que  Frédéric  ait  formé  le 
projet  de  se  saisir  de  lui,  24,  106. 

—  Lorsque  celui-ci  quitte  la  Syrie, 
il  le  défend  contre  les  insultes  de 
la  populace  (mai  1229),  25.  —  En 
Chypre,  les  femmes  et  enfants  de 
ses  hommes,  menacés  par  les  par- 
tisans de  Frédéric  II,  se  sont  réfu- 
giés dans  la  maison  de  l'Hôpital 
de  Nicosie,  29,32.  —  Les  cinq  baus 
s'emparentde  ses  biens  en  Chypre, 
29,  88.  —  Il  quitte  Acre  pour  se 
porter  au  secours  de  Ph.  deNov., 
à  Nicosie,  33. — Devant  cette  ville 
il  livre  bataille  aux  cinq  baus  (14 
juil.  1229)  et  les  met  en  déroute, 
après  avoir  couru  de  grands  dan- 
gers, 33-4,  36-7.  —  Il  assiège 
Cérines,  qui  se  rend,  35.  —  De 
là,  il  va  assiéger  Deudamor,  37-8  ; 
durant  le  siège  il  se  rend  à  la  Can- 
dare  pour  voir  une  machine  de 
guerre,  38.  —  Reddition  de  ce 
dernier  château  entre  ses  mains 
(1230),  43.  —  Il  conclut  la  paix 
avec  les  cinq  baus,  et  obtient  la 
délivrance  du  roi  Henri,  et  l'éva- 
cuation des  châteaux  de  Chypre 
par  les  partisans  de  l'empereur 
(été  1230),  43,44-50. —  Il  séjour- 
ne à  Acre,  qu'il  quitte  pour  Chy- 
pre au  moment  de  l'arrivée  de 
Richard  Filangier  en  Syrie  (1231), 
52.  —  Ses  partisans  s'assemblent  à 
Limassol,  52.  —  Il  cherche  a  éviter 


IBELIN    (jEAN    d') 


153 


la  reprise  des  hostilités,  53.  — 
L'armée  de  Richard  Filangier 
s'empare  de  sa  ville  de  Baruth, 
dont  elle  assiège  ensuite  le  château, 
>3.  —  Jean  d'Ibelin  supplie  le  roi 
Henri  I*''  de  l'aider  en  personne  à 
la  délivrance  du  dit  château,  54-$, 
112.  —  Il  s'embarque  à  Fama- 
gouste  avec  ie  roi  pour  passer  en 
Syrie  (mars  1232),  $^"5^.  — Ph. 
de  Nov.  l'informe  qu'on  le  blâ- 
me de  ne  point  laisser  de  troupes 
en  Chypre,  56.  —  Une  partie  de 
son  armée  l'abandonne,  aussitôt 
débarqué  en  Syrie,  57,  68.  — 
Jean  de  Baruth,  seigneur  de  Cé- 
sirée,  se  porte  à  son  secours, 
58.  —  Combats  livrés  par  le  sire 
de  Baruth  aux  Longuebars  de- 
vant Baruth,  58-9,  113.  —  Une 
partie  de  ses  gens  entrent  à 
la  nage  dans  le  château  de  Ba- 
ruth, 59  ;  une  autre  y  pénètre 
sur  un  bateau  chargé  de  vivres, 
60.  —  Ne  pouvant  vaincre  les 
Longuebars  devant  Baruth,  il  va 
lever  des  fontassins  aux  envi- 
rons d'Acre,  61,62.  —  Jl  est  fait 
maire  de  la  commune  d'Acre,  64, 
69,  85.  —  D'Acre  il  se  rend  avec 
^lOn  armée  au  Casai  Ymbert,  64  ; 
puis  revient  à  Acre  pour  négocier 
une  paix  avec  les  Longuebars,  6$. 
—  Il  reçoit  la  nouvelle  de  la  levée 
du  siège  de  Baruth,  65.  — Après  la 
bataille  de  Casai  Ymbert  (3  mai 
1232),  il  se  porte  au  devant  des 
siens  qui  fu3^aient,  66-7,  115.  — 
Les  Longuebars  occupent  tous 
les  châteaux  de  Chypre  qu'il  dé- 
fendait pour  le  roi,  68.  —  Jean 
d'Ibelin  s'empare  des  vaisseaux 
des  Longuebars,  dans  le  port 
d'Acre,  69-70.  —  Il  lève  des 
troupes  en  Syrie,  et  les  fait  passer 
en  Chypre,  70,  où  il  retourne 
lui  aussi,  70,  71,  117.  —  Arrivé  à 
Famagouste,  il  réussit  à  s'empa- 
rer de  la  flotte  des  Longuebars, 
71-2.  —  De  là  il  se  rend  à  Nico- 
sie, 73  ;  non  loin  de  cette  ville^  au 


casai  de  la  Gride,  il  livre  bataille 
aux  Longuebars  et  les  bat  (1$ 
juin  1232),  74-78.  —  Avant  le 
combat  il  avait  fait  vœu  d'en- 
trer en  religion,  75.  —  L'armée 
chypriote,  sous  ses  ordres,  met 
le  siège  devant  Cérines  ;  ré- 
cit   de    ce    siège    (1232-33),   79- 

84,  85,  88.  —  Durant  le  siège,  il 
assiste  à  l'enterrement  de  la  reine 
de  Chypre,  80,  122-3.  —  Il  se 
reproche  d'avoir  fait  donner  l'as- 
saut à  Cérines  par  ses  chevaliers, 
83.  —  La  mort  d'Anceau  de  Bries, 
blessé  au  cours  du  siège,  lui  cause 
une  grande  douleur,  81.  —  L'em- 
pereur cherche  à  détacher  de  lui 
les  gens  de  Syrie,  84.  —  Jean, 
ayant  laissé  la  conduite  du  siège 
de  Cérines  à  son  fils  Balian,  se 
rend  à  Acre,  où  il  se  fait  recon- 
naître à  nouveau   comme    maire, 

85.  — L'évéquede  Sidon  lui  com- 
munique une  lettre  de  l'empereur, 
offrant  de  conclure  la  paix,  85.  — 
Jean  d'Ibelin  lui  répond  par  l'his- 
toire du  cerf  sans  cœur,  tirée  du 
Roman  de  Renart,  85-8.  — •  Lais- 
sant en  Syrie  comme  son  lieute- 
nant le  jeune  seigneur  de  Césa- 
rée,  il  rentre  en  Chypre,  88.  — 
Après  la  reddition  de  Cérines 
(1233),  il  se  rend  de  nouveau  à 
Acre;  non  loin  de  là,  a  lieu  un 
échange  de  prisonniers  entre  lui 
et  Richard  Filangier,  88.  —  En 
1236,  il  assiège  Monferrand  en 
Syrie,  126.  —  Il  se  retire  dans  la 
maison  du  Temple  d'Acre,  89.  — 
Sa  mort(i236),  89,  127.  —  Ph.  de 
Nov.,  dans  une  de  ses  poésies,  lui 
donne  le  sobriquet  d'Yzengrin,  44- 
50.  —  Son  sénéchal,  voy.  Denises. 

Ibelin  (Jeand'),  comte  de  Jaffa,  fils 
de  Philippe  d'Ibelin,  et  auteur  du 
Livre  des  Assises  de  Jérusalem,  24, 
65,66  (?),70,  79,  100,  loi. 

Ibelin  (Jean  d'),  dit  Jean  de  Foges, 
(Fo^gia),  seigneur  d'Arsur,  con- 
nétable et  bail  du  royaume  de 
Jérusalem,  fils  de  Jean   1*'^  d'Ibe- 


154 


TABLE    DES   NOMS   PROPRES 


lin,  le  vieux  sire  de  Baruth,  22, 
59,  71,90,  114. 

Ibelin  (Jean  d'),  neveu  de  Jean  P'' 
d'Ibelin,    voy.    Jean  [d'Ibeltn  ?]. 

Ibelin  (Philippe  d'),  frère  de  Jean 
d'Ibelin,  le  vieux  sire  de  Baruth, 
1, 3  ;  oncle  de  Aalis  de  Champagne, 
reinedeChypre,  i,  3,  5,6. —  Bail 
du  royaume  de  Chypre,  après  la 
mort  du  roi  Hugues  P*"  (121 8),  6. 
—  Il  assiste  à  Acre  aux  fêtes  du 
mariage  d'Isabeau  de  Brienne  et 
de  Frédéric  II  (1224),  2.  —  Il  in- 
tervient dans  la  querelle  entre  To- 
ringuel,  qui  est  de  sa  maisnée, 
et  Aimery  Barlais,  7.  —  Il  se  démet 
du  bailliage  de  Chypre,  et  pro- 
teste contre  la  nomination  de  son 
successeur,  Aimery  Barlais,  8.  — 
Il  était  malade  lors  du  duel  entre 
Anceau  de  Bries  et  Aimery  Bar- 
lais (1227),  11-12.  —  Sa  mort 
(1227),  12.  —  Il  se  disposait  à 
passer  en  Syrie  avec  Frédéric  II, 
dont  on  annonçait  l'arrivée  en 
Orient,  13.  —  Au  moment  de 
l'arrivée  de  Frédéric  en  Chypre 
(1228),  les  parents  de  Philippe 
portaient  encore  le  deuil  de  sa 
mort,  14.  —  Frédéric  II  loge  dans 
sa  maison  de  Limassol,  14.  — 
Ph.  de  Nov.,  dans  une  chanson 
adressée  à  Balian  d'Ibelin,  rappelle 
ses  hauts  faits,  31.  —  Son  fils,  voy. 
Ibelin  (Jean  d'),  comte  de  Jafîa. 

Isabeau  de  Brienne,  fille  de  Jean 
de  Brienne  et  de  Marie  de  Mont- 
ferrat,  i.  —  Mariée  à  l'empereur 
Frédéric  II  (1224),  2-3,  6,  16, 
102.  —  Sa  mort  (8  mai  1228),  23. 

Isabeau  de  Jérusalem,  fille  d'A- 
maury  P""  de  Jérusalem,  sœur 
utérine  de  Philippe  et  de  Jean  P'' 
d'Ibelin,  reine  de  Jérusalem,  16,  94. 

Isabeau  de  Lusignan,  sœur  de 
Henri  P"",  roi  de  Chypre,  68,  70, 
II).  —  Son  mariage  projeté,  61,62. 

Jacques,  évêque  de  Pàtti  en  Sicile,  2. 
Jacques  (Zacco)  de  Rivet,  seigneur 
chypriote,  124. 


J'iff^.ppf^^,  Joppc,  23.  —  Voy.  Ibe- 
lin (Jean  d'),  comte  de  J. 

Jean  de  Baruth,  dit  «le  jeune  sei- 
gneur de  Césarée  »,  fils  de  Gautier 
III,  dit  «  le  vieux  seigneur  de  Cé- 
sarée «,  9.  —  Il  tranche  au  festin 
donné  par  Frédéric  II  à  Limassol 
(1228), 15. — AvecAnceaude  Bries 
il  forme  le  projet  de  tuer  l'empe- 
reur, 19.  —  Un  de  ses  arbalétriers 
tue  Gauvain  de  Chenichi  au  siège 
de  la  Candare,  42-3.  —  11  amène 
des  renforts  à  son  oncle,  le  vieux 
sire  de  Baruth,  qui  est  passé  en 
Syrie  pour  défendre  Baruth 
contre  les  Longuebars  (1232),  58, 
113.  —  La  garnison  de  Tyr  ayant 
attaqué  l'armée  du  sire  de  Baruth, 
il  la  repousse  dans  la  ville,  58.  — 
Il  vend  une  partie  de  sa  terre  de 
Césarée  pour  fournir  de  l'argent 
au  vieux  sire  de  Baruth  et  au  roi  de 
Chypre  (mai  1232),  70.  —  A 
la  bataille  de  la  Gride  (1$  juin 
1232),  il  commande  la  3*  échelle 
75-76.  —  Il  séjourne  en  Chypre 
(1232),  84.  —  Il  fait  avorter  une 
tentative  de  Richard  Filangier  et 
de  l'évêque  de  Sidon  pour  sou- 
lever les  habitants  d'Acre  contre 
les  Ibelins,  84-5.  —  Il  fait  con- 
naître au  sire  de  Baruth,  alors  en 
Chypre,  cette  tentative,  85.  —  Le 
sire  de  Baruth  le  désigne  comme 
son  lieutenant  en  Syrie,  88.  — En 
1236,  il  assiège  Montferrand  en 
Syrie,  126.  —  Sa  mort  (avant 
1241),  90. 

Jean  de  Brienne,  roi  de  Jérusalem 
par  son  mariage  avec  Marie  de 
Montferrat,  i,  2,  3.  —  Mariage 
de  sa  fille  Isabeau  avec  Frédéric 
II,  2-4.  — Il  fait  la  guerre  à  Frédé- 
ric II,  en  Fouille,   21. 

Jean  de  Foges.  Voy.  Ibelin  (Jean 
d'),  dit  Jean  de  Foges,  seigneur 
d'Arsur. 

Jean  de  Gril.  Voy.  Pierre  de  Greil. 

Jean  d'Ibelin.  Voy.  Ibelin  (Jean  P'" 
d'),  seigneur  de  Baruth  ;  Ibelin 
(Jean   d'),   comte  de  Jaffa  ;  Ibe- 


IBELIN 


MANFRED 


155 


LIN  (Jean  d'),  dit  Jean  de  Foges. 

Jean  [d'Ibelin?],  neveu  de  Jean  I'-'^ 
d'Ibelin  (peut-être,  Jean,  comte  de 
Jalîli,  fils  de  Philippe  dlbelin),  66. 

Jean  de  Sorent,  neveu  de  Richard 
Filangier,  93,  100. 

Jean  Vaalin.  Voy.  Vaalin  (Jean). 

Jenevès.  Voy.  Génois. 

Jérusalem,  rendue  à  Frédéric  II  par 
le  sultan  d'Egypte,  23. 

Jénisaîeiii  (Royaume  de),  i^.  — 
Haute  cour,  18.  —  Le  roi  Conrad, 
fils  de  Frédéric  II,  en  est  héritier 
de  par  sa  mère  Isabeau  de  Brienne, 
23,  93-4-  —  Rois,  voy.  Amaury 
I",  Conrad,  Jean  de  Brienne. 
—  Reine,  voy.  Isabeau  de  Jéru- 
salem. —  Connétables,  voy. 
EuDE  de  Montbéliard,  Jean 
d'Ibelin,  dit  Jean  de  Foges.  — 
Bailes,  voy.  les  mêmes,  et  Ba- 
LiAN,  seigneur  de  Saete,  Filan- 
gier (Richard),  Garnier  l'Ale- 

MAN,  MaUGASTEAU  (PhILIPPE).  — 

Maréchal,    voy.    Filangier  (Lo- 

tier).  —  Patriarches,    voy.     Ge- 

ROLD,  Raoul. 
JoFFREi.  Voy.  Geoffroy. 
JoHAN.  Voy.  Jean. 
Joppe.  Voy.  Jaffa. 
Justicier  (le),  père  de  Geoffroy   de 

Mosie,  77. 

Kantara  (eU),  Voy.  Candare  (la). 
Karpas.  Voy.  Carpas. 

La  Candare.  Voy.   Candare  (la). 

La  Castrie.  Voy.  Castrie  (la). 

La  Gride.  Voy.  Gride  (la). 

Lance  (Le  marquis).  Voy.  Manfred 
II,  marquis  de  Lancia. 

Lengaire  (nom  de  lieu  ou  de  per- 
sonne ?),  37. 

LÉOPOLD  V,  duc  d'Autriche,  55. 

Lezegniau,  Lusignan.  Voy.  Henri 
I"  DE  Lusignan,  Hugues  I"  de 
L.,  Isabeau  de  L.,  Marie  de  L. 

Limassolj  Limtsso,  Limesson,  Lymesson, 
ville  de  Chypre,  12.  —  Philippe 
d'Ibelin,  bail  de  Chypre,  y  possède 
un  manoir,  14.  —  Frédéric  II  y  don- 


ne un  festin  (1228),  14-18.  — 
Il  y  met  en  prison  les  fils  de  Jean  V^ 
d'Ibelin,  18-9,  20,  87,100. — Jean 
P'  d'Ibelin  y  séjourne  en  1228, 
puisse  rend  à  Nicosie,  20.  —  L'em- 
pereur y  passe  à  son  retour  de  Pa- 
lestine (mai  1229),  25.  —  Ph.  de 
Nov.  y  séjourne  (1230), 43.  —  Jean 
V""  d'Ibelin,  sire  de  Baruth,  venant 
d'Acre,  y  assemble  son  armée 
(août  1231),  52.  —  La  flotte  gé- 
noise s'y  rend  après  l'occupation 
de  FamagOListe  par  les  Chyprois 
(juin  1232),  73.  —  Une  autre  flotte 
génoise  y  arrive  (fin  1232),  80. 

Lomhar  die.  Lombard .  — Phil.de  Nov. 
se  dit  originaire  de  Lombardie,  32, 
33.  —  Chevalier  lombard  ou  tos- 
can ,  tué  à  la  bataille  de  la  Gride,  77- 
78,  121  (nommé  Serge,  d'après  le 
Livre  de  la  Terre  Sainte,  xxxiii,  3  $  ) . 

Longuebart^  Longuebars^  appellation 
désignant  les  partisans  de  Frédéric 
II  en  Terre  Sainte  et  en  Chypre, 
32,  36,52,  53,  55,57,  58,59,60  àla 
fin.  —  Le  mauvais  nid  des  Longue- 
bars  (c.-à-d.  Tyr),  89,  lOi.  —  La 
reine  longuebarde,  voy.  Aalis  de 
MoNTFERRAT,  femme  de  Henri  I*"" 
roi  de  Chypre. 

LoTiER  Filangier.  Voy.  Filangikr 
(Lotier). 

Louis,  roi  de  France,  un  des  person- 
nages du  romande  Foulque  de  Can- 
die, 54. 

Louis  IX  roi  de  France,  43. 

LouRE  (Guillaume  de).  Voy.  Guil- 
laume DE  l'Ort. 

Lusignan.  Voy.  Lezegniau. 

Lydda^  ville  de  Palestine,  23. 

Lymesson,  Voy.  Limassol. 

MALEBRANCHE,personnage  du  Roman 
de  Renart,  fils  de  Renart,  46. 

Malek-Kamel  (  «  le  Quemel  »), 
sultan  d'ngypte    (1218-38),  23. 

Manepiau,  Mounepeau,  Manope  (peut- 
être  ManopellOy  ville  de  l'Italie 
méridionale).  Voy.  Bérart  de 
Manope,Gautier  de   Manepiau, 

Manfred  II,  marquis  de  Lancia,  vi- 


156 


TABLE    DES    NOMS    PROPRES 


Caire  général  de  Frédéric  II  en 
Lombardie,  15. 

Manope.  Voy.  Manepiau. 

Mares  (Hugues des).  Voy.  Hugues 
DES  M. 

Margat,  château  des  Hospitaliers  de 
S.  Jean,  en  Syrie,  entre  Tortose  et 
Gibel,  91,  Q2. 

Marie  d'Antioche-Tripoli,  dame 
du  Toron,  fille  de  Raymond  Rupin, 
prince  d'Antioche,  épouse  Philippe 
de  Montfort,  90. 

Marie  de  Lusignan,  sœur  du  roi 
Henri  V'  de   Chypre,  68,  70,  11$. 

Marie  de  Montferrat,  femme  de 
Jean  de  Brienne,  petite  fille  (et 
non  fille)  d'Amaury  P'',  roi  de 
Jérusalem,  i  ;  sœur  aînée  d'Aalis 
de  Champagne,  94. 

Martin  Rousseau.  Voy.  Rousseau. 

Maucretix,  repaire  de  Renard,  39,  44. 

Maugasteau  (Philippe),  chevalier 
habitant  Tyr.  Proposé  par  l'em- 
pereur pour  être  bail  à  Acre,  84. 

Maugastel  (Simon  de).  Voy.  Si- 
mon DE  M. 

Maumeni  (Robert  de).  Voy.  Ro- 
bert DE  M. 

Mau  Pas  (Porte  de)^  à  Acre.  Voy. 
Porte. 

Melik  el-Aschraf,  sultan  de  Damas 
(1232),  63. 

Melik  el-Aziz  Ghiath  ed-Din  Mo- 
hammed, sultan  de  Halappe  ou 
Alep,  91. 

Melik  Kamel.  Voy.  Malek  Kamel. 

Messorée,  ou  Messarîa,  en  Chypre.  Sei- 
gneurs de  la  M.,  124. 

MiLLY  (Philippe  de).  Voy.  Philippe 
DE  Naplouse. 

Monaigre  (Anfrey   de).  Voy.  An- 

FREY    DE  M. 

Moncoqu,  Montquocu,  maison  des 
Templiers,  sous  les  murs  de  Tri- 
poli, 61,  62. 

Monferar^  Montferrat.  Voy.  Aalis  de 
Montferrat  ;  Demetrius  de 
M.  ;   Marie   de    M. 

Monpelerin.  Voy.  Montpelerin. 

MONTAIGU.     Voy.     GiRAUT     DE     M., 

Guarin  DE  m.,  Pierre  DE  M. 


MONTBÉCIARD.  Voy.  EsCHIVE  DE 
M.,  EUDE   DE  M. 

Montferrand  {C\id,\.t2i\ii  de),  en  Syrie, 
126. 

MoNTFORT  (Philippe  de).  Voy. 
Philippe  de  M . 

MoNTHOLiF  (Pierre  de).  Voy.  Pier- 
re DE  M. 

Montpelerin,  château  voisin  de  Tri- 
poli, possession  de  l'évêque  de 
Bethléem,  62. 

Montquocu.  Voy.  Moncoqu. 

MosiE  (JoFFREi  de).  Voy.  Geof- 
froy DE  MosiE. 

Mounepeau.  Voy.  Manepiau. 

Naplouse,  ville  et  seigneurie  de 
Palestine.  Voy.  Philippe  de  Na- 
plouse. 

Nazareth,  ville  de  Palestine,  23. 

Nefin  (aujourd'hui  Enféh),  château 
des  princes  d'Antioche,  au  bord 
de  la  mer  entre  Tripoli  et  le  Bou- 
tron,  22,  23. 

Nevaire.  Voy.  Novare. 

Nicosie,  capitale  du  royaume  de 
Chypre.  —  Le  roi  de  Chypre,  Hen- 
ri P'',  y  est  couronné,  6.  —  Jean  P*" 
d'Ibeliny  séjourne  (1229),  13,  17, 
20.  —  Les  cinq  baus  s'y  rendent 
lorsqu'ils  apprennent  que  ce  même 
seigneur,  venant  d'Acre,s'en  appro- 
che (1229),  33.  —  Bataille  de  Nico- 
sie entre  le  sire  de  Baruth  et  les 
cinq  baus  (14  juil.  1229),  33-35, 
42,  108.  —  Les  fils  de  Jean  I**"  d'I- 
belin  y  séjournent  pendant  le  siège 
de  Deudamor,  108.  —  Balian  d'I- 
belin,  fils  de  Jean  I",  y  séjourne 
(fin  1229-début  1230),  38.  — 
Devant  la  cour  de  Nicosie,  Jean 
P'  dTbelin  supplie  le  roi  Henri  P"" 
de  venir  avec  lui  au  «ecours  de  Ba- 
ruth (1231),  54-55. —  Les  Lon- 
guebars,  venant  de  Syrie,  occupent 
Nicosie  (printemps  1232),  68.  — 
Après  la  prise  de  Famagouste  par 
les  Chyprois  (mai  1232),  leur 
armée  se  retire  à  Nicosie,  72. 
—  Le  roi  de  Chypre  donne  aux 
Génois    une   maison    à    Nicosie, 


MANOPE   PHILIPPE    DE    MONTFORT 


157 


73.  —  Les  Longuebars  y  brisent 
les  moulins  à  bras,  73.  — Le  roi 
de  Chypre  et  le  vieux  sire  de  Ba- 
ruth  s'y  rendent  après  avoir  occu- 
pé Famagouste  ;  ils  établissent  leur 
armée  aux  alentours,  73-7^.  — 
Non  loin  de  là,  au  casai  de  la  Gri- 
de,  ils  livrent  batailleaux Longue- 
bars  et  les  mettent  en  déroute  (15 
juin  1232),  74-78.  —  Une  partie 
de  l'armée  des  Longuebars  s'y  rend 
aussi  dans  l'espoir  de  pouvoir  y 
pénétrer,  78.  —  Phil.deNov.  y  re- 
tourne et  les  empêche  d'entrer,  78. 
—  Il  y  fait  mettre  en  prison  145 
hommes  pris  à  la  bataille  de  la 
Grideetau  château  de  la  Candare, 
79.  —  La  reine  de  Chypre,  Aalis 
de  Montferrat,y  est  enterrée,  80. — 
Anceau  de  Bries  y  meurt,  82.  — 
Archevêques  de  Nicosie,  voy.  Eus- 
TORGE.  —  Maison  de  l'Hôpital  à 
Nicosie,  voy.  Hôpital  de  Saint- 
Jean  de  Jérusalem.  —  Église 
Sainte-Sophie,  80,  124. 

Noble,  surnom  donné  à  Henri  P',  roi 
de  Chypre,  parPh.  de  Nov.,  44. 

Novare^  Nevaire,  ville  de  Lombardie. 
Voy.  Philippe  de  Nevaire. 

Obuission  (Philippe).  Voy.  Phi- 
lippe O. 

Onoire.  Voy.  HoNORius  IIL 

Orange  (Guillaume  d').  Voy.  Guil- 
laume d'O. 

Ort  (Guillaume  de  l').  Voy.  Guil- 
laume DE  l'O. 

Osteriche,  Autriche.  Voy.  Léopold 
V. 

Ours,  sobriquet  donné  à  Hugues  de 
Gibelet  par  Phil.  de  Nov.,  44. 

Pacte.  Voy.  Paiti. 
Padua,  erreur  ipour  Pacte,  102. 
Pas  du  Chien,  passage   de  la  côte  de 
Syrie,    entre   Baruth    et   Gibelet, 

57- 
Pas  (Mail).  Voy.  Mau  Pas. 

Pas  Païen,  point  de  la  côte  de  Syrie, 

un  peu  au  sud  du  Boutron,  57. 
Pas  de   Passe-Poulain,    sentiers    sur- 


plombant   la    côte   entre    Tyr   et 

Acre,  67. 
Patti,  Pacte,  ville  de  Sicile.    —  Lvê- 

que,  voy.  Jacques. 
Percehaye,  personnage  du  Roman  de 

Renart,  fils  de  Renart,  46. 
Phelippe.  Voy.  Philippe. 
Philangier.  Voy.  Filangier. 
Philippe    de   Bauduyn,   bourgeois 

de  Tyr,  95. 
Philippe  de  Caffran,  châtelain  du 

château  de  Deudamor,  68. 
Philippe  Chenart,   frère   utérin  de 

Gauvain  de    Chenichi,   capitaine 

du    château  de    la    Candare,  43, 

puis  du    château   de  Cérines,  79. 

—  Privé  de  ses  fiefs  par  le  roi 
Henri   I"   de  Chypre,   124. 

Philippe d'Ibelin.  Voy.  Ibelin  (Phi- 
lippe d'). 
Philippe  Maugasteau.  Voy.  Mau- 

GASTEAU. 

Philippe  de  Milly.  Voy.  Philippe 
DE  Naplouse. 

Philippe  DE  Montfort,  seigneur  du 
Toron  [et  seigneur  de  Castres,  en 
Albigeois],  cousin  germain  des 
enfants  du  vieux  sire  de  Baruth, 
époux  de  Marie  d'Antioche-Tri- 
poli,  dame  du  Toron  ;  croisé 
(en  1239),  qo.  —  Il  défend  Acre 
contre  Richard  Filangier,  91.  — 
Q.uatre  bourgeois  de  Tyr  ayant 
ofl^ert  à  Balian  d'Ibelin,  de  lui 
rendre  cette  ville,  il  conseille  de 
s'entendre  avec  eux  (1243),  93 .  — 
Il  loue  le  projet  de  Balian  d'Ibe- 
lin de  faire  revendiquer  la  régence 
du  royaume  de  Jérusalem  par  la 
reine  de  Chypre,  Aalis  (1243),  94. 

—  Conformément  aux  arrange- 
ments pris  à  cette  occasion  avec 
la  reine  Aalis,  il  est  chargé,  ainsi 
que  le  sire  de  Baruth,  d'occuper 
et  de  garnir  les  forteresses  du 
royaume,  95.  — Après  que  les  ba- 
rons du  royaume  ont  reconnu  la 
nouvelle  régente,  il  est  un  des 
premiers  à  lui  faire  hommage, 
96.  —  Il  est  aux  côtés  du  sire  de 
Baruth  lors  du  siège  de  Tyr  (été  de 


158 


TABLE    DES    NOMS    PROPRES 


1243),  97.  —  Le  sire  de  Baruth 
lui  apprend  que  Richard Filaiigier, 
ramené  à  Tyr  par  la  tempête,  a 
été  fait  prisonnier,  99.  —  Il  va 
chercher  celui-ci  à  bord  du  vais- 
seau où  il  est  gardé,  99.  —  Après 
la  capitulation  de  Tyr,  cette  ville 
est  remise  entre  ses  mains  (1243), 

ICI. 

Philippe  de  Naplouse,  dit  aussi  de 
MiLLY,  grand-maître  du  Temple 
(entre  1166  et  1170),  31,  83. 

Philippe  de  Nevaire  (Novare).  — 
Il  a  assisté  à  tous  les  événements 
qu'il  rapporte,  5.  —  Il  vient, 
pour  ses  affaires,  [de  Syrie]  en 
Chypre   (printemps  de  1229),   26. 

—  Les  cinq  baus  le  font  prison- 
nier à  Nicosie,  26,  30.  —  Il  oftre 
son  gage  de  bataille,  pour  com- 
battre en  combat  singulier  un  des 
cinq  baus;  tous  refusent,  28.  — 
Il  se  réfugie  dans  la  maison  de 
l'Hôpital  de  Nicosie,  qu'il  met  en 
état  de  défense,  29.  —  Surnoms, 
tirés  du  Roman  de  Renart,  qu'il 
donne  aux  cinq  baus,  et  à  lui-même, 
29,  39,  41,  44.  —  Ilannonce  àBa- 
lian  d'Ibelin,  dans  une  chanson,  les 
dangers  qu'il  court  lui-même  à  Ni- 
cosie, 30.  —  Le  sire  de  Baruth  vient 
d'Acre  à  son  secours,  33.  — 
Philippe  est  délivré,  et,  pendant  la 
bataille  de  Nicosie  (i4juil.  1229), 
il  combat  à  l'intérieur  de  cette 
ville  les  partisans  des  cinq  baus,  3  5 . 

—  Il  traite  avec  lesLonguebars  de 
la  reddition  du  château  de  Cérines 
au  sire  de  Baruth  (1229),  35.  — 
Chanson  qu'il  compose  sur  la  ba- 
taille de  Nicosie,  36-37.  —  Il  est 
blessé  au  siège  de  Deudamor  et 
compose  une  chanson  à  cette  occa- 
sion (1229-1230),  39.  —  Chan- 
son qu'il  fit  sur  le  siège  de  la 
Candare,  40.  —  Il  refuse  d'assis- 
ter à  la  conclusion  de  la  paix 
entre  le  sire  de  Baruth  et  les 
cinq  baus  (été  1230),  43,  45, 
iio.  —  Il  est  chargé  d'un  mes- 
sage auprès  des   rois  de    France, 


d'Angleterre  et  d'Espagne  (même 
époque),  mais  ne  part  pas,  43-44, 
51. —  Il  fait  une  branche  de  ^^- 
nart  sur  la  guerre  des  Ibelins  con- 
tre les  cinq  baus,  44-50.  —  Au 
moment  où  le  sire  de  Baruth  est 
sur  le  point  de  partir  pour  la  Sy- 
rie avec  le  roi,  Philippe  le  prévient 
qu'on  le  blâme  de  ne  pas  laisser 
de  troupes  en  Chypre  (hiver 
1231-2),  56.  —  Il  fait  une  chanson 
à  propos  du  siège  de  Baruth  par 
les  Longuebars,  113.  —  Il  accom- 
pagne à  Tripoli  Balian  d'Ibelin 
qui  va  négocier  le  mariage  d'une 
sœur  de  Henri,  roi  de  Chypre  (avril 
1232),  61.  —  Il  transmet  à 
Balian  d'Ibelin  une  fausse  lettre 
de  Frédéric  II,  que  lui  a  commu- 
niquée le  comte  de  Tripoli,  et 
une  «  remembrance  »  de  celui-ci, 
62-63. —  A  propos  de  cette  «  re- 
membrance »,  il  compose  une 
pièce  de  vers  contre  le  comte  de 
Tripoli  et  sa  compagnie,  63.  — 
Il  refuse  un  fief  que  lui  avait 
donné  le  dit  comte,  63.  —  Il 
négocie  la  reddition  du  château 
de  la  Candare  et  de  la  tour  de 
Famagousteau  roideChypre  (juin 
1232),  72.  —  A  la  bataille  de  la 
Gride  (15  juin  1232),  il  se  tient 
aux  côtés  de  Balian   d'Ibelin,  76. 

—  Il  est  envoyé  en  mission  à  Ni- 
cosie par  le  roi  de  Chypre  et  le 
vieux  sire  de  Baruth,  et  il  y  livre 
bataille  aux  Longuebars,  78.  —  Il 
fait  «  démembrer  »  trois  maîtres 
des  sergents  longuebars  qui  avaient 
déserté  l'armée  du  roi  devant  Gi- 
belet,  78.  —  Il  jette  en  prison 
145  hommes  longuebars  faits  pri- 
sonniers à  la  bataille  de  la  Gri- 
de et  au  château  de  la  Castrie, 
79.  —  Il  se  saisit  du  traître  Mar- 
tin Rousseau,  81.  —  Jean  P*^  d'I- 
belin veut  l'emmener  à  Acre,  mais 
son  fils  Balian  d'Ibelin  s'y  oppose, 
85. —  Philippe  traite  la  reddition 
de  château  de  Cérines  (1233),  88. 

—  Jean  l"'   d'Ibelin  étant  sur  le 


PHILIPPE   DE   NAPLOUSE 


RENART 


159 


point  d'expirer,  il  lui  présente  le 
crucifix  (1256),  89.  —  Quatre 
bourgeois  de  Tyr  ayant  offert  au 
sire  de  Baruth  de  lui  rendre  cette 
ville,  Philippe  conseille  d'accep- 
ter leur  offre,  (1241),  93.  —  Il 
indique  à  Balian  d'Ibelin,  sire  de 
Baruth,  un  moyen  ingénieux  de 
s'emparer  de  Tyr,  en  faisant 
revendiquer  la  régence  du  royau- 
me de  Jérusalem  par  la  reine  Aalis 
de  Chypre  (printemps  1243), 
93-94.  —  Il  obtient  d'Aalis  et  de 
son  mari,  Raoul  de  Soissons, 
qu'ils  se  prêtent  à  ce  stratagème, 
et  il  rédige  l'accord  qui  fut  dressé 
à  cette  occasion  (juin  1243),  95  ; 
puis  il  conseille  aux  barons  du 
royaume  de  faire  hommage  à  la 
régente,  95-96.  —  Celle-ci  donne 
àPh.  deNov.,  qui  a  été  un  des  prin- 
cipaux artisans  de  son  élévation, 
mille  marcs  d'argent  et  mille  sa- 
razinas  de  rente,  96.  —  Philippe 
lève  des  troupes  et  achète  une 
grande  nef,  qu'il  garnit  de  gens 
d'armes,   pour   assiéger  Tyr,   96. 

—  Sou  fils  Balian,  porte  la  ban- 
nière lors  de  l'assaut  de  la  ville, 
97.  —  Les  gens  du  vaisseau  de 
Ph.  de  Nov.  font  prisonnier  Ri- 
chard Filangier,  ramené  à  Tyr 
par  la  tempête,  99.  —  Ph.  de 
Nov.  conseille  à  Raoul  de  Soissons 
de  livrer  Richard  Filangier  au  sire 
de  Baruth,  ce  qui  est  fait,  99-100. 

—  Il  traite  avec  Lotier  Filangier 
de  la  reddition  du  château  de  Tyr, 
loo-ioi.  —  Après  la  capitulation 
(10  juil.  1243),  ^^  livre  la  forteresse 
au  sire  de  Baruth  et  à  Philippe  de 
Montfort,  loi.  —  Son  fils,  voy. 
Balian. 

Philippe  Obuissiox,   chevalier  lon- 

guebart,  79. 
Pierre  de  Greil,  gentilhomme  de  la 

suite  de  Richard  Filangier,  98.  — 

Appelé  Joan  de  Gril  par  Amadi ,  131. 
Pierre  de  Montaigu,  grand  maître 

du  Temple  (1220-1229),  24,  33. 
Pierre  de  Montholii-,   chevalier  de 


la  suite    de  Balian    d'Ibelin,  '](i' 

Pierre  de  Villebride  (Vieille 
Bride),  grand  maître  de  l'Hôpi- 
tal (1240-1241),  91,  92. 

Pisans  (Colonie  des),  à  Acre,  24,  95, 
128,  129. 

Plaissié  (auj.  Pletcha),  village  de  la 
plaine  qui  s'étend  au  nord-ouest 
de  Nicosie,  78. 

Porcelet.  Voy.  Bertrand  P.  ;  Hu- 
gues P. 

Porte  de  Mau  Pas,  à  Acre,  90. 

Poterne  de  la  Boucherie ^  à  Tyr,  96,97. 

Pouille,  21,  22,  24,43.  — Frédéric  II, 
dit  «  l'enfant  de  Poulie  »,  2. 

Poulains,  Polains,  d'Acre,  70,  85.  — 
Cf.  Glossaire. 

Piiy  du  connétable  de  Tripoli,  entre  le 
Boutron  et  Nefin,  57,  71. 

Quastrie  (la).  Voy.  Castrie  (la). 
Quemel  (le).   Voy.  Malek  Kamel, 

sultan  d'Egypte. 
Quêter ie  (la),  Kythrea,  au  nord-est 

de  Nicosie.  —  Moulins^  73. 

Raimont  de  Place,  gentilhomme  de 
la  maison   de    Balian  d'Ibelin,  76. 

Raoul,  patriarche  de  Jérusalem. 
Voy.  Table  chronologique,  prin- 
temps 1225. 

Raoul  de  Saîssons  (Soissons), 
sire  de  Cœuvres,  3"  mari  d'Aalis 
de  Champagne,  reine  de  Chypre 
(1239),  94-  —  ^^  ^^^'^  ^^^  troupes 
et  arme  des  vaisseaux  pour  assié- 
ger Tyr  (1243),  96.  —  Il  est  aux 
côtés  du  sire  de  Baruth,  lors  du 
siège  de  Tyr  (1243),  97.  —  Le 
sire  de  Baruth  lui  apprend  que 
Richard  Filangier  a  été  fait  prison- 
nier, 99.  —  Filangier  est  amené 
dans  la  maison  de  Raoul,  99.  ^ 
Raoul  le  livre  au  sire  de  Baruth 
(début  de  juil.  1243),  99-ioo- 

Raoul  de  Tabarie,  127. 

Raymond.  Voy.  Raimont. 

Renart,  sobriquet  donné  à  Aimery 
Barlais  par  Ph.  de  Nov.,  29,  32, 
39-40,  41,44-50,  IIO. 


i6o 


TABLE    DES    NOMS    PROPRES 


Renart  (Roman  de).  Voy.  Roman  de 
Renart. 

Renardins  (Dans),  personnage  du 
Roman  de  Renart,  46. 

Renaud  de  Sidon,  mari  d'Helvis 
d'Ibelin,  père  de  Balian  P"",  sei- 
gneur de  Césarée,  et  oncle  par  sa 
femme  de  Balian  d'Ibelin,  sei- 
gneur de  Baruth,  127. 

Renaud  de  Zamberlan.  Voy.  l'ar- 
ticle suivant. 

Renaud  le  Chambellan  (Zamber- 
lan), seigneur  chypriote,  124. 

Richard  de  Cornouailles,  croisé 
en  1240,  plus  tard  régent  d'Angle- 
terre et  roi  des  Romains,  127. 

Richard  Filangier.  Voy.FiLANorER 
(Richard). 

Richart  (le  comte),  peut-être  Ri- 
chard Filangier;  se  rend  en  Chy- 
pre pour  s'emparer  des  châteaux 
(1232),  63. 

Rivet.  Voy.  Guillaume  de  Rivet; 
Jacques  de  Rivet. 

Robert  de  Maumeni,  gentilhomme 
de  la  maison  de  Balian  d'Ibelin,  76 

Roman  de  Renart.  —  Histoire  du 
cerf  sans  cœur,  qui  en  est  tirée, 
86.  —  Ph.  de  Nov.  écrit  une  bran- 
che de  ce  roman,  44. 

Rome,  2. 

Rousseau  (Martin),  capitaine  des 
sergens  chypriotes  au  siège  de 
Cérines  (1232-1233),  81-82. 

Rus,  localité  sise  sous  les  murs  de 
Baruth,  11 3 -14. 

Saefe,  Sayete,  Sidon,  71,  117.  — 
Évêque  de  Saete,  non  nommé, 
(1232),  84,  87-88.  —  Seigneurs 
de  Saete,  voy.  Balian  1*^%  seigneur 
de    Saete  ;  Renaud   de     Sidon. 

Saint-André  (Confrérie  de),  à  Acre, 
84-8S. 

Saint -Hilar ion.  Voy.  Deudamor. 

Saint-Jèan  de  Jérusalem  (Hôpital 
de).  Voy.  Hôpital. 

Sainte-Cruis,  Sainte-Croix  (Église), 
à  Acre,  84. 

Sainte-Sophie  (Église),  à  Nicosie,  80, 
124. 


Saissons  (Raoul  de).  Voy.  Raoul 

de  s. 
Salonique  (Le   roi  de).    Voy.   Deme- 

TRIUS  de   MoNTFERRAT. 

Saraiins,  14,  17,  21,  24,  98,  132. 
Secrète     de     Chypre.     Bailli,    voy. 

Hernis  de  Gibelet. 
Serge,    chevalier    toscan,    habitant 

Chypre,  121. 
Sicile,  98,  iio.  —  Voy.  Paiti, 
Sidon.  Voy.  Saete. 
Simon  de  Maugastel,  archevêque  de 

Tyr,   3. 
Singe,  sobriquet  donné  par  Ph.  de 

Nov.  à   Hugues  de  Gibelet,  44. — 

Voy.  aussi  Cointereaus. 
SoissoNs  (Raoul  de).  Voy.  Raoul 

DE  Saissons. 
Sorel  (Hugues  de).  Voy.  Hugues 

DE  S. 
SoRENT  (Jean  de).  Voy.  Jean  de  S. 
Sur.  Voy.  Tyr. 

Tatarie,  Tibériade.  Voy.  Eschive 
de  t.  ;  Raoul  de  T. 

Table   ronde  (Chevaliers  de  la),  7. 

Taissel  (Dans),  ou  Taisson,  sobri- 
quet donné  par  Ph.  de  Nov.  à 
Amaury  deBethsan,  29,  32,44-50. 

Temple  (Maisons  du),  22  ;  —  à  Acre, 

89,  106  ;  en  Chypre,  10,  68, 116  ; 
en  Syrie,  13,  16,  24,  61.  Voy.  Cas- 
trie  (la),  Moncoqu.  —  Templiers 
faisant  campagne  à  Césarée  de 
Palestine  (1241),  90.  —  Grands- 
maîtres  du  Temple,  voy.  Philippe 
DE  Naplouse,  Pierre  de  Mon- 
taigu  ;  —  non  nommé,  58  (Ar- 
mand DE  PÉRIGORD  ?) 

Terlarghe.  Voy.   Tour  large  (la). 
Teutonique  (Ordre).  Voy.  Allemans. 
Thabor.   Voy.  Cressi  DE  Thabor. 
Thibaut  IV,  roi  de  Navarre  et  comte 
de  Champagne,  croisé  (en  1239), 

90,  91,  127. 
Tibériade.  Voy.  Tatarie. 
Tinbert,  le  chat,   sobriquet  donné 

parPh.  de  Nov.  au  chevalier  To- 
ringuel,  44. 
TiNERi'S     (Guillaume    de).    Voy. 
Guillaume  de  T. 


RENART—  VÉNITIENS 


i6i 


ToR  (Le  chevalier),  erreur  pour  Tu- 
rin guel,  105.  Voy.  ce  nom. 

ToRiNGutL,  chevalier  toscan,  de  la 
maison  de  Philippe  d'Ibelin  bail 
de  Chypre.  Blessé  dans  une  que- 
relle avec  Aimery  Barlais  (1223), 
7,  103 ,  —  Il  quitte  Chypre,  8.  — 
Il  refuse  d'adhérer  à  la  paix  entre 
le  sire  de  Baruth  et  les  cinq  baus 
(1230),  43,  45,  iio.  —  Sur- 
nommé Tinbert  dans  une  poé- 
sie de  Ph,  de  Nov.,  44. 

Toron  (le),  auj .  Tibnin,  au  sud- 
ouest  de  Tyr.  —  Dame  du  Toron, 
voy.  Marie  d'Antioche-Tripoli. 

—  Seigneur  du  Toron,  voy. 
Philippe  de  Montfort. 

Tortose^  l'ancien  Antaradus,  ville 
de  Syrie,  $,24. 

Tour  large  (Ici)^  ou  TerJarghc^  à 
Tyr,  132. 

Tour  des  traîtres^  à  Baruth,  59. 

Tour  (Guillaume  de  la).  Voy. 
Guillaume  de  la  Tour. 

Trahona  (le),  localité  voisine  de 
Nicosie,   119. 

Tripoli  de  Syrie,  5,  8,  9,  10,  23,  61, 
62,63,  64,  71,  79,  99,  loi,  m. — 
Évêché,  62.  —  Maison  dite  l'Aire 
de  l'évêque  de  Tripoli,  61,  63.  — 
Puy  du  Connétable  de  Tripoli, 
57,  71.  -  Comte  de  Tripoli,  voy. 
BoÉMOND  IV,  prince  d'Antioche 
et  comte  de  Tripoli.  —  Voy.  aussi 
Marie  d'Antioche-Tripoli. 

Turquie,  42. 

Tyr,  Sur,  23.  —  Livré  par  Balian, 
seigneur  de  Saete,aux  Longuebars 
(123 1),  58.  —  Richard  Filangier 
y  séjourne,  62.  —  Les  Longuebars 
s'y  retirent  après  avoir  levé  le 
siège  de  Baruth    (1232),    64,  65. 

—  Un  patriarche  d'Antioche  [Al- 
bert Rezato,  1 225-1245]  y  passe 
(avril  1232),  64.  —  Les  Lon- 
guebars y  rentrent  après  la 
bataille  de  Casai  Ymbert  (3  mai 
1232),  67.  —  Quelques-uns  de 
leurs  vaisseaux  paitis  d'Acre,  s'y 
rendent,  70.  —  La  flotte  chypriote 
allant    d'Acre   en    Chypre    passe 

Philippe  de  Navare, 


devant  (mai- juin  1232),  70.  —  Ri- 
chard Filangier  s'y  installe  en  qua- 
lité de  bail  du  royaume  de  Jéru- 
salem (i232-i233),79.  — La  flot- 
te des  Longuebars,  occupée  au 
siège  de  Cérines,  s'y  rend  de 
temps  en  temps  (1232-1233), 
80.  —  Après  la  reddition  du 
château  de  Cérines  (2*"  trimes- 
tre 1233),  les  Longuebars  par- 
tent pour  Tyr,  88.  —  Il  se 
fait  non  loin  de  là  un  échange 
de  prisonniers  entre  eux  et  le 
vieux  sire  de  Baruth,  88-89.  — 
Tyr  est  la  dernière  ville  de  Syrie  où 
les  Longuebars  se  maintiennent, 
88-89.  —  Lotier  Filangier  s'y  ins- 
talle comme  bail  de  l'empereur 
après  le  départ  de  son  frère  Ri- 
chaid  (1243),  93.  —  Quatre  bour- 
geois off"rent  à  Balian  d'Ibelin, 
sire  de  Baruth,  de  lui  livrer  la 
ville  (1243),  93'  —  Aalis,  reine 
de  Chypre,  sur  le  conseil  de  Balian 
d'Ibelin,  requiert,  comme  régente 
du  royaume  de  Jérusalem,  le  ser- 
ment des  gens  de  Tyr  (1243), 
94-95.  —  Ceux-ci  le  refusant, 
les  partisans  de  la  régente  as- 
siègent leur  ville,  96  —  Le 
sire  de  Baruth  occupe  la  ville 
par  surprise  ;  Lotier  Filangier 
se  retire  dans  la  citadelle,  qui  est 
assiégée  à  son  tour  et  prise  (10 
juil.  1243),  97-101.  —  Phil.  de 
Nov.  appelle  Tyr  «  le  mauvais 
nid  des  Longuebars  «,89,  loi.  — 
Poterne  de  la    boucherie,  96,  97. 

—  Tour    large  (Teilarghe),    132. 

—  Archevêque,  voy.  Simon  dh 
Maugastel. 

Vaalin  (Jean),  bourgeois  d'Acre, 
90.91. 

Vénitiens.  —  Les  Vénitiens  d'Acre 
défendent  leur  rue  contre  une  tenta- 
tive de  Richard  Filangier  (1241), 
91  —  Les  Vénitiens  de  Tyr  sont 
convoqués  à  la  lectme  solennelle 
de  l'acte  par  lequel,  en  1243, 
Aalis,  reine  de   Chypre,  revendi- 


II 


l62 


TABLE    DES    NOMS    PROPRES 


Baruth    dans  le  siège 


quait  la  régence   du    royaume    de 
Jérusalem,   9$,   130;  ils  secondent 
le  sire  de 
de  Tyr  (1243),  96,   132 

Vesconte  (Guillaume).  Voy.  Guil- 
laume Vesconte. 

Vigne  nueve^   mai'-on    de    l'Hôpital, 
sous  les  murs  d'Acre,  92. 

Villebride  (Pierre  de).  Voy.  Pier- 
re DE  Villebride. 


Ybelin.  Voy.  Ibelin. 

Yzengrin,  nom  du  loup  dans  le 
Roman  de  Renaît,  87.  —  Sobriquet 
donné  par  Pli.  de  Nov.  au  vieux 
sire    de   Baruth,   44-50. 

Zaboc  (Hugues).  Voy.  Hugues 
Zaboc. 

Zacco  de  Rivet.  Voy.  Jacques  de 
Rivet. 

Zamberlan  (Renaud).  Voy.  Re- 
naud le  Chambellan. 


GLOSSAIRE 


Abalestrier,  voy.  aubalestrier. 

iibandounecment  clxxx,  hardiment. 

:ibouiiassa,y>/.  ^  de  abounacier,  xcr, 
s'améliora,  en  parlant  du  temps. 

acompaigner  rejl,  lxxiv,  ci,  recher- 
cher la  compagnie^  se  mettre  du 
parti  de  qiiclqutin. 

acoster  réfl.  lxxiii  57,  cxxxi,  s'appro- 
cher. 

adès  II  IV,  L,  lA,  LXXXV,  lxxxviii, 
cxvii,  cxxii,  cxLii,  maintenani, 
à  ce  moment^  alors. 

adezer  cxxii,  toucher. 

adoubé  cxxxii,  armé  :  adoubé  a 
chevalier. 

ufaitier  xv,  cxlvi,  arranger,  for  mer  y 
dresser. 

aferable  I  ix,  convenable,  propre  à. 

aferir,  afferir,  convenir,  appartenir  : 
ind.  pr.  ^  afiert  cl  ;  impf.  ^  affe- 
roil  II  IV. 

afiguier  Lxxii,  comparer. 

agait  CXL,  guet,  garde  ;  voy.  gait. 

aignel,  aneau,  Lxviir,  lxxiii  182, 
agneau. 

aiguë  XI,  xxiii,  lxxix,  xciii,  cxix^ 
cxxii,  eau. 

ains,  ind.  pr.  i  de  amer,  l,  lxxxv, 
[j"]aime. 

aire  xcvir,  xcix,  cxxiii,  terrain  plat, 
jardin,  grange. 

aïrer  réjî.  II  vu,  li,  s'irriter. 

aisies  (maisons)  xc,  maisons  confor- 
tables. 

aït,  subj.  pr.  ^  de  aidier  :  si  m'ait  Des 
(ms.  si  m'ai  des)  xlix.  que  Dieu 
m'aide. 

nlëauter  réf.  xiii,  se  justifier. 

amermer  xxxvi,  lxxxviii,  affaiblir, 
diminuer. 


aneau,  voy.  aignel. 

aparant  xx,  lxxix,  lxxxvii,  cxxiii, 
CLXX,  CLXxiv,  CLXxv,<7w/5^  moutrc, 
apparent,  visible,  évident,  manifeste  ; 
les  plus  aparans  xxx,  les  plus  consi- 
dérables. 

apert  (en)  lxxiii  iio,  clxvi,  o//t'^r- 
tement,  publiquement. 

apoié  cxxix,  pressé,  appuyé. 

aforveier  réfl.  cxr,  se  pourvoir. 

arbaleste,-stre,  aubalestre,  cxx,cxli, 
CXLii,  arbalète. 

ariere  tout  II  viii,  par  dessus   tout. 

ariver  I  vu; II  xii,  xviii,  xix,  xxxix, 

XLI,   XLV,  LXXVIII,  LXXXVIII,   XCIV, 
CXI,    CXIV,    CXVI,     CXVII,    CLXXXIII, 

aborder. 
arme   lxxiii  216,  cliv,  clviii,  clix, 

âme. 
arocher  xliii,  xliv,  lapider. 
art  lxxiii  95,  211,  artifice. 
art  lv  71,  étude,  leçon. 
aschesa,/!/".  _^  de  ascheser  (?),  cxxx, 

mot  inconnu,  ou  corrompu  (adeser  ?). 
asodre,   absoudre   :    ind.    pr.   ^   asot 

LXXIII    201  ;   impérat.  j    asoillés 

LXXIII  197. 
asprement  cxxxii,  cxxxvii,  vaillam- 
ment, rudement. 
assaut  Lxix  24,  iud.  pr.  ^  de  assaillir, 
assembler  Lvit,    cxvi,  cxxix,  cxxx, 

cxxxii,    en    venir    aux  mains,    se 

heurter. 
assis,/?,  pa.  de  asseoir,  lxii,  assiégé. 
assise  cxlv,  règlement. 
assouager  lv,  consoler. 
atrait  clxvi,  machination. 
aubalestee    (var.    aubalestree)    cvr, 

portée  d'arbalète. 


164 


GLOSSAIRE 


aubalestre,  voy.  arbaleste. 

aubalestrier,-ticr,  lxx,  cviii,  cxiii  ; 
arbalestner  xxiii  ;  abalestrier 
cxxxvii  ;  balestier  cxxxix  ;  arba- 
létrier. 

autiers  cxii,  autels. 

autrier  (1')  lxix  i,  Vautre  jour. 

avaler  cli,  tirer  en  bas. 

aveaus,  pi.  de  avel,  lxxiii  52,  désir, 
envie. 

aveement  clxxv,  autorisation. 

avenant  subst.  II  viii,  entregent. 

Bacet  lxix  5,  à  voix  basse. 
bachelier    {var.    bacheler)   xxxviii, 

jeune    noble  aspirant   au   rang   de 

chevalier. 
balesiier,  voy.  aubalestrier. 
ban  (crier  le)  LV29,  clxix,  convoquer 

les   vassaux  ;  au  fig.  proclamer    la 

suzeraineté. 
bandon    (mettre    à)    lxxxiv,    aban- 
donner complèteme»  t. 
barat  lxxiii  211,  tromperie. 
barbadaye  II  vu,  jeu  violent,  oii  l'on 

se   frappait  (à  rapprocher  peut-être 

de  barbatoria,  mascarade). 
bargaigne    lv  9,    lxxiii    ii,  débat, 

afiaire. 
baudour  lxix  '^j,  allégresse,  entrain. 
baut  LXXiv,yo}'^//,r,  assuré. 
beau  adv.  xl,  hUement,  de  bon  cœur. 
behorder,   bouhorder,  I   ix  ;  II  vu  ; 

jouter  avec  des  bohors,  grosses  lances 

sans  fer. 
bend<  lés     clxxxvi,     couverts    d'un 

bandeau. 
bersiers  cxv,  chiens  de  chasse. 
bescut  Liv,  biscuit. 
besoigne    xlvi,    xc,    cxxxiv,  clxv, 

affaire,  combat,  escarmouche  ;  xxxv, 

CXXXIV,  besogne. 
bien    de  II  v,  xlii,   xliii,  cxxviii, 

en  bons  termes  avec. 
bonasse,    bounace,   cv,    cix,   cxix, 

beau  temps  (sur  mer). 
bones  genN,   bonnes  g.,  II   ix,   xx, 

XXX,  LXXXIV,  xciv,  xcviii,  cxlii, 

CLXV,  ^ens  notables. 
boule  xcviii,  bulle,  sceau. 
boulees  xcviii,  munies  d'une  bulle. 


!    boverie  xcvii,  vacherie,  ferme. 
bricons  lxvii  8,  sots. 

! 

I    Calemeles  xc,  roseaux. 
caler  clxxxiii,  amener  {les  voiles). 
campane  cxlvii,  cloche . 
cantier,    étançon^    chevron,  chantier  : 

barque  de  c.  clxxxii,  chaloupe. 
canton    li    (ms.   caton),    xci,   coin, 

quartier. 
careau,  quareau,  LXI1149,  lxvi,lxx, 

c\ui,jlèche  pour  arbalète, armée  d\i II 

fer  en  for  me  de  pyramide  à  4  pans. 
carevanes  cxxxviii,  escadre^. 
casai,    cazal,  I    m;  II  cvin,  cxxii , 

cxxvi  ;  ferme,  métairie,  petit  fort 

isolé  (Cazal  Imbert). 
centence  cxxvii,  sentence    d'excom- 
munication. 
champaigne  lv  14,  campagne. 
chaoiteLx,  chute. 
chape  saint  Johan  lv  26,  vêtement 

des  Hospitaliers. 
charestie  xc  (yar.  cherestie),  cherté 

des  vivres,  disette. 
chartre  lxix  8,  charte. 
chasteler,  7  Cl)',  enchasteler. 
chauce  xxxiii,  chausse,    bas. 
chaude  novelle  xiii,  nouvelle  récente 

et  persistante. 
chaut,    ind.  pr.   5   de    chaloir  :   ne 

vous    en    ch.    cxlv,   ne  vous  en 

soucie:^  pas,  peu  importe. 
cheau  lx,  var.pour  chevau  ;  de  même 

cheaucherent  cxxvi  {var.). 
chef,  pi.  chés,  chiés,  xxiv,   xxvi, 

LV   52,  cxx,   CLXXXVI,  tête,  bout  \ 

chef  de  Fan  cliii,  bout  de  Vannée  ; 

chef  dou  troublât  lxxxv  ;  venir  à 

chef  Lxxvi,    c,   venir  à  bout  ;    le 

premier  chef  (d'une  table)  xxiv, 

le  haut  bout  d'une  table  ;  chef  sei- 

gnor  xxxvii,  suzerain. 
chevalerie  II  vi,  vu,  cérémonie  de  la 

création    d'un    chevalier;    cxxvii, 

cxxx,  valeur  militaire. 
chevaucheûres  cvi,  cix,  cxviii  {var. 

chevauchures),  montures. 
chevetaine,  cheveteine,  cheveteyne. 

II    IX,  LVII,    LXX,    LXXVII,     LXXXV, 

Lxxxvi,  xcii,  xcvii,  civ,  cv,  CXXI, 


AUBALESTRE — lilUS 


165 


CXXII,   CXXVriI,    CXXXVT,    CX^CXVII, 

cxL,  CLXxxi,   CLXXXvr,    capitaine. 
choisir  cvir,  cviir,  cxxv,  apercevoir. 
chufler  Lxvii  13,  berner. 
claim  CLXXvi,  appel  en  justice,  récla- 
mation. 
clamer    rèjl.     lxxiii   39,    cxxxviii, 

appeler  en  justice  devant  une  cour 

féodale. 
clamor, -our,  Lxiii5,Lxrx  <f^,  comme 

claim. 
cler  :   il  n'estoit  mie  si  cler  d'eaus 

Il  XI,  //  n'était  pas  avec  eux  dans 

des    rapports     aussi      nets,     aussi 

francs. 
comandement  :  Deu  fist   son  c.  de 

luy  Lxxxiir,  cxui.  Dieu  le  rappela 

à  lui. 
compère,    ind.    pr.  ^  de  comparer, 

Lxxrii  38,  paie,  expie. 
concorder  xxî^iii,  mettre  d'accord. 
conduit  xcix,  cii,  escorte. 
conoissant  I  m,  expérimenté. 
conparison  lxxix,  différence. 
conreé  (tel)   cxliv,  arrangé   de  telle 

manière. 
conroy  lxxxiii,  arrangement,  ordre; 

ici  troupe  armée  (}). 
conseiller  xlvit,   lxxiii  76,    lxxv, 

délibérer,  prendre  conseil. 
consele  cxxii,  consul. 
contens    II   xi,  lxix  58,    lxxiii  41, 

contestation,  discorde. 
coraus,  voy.  coural. 
cors  XX  rv,  vétemenf  de  dessous,  jus- 
taucorps. 
costenges  cxlv,  dépenses. 
coubles  Lxvi,  couplets,  strophes. 
coue  CLii,  queue 
coural.  pi.  coraus,  lx,  cviii,  intime 

{ami). 
couvine,  covine,  lxix,  lxxxi,  clxiii, 

CLXXXVI,  affaire,  état,  disposition. 
covenance,  covenancps,  convenances, 

Xll,  XVI,    CLV,  CLXXIII,    CLXXXVIII, 

CLXXXix,  convention,  accord  ;  par 
tel  covenance  xxxvii,  à  cette  con- 
dition. 
covenancier,  covenenser  xii, 
CLXxxix,  promettre  par  convention, 
convenir,  s'engager . 


covenant,  convenant,  pi.  covcnans, 

XII,  XXXI,  XXXVII,  LI,  LXIX, 
LXXIII     202,      c,      CLVII,      CLXXIII, 

CLXxviii,  CLXXXVii,  même  sens  que 
covenance  ;  cf.  covent. 

covent  CXL,  accord. 

coverture  lxxxvii,  apparence. 

coyement  clxii,  sans  bruit,  secrète- 
ment. 

Damoisele,  damoissele,   damoizellc, 
I   I,  II,    IV,   V,   VI,  VII,   ix;    II  cx 
CXI  ;  demoiselle,  fille  de   roi  ou  de 
grand  seigneur. 

dardans  (en),  dardant  (en),  xiv,  xv, 
Lxvi,  d'estoc. 

débat  cxx,  résistance. 

decervir,  desc,  deservir,  II  x,  xviii, 
XLviii,  LXiii  39,  mériter-,  dec.  un 
fief  xcviiT,  s'acquitter  des  devoirs  du 
feudataire. 

delès  XXIV,  à  côté  de. 

depecie  lix,  lxix,  démolie,  ruinée, 

deputaire  lxiii  36,  perfide. 

deroier  cxxix,  se  disperser,  rompre  ses 
rangs  ;  cf.  le  suivant. 

desconroier  cxxx,  mettre  {une  troupe) 
en  désordre  ;  cf.  U  précédent. 

desgarochié  cii,  ruiné. 

desjuglé  xxu,  joué,  désappointé, 

desloc  XV,  déconseillé. 

desordener  lxiii  24,  mettre  en  dé- 
sordre. 

desorder  {ms.  descorder)  xcvii,  dé- 
barrasser des  ordures. 

despartir  xxxiv,  départ. 

despendu  II  vi,  dépensé. 

despensasion  I  vi,  dispense  {de  ma- 
riaoe),  autorisation. 

desrivé  lxxxix,  débordé  {en  parlant 
de  cours  d'eau). 

desruper  réfl.  cxxxiii,  se  précipiter. 

destreindre  xii,  cxiii,  clxxxi,  près- 
scr. 

desvés  lxxiii  87, /0//5. 

detraire  lxiii  41,  ècartelcr. 

dilyguanment  I  viii,  avec  attention, 

doutis  XLViii,  inquiet. 

durs  II  X,  rude. 

Eius  (ms.  euis)  clxxxvi,  r^//A-. 


i66 


Gf.OSSAIRE 


embler  xli  eiileirr;  lU'fL  cxxviii, 
s  échapper. 

empirié  cxliit,  dclcriorè^  ahunè. 

enbalre  lv  31,  assaillir  \  rèfl.  cxLiii, 
s^  élancer. 

encliasteler  réjl.  \.\\u,  lxv  {uis.  se 
cliastelerent),  cxxxvii,  s'enfermer 
dans  lin  château. 

enclin  lv  52,  incliné. 

endementiersque  clxxxii,  tandis  que. 

endroit  Lvn,  en  face  de;  ci  endroit 
LxxiiL  140,  justement,  précisément. 

engaigne  lv  8,  irritation,  fureur. 

engigncr  lxxiii  186,  tromper,  duper. 

engineorsLXXx,  constructeurs  et  con- 
ducteurs d'engins  de  guérie. 

enpaleger  réfl.  cxxii,  prendre  la  haute 
mer. 

enseigne  lv  7,  cxxxii,  cri  de  rallie- 
ment,   mol  d'ordre  ;    lx,  étendard. 

en?on  xliii,  au  commencement  de. 

entendement  II  x,  clxxxii,  inten- 
tion, volonîé. 

entérinement  xxii,  clxxxviii  (//w. 
entnnement),  entièrement. 

entreseignes  xciv,  cxxv,  signaux, 
mots  de  passe. 

enuiouses  xliii,  insolentes. 

cnvaïr  lxiii  27,   lxxiii  53,  attaquer. 

envessees  (robes)  I  ix  (/«5.  vessees), 
costumes  gais  ;  cf.  envoisier. 

envi  s  (a)  xxxv,  lxxiii  97,  à  regret. 

envissures  I  ix,  réjouissances. 

envoisier  réf.  lxxiii  62,  être  gai; 
Lxxiv,  se  divertir. 

équivoque  (rime)  lv  85,  rimant  sur 
de. IX  syllabes. 

cschargaite  cxl,  guet,  surveillance. 

eschargaitier  cxl,  faire  le  guet. 

eschele,  eschiele,  lvii,  lxxviii,  xcr, 
cxxvii,  CXXVIII,  cxxix,  cxxx, 
fxxxv,  corps  de  bataille  ;  asescheles 
caites  cxxT,  cxxv, les  corps  de  ba- 
taille étant  ordonnés. 

escheriement  civ,  avec  peu  de  forces. 

cschery  cxl,  affaibli. 

es  forcé  xxxv,  renforcé. 

esforceement,  esforsecment,  xliî, 
LXiv, CXL,  c\.u, en  forces,  violemment. 

esfors  XXI,  lxxvi,  c:ix,  clxitt,  forces, 
renfort. 


csgarder  xxv,  i.i,  lv  21^  prononcer  en 
justice,  juger  ;  lxxv,  regarder. 

esgart,  esgart  de  court,  xiii,  lu,  lv  9, 
LXiii  5,  cxxxviii,  clxxvi,  déci- 
sion de  cour  de  justice  ;  requerre 
esgart  lv  20,  en  appeler  à  la  jus- 
tice ;  faillir  d'esgart  lv  64,  refuser 
de  s'en  remettre  à  la  justice. 

esmaier  réfl.  xcv,  prendre  peur. 

esmer  cxv in,  estimer. 

esmouvoir  réfl.  cvii,  clxii,  se  lever, 
se  mettre  en  route. 

esoingner  réfl.  xx,  s'excuser. 

espareigner  xiv,  ménager. 

cspie  cxvii,  espion. 

esploit  cxxxvi,  profit. 

esprevier  lui,  couvre-lit. 

esraché  clxxxix  (yar.),  arraché. 

essample  cl,  clv,  exemple,  conte  ser- 
vant d'exemple. 

establexxiii^  écurie,  communs;  clviii 
bien^  immeuble. 

establie  LXiX44,postede  gens  d'armes^ 
de  sentinelles. 

estages  xxx,  maisons. 

estant  (en)  lxxxii,  debout. 

estent, ind.  pr.  ^  de  estevoir  impers., 
Lxix  14,  lxxxii,  //  faut. 

estoire  lxxviii,  flotte. 

estordre  lxxiii  193,  échapper. 

estotie  lxiii  2,  imprudence,  outrecui- 
dance. 

estoutement  cxliii,  clxxx,  témérai- 
rement. 

estranges  xciii,  étrangers. 

estre  lxxiii  90,  état,  situation. 

esvous  LXXIII   55,  jjq,  voici. 

eus  (a  son)  xii,  lxvii  ir,  lxxiii  8, 
CLV,  à  son  profit,  à  son  usage. 

evangelier  cxlvii,  évangéliaire. 

Faillir  d'esgart  lv  64,  refuser  de  s'en 
remettre  à  la  justice . 

faindre  réfl.  lv  12,  s'esquiver. 

faiseor  clxï,  fabricant. 

faiseour  II  x,  actifs  ingénieux. 

faites  (entre  ces)  xli,  sur  ces  entre- 
faites. 

farrin  lv  5  3 ,  probablement  pour  frariii , 
misérable,  sans  valeur,  lâche. 

fauser  lxvi,  percer. 


i:mbi.i-:k 


UKi': 


16 


feau  Lxxiii  214,  perjiih',  fclon, 

fermée  xxvii,  xcv^  forlifice. 

fernel  xlii,  cslrope,  anneau  de  cordage 
servant  à  maintenir  les  rames. 

fier,  grand,  fort  :  cheval  tîer  xv  ; 
fiere  beste  lv  15  ;  fier  Icuc,  fieres 
montaiones,  lxiv  ;  fiere  trecherie 
Lxxiii  102  ;   fieres  playes  cxxxv. 

fièrement  xlviii,  fortement. 

fin  II  VIII,  XXXVI,  XLvi,  Lxxr,  clvi, 
accord,  conclusion . 

finer  lv  84,  clv,  achever;  xlv,  lxii, 
xcv,  cxxi,  cxxii,  clvi,  conclure  un 
accord. 

flat  Lxxiii  44,  coup  asse:^^  fort  pour 
faire  tomber  qqn .  à  plat. 

flatimus  lv  35,  latinisation  de  flat, /V/ 
chute  à  plat. 

flum  lxxxix,  xci,  xcyi,  fleuve. 

flumaires  lxxxix,  fleuves,  torrents. 

fluter  CLXXix,  flotter. 

foïb  (ms.  foies)  cxxxv,  cachés. 

force  II  VII,  XXXII.  xcviii,  troupe 
dljommes  d'armes,  forces  militaires, 

fore  h  es  CLXXXvi,  fourches  patibu- 
laires. 

forfait  CLXV,  dommage. 

fors  (covenances)  xv\,conditions  dures . 

forspassa  II  viii,  quitta  le  pays. 

fortjugié  cxxxviii,  jugé  par  ^^^^^^_ 
mace. 

fortrait  xli,  emmené. 

franchise  cxiv,  cxxii,  exemption  de 
droits  d'entrée,  libre  entrée. 

frapaille  Lxxui  (^i ,  canaille. 

frarie,  frairies,  cxlvii,  clxxiv,  con- 
frérie, association  pieuse, 

frarin,  voy.  farrin. 

froissures  xliu,  fressure. 

froncie  lxiii  35,  ridée. 

fuer  (a  nul)  xcviii,  à  aucun  prix. 

fust  Lxxxi,  cxxxix,  bois. 

Gaber  xxvi,  plaisanter. 

gait  LXix   56,  corps  de  garde,  guet  ; 

voy.  agait. 
galees,  gallees,  gualees,    guallies,  I 

vil,  XI  ;  II  XII,  XIII,  xviiT,  xxxviii, 

XXXIX,  XLII,  XLIII,  XLIV,  LXXVII, 
XCIII,  XCIV,  XCIX,  CV,  CVI,  CIX, 
CXII,     CXVI,    CXVII,     CXXII,    CXXIII, 


CXXXVI,      CXXXVIII,      CXLV,     CLVII, 

CLXxvii,  cLXXix,  CLXxx,  gaUrcs, 
vaisseaux  longs,  pontés,  à  voile  et 
à  ranu  ,  d' allure  rapide,  généralement 
armés  en  guerre. 

gareth  lvii,  guéret. 

garides  cxxxix,  guérites,  abris  mobiles. 

garir  xxxii,  mettre  en  garde;  réfl. 
cxxxiv,  se  réfugier,  se  mettre  en 
sûreté. 

garison  cliii,  guérison. 

garni  lxiii  i<y, disposé  ;  garny  lv  24, 
prémuni.     , 

gas  (a)  CLXxvi,  par  plaisanterie. 

goule  lxxxi,  clxxxv,  clxxxvi, ^or^r. 

goupil  LV  58,  renard. 

goupiller  lxxxvii,  s'efforcer  par  ruses. 

grevouse   II  xi,  pénible,  désagréable. 

g  ries  xvi,  pénibles. 

grifaine,  grefaignie,  II  x,  lv  i^,  fa- 
rouche 

grifon  Lxxiii  175,  grec, 

gualees,  guallees,  -ies,  voy.  galees. 

guerredon  lxxxi,  récompense;  mau 
guerredon  xxxvi  (var.  gerredon), 
xxxvii,  grief,  vengeance. 

guerredoner  xxii,  recompenser. 

guigner  lxxiii  68,  regarder  de  tra- 
vers. 

Haut  (en)  xxv,  lxvi,  cxliv,  à  haute 

voix. 
hee,  subj.  pr.  ^  de  haïr,  lxxiii  40. 
heir,  heyr,  I   i,  11  ;  II    xviii,    xxvii, 

XXXIII^      XL,       XLIX,      XCIII,    CLXX, 

CLXXiv,  CLXXV,  héritier. 

herberge  xxxiv,  lxiv,  lxv,  xcvii, 
XCIX,  CÏV,  cvi,  cxxiv,  cxxvi, 
cxxxî,  cxLii,  CLXxxiv,  logemeut, 
doneure,  campement  d'une  armée, 

horder  liv,  garnir  de  palissades. 

Issue  LXIV,  XCI,  XCIV,  sortie  d'une 
troupe  assiégée. 

Jor  (au),  jour  (au),  xli,  xlii,  xcvii, 

cx^  CXI,  cxxviii,  alors, 
uaus  I  VIII  ;  II  xxiii  ;  joyaux. 
ugnet,  juingnet,  I  xi;  II  lxi  ;  juillet. 
ure     lxxiii    127,    serment;    II    vu, 

CLXii,  cLXiii,  alliance,  parti. 


ié8 


GLOSSAIRE 


jut,  pf.  ^  de  gezir,  cxlii,  être  couché, 
se  coucher. 

Karaque,q  uaraque,CLXXxii,  CLXXXi  V, 
caraque,  vaisseau  lourd  marchant  à 
la  voile. 

Laîdir  II  vu,  xliv,  lxxi,  maltraiter. 
lait  LU,  Lxxiir  l'y '^^  violence. 
lancier,    lansier,    xciii,    xciv,    cxx, 

jeter  {avec  des  machines  de  guerre)  ; 

CLii,  s'élancer. 
lecherie  lxxiii  lor,  cliii,  perfidie. 
legier  (de)  lxxxiii,  volontiers. 
legierementci,  cxl.  clxiv, facilement. 
leonnime   (rime)    lv   85,   vers   dans- 

lequel  les  deux  hémistiches  riment. 
liart  LV  58,  cheval  gris  pommelé. 
lice,  lyce,  xiv,  xv,  li,   harrière  d'un 

champ  clos. 
liement  xxii,  joyeusement . 
liés  XLX,  l,  lxxxviii,  clxxii,  content. 
linge  lxxiii  17,  mince,  fragile. 
livraisons  {ms.    maisons,  p.-ê.   pour 

mensions)  lvi,  fournitures . 
loer,  louer,  xx,  xxvi,  xlii,  l,  lxxxvii, 

CLXXi,   CLXXII,    CL XXV,   Conseiller, 

approuver  ;  réfl.  xxxviii,  Lxxiii  134, 

xcviii,  se  louer  (de  qq.  ch.ou  de  qn.). 
longdigne  LV  10,  latrine, 
los,  ind.  pr.  i  de  loer,  l. 
lozengeresses  cxlvi,  flatteuses. 
luminaire  lxxxix,  xciv,  illumination. 

Mahaignyé,    mahanié,    II    vu,    viii, 

blessé. 
maihnee,    maignee,     mahnee,    voy. 

maisnie. 
maint,  ind.  pr.  ^  de  maindre,  lxvii  4, 

hahite. 
maintenement  II    xi   (ms.   mainte- 

nent),  appui. 
maisnie,  maihnee,  maignee,  mahnee, 

II  VII,  xviii,   XXXVIII,   Lviii  (ms. 

maaignée),  xcii,  cxxxi,  cli,  cliii, 

clxviii,    personnes    constituant    la 

maison. 
maisons,   voy.    livraisons, 
maistrier  lxvii  12,  dominer. 
maistries  cxiii,  compagnies  (de  soldats 

commandées  par  un  maître). 


malenconious  cli,  mélancolique, 

manaie,  manaye,  xxii,  clv,  pouvoir. 

manant  cl,  richement  établi. 

mangueneaux  cxxxvii,  cxxxix,  man- 
gonneaux,  engins  de  guerre,  lançant 
des  projectiles,  et  dont  la  force  propul- 
sive était  fournie  par  un  contrepoids. 

mant,  ind.  pr.  i  de  mander,  lxiii  56. 

marein,  marain,  lxxx,  lxxxi,  bois 
de  construction, 

marine,  maryne,  pi.  marines,  I  xi; 
II  xviii,  cxii,  cxix;  bord  de  la 
mer  ;  gens,  homes  de  m.  xxiii, 
Lxxvn,  LXXX,    cxxxvii,    marins. 

mars  xlv,  lit,  clxxvii,  marcs,  mon- 
naie  de  compte  (ici,  marc  d'argent, 
dont  le  poids  était  fixé,  en  Chypre,  à 
223  gr.  Ô49). 

mas  (ms.  mat)  lxix  4,  abattus. 

mau,  m2i\,  adv.,  xliv,  ex,  cxiii,  cli, 
mal  ;  mau  de  xlii,xcvii,  en  mau- 
vais termes  avec ',m2iM  mener  clxiv, 
malmener. 

meaus,  maus,  II  i,  xxi,   xxxii,  lix, 

LXIX,  lxxiii   136,  LXXXV,  LXXXVIII, 

xcvii,  cv,  cxxviT,  mieux,  plus  ; 
qui  meaus  a  meaus,  qui  meaus 
meaus,  xciii,  clxxx,  à  qui  mieux 
mieux. 

mehlée  cviii,  mêlée,  combat  corps  à 
corps. 

mehler  réfl.  lx,  cviii,  combattre,  se 
jeter  dans  la  mêlée. 

mensions  clxi,  dépenses  ;  cf.  livraisons. 

mère  yglise  cxlvii,  église  métropoli- 
taine. 

mermes  cxix,  moindres. 

message  lxix  49,  lxxii,  lxxiii  187  ; 
Lxxix,  CLXXX  VI,  messager  y  ambas- 
sadeur. 

mestier  lxxiii  96,  lxxx,  lxxxit, 
Lxxxvi,  lxxxix,  ex,  CLVii,  bcsoin, 
utilité. 

mezeaus  lxxiii  84,  lépreux. 

miege  lxxiii  35,   cli,  cliii,  médecin. 

mineorsxciv,  mineurs  (dans  un  siège). 

moe  Liv,  moue. 

monter  cxxxi,  faire  remonter  (à  che- 
val) ;  monter  contre  II  vu,  valoir, 
surpasser. 

moreau  lxiii  28,  cheval  noir. 


JUT — PRISONS 


169 


inostre  lxxviii,  xcvi,  inoiilre  de  sol- 
dats. 

inoti,  moty,  xvi  (ms,  moitié),  lxii, 
cxxii,^jct'  d'avance,  convenu  ;  dessus 
m.  CLXii,  susdit. 

muer  lv,  s'empêcher  de. 

muete  c,  départ,  expédition. 

muire,  subj.  pr.  i  de  morir,  Lxxxv. 

musart  lxiii   30,  fou. 

musser  réfi.  cxi,  clxiii,  se  cacher, 

Nafrer,    naffrer,    lui,   lxvi,   lxvii, 

CV,     CVI,      CXXXIX,     CXLII,     CXLIII, 

cxLiv,  CLTi,  blesser. 
nafres  cxxxv,  clii,  blessures, 
naïté  Lxxxiv,  origine. 
nave  xl,  lxxii,  lxxvi,  lxxvii,  cxv, 

CXXII,      CXXIII,    CXXXVI,      CLXXXII, 

CLXxxiii,  cLXxxiv,  navire. 
navie   xvm,   xxiii,  xxxiv,  xxxviii, 

XXXIX,    XL,     LVI,     LXXVII,    LXXXIX, 

xc,    xcv,    CI,     cm,    cxiv,    cxx, 

CXXXVI, /o//^. 
neporquant  CLXVii, /?owr^a«/. 
neteee  {ms.  netee)  lxxxviii,  nettoyée. 
nicement  cliv,  sottement. 
noe  (a)  xcii,  à  la  nage. 
noreture  (de  la)  dou  lignage  d'Ibelin 

xcii,  élevé  par  les  Ibclins. 

Ormegees  xcii,  alignées. 

orpeau  lviii,  cxxxii,  feuilles  de  mé- 
tal doré. 

ouan  LV  4,  27,  cette  année. 

ounement  cxxii,  mot  probablement 
corrompu  :  p.-ê.  aveement,  auto- 
risation, ou  aiinement,  réunion. 

outreement  xlix  {ms.  otroyement), 
Lxxiii  189,  absolument. 

Paenime  xcix,  pays  des  païens. 

parage  lv  73,  famille,  parenté. 

parastre  lvii,  xcix,  beau-pére. 

parole  l,  xcviii,  clxxiv,  mot,  opi- 
nion, argument  ;  xxxvi,  xlvii, 
xcv,  xcvi,  xcvii,  pourparlers,  ou- 
vertures', raison  de  parole  li,  argu- 
ment juridique. 

par  si  que,  par  ensi  que,  xlvi,  xcv, 
CLXXV,  à  condition  que,  de  sorte  que. 

partir  xci,  CLXXiit,  partager^  distri- 
buer. 


Pascor,  -our,  11  viii,  lxix,  temps 
de  Pâques. 

Pasque  de  may  cxli,  Ascension  {}). 

paute  cli,  clii,  patte. 

pelagre  clxxxiii,  haute  mer. 

peme  lvii,  lxxxv,  rude  {en  parlant 
d'une  bataille)  ;   cf.  pesme. 

pénibles  II  x,  lxx,  dur  à  la  peine,  in- 
fatigable. 

periere  lxix  14,  cxxxvri,  cxxxix, 
CLXXXi,  pierrière,  engin  de  guerre 
servant  à  lancer  des  pierres,  mil  par 
un  ressort. 

pesme  clxxxix,  mauvais  ;  cf.  peme. 

petreaus  lxix  23,  murailles,  fortifica- 
tions. 

pies  (en)LXXXiv,  debout. 

piessa  xxix,  //  y  a  longtemps. 

piétaille,  -allie,  xxxii,  xcv,  cxxxix, 
CLXXXi,  t>oupes  à  pied. 

piour  XIV,  Lxxxiii,  pire. 

pitous  XLVi,  miséricordieux. 

plantive  (fcrest)  cli,  abondamment 
plantée^,  épaisse. 

plege  xxxvii,  lu,  garant,  caution. 

piéger  xxx,  lu,  servir  de  garant. 

plumer  lxxiii  98,  99,  se  dégarnir  de 
poils. 

pluyage  lxxxviii,  pluie. 

poer,  poier,  voy.  pooir. 

ponent  lvii,  vent  d'ouest. 

pooir,  poer,  poier,  poyer,  I  v,  vu  ;  II 

VII,    VIII,    XX,    XXII,  XLVIII,    LXXIII 

163,  Lxxxiv,  xcv,  cm,  cxvii,  cl, 

CLV,   CLX,  CLXXXIV,  CLXXXIX  ; /)w/5- 

sance,  forces  militaires,  influence. 
porchacier  I    v,  vi  ;  II,    xviii,  xlv, 

LUI,   XCII,    xcv,  c,   CI,     CXXI,  CLX  ; 

chercher  à  obtenir,  à  faire. 

porclias  CLXii,  clxvi,  effort  pour  ob- 
tenir qq.  ch 

porpens,  porpensement,  lxix  47, 
cxx VI,  dessein. 

porpenser;^/?.  xiii,  lxxiii  101,  for- 
mer un  dessein. 

porprendre  xxv,  s'emparer. 

poulains,  po^ains,  cxv,  cxlix.  Francs 
nés  en  Terre-Sainte  {plus  spécialement 
d'un  Franc  et  d'une  Syrienne) ^  par 
opposition  aux  croisés. 

prisons  cxxxiv,  prisonniers. 


I/O 


GLOSSAIRK 


prive  Lxx.r,  xciii,   cxl,  cxlvi,   eu, 

CLiiT,     CLXVii,   CLXxiii,  familier. 

proie  xxx:i,  héfail  ;  proye  cw^ proie, 

Quaraque,    voy.  karaque. 

quarean,  i'oy.  careau. 

quart  (soi)  lv  69,  lui  quatrième. 

Racointier  lxxiii  59,  refaire  connais- 
sauce. 

randon  (de  grant)  lxxiii  167,  avec 
grand  élau^  avec  impétuosité. 

ratirerent,  pf.  6  de  ratirier,  cxxxix, 
remettre  en  état. 

receit  xli,  lxxxvi,  refuge. 

receter  xcviii,  cxi,  cxxxv,  recueillir, 
donner  asile  ;  réjl.  cx,cxi,  cxxxin, 
se  réfugier,  trouver  asile. 

reclain  lxxiii  178,  appel. 

recovrier  cxxi,  recouvrement. 

recréant  lv  66,  recréés  lv  53,  de 
recreire,  abandonner  la  lutte. 

recreûs  lxxviii,  fourbus. 

recuit  lv  22,  njadré. 

recullir  (au)  I  xi,  au  moment  de  se 
retirer. 

refaiter  lxxiii   51,  remettre  en  état. 

refreichis  cxlix,  renouvelés. 

régal  xxvii  ;  regale  xxvi,  xli  ;  pro- 
duit des  droits  royaux. 

regehir  lxxiii  122,  125,  avouer,  con- 
fesser. 

religion    xxx^     xxxvi,     xli,      lvii, 

LXXV,   CXI,  CXII,     CXXVII,      CXXXITI, 

cxxxiv,  communauté  relip^ieuse. 

remanant  (le)  lxxxix,   cxiy,  le  reste. 

rememhrâncexcYui,mémoire,instruc- 
lions. 

remés,  p.  pa.  de  remanoir,  xxi,  aban- 
donné, délaissé. 

Ycmest, pf.  ^  de  remanoir,  cxLii,r^5A/. 

repairier   lxvii  4,  avoir  son  gîte. 

repost  XXV,  caché. 

respiter  xii,  xiii,    retarder. 

respons  clxxv,  clxxvi,  réponse  du 
défendeur  devant  un  tribunal. 

révéler  xxxii,  soulever  ;  réfl.  xxi, 
xxix,  se  révolter. 

riche  cl,  puissant  ;  riches  homes 
xxxvii,  CLXxiii,  hauts  personnages. 

richesse,  -esce,  II  v,  xxxv,  puissance. 

rimes  xlti,  rames. 


rivere  clxxxiii,  bord  de  la  mer. 
robe    I    IX  ;    II    xxii,    xxiii,     xlvii, 

Lxviii,  Lxxiv,  xcii  ;  costume. 
roiste  cxxxi, escarpé. 
rote,  route,  xxxiv,  lxxv,  cli,  troupe. 

Saisine,  saizine,  clxxv,  clxxvi, />o5- 
session  (sous  certaines  réserves  de 
droit  féodal). 

salandre,  ssalandre,  lxxvii,  cxiv, 
cxv,  salandre,  navire  à  voiles  et  à 
rames  plus  long  et  rapide  que  la  galéc. 

sarazinas  clxxvii,  besantd'or,  valant 
28,  2S  gr.  d'argent  fin,  ou  7  gros 
tournois  d'argent  de  France. 

sarazinès  (parchemin)  xcviii,  de  pro- 
venance sarra\iue  ou  façonné  à  la 
sarra-^ine. 

saudroyent,  cond.pr.  6  de  saillir,  cxl, 
se  lèveraient,  s'élanceraient. 

saut  (prendre  un  mau)  lxxiii  74, 
faire  une  chute  mauvaise;  prendre 
les  sans  lxvii,  sauter,  p.-ê.  être 
pendu  ;  sur  saut  lxxx,  ex, 
CLXXXVii,  à  Vimproviste. 

sautre  lxvii  2  (var.),  son  autre. 

sauvement  lxxx,  en  sûreté,  sans 
dommage. 

saytiés  c,  vaisseau  long  et  étroit  (sa- 
gitfa  ?),  à  ^  ou  j;  voiles,  sans  rames. 

secors  xxiv,  vêtement  de  dessus. 

secrète  ex,  trésorerie  secrète. 

segur  (a)  lxxxviii,  en  sécurité, 

seignorie  clxxvii,  clxxxiii,  princi- 
pauté-, avoir  prime  la  seignorieLXiii 
2b,  avoir  V initiative,  être  le  premier. 

semblant    xxii,     xxv,    xxvii,    xlii, 

XLIV,  XLVI,  XLVIII,  LIV,  LXXIII  IO3, 

apparence  ;  par  semblant  lxxxviii, 

par  feinte. 
semenoient,    impf.  6   de   semondre, 

cxv. 
semonces  I  ix,  invitations. 
semondre   xlit,   lxxviît,  cxv,  faire 

venir  ;  cf.  semenoient. 
sereement  lvii,  en  rangs  serrés. 
serventoysLxiii49,  chanson  satirique. 
sodées  cxlv,  soldes. 
SOS  LXii,  cxxxviii,  soldes. 
soufraite    xlii,   lxxxvi,   xcii,  cxv, 

cxxVjCLVi,  matfque,  besoin,  déjaiit; 


PKI  M-; 


VIS 


171 


pour  soufraite  de  \.\\x\i,  faute  de. 
soutil  xxviir,  Lxx,  ////,  adroit;  sonti- 

lece  xxviir. 
suriens,  rowr/. />;•.  ./  dr  cstrc,  i.xxxiv. 

Tablier(tout  sera  surle)  i.xxxvi,  tout 
set  a  sur  V échiquier,  on  jouera  le  tout 
pour  le  tout. 

taison,  taisson,  taisscl,  liv,  lv  57, 
Lxxir,    Lxxiii  82,   blaireau. 

tart  LV  70,  de  tarder  ;  que  qui  tart, 
p.-ê.  nom  d'un  jeu  d'enfants. 

tarydes  xviii,  tarides,  vaisseaux  courts, 
servant  surfout  au  transport,  généra- 
ment  pontés  et  armés  pour  la  dé- 
fense, marchaiit  à  la  voile  et  parfois 
aussi  à  la   rame. 

tenser  xciir,  faire  des  reproches,  querel- 
ler. 

toup  Lxxiii  98,    toupet    de    cheveux. 

tour  de  la  lune  lxxxv,  chanoremcnt 
de  lune. 

touronet  cvi,  petite  colline,  t-rtre. 

trabuc  lxiv,  lxv,  lxviii,  cxxxvii, 
cxxxix,  cxLi,  tréhiichet,  engin  de 
guerre,  servant  à  lancer  des  projectiles, 
mû  par  des  ressorts  et  des  cordes  bri- 
dées. 

trabucheourLXix  21 ,  servant  du  trabuc. 

trabucher  lxix  22,  démolir  éi  coups  de 
pierres  lancées  avec  le  trabuc. 

trait  (a)  lxxxii,  tout  d'un  trait. 

traversai n  xxxi,  li,  lv  22,  pièce  de 
bois  oii  Von  enfermait  les  jambes  (ou 
les  bras)  des  prisonniers. 

trecheour,  trechiere,  lxxiii  99,  120, 
tricheur,  tromj^eur . 


trcigné,  p.  jui.  de  treïnner,  cxli,  trai- 

né.  » 

tricoplcs  {probablement  le    même  que 

turcoplos),    Lvir,    lxxviii,    cviir, 

troupes      mercenaires    de    cavalerie 

légère. 
trive  xxxvi,  xl,  xlii,  trêve, 
troson  lxvt,  tronçon. 
troublât  lxxxv,  probablement  le  temps 

troublé  qui  accompagne   l'époque  de 

Véquinoxe. 
truit,  ind.  pr.  ^  Jetrcuvcr,  truver,  l\ 

69,  trouver. 

Vaisseau,  vaiseau,  vaisseaus,  vas- 
seaus,  xviir,  lxxxtx,  xcir,  xciii,  c, 

ex,     CXII,     CXV,    CXVI,   CXX,     CLVII, 

cLxxxii,  CLXxxiv,  vaisseaux, bateaux 
larges,  de  transport  o:t  de  guerre. 

valet,  vallés,  I  vu,  x  ;  II  xxxviii, 
Lxxvii,  Lxxviir,  xcii,  valet,  jeune 
noble  non  encore  armé  chevalier. 

vau  la  terre  (ceaus  de)  xlti,  les  gens 
de  la  plaine . 

vavassor,  -our,  xxx,  lxvit  6.  xciir, 
vavasscur,  seigneur  qui  dessert  le  fef 
d'un  autre  seigneur. 

vayrs  II  x,  de  diverses  couleurs,  ta- 
cheté . 

veneour  cxv,  chasseurs. 

vent  (sur)  cxvr,  cxvii,  %'ent  debout, 
contre  le  vent. 

vesiés  XIV,  avisé. 

vileynis  xlv,  insulté. 


vis      XXXIII, 
vivants . 


cviir,     CLVii,     vivant. 


ILE  DE  CHYPRE 


SYRIE  ET  PALESTINE 


Alep. 


îApamée 


iMargat(Ch'^de) 

Montrerrand 35 


MER 
MORTE 


TABLE    DES    MATIÈRES 


Pages 

Introduction ; iii-xxi 

I.  L auteur  et  ses  œuvres m 

II.  Le  Recueil  de  Philippe  de  Novare v 

III.  Les  Mémoires  de  Philippe  de  "Novare  et  les  Gestes  des 

Chiprois vi 

a)  V  Autobiographie  de  Philippe  de  Novare viii 

h)  LEstoire  de  la  guerre  des  Ihelins  et  de  Frédéric  IL  ix 

IV.  Editions  et  travaux  antérieurs xiv 

V.  Établissement  de  V  édition XV 

a)  Le  manuscrit  de  Cérines xv 

b)  Edition  Raynaud  et  copie  Perrin xvi 

c)  Edition  de  V Académie xvii 

d^  Traduction  d'Amadi xviii 

VI.  Graphie  de  Védition xix 

VII.   Variantes  et  notes  critiques xx 

VIII.  Appendices xx 

Bibliographie xxii-xxv 

Additions  et  corrections xxvi 

MÉMOIRES  DE  PHILIPPE  DE  NOVARE i~ioi 

L  Fragment  d'une  autobiographie i 

II.  Guerre  des  Ibelins  contre  les  Impériaux  en 

Terre-Sainte  et  en  Chypre,   12 18-1243 5 

Variantes  et  notes  critiques 102 

Table  chronologique 134 

Table  des  noms  propres 139 

Glossaire 163 

Cartes  :  I.  Syrie  et  Palestine , 
IL  lie  de  Chypre. 


D 

Philippe 

181 

Mémoires 

P5A3 

1913 

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